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dimanche 7 mai 2017

Compte rendu : Masterclass Springbank chez We Are Whisky, le 04/05/2017

Un mois consacré à Campbeltown sur le Blog ne pouvait pas se concevoir sans parler de la distillerie Springbank, bien entendu ! Cette masterclass organisée par We Are Whisky (la boutique d'Orp-Jauche qui n'est plus à présenter) tombait donc à pic, et je ne me suis pas fait prier pour y prendre part.



La bonne organisation des masterclasses chez We Are Whisky n'est plus à prouver, c'est une machine bien huilée qui roule (quasi) toute seule: un représentant de la distillerie pour animer la soirée, une panoplie de whiskies astucieusement sélectionnés pour présenter un panel significatif, et une assemblée attentive. Ce n'est pas la première fois que j'y assiste (vous vous souvenez des masterclasses Benriach et Gordon & MacPhail, n'est-ce pas ?), et à chaque fois l'accueil de Petra, Patrick, et Alain est excellent.



Ronan Currie



C'est Ronan Currie, en visite toute la semaine en Belgique, qui était l'invité pour animer la dégustation. Ronan a d'abord commencé à travailler chez Cadenhead avant de passer il y a quelques mois chez Springbank en tant que Sales and Marketing Executive (Cadenhead et Springbank faisant partie de même groupe, comme vous le savez sans aucun doute 😉 ).
Malheureusement, Ronan était légèrement souffrant; ce qui a impacté son entrain lors de sa présentation. Probablement la faute du temps pourri en Belgique depuis une bonne semaine, une bonne preuve étant une hécatombe parmi l'assemblée: pas moins de 5 clients avaient du déclarer forfait , majoritairement pour cause de maladie.
Résultat: un peu moins de monde (une grosse vingtaine) que d'habitude pour écouter Ronan, et une masterclass de 7 whiskies expédiée en une heure et demie.








Le line-up:


Passons au vif du sujet, les 7 whiskies que nous avons eu le plaisir de déguster. Aucun vieux whisky bien cher cette fois-ci, mais des bouteilles majoritairement d'entrée et de moyenne gamme de la distillerie. Ce qui tombait assez bien pour moi: j'avais de grosses lacunes en la matière concernant les gammes de base officielles de chez Springbank. C'était donc une bonne occasion de rectifier le tir.

Voici mon ressenti pour chaque whisky goûté. Comme lors des autres masterclasses auxquelles je participe, les notes succinctes suivantes ont été prises lors de l'événement, et sont donc moins précises que lors de mes dégustation au calme chez moi.


Hazelburn 10 ans, 46% (Batch 2016) (OB)
L'entrée de la gamme non tourbée de Springbank. Cette gamme a commencé à être produite en 1997, est issue d'une triple distillation et d'une maturation 100% en fûts de Bourbon. Ronan le considère comme un "whisky de petit déjeuner", de par sa légèreté.




  • Nez: Fort malté, miel, vanille, et un soupçon de très fine fumée.
  • Bouche: Amertume fruitée (pelure de pomme), miel, et vanille.
  • Finale: Le bois apparaît, plutôt sec.
  • Verdict: Un bon starter en masterclass, mais dispensable (selon mes critères personnels) dans l'absolu, car fort classique et mainstream.
  • 82/100.










Hazelburn 13 ans Oloroso Cask Matured, 10.2003 / 03.2017, 47.1%, 12000 bouteilles (OB)
Nouvelle référence dans la gamme Hazelburn, il s'agit d'un vatting d'entre 15 et 20 fûts (12000 bouteilles en tout), entièrement maturé en fûts de Sherry Oloroso. Les 47.1% affichés sont le résultat, d'après Ronan, d'un natural cask strength. Ça me semble quand même difficilement croyable que la part des anges ait été si importante en seulement 13 ans, sur autant de fûts en même temps, surtout en connaissant le climat de Campbeltown particulièrement peu propice à l'évaporation.

 


  •  Nez: Raisin sec, tabac. Assez léger. Légère fumée de noisette.
  • Bouche: Des épices boisées gonflent en bouche. Du fruit sec.
  • Finale: Les épices explosent, poivrées. Sécheresse boisée appuyée.
  • Verdict: (Trop) sage tout du long, j'attendais (et aurais préféré) plus de présence. Mais agréable comme daily dram, toutefois.
  • 85/100.










Kilkerran 12 ans, 46% (Batch 1) (OB)
Springbank, c'est aussi la distillerie Glengyle; elles font partie du même groupe (J&A Mitchell & Co), et ce sont les employés de Springbank qui s'occupent de 6 à 8 semaines par an de la production chez Glengyle. Oui, seulement moins de 2 mois de production par an, tout simplement parce qu'il n'y a pas assez de capacité pour stocker plus de production. Et le nom Glengyle ne peut pas être utilisé par la distillerie pour ses embouteillages, car ce nom en tant qu'embouteillage appartient à... Glen Scotia (qui n'est autre que le concurrent direct de Springbank à Campbeltown). Haaa, les joies du commerce, de la concurrence, et des paniers de crabes ;-).
Ce Kilkerran 12 ans est déjà connu sur le Blog, puisque j'en avais parlé en 2016 (il avait même fait partie de mon top 5 de l'année 2016). Rien de bien neuf, je vous renvoie à ma note de dégustation détaillée de l'époque. Et il m'a toujours paru aussi bon dans cet environnement de masterclass.



Springbank 13 ans "Green", 46%, 9000 bouteilles (OB)
Début 2015, je vous avais parlé du "Green" premier du nom, le 12 ans. Fin 2015 sortait le suivant, le 13 ans; toujours produit à partir d'orge bio. Mais ce 13 ans est issu d'une maturation en fûts de Sherry, alors que le 12 ans était issu d'une en fûts de Bourbon.

 



  • Nez: Très sage, voire même effacé. Il faut lui laisser le temps de s'aérer, de se développer. Du raisin sec, de l'abricot, du miel, et pas mal de jus d'orange par moments.
  • Bouche: Une légère tourbe fumée, du raisin sec, du caramel. La réduction est fort perceptible.
  • Finale: Un peu plus de présence, de peps. Une pincée d'épices.
  • Verdict: Trop sage par rapport à ce que j'attends de Springbank. De mémoire je préférais de loin le 12 ans.
  • 83/100.








Springbank 15 ans, 46% (Batch 08.11.2016) (OB)
Ce Springbank, qui fait partie depuis longtemps de la gamme de base de la distillerie, est un vatting 100% de fûts de Sherry.


  • Nez: Ha, enfin du "crasseux" dans cette masterclass, du terroir, du roulé sous les aisselles ! De la fumée végétale, des herbes aromatiques, des épices exotiques, du tabac.
  • Bouche: Le Sherry adoucit l'ensemble à ce niveau-ci, mais le terroir Springbank est toujours présent. De la peau d'orange, des épices poivrées, du caramel, et de la végétation sèche de sous-bois. Un bel équilibre.
  • Finale: Assez courte. C'est ici que la réduction montre ses limites. Du bois épicé, du caramel, et de l'orange.
  • Verdict: Bien équilibré, gourmand tout en révélant le caractère rustique de Springbank qui m'est cher.
  • 87/100.







Longrow, NAS, 46% (Batch 14.11.2016) (OB)
Longrow est la gamme (lancée en 1973) "hautement tourbée" de Springbank. Le malt est séché à la tourbe pendant maximum 48h. La tourbe utilisée est un mélange de tourbe sèche et de tourbe humide, toutes deux originaires de la région d'Inverness. Le Longrow est issu d'une double distillation, et moins de 100 fûts sont produits chaque année. Ce Longrow-ci, sans âge indiqué, est un mélange de whiskies ayant entre 7 et 9 ans. Le résultat est un whisky se situant entre 40 et 45 PPM.

 

  • Nez: Jeunesse ultra présente, fort malté, quasi new make. "Heavily Peated", vraiment ? La fumée est plutôt fine et aérienne, on est loin de la grosse tourbe qui claque. Et plein de vanille, jeunesse oblige.
  • Bouche: La tourbe est ici un peu plus présente, mais contrebalancée par la réduction. De la vanille, du malt, de la fumée, et quelques épices par après.
  • Finale: Toujours le jeune malt très présent, les épices, et une légère sécheresse fruitée.
  • Verdict: Il manque le rustique que la tourbe apporte dans beaucoup de whiskies tourbés, c'est "gentil" en plus d'être fort jeune. Pas convaincu par cette expression-ci.
  • 81/100.








Longrow 18 ans, 46% (Batch 25.04.2016) (OB)
Cette expression-ci, la plus vieille de la soirée, est un mélange de 60% de fûts de rhum et 40% de fûts de Sherry. Toujours issu d'une double distillation, et au taux de PPM se situant entre 40 et 45.

  


  • Nez: La tourbe est plutôt fine, plutôt fumée, pas écrasante. De la vanille, du fruit blanc confit.
  • Bouche: Amertume fruitée; pomme, poire, raisin. Texture onctueuse en bouche.
  • Finale: Des épices douces, de la fine tourbe fumée, et le fruité encore présent.
  • Verdict: Bien équilibré, le fût de rhum apporte un beau fruité. Un beau produit dans l'ensemble.
  • 86/100.












En espérant que ce compte rendu vous apporte quelques lumières sur les gammes officielles de chez Springbank; moi en tout cas j'y vois plus clair depuis cette masterclass.

lundi 21 novembre 2016

Compte rendu: Whisky Discovery, chez Hesby Drink Loncin le 10/11/2016

Il n'est pas toujours obligé d'aller loin de chez soi pour assister à des événements autour du whisky; que ce soit des tastings / masterclasses, (mini) festivals, ou salons. De plus en plus de cavistes, même petits, organisent leurs événements.

Pour la première fois de son existence, le Hesby-Drink de Loncin (près de Liège) organisait le 10 novembre dernier, en soirée, son festival "Whisky Discovery".

Quelques semaines plus tôt, ce drink market avait déjà organisé un mini festival consacré au rhum.

Pour son événement whisky, 200 entrées étaient disponibles (±180 ont trouvé acquéreur au final, ce qui n'est déjà pas mal pour un événement local).

 

Dès 19h30, une longue file s'étirait à l'entrée du magasin. Après avoir présenté son ticket d'entrée (15€ sous réservation préalable, un verre à dégustation estampillé aux couleurs du lieu compris dans ce prix d'entrée), direction le fond du magasin.

Deux salles étaient aménagées pour accueillir les différents stands. La première, au fond de l'entrepôt principal (Hesby-Drink étant un drink market, l'endroit est loin d'être "cosy" et se veut avant tout pratique et efficace pour entreposer tous types de boissons, alcoolisées ou non); la seconde en sous-sol dans la cave à vin.

 

Comme souvent dans les festivals, tous les grands distributeurs étaient représentées: LVMH (Ardbeg), Cinoco (Douglas Laing, Bowmore, Bunnahabhain), Diageo (Talisker, Mortlach, Lagavulin...), Edrington (Highland Park), Filliers (Glenfarclas), The Nectar (Arran, Glendronach, Signatory Vintage,...), Rémy Cointreau (Bruichladdich), Premium Spirits (BenRiach, Tomatin, Old Pulteney). Au total environ 150 whiskies étaient proposés à la dégustation. La plupart étaient en dégustation libre (comprise dans le prix d'entrée de 15€), à de rares exceptions près où il fallait s’acquitter de jetons supplémentaires pour pouvoir y poser les lèvres.

Ce que j'ai goûté:

 

Je démarre d'abord dans la salle du fond, où je fais un petit tour d'horizon. Mon premier choix s'arrête sur le Glenburgie 1995 Signatory Vintage, sorti plus tôt dans l'année et embouteillé exclusivement pour (entre autres) Hesby-Drink. Séance de rattrapage, car je n'avais pas eu l'occasion de le goûter à sa sortie.

  • Nez sur les fruits frais (citron, pomme), pas agressif.
  • Bouche citronnée, pomme verte. De la rhubarbe et pas mal de végétal acidulé.
  • Finale sèche et acidulée. De la sève légèrement mentholée.
  • Verdict: Frais, idéal en apéro au printemps. Équilibré.

Comme le monde commence déjà à prendre les tables d'assaut dans la salle du fond, je m'enfuis vers la cave qui est encore calme à cette heure-là.

Sur le stand Cinoco, je goûte le Mortlach 11 ans Douglas Laing embouteillé exclusivement pour le distributeur.

  • Nez très malté, très jeune. Vanille et pomme.
  • Bouche maltée, sage, vanillée.
  • Finale très courte, légère astringence.
  • Verdict: Un Mortlach "pour débutants" (sans être péjoratif, nous sommes tous débutants un jour dans un domaine ou dans un autre), un whisky jeune et facile. Perso je préfère les Mortlach plus crasseux, celui-ci n'est pas ce que je recherche.

 

Retour dans la salle du fond de l'entrepôt. Il y a de plus en plus de monde. Ça en devient même trop, il devient presque impossible d'atteindre les stands. Un des organisateurs est d'ailleurs d'accord avec moi, le nombre de places sera peut-être revu à la baisse pour la prochaine édition.

J'accède à une table de The Nectar et mon choix se porte sur un Teeling 2002/2016 (fût 2107) embouteillé pour The Nectar.

  • Nez boisé et toasté, difficile d'aller chercher le fruit.
  • Bouche sèche, végétale, acidulée.
  • Verdict: Loin d'être le meilleur Teeling que j'ai pu goûter. Je n'ai pas accroché du tout.

En continuant mon petit tour, je tombe sur un stand proposant du whisky que je ne connaissais pas du tout: August 17th. Deux expressions sont proposées: une de 3 ans d'âge et une de 5 ans d'âge. Ce qui m'a d'abord attiré sur le stand sont... les deux figurines Star Wars qui trônaient à côté d'une bouteille; ça m'a fait penser au blog Scotch Trooper.

 

D'après le flyer, ce serait un whisky développé par le créateur belge Thierry Van Renterghem. Sa recette est distillée en collaboration avec une distillerie française. En grattant un peu, il s'avérerait que ce whisky soit en fait distillé en France, dans la région de Cognac, aurait été maturé dans des fûts ayant contenu du Porto et du Cognac, et serait finalement embouteillé en Belgique, à Gembloux.

J'y ai goûté le Brutus, le 5 ans d'âge (doit disant en brut de fût... à 48.1% ??) et single cask. Très sec, très fumé, et sa jeunesse se ressent. Mou du genou, je suis persuadé que c'est du "faux" brut de fût.

Je repasse ensuite au stand où se trouvaient plusieurs embouteillages Signatory Vintage, pour goûter le Benrinnes 1995/2016 Signatory Vintage embouteillé pour les 10 ans de The Nectar. Belle bouche fruitée et ronde. Pomme, vanille, citron. Finale acidulée, pomme verte et citron. Joliment fait.

Pour terminer, je décide de goûter un tourbé. Port Askaig est, en théorie, du Caol Ila embouteillé par Speciality Drinks, qui a sorti une version NAS en brut de fût : le 100 Proof.

  • Nez jeune, malté. Tourbe fine.
  • Bouche maltée, tourbe non agressive.
  • Finale sèche au palais. Épices persistantes.
  • Verdict: Mouais... jeune et dispensable selon mes critères personnels.

Conclusion:

Un festival organisé par un caviste ne peut bien évidemment pas rivaliser avec un festival organisé par un distributeur (comme le Spirits in the Sky par exemple) en terme de choix de produits à la dégustation ; mais proposer 150 whiskies différents laisse déjà l’embarras du choix.

Un peu moins de monde aurait été top, mais sinon ça risque de devenir un événement whisky important dans la région liégeoise.

vendredi 11 novembre 2016

Compte rendu: Spirits in the Sky 2016

Le week-end passé (des 05 et 06 novembre) se déroulait la 9ème édition du Spirits in the Sky (SITS en abrégé), qui célébrait aussi le 10ème anniversaire de The Nectar, une des sociétés leader en distribution en spiritueux en Belgique et organisatrice du SITS.

 

Pour ma part, cette édition 2016 était la 4ème à laquelle je participais; et j'y ai été le samedi.

 

Autant directement mettre les choses au point: non, cette année je ne publie pas de photo des Dictador Girls. Voilà, c'est dit. Cette année j'ai décidé d'être sérieux (non mais ho quoi !). Donc si vous lisez ce compte rendu juste dans l'espoir de vous rincer l’œil, vous pouvez arrêter tout de suite :-p

 

Cette année j'ai abordé le SITS un peu différemment: dès l'ouverture du salon j'ai d'abord fait un premier tour d'horizon pour prendre des photos (avant que les stands ne soient pris d'assaut) et en ne buvant rien; et c'est seulement ensuite, après avoir repéré quelques petites choses intéressantes à mes yeux, que j'ai refait un second (puis un troisième, avant de faire un quatrième,...) tour pour goûter aux whiskies.

 

Globalement, les mêmes exposants que l'an passé. Et comme l'an passé (je l'avais déjà souligné), les spiritueux autres que le whisky prennent de plus en plus d'ampleur par rapport au single malt. Rhum, gin, Porto, vermouth, Cognac, cocktails, etc... The Nectar se diversifie de plus en plus dans les produits alcoolisés proposés, et commence tout doucement à ne plus mettre le single malt en avant.

Bien évidemment, les exposants whisky habituels étaient là. Non seulement toutes les marques et gammes distribuées par The Nectar, mais aussi Cinoco (Bowmore, Douglas Laing, Deanston, Westland,...), Diageo (Talisker, Cragganmore, Laggavulin,...), Pernod-Ricard (Jameson, Glenlivet...), et j'en passe. Les seuls "gros" manquants au tableau étaient, comme l'an passé, LVMH (Ardbeg) et Premium Spirits (BenRiach / Benromach).

 

Je me suis concentré sur le whisky (vous le savez: OSEF des autres spiritueux en ce qui me concerne), et le moins que je puisse dire c'est que The Nectar a mis le paquet sur les embouteillages pour son 10ème anniversaire. Quel contraste avec l'an passé où l'offre en nouveautés whisky était très pauvre !! Quasi chaque stand (de whisky) proposait un embouteillage "pour les 10 ans de The Nectar".

Mon petit tour:

Allez, on passe dans le vif du sujet ! Bon, j'ai pris très peu de notes, j'ai surtout profité du moment en discutant avec plein de gens (faut savoir entretenir ses relations, pas vrai ? ;-) ).

Voici en résumé mon ressenti.

 

Alors que mon premier tour "photo" n'est pas terminé, je me fait happer par Mark Watt (non je ne le présenterai plus, si vous ne savez pas qui est Mark Watt, c'est que vous ne suivez pas assez le Blog :-p ) qui me met un dram de Blend 43 ans Cadenhead en mains. Très doux et easy drinkable.

Je m'enfuis (mais promets de revenir le voir, bien évidemment) pour terminer mon tour photo, avant de vraiment commencer mes dégustations. Il est alors 13h30, le monde commence franchement à arriver, il est temps de commencer à déguster.

Je m'arrête d'abord au stand The Belgian Owl pour saluer Étienne Bouillon, qui me fait goûter son embouteillage de 3 ans d'âge distillé avec les alambics de chez Caperdonich (hé oui, ça fait déjà 3 ans qu'ils sont installés !). D'abord la version réduite (vanillée, sucrée, facile d'accès), puis la version en brut de fût (plus aromatique, mais plus sèche que la réduite).

Je passe ensuite chez Compass Box, chez qui j'ai raté les dernières sorties. Je reçois un accueil de première classe de la part de Céline, toujours aussi souriante. Elle me fait goûter le Whisky de Table, une création composée de très jeunes whiskies (3 ans) pour les 60 ans de La Maison du Whisky. Comme The Nectar et LMDW s'entendent bien, quelques bouteilles sont arrivées en Belgique. Bon, ce blend est évidemment anecdotique, un pied de nez (de plus) de John Glaser au monde du whisky qui se veut bien trop sérieux et trop procédurier. C'est très jeune, très vanillé, très malté. Mais aussi pas (trop) cher (±40€), c'est aussi une raison de l'existence de ce whisky de table: faire un pied de nez aux prix de malades actuellement d'application.

Quant aux autres nouveautés Compass Box, j'aurai l'occasion de revenir dessus en détails plus tard (impossible de tout goûter sur place).

Visite au stand Signatory Vintage où c'est nul autre qu'Andrew Symington lui-même qui verse les drams. La veille j'avais déjà goûté quelques nouveautés, mon choix se cale donc sur un Glenburgie 1995 (pour les 10 ans de The Nectar). Fruité, du sirop, un bonbon. Pas mal du tout.

Longue étape au stand Cinoco, où il y a pas mal de nouveautés Douglas Laing (dans les gammes Old Particular et Xtra Old Particular). Comme j'aime beaucoup Caol Ila (si si, je vous jure !! ;-) ), mon choix se porte sur un 19 ans Old Particular. Superbement équilibré, belle tourbe subtile, waou ! Ma plus belle découverte de la journée (non je ne déconne pas). Jusqu'à ce qu'on me dise son prix: 160€. Ha. Pour un 19 ans réduit (oui, la gamme Old Particular est réduite, même si ce sont des taux d'alcool non fixés à 46%). Bon ben... non merci hein.

Toujours chez Cinoco, je suis attiré par les whiskeys (avec "e" car américains) Westland qui avaient apparemment fait sensation au Whisky Live Paris. Trois versions, en single malt (ce qui est assez atypique pour un whiskey américain) sont proposées: l'American Oak, le Sherry Wood, et le Peated. Allez, soyons fous, je teste le Peated ! Malté, jeune, tourbe légère. Pas spécialement séduit. Sur le coup je me demande si je ne serais pas passé à côté, puisque les échos de Paris étaient si positifs. Il faudra que je revienne dessus pour me faire un second avis, je pense.

En discutant avec des membres du Whisky Friends Club de Denée, je me retrouve avec un Balvenie 15 ans Single Barrel Sherry Cask en main. Bon ben je goûte hein. Un Sherry monster typique, pas mal fait. Mais là aussi, le prix me fait tiquer: environ 105€ pour un 15 ans très classique, heu quoi...

Ha, me revoilà chez Cadenhead ! A nous deux, Mark Watt !

On commence par un Glentauchers 25 ans (je pensais que c'était une nouveauté, mais en fait non: il a été embouteillé en 2015): doux, sur les fruits en sirop, classique mais bien fait.

Je passe ensuite au Glen Grant 23 ans pour The Nectar, sorti un peu plus tôt dans l'année mais que je n'avais pas encore eu l'occasion de goûter. Du citronné acidulé, fruité. Classique, mais trop acidulé à mon goût.

Je décide de refaire une repasse sur le Caol Ila 34 ans pour The Nectar, que j'avais goûté au whisky festival chez Massen mais qui m'avait laissé dubitatif. Idem cette fois-ci, un superbe nez mais l'arrière bouche trop acidulée à mon goût.

Mark me fait goûter ensuite un Cameronbridge 27 ans (lui aussi embouteillé pour The Nectar), alors qu'il me sait pas spécialement fan des whiskies de grain (hormis certains très vieux). Vanille, citron, sucré... du grain quoi...

Compte rendu: Spirits in the Sky 2016Compte rendu: Spirits in the Sky 2016
Compte rendu: Spirits in the Sky 2016Compte rendu: Spirits in the Sky 2016

Juste à côté du stand Cadenhead se trouve le stand Glendronach. Même si je connais bien toute la gamme de base, j'avais envie de goûter le single cask 1993 fût n°447 embouteillé pour The Nectar et La Maison du Whisky. Probablement un des derniers millésimes 1993 que nous aurons l'occasion de voir. Moins puissant que d'autres 1993 que j'ai goûtés par le passé. Rond, très Sherry. Bien fait, un pur Glendro.

La masterclass Springbank vs Cadenhead:

La fin de l'après-midi approchant, il était temps de me rendre à la masterclass Springbank vs Cadenhead (qui avait été sold out en moins de 24h). Le principe de cette masterclass était un duel entre Fraser Milloy de chez Springbank et Mark Watt (encore lui !) de chez Cadenhead. Chacun proposant 3 drams, en face à face 1 contre 1.

Dans un show quasi burlesque (dans le sens strict du terme: aucun d'eux ne s'est effeuillé ni n'a soulevé son kilt), ils se sont affrontés à coup de piques amicales et de blagues potaches; on ressentait leur camaraderie et leur complicité.

 

 

1. Le Springbank 1 face au Cadenhead 1:

Hazelburn 9 ans Straight from the Cask ±56%, Barolo finish. Un échantillon d'Hazelburn ayant maturé 6 ans en fût de Bourbon, puis 3 ans en fût de vin Barolo. Un "sneak preview" d'un embouteillage (qui sortira à priori réduit à 46%). Nez vineux, huileux, industriel. Bouche vineuse, fruitée, légèrement fumée. Pas ma came (mais je ne suis en général pas client des maturations et finishes en fûts de vin).

Face à

Glen Mhor 1982 Cadenhead (cask sample). Fin, léger, subtil. Un bon vieux malt (mais je m'attendais quand même à mieux).

Combat plus qu'inégal, le Glen Mhor vainqueur par KO. 0-1.

Fraser bombe le torse pour impressionner Mark

Fraser bombe le torse pour impressionner Mark

2. Le Springbank 2 face au Cadenhead 2:

Springbank 11 ans Local Barley, Cask Strength. Un échantillon de la prochaine version du Local Barley, qui sortira (réduit à 46%, et non plus en brut de fût) en 2017. Ce sera donc un Local Barley plus jeune que celui sorti en 2016. Un superbe nez, j'ai adoré ! Un peu fort en bouche, malté, légère astringence en fin de bouche.

Face à

Springbank 1997 (19 ans), Re-charred Refill Sherry Butt. Un échantillon d'un fût appartenant à Cadenhead (facture à l'appui !!) et utilisé lors des "warehouse tastings" à Campbeltown. A priori ne sera pas embouteillé. Rholala, quelle bombe ! Parfaitement équilibré aussi bien au nez qu'en bouche, le Sherry se marie sublimement avec la fumée de Springbank. Encore !!

Même si le Local Barley 11 ans s'en tire honorablement, la quasi perfection du Springbank 1997 octroie la victoire logique à Cadenhead. 0-2.

Mark lance un sortilège à Fraser

Mark lance un sortilège à Fraser

3. Le Springbank 3 face au Cadenhead 3:

Longrow 11 ans Heavily Peated, Malbec Finish. Un autre finish (de 8 mois) en fût de vin (cette fois-ci du Malbec Sud-Africain). Cet embouteillage sera disponible sur le marché à partir d'avril 2017. Bon... moi les fûts de vin, ça fait deux, hein...

Face à

Blended Islay Malt 1991. Un blend d'Ardbeg, Bowmore et Caol Ila tous trois distillés en 1991, assemblé en 2001, puis reversé dans un Sherry Hogshead en 2013. Une création improbable, un OVNI. Le mélange des tourbes des trois whiskies d'Islay forme un ensemble très spécial, qui a divisé l'assemblée sur le moment. Moi personnellement je l'ai préféré au Longrow, mais une bonne partie des gens présents pensait le contraire.

Néanmoins, comme c'est mon avis qui prime sur ce Blog (moi, totalitaire ? Si peu... :-p ), je donne encore un point à Cadenhead. 0-3.

 

Victoire écrasante de Cadenhead, mais mention spéciale quand même à Fraser, qui avait choisi la Marche Imperiale (le thème de Dark Vador dans Star Wars, pour les incultes qui ne connaîtraient pas !!) pour son entrée sur le ring, tandis que Mark avait choisi le thème de Rocky (qui me parle beaucoup moins).

Pour finir...

Impossible de goûter en une journée tout ce que j'aurais voulu. D'ailleurs je me refuse toujours de trop boire en festival, je ne veux aucunement ressentir le moindre effet de l'alcool. D'où, finalement, le peu de whiskies testés (et toujours en quantité infime, d'ailleurs). Enfin, peu... au final j'en ai quand même goûtés 18....

 

Bref... et donc quelle conclusion tire-je de cette édition 2016 ? Hé bien j'ai passé une bonne journée, ce qui m'a le plus plu a été de revoir / discuter avec de nombreux "whiskyfriends", j'ai goûté de bons whiskies dans l'ensemble (mais seulement deux méritaient une cote de 90+ selon moi; dont un – le Springbank 1997 de la masterclass – qui ne sera jamais officiellement embouteillé; et l'autre qui était trop cher pour son âge); mais surtout ce qui m'a frappé c'est, de nouveau, la folie inflationniste des prix. J'ai l'impression que globalement tous les prix ont de nouveau fait un gros bond vers le haut. Et je ne suis pas le seul à le penser, j'ai discuté avec plusieurs professionnels qui étaient du même avis que moi ! Le Brexit et la chute de la Livre Sterling ne semblent donc absolument pas influencer le prix du whisky. Ce qui ne me semble pas logique.

Mais comme je n'ai pas d'explication avérée, et comme on me tire la gueule quand je pose des hypothèses qui gênent, je me garderai (pour le moment) de donner mon avis.

lundi 7 novembre 2016

Compte rendu : Whisky Dinner Signatory Vintage, chez Massen le 04/11/2016

A intervalle régulier (qui était précédemment de 6 mois, mais qui semble à présent être passé à un rythme annuel), le supermarché Massen organise un whisky dinner pendant son whisky festival.

Après The Dalmore avec Richard Paterson début 2015 et Cadenhead avec Mark Watt fin 2015, ce vendredi c'était au tour de l'embouteilleur indépendant Signatory Vintage avec Andrew Symington, son patron.

 

Andrew Symington / Signatory Vintage / Edradour:

Andrew Symington a fondé Signatory Vintage, l'embouteilleur indépendant bien connu, en 1988. Mais son rêve a toujours été d'avoir un jour sa propre distillerie. Tant et si bien qu'en 2002 il récupère Edradour (la plus petite distillerie officielle d’Écosse) des mains de Pernod-Ricard.

Afin de rester la plus petite distillerie d’Écosse, Andrew Symington n'a pas décidé d'agrandir Edradour, mais... de construire une seconde distillerie, Edradour N°2, juste de l'autre côté de la route. Cet Edradour N°2 sera productive à partir d'août 2017 et devrait faire bondir la production à 400.000 litres d'alcool par an.

Actuellement les stocks sont de 14.000 fûts pour Signatory Vintage et 5000 fûts pour Edradour, disséminés entre deux entrepôts. Un "humide" en terre battue, où le résultat est une baisse sensible du taux d'alcool dans les fûts au cours du temps; et un "sec", plus moderne, bétonné, où le résultat est une baisse du volume général du liquide dans les fûts mais où le taux d'alcool reste assez haut.

En 2018 Signatory Vintage fêtera ses 30 ans d'existence; des embouteillages anniversaires sont d’ores et déjà prévus, principalement des embouteillages de whiskies distillés en... 1988.

Le repas et les whiskies:

Outre la présentation d'Andrew Symington, l'assemblée (événement sold-out, avec une grosse soixantaine de personnes à vue de nez), c'est évidemment les whiskies et l'appariement avec les plats qui étaient importants. Et une fois de plus, ce furent de beaux whiskies et de bons plats.

 

PS: comme d'habitude, les notes ci-dessous sur les whiskies ont été rédigées sur le moment, dans l'environnement "whisky dinner", et sont donc moins précises et détaillées que celles rédigées en mes murs.

Compte rendu : Whisky Dinner Signatory Vintage, chez Massen le 04/11/2016Compte rendu : Whisky Dinner Signatory Vintage, chez Massen le 04/11/2016

1. Clynelish 1998 / 2016 Signatory Vintage pour Vinothek Massen, 18 ans, 54.8%

et ses amuse-bouche.

Pas grand chose à ajouter à ma note détaillée publiée récemment. Ce "petit" Clynelish, au rapport qualité/prix quasi imbattable par les temps qui courrent, a eu son petit succès (parmi les gens autour de moi à table, en tout cas).

Compte rendu : Whisky Dinner Signatory Vintage, chez Massen le 04/11/2016Compte rendu : Whisky Dinner Signatory Vintage, chez Massen le 04/11/2016

2. Imperial 18.09.1995 / 31.08.2016 Signatory Vintage Cask Strength Collection, 20 ans, Hogsheads 50268+50269, 50.8%, 521 bouteilles

et sa salade d'hiver.

  • Nez sur la pomme et le raisin; fruité et typique. Zeste de citron.
  • Bouche suave, du sirop, du raisin blanc. Du citronné acidulé aussi.
  • Finale courte. Pelure de pomme. Acidulée.
  • Verdict: Un Speysider très classique, fruité. Bon, mais sans surprise. Je trouve le nez plus chouette que la bouche.
  • 85/100.
Compte rendu : Whisky Dinner Signatory Vintage, chez Massen le 04/11/2016Compte rendu : Whisky Dinner Signatory Vintage, chez Massen le 04/11/2016

3. Mosstowie 30.11.1979 / 19.01.2016 Signatory Vintage Cask Strength Collection, 36 ans, Bourbon Barrel 25758, 46.8%, 178 bouteilles

et sa soupe Wonton.

  • Nez cireux, pâteux, quasi collant; lourd et puissant. De la pomme vanillée.
  • Bouche douce, cireuse. Du sirop de pomme, du raisin confit. Pincée de sel.
  • Finale moyenne. La cire plaquante reste en bouche. Le sel grossit.
  • Verdict: "A piece of whisky history", comme l'a commenté Andrew Symington. Et quel morceau ! Superbe présence, un côté industriel et rustique que j'aime beaucoup. Pas un whisky facile d'accès, par contre.
  • 90/100.
Compte rendu : Whisky Dinner Signatory Vintage, chez Massen le 04/11/2016Compte rendu : Whisky Dinner Signatory Vintage, chez Massen le 04/11/2016

4. Highland Park 24.08.2000 / 19.01.2016 Signatory Vintage Cask Strength Collection, Bourbon Barrel 800268, 56.1%, 194 bouteilles

et son médaillon de veau.

  • Nez d'abord assez posé, (trop) sage (ou alors c'est à cause de l'environnement particulier ?). J'ai du mal à définir les senteurs. De l'iode, et des fruits blancs. Le nez s'ouvre avec le temps.
  • Bouche iodée, fumée marine, raisin confit. Alcool fort présent. Explosion épicée.
  • Finale épicée et fumée, pelure de pomme.
  • Verdict: Assez déséquilibré sur l'alcool et les épices.
  • 84/100.
Compte rendu : Whisky Dinner Signatory Vintage, chez Massen le 04/11/2016Compte rendu : Whisky Dinner Signatory Vintage, chez Massen le 04/11/2016

5. Caperdonich 13.06.1995 / 06.09.2016 Signatory Vintage pour 10 years The Nectar, 21 ans, Refill Sherry Hogshead 95051, 55.2%, 194 bouteilles

et sa trilogie de vanille "Bourbon".

  • Nez en plein dans le gros Sherry bien gras. Fruits secs, tabac, mélasse. Alcool picotant, à laisser respirer.
  • Bouche douce et sucrée, liquoreuse, avenante. Un bonbon. Chaleur épicée, raisin sec, caramel, tabac. Le whisky a tendance à s'adoucir en bouche sur le temps, à devenir même très sage.
  • Finale courte et légère. Sécheresse boisée, tabac et caramel.
  • Verdict: Alcool très bien intégré, voire même un peu trop sage pour 55%. Un bon whisky Sherry classique, gourmand, équilibré. Bien fait.
  • 88/100.

6. Edradour 02.09.1998 / 15.09.2016 pour 10 years The Nectar, 18 ans, Oloroso Sherry cask finish N°2024 (part), 56.7%, 333 bouteilles

et son café.

  • Nez mélassé, gourmand, sucré. Abricot et raisin secs. Marmelade d'oranges foncées.
  • Bouche sèche et boisée, du pur Oloroso. Des fruits noirs. Puissante.
  • Finale sur les épices de Noël, tabac, thé noir. Sécheresse maîtrisée.
  • Verdict: Un très beau "Dark Sherry" imparable et maîtrisé. Le meilleur Edradour que j'aie pu goûter ? Bien puissant, mais aussi bien gourmand.
  • 89/100.

Une fois de plus, ce fut une très bonne organisation, globalement une bonne soirée.

 

A souligner, l'énorme sympathie et disponibilité d'Andrew Symington, qui est régulièrement passé entre les tables pour discuter avec les convives; un homme simple et authentique (même si il est le patron d'un des embouteilleurs les plus importants du marché et d'une distillerie, il manie encore lui-même le clark tous les jours, vêtu d'une salopette de travail, et n'hésite pas à mettre les mains dans le cambouis jusqu'à pas d'heure), très loin de l'image "exclusive et bling-bling" véhiculée par le whisky (et ses divers distributeurs).

samedi 18 juin 2016

Compte rendu: Masterclass Liquid Treasures / The Whisky Mercenary chez Toby Vins, le 14/06/2016

Toby Vins, le caviste situé en région liégeoise, organise régulièrement des dégustations de whisky; qui à chaque fois est un succès de foule.

Ce mardi 14 juin, l'invité n'était autre que Jürgen "The Whisky Mercenary" Vromans qui nous a présenté 6 embouteillages des produits qu'il distribue.

En effet, Jürgen porte plusieurs casquettes. Il est embouteilleur indépendant via The Whisky Mercenary; il est distributeur exclusif pour la Belgique des embouteilleurs allemands Liquid Treasures et eSpirits; et enfin il est le "mercenaire du whisky" en Belgique car il représente régulièrement divers autres distributeurs lors de masterclass ou manifestations diverses.

Cela fait longtemps que la passion de Jürgen pour le whisky existe. Elle a commencé avec les blends quand il n'était encore qu'un étudiant. Il a découvert les single malt fin des années '90 via le Glenmorrangie 10 ans. Il est devenu embouteilleur indépendant en 2012, presque par hasard: Dominiek Bouckaert (The Whiskyman) avait la possibilité d'embouteiller 65 bouteilles de Bowmore 12 ans, mais cette production était trop limitée pour sa marque The Whiskyman. Il a alors proposé ce stock à Jürgen, qui a sauté sur l'occasion pour se lancer comme embouteilleur indépendant. Depuis, il a embouteillé une vingtaine de whiskies différents.

A noter que Jürgen a été élu Whisky Ambassador for Belgium 2016 via un vote sur internet organisé par le International Malt Whisky Festival de Gand.

Compte rendu: Masterclass Liquid Treasures / The Whisky Mercenary chez Toby Vins, le 14/06/2016

Le lineup:

Pour cette dégustation, Jürgen nous présentait ses derniers produits, aussi bien embouteillés par ses soins que distribués par lui: 3 bouteilles Liquid Treasures, 2 The Whisky Mercenary, et 1 eSpirits pour Limburg Dramclub.

Jürgen aime bousculer les habitudes quand il anime des dégustations, en insérant des whiskies tourbés assez tôt dans le lineup; ce pour magnifier le fruité au nez des whiskies passant après un tourbé.

Et comme d'habitude quand je participe à une masterclass, les notes et cotes sont à interpréter en fonction de l'environnement du moment.

Compte rendu: Masterclass Liquid Treasures / The Whisky Mercenary chez Toby Vins, le 14/06/2016
1. Glen Moray 17 ans Liquid Treasures, 1998 / 2016, Bourbon Cask, 56.3%
  • Nez: Piquant. Pomme verte, citron, beaucoup d'épices.
  • Bouche: Pas agressive. Du caramel, du miel, du raisin sec, du citron acidulé.
  • Finale: De la poussière de fruits en rétro olfaction dans les narines. Fort retour des épices piquantes.
  • Avec une goutte d'eau: Au nez, les épices restent très présentes. En bouche, la vanille se met en avant.
  • Verdict: Très épicé, ça arrache quand même un peu trop.
  • 84/100.
Compte rendu: Masterclass Liquid Treasures / The Whisky Mercenary chez Toby Vins, le 14/06/2016
2. Tomatin 8 ans eSpirits pour Limburg Dram Club, 64.7%
  • Nez: Alcool très présent. Boisé, piquant, poussiéreux. Du raisin sec et du caramel brûlé. Une longue aération lui fait du bien; il devient alors plus délicat.
  • Bouche: Grosse amertume fruitée. Du bois, du caramel, du raisin noir.
  • Finale: La chaleur de l'alcool prend encore de l'ampleur. Sécheresse boisée.
  • Verdict: Une attaque franche, directe. Peu de complexité, monolithique, et fort boisé.
  • 82/100.
Compte rendu: Masterclass Liquid Treasures / The Whisky Mercenary chez Toby Vins, le 14/06/2016
3. "The Nameless Two", 2007 / 2016 The Whisky Mercenary, 51.3%

Succédant au "The Nameless One", cet embouteillage est en fait un Ledaig 8 ans en fût de Bourbon. Mention spéciale, à nouveau, pour l'étiquette "cinéma vintage".

  • Nez: De la tourbe fermière, de la vanille, de la fumée, et du raisin blanc.
  • Bouche: Très légère, voire aqueuse. J'ai même cru au début avoir affaire avec un whisky réduit. Beaucoup de vanille, de la tourbe fermière.
  • Finale: Un nuage de fumée, sécheresse vanillée. Légère amertume.
  • Verdict: Un Ledaig très typique au nez; en bouche c'est surtout la vanille qui domine.
  • 84/100.
Compte rendu: Masterclass Liquid Treasures / The Whisky Mercenary chez Toby Vins, le 14/06/2016
4. Clynelish 18 ans Liquid Treasures, 1997 / 2015, Bourbon Hogshead, 55%
  • Nez: De la cire, du citron, du raisin blanc, de la pêche blanche. La cire se développe un moment; puis tout le nez s'effondre avec l'aération, qui ne lui fait pas du bien.
  • Bouche: Du sirop de citron, de la cire de bougie, de l'abricot vanillé. Des épices sur la langue.
  • Finale: Une vague saline. La bouche s'assèche rapidement. De la fumée sèche fruitée.
  • Verdict: Un Clynelish typique, bien fait en bouche, mais nullement étonnant. Le nez est décevant sur la durée.
  • 86/100.
Compte rendu: Masterclass Liquid Treasures / The Whisky Mercenary chez Toby Vins, le 14/06/2016
5. Islay Malt 6 ans Liquid Treasures, 2009 / 2015, Port Cask, 52.7%

Il s'agit en fait d'un jeune Caol Ila en fût de Porto. La couleur, rosée, est là pour en témoigner, d'ailleurs.

  • Nez: De la tourbe fermière, de la paille. Très unidirectionnel.
  • Bouche: D'abord douce, vineuse, beaucoup de tourbe fermière. Puis de la cendre à la crotte d'oiseau (no comment ^⁾.
  • Finale: Courte. De l'amertume, toujours la tourbe crottée. Et une astringence vineuse importante.
  • Verdict: Là, j'ai beaucoup de mal; je trouve ça complètement dégueu. C'est très jeune, la tourbe n'est pas du tout la Caol Ilienne que j'apprécie, c'est déséquilibré, et fort vineux. Ça devrait plaire au marché allemand, ceci dit, puisque là-bas ils aiment les finish en fûts de vin.
  • 75/100 (et encore, je me trouve gentil).
Compte rendu: Masterclass Liquid Treasures / The Whisky Mercenary chez Toby Vins, le 14/06/2016
6. Imperial 17 ans Gordon & MacPhail pour The Whisky Mercenary, 1998 / 2015, Refill Sherry Hoghead n°1230, 50%, 287 bouteilles

Gordon & MacPhail ne vendant jamais ses fûts pour qu'ils soient embouteillés sous une autre étiquette que la sienne, Jürgen ne pouvait pas proposer cette sélection directement sous sa marque. Mais il s'agit bien de sa sélection (à lui et à son épouse Patricia, car ils sélectionnent toujours leurs fûts ensemble), embouteillée spécialement pour lui. Particularité de cet Imperial: c'est un fût de Sherry en second remplissage, ce qui est assez rare pour un Imperial, souvent maturé en fût de Bourbon.

  • Nez: De la vanille, de la pomme, du raisin sec, et quelques gouttes de citron.
  • Bouche: De la vanille, de la pomme verte, du citron jaune. Un léger acidulé, du miel boisé. Une belle rondeur.
  • Finale: Fruitée et mielleuse, avec une pointe de sécheresse.
  • Verdict: Pas mal dans l'ensemble. L'acidulé est cassé par le refill Sherry, ce qui n'est pas pour me déplaire.
  • 87/100.
Compte rendu: Masterclass Liquid Treasures / The Whisky Mercenary chez Toby Vins, le 14/06/2016

Nous avons aussi pu goûter un jeune Macduff 8 ans Liquid Treasures (titrant à... 66% !!), mais en bas dans la boutique; pas dans la salle de la masterclass. Et je n'ai pas pris de notes. Mais il ne m'a pas spécialement ébloui.