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lundi 15 mai 2017

Spirit of Freedom 30 ans, 46%, 2014 bouteilles

Il n'y a pas que du single malt qui est produit à Campbeltown, on y produit aussi du blend; même si en bien moindre quantités.

C'est le cas pour le Spirit of Freedom qui est produit par la distillerie Springbank. Il est possible de trouver des versions plus jeunes et plus récentes que celle dont je vous parle aujourd'hui; mais celle-ci est assez particulière.
Son âge tout d'abord. Il est assez rare qu'un blend affiche 30 ans sur on étiquette. Rappelons que pour les blends, c'est l'âge du plus jeune whisky de l'assemblage qui peut apparaître sur l'étiquette.
Son prix d'origine, ensuite: moins de 100 euros à sa sortie, fin 2014. Pour du 30 ans d'âge, autant dire que c'était 3 francs 6 sous.

Mais ce blend, que raconte-t-il, au juste ?

Ce Spirit of Freedom 30 ans a été assemblé par Frank McHardy (une légende dans le monde du whisky, qui a commencé sa carrière en 1963 et a travaillé chez Springbank depuis 1977), qui l'a créé comme baroud d'honneur en tant que Directeur de la Production avant de prendre sa retraite fin 2014. Mais Frank continue néanmoins à officier encore aujourd'hui comme professeur lors des Whisky Schools à la distillerie Springbank, et comme consultant en diverses matières liées au whisky.

Cette création commémore les 700 ans de la bataille de Bannockburn qui s'est produite en 1314 et qui avait vu l'armée de Robert The Bruce vaincre les forces anglaises pourtant en supériorité numérique.

Ce Spirit of Freedom 30 ans est un assemblage de 75% de whisky de malt (issu de 5 distilleries différentes) et de 25% de whisky de grain; avec un mélange de fûts de Bourbon et de fûts de Sherry.



Spirit of Freedom 30 ans, 46%, 2014 bouteilles



  • Nez: Du miel, une fine fumée d'herbe sèche et poussiéreuse, de la vanille, et du fruit jaune caramélisé. Un chouette nez, séduisant et gourmand; tout en ayant aussi un côté rustique, campagnard. L'apport de fûts de Sherry est perceptible.
  • Bouche: De l'abricot sec, de l'orange vanillée, des épices douces par poignées, et cette fumée sèche qui reste en toile de fond. La réduction se ressent à ce niveau-ci, cependant.
  • Finale: Une amertume boisée surgit. L'abricot et la fumée continuent d'assurer leur permanence. Une pointe épicée reste sur le bout de la langue.
  • Verdict: Ce blend est vachement bien foutu, et affiche clairement son affiliation avec Springbank. Equilibré et cohérent. Seules la réduction en bouche et l'amertume en finale auraient pu être plus discrètes pour que ce soit parfait. Mais si je croisais une bouteille aujourd'hui, je me laisserais tenter sans me forcer.
  • 89/100.




Sold out de nos jours bien évidemment (du moins dans les circuits officiels en Belgique), son prix de sortie en 2014 se situait entre 85 et 100€. Un excellent rapport qualité / prix, à l'époque.

dimanche 2 avril 2017

Glenturret 1986/2017 The Cooper's Choice, 30 ans, 48.5%

Glenturret n'est pas spécialement une distillerie qui fait se déplacer les foules. Et pourtant, il y a moyen d'en trouver de bons embouteillages. Bon OK, là j'enfonce une porte ouverte: il y a moyen de trouver de bons embouteillages de toutes les distilleries. Il faut juste plus chercher pour certaines que pour d'autres ;-)

Concernant Glenturret, c'est surtout dans les vieux whiskies que je pourrais trouver mon bonheur. Un 30 ans d'âge, embouteillé (en brut de fût) par The Cooper's Choice; sur papier c'est attirant. Voyons voir ce qu'il a dans le ventre...


 

 

https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjLiNsHQ9Sq-CH_N5i-fWbc8x7WARcFf3SPTWfEKiYsnGuONEQnNNjob52qTMx1w6RG1jAS0YRM56LWS8I3PbFIQP4BCMzBSBC5RC_R7q34DmjfeGphGlj6oTE7yYreUDRn83UqeIScPXDW/s1600/Glenturret1986CC.jpg 

Glenturret 12.1986 / 2017 The Cooper's Choice, 30 ans, Bourbon Cask 338, 48.5%, 300 bouteilles

  • Nez : Du fruit blanc confit, du vernis omniprésent (qui s’estompe rapidement avec l’aération), de la poussière de bois. Un nez aérien, léger, et fin.
  • Bouche : La finesse est de mise ici aussi, dès l’entrée de bouche. Pas d’agressivité, mais un joli fruité sur le sirop d’abricot boisé. Une pichenette d’épices douces. Le sucré roule sur la langue.
  • Finale : Le bois noble est toujours présent, sans être oppressant. Une légère sécheresse s’installe. Les épices restent présentes, accompagnées d’une amertume appuyée.
  • Verdict : Les 30 ans passés dans le fût se ressentent, ce sont le sirop de fruit et le bois qui marquent leur empreinte. Un beau dram qui demande du temps pour se faire déguster, à ne pas bâcler.
  • 88/100.








Disponible au Chemin des Vignes (Bruxelles) pour 190 euros.

vendredi 25 décembre 2015

C'EST NOËL !! Deux Littlemill 1984/2015 The Cooper's Choice différents (30 et 31 ans)

C'EST NOËL !! Deux Littlemill 1984/2015 The Cooper's Choice différents (30 et 31 ans)

Bah oui quoi, à Noël on se fait plaisir, non ? Les cadeaux, la bonne bouffe, les bisous, les câlins, etc... Et les bons drams, aussi, non mais des fois !!

Et pour ma part, mon péché mignon c'est évidemment du Littlemill. Alors je vous en parle, c'est mon cadeau de Noël à vous, mes lecteurs ;-).

En cette fin d'année 2015, l'embouteilleur The Cooper's Choice a sorti coup sur coup (en octobre et en novembre) deux Littlemill en brut de fût (malgré ce que leurs bas titrants en alcool pourraient laisser penser), tous deux distillés en 1984 et issus de fûts dont les numéros sont très proches (des sister casks ?).

C'EST NOËL !! Deux Littlemill 1984/2015 The Cooper's Choice différents (30 et 31 ans)
Littlemill 11.1984 / 2015 The Cooper's Choice, 30 ans, Bourbon Cask n°3904, 49%, 270 bouteilles

En octobre, quand il est sorti, je l'avais goûté et coté 88/100, qui n'est en soit pas une mauvaise cote du tout. Mais en voyant les cotes dithyrambiques d'autres amateurs, je me suis dit que j'étais peut-être un peu "passé à côté". Une repasse s'imposait:

  • Nez: Gourmand, fruité et floral dès le début. Du miel de fleur, des fruits blancs juteux; et un très léger malt toasté tout au fond, qu'il faut aller chercher pour bien pouvoir le définir. Du raisin blanc acidulé se développe avec l'aération.
  • Bouche: Du jus de fruits blancs, onctueux, sucré, mais aussi assez épicé. Du miel de fleur, encore. Et une amertume de pelure de fruit qui grandit et est omniprésente tout du long.
  • Finale: Moyenne. L'amertume fruitée s'installe. Les épices douces perdurent un long moment. Une acidité végétale s'insinue en toute fin de bouche.
  • Verdict: Comme souvent chez Littlemill, le nez est "waouw" et s'ouvre pleinement sur le temps. J'y laisserais volontiers traîner mes narines pendant des heures. La bouche m'a de prime abord un peu moins séduit, de par ses notes amères et acidulées. Mais sur le temps, cette bouche délivre alors pleinement tout ce qu'elle a à offrir. L'amertume s'estompe (ou je m'y suis habitué?) et le fruité gourmand prend le dessus.
  • 90/100. Clairement une meilleure impression que lors de ma première passe.
C'EST NOËL !! Deux Littlemill 1984/2015 The Cooper's Choice différents (30 et 31 ans)
Littlemill 11.1984 / 2015 The Cooper's Choice, 31 ans, Bourbon Cask n°3902, 46.5%, 230 bouteilles
  • Nez: Une pleine corbeille de fruits juteux et gorgés de soleil : de la banane, du pamplemousse rose, de la mandarine, de la pêche, de l’abricot, et de la poire qui se mélangent pour former un tout hyper gourmand, très sucré. Miam, ça donne carrément faim ! Après aération, un délicat floral mielleux se développe, accompagné d’un brin de menthe poivrée.
  • Bouche: Riche, puissante, et onctueuse. De la compote de pêche, et du sirop d’abricot. S’y mélangent aussi de l’orange juteuse, du raisin framboise, de la nectarine… bien mûrs et très juteux.
  • Finale: Moyenne. Quelques épices douces viennent chatouiller les papilles. Les fruits perdurent un moment, puis s’étiolent lentement pour ne plus laisser qu’un divin souvenir. Avant la gorgée suivante !
  • Verdict: Superbement équilibré, aucunement agressif, hyper fruité, gourmand, généreux, fin… Aucune amertume, juste du fruit, du fruit, et encore du fruit. J’adore, c’est juste succulent.
  • 93/100. Bim-Bam-Boum ! Juste la meilleure cote de l'année en ce qui me concerne.
C'EST NOËL !! Deux Littlemill 1984/2015 The Cooper's Choice différents (30 et 31 ans)

Vendus initialement aux alentours de 250 euros, ces deux embouteillages ont été directement sold out en Belgique dès l'annonce de leur sortie respective et le début de leurs pré-ventes. Inutile de les chercher chez nous via les canaux réguliers des boutiques. Il en reste peut-être un peu à des prix "d'origine" en Hollande ou en Allemagne, mais sinon leur prix explose déjà (aux environs de 400 euros) sur le marché parallèle de la revente aux enchères.

Si j'en ai parlé, c'est parce que j'aime Littlemill, et que c'est Noël ! (et aussi que c'est mon Blog, et que j'y fais ce que j'veux, na ! :-p )

Alors Joyeux Noël à vous tous et toutes, quel que soit le dram que vous ayez choisi pour l'occasion :-)

jeudi 8 octobre 2015

Littlemill 1985/2015 Coopers Choice, 44%

Coopers Choice a l'habitude de sortir chaque année un (voire plus) Littlemill distillé en 1985. A croire que cet embouteilleur a acheté un stock de fûts uniquement de cette année-là.

Celui-ci avait été embouteillé début 2015 pour un marché non européen, mais quelques bouteilles ont quand même atterri en Europe. Un certain nombre (qui m'est inconnu) en Allemagne, et 18 bouteilles en Belgique. Ces 18 bouteilles avaient d'ailleurs trouvé acquéreur avant même d'entrer dans nos frontières. Inutile de le chercher en boutique dans le royaume, vous ne le trouverez dans aucun rayonnage. Ultra sold out. Je sais, en règle générale je vous parle de bouteilles encore disponibles ici ou là, mais ça devient de plus en plus difficile avec Littlemill. Et comme j'aime cette distillerie, parfois je me fais plaisir ;-).

A noter que, malgré son faible titrant (44%) et contrairement à certaines rumeurs qui ont couru sur certains forums, ce Litllemill n'a pas été réduit et est en brut de fût. En 30 ans la part des anges a été importante.

Littlemill 1985/2015 Coopers Choice, 44%
Littlemill 1985 / 2015 Coopers Choice, 30 ans, Hogshead n°4235, 44%, 325 bouteilles
  • Nez: Une extrême fraîcheur. De la tige de fleur (vous avez déjà mordillé une tige de pâquerette ?), de la compote de pamplemousse, des fleurs de printemps. De l'essence de parfum de fleur, même, par moments. Un peu de vanille et de la pêche juteuse. Une belle journée printanière, au petit matin. Le nez continue d'embaumer longtemps, même après une longue aération.
  • Bouche: La bouche manque de punch dès le départ. Il faut laisser le temps aux saveurs de se développer. Du pamplemousse blanc, de la vanille, quelques échardes de bois jeune, et une fraîcheur herbacée mélangée à des gouttes de citron. Un peu de raisin blanc bien mûr, aussi.
  • Finale: Courte. De l'amertume fruitée et des zestes de citron s'installent. Le pamplemousse fait son retour et assèche légèrement le palais.
  • Verdict: Comme souvent avec les vieux Littlemill, c'est le nez qui remporte la palme. Je m'y perdrais pendant des heures. La bouche, elle, est très légère et facile d'accès, parfaite en apéro. Il lui manque juste un peu de punch pour s'envoler très haut niveau score.
  • 90/100 (nez 92 et bouche 88).

jeudi 1 janvier 2015

Face à face : tous les Brora 30 ans officiels

Face à face : tous les Brora 30 ans officiels

Pour marquer le coup de l’année nouvelle, tous les blogs sur le whisky essaient de trouver un article qui sorte du lot. Que ce soit un whisky légendaire, un verdict sur l’année écoulée, des statistiques de fréquentation, ou encore des prédictions sur l’année à venir.

Pour ma part, j’ai voulu partager avec vous une expérience qui n’arrive qu’une fois dans une vie. Celle-ci le sera de façon sûre et certaine en ce qui me concerne. Plus jamais je n’aurai l’occasion de goûter tous les Brora 30 ans officiels lors d’une même session, pour les comparer à un même moment, dans les mêmes circonstances, les uns face aux autres.

Inutile d’encore présenter Brora, cette distillerie est devenue mythique. Les prix des bouteilles officielles (celles produites par Diageo) de Brora ayant atteint des montants inatteignables pour mon portefeuille, je sais que je ne pourrai plus jamais m’en offrir une. Jamais. C’est plié, c’est écrit dans le marbre, j’en ai fait mon deuil.

J’avais déjà eu l’occasion de goûter l’une ou l’autre release, mais séparément et pas toujours dans de bonnes conditions. Mais je caressais un rêve de plus grande envergure du bout des doigts : pouvoir tous les goûter ensemble, lors d’une même soirée.

Face à face : tous les Brora 30 ans officiels

Il m’aura fallu environ deux ans pour réunir les samples nécessaires à cette expérience. Impossible, bien évidemment, d’acheter une bouteille de chaque release. J’ai aussi voulu partager ce moment avec mes deux acolytes réguliers eux aussi amateurs de single malt. C’est une expérience, je trouve, qui est à partager avec des personnes qui pourront en tirer un plaisir à la hauteur de l’événement. En cette fin d’année 2014 (période festive s’il en est) nous nous sommes donc réunis, fébriles (enfin moi plus que certainement, en tout cas) pour vivre cette ‘’once in a lifetime experience’’.

Avant de débuter la séance de dégustation, et ayant déjà goûté des Brora officiels auparavant, je m’attendais à trouver certains marqueurs typiques de la distillerie ; comme une tourbe fermière, de la fumée et de l’iode par exemple. Je m’attendais aussi à (re)trouver une grande complexité et une grande finesse. C’est donc avec ces critères en tête que j’ai entamé la soirée (oui, on a pris une longue soirée pour aborder cet événement, ce genre de dégustation ne se faisant pas à la vas-vite).

Concernant le lineup, nous avons opté pour une progression chronologique ; le titrant en alcool étant assez proche d’un embouteillage à l’autre. Assez palabré, voici mon verdict personnel (et celui de mes acolytes en fin d’article). Accrochez-vous à vos chaussettes !

Face à face : tous les Brora 30 ans officiels
Brora 20 ans Chieftain’s, 06.1982 / 04.2003, Sherry Butt n°1191, 46%, 806 bouteilles

En starter, histoire de se mettre en bouche et de préparer nos papilles, nous avons commencé doucement avec un Brora réduit à 46%, non officiel. Un fond de bouteille que j’avais trouvé à Lille en septembre.

  • Nez : Epices piquantes. Sirop de poire salée. De la mandarine. Une brise côtière vanillée.
  • Bouche : Fondue, pas facile de décortiquer les saveurs. Bouche un peu molle (surtout comparée au nez), aqueuse.
  • Finale : Sur la poire salée.
  • Verdict : Ce Brora ressemble plus à un fût de bourbon qu’à un fût de sherry, et est plus proche de Clynelish que de Brora. Se laisse néanmoins facilement boire.
  • 87/100.
Face à face : tous les Brora 30 ans officiels

Les plats de résistance : Passons maintenant à tous les Brora 30 ans d’âge, de la première à la 9ème release. La 7ème release est absente de la liste, car il s’agit d’un 25 ans et non d’un 30 ans.

Brora 30 ans, 1st Release (2002), 52.4%, 3000 bouteilles
  • Nez : De la fumée de paille sèche. Compote et confiture de fruits blancs caramélisés. La fumée s’estompe avec l’aération, et le nez devient très subtil. Epices douces.
  • Bouche : Rhooo quoi ! Hyper fondue. Cendres froides, sirop de fruits. Une salinité.
  • Finale : Salée, épices douces, fumée cendrée légèrement mentholée.
  • Verdict : Pas fortement fermier, mais hyper bon. Ca envoie du lourd dès le début de la session.
  • 91/100.
Brora 30 ans, 2nd Release (2003), 55.7%, 3000 bouteilles
  • Nez : Très fermier sur la bouse de vache, de la boue mélangée à de la paille. Fumée sèche. Difficile d’aller chercher les fruits, sur celui-ci. Foin sec et épices poivrées.
  • Bouche : Suave et fondue. Vanille et paille sèche. Fruits jaunes compotés, explosion poivrée.
  • Finale : Longue. Nous sommes toujours dans une étable. De la réglisse et de la paille sèche.
  • Verdict : Nez évolutif et complexe à l’extrême. ‘’Fetchez la vache !’’ pourrait résumer ce Brora, très très fermier. Meuh.
  • 93/100.
Brora 30 ans, 3rd Release (2004), 56.6%, 3000 bouteilles
  • Nez : Nez cireux, herbacé. Sirop et compote de miel. Très légère fumée cendrée. Des épices douces. Le nez se développe bien avec le temps.
  • Bouche : Sève d’arbre, sirop de fruits blancs.
  • Finale : Cendre, légère fumée très poivrée. Clou de girofle.
  • Verdict : Plus linéaire et moins typique. Il m’a franchement laissé sur ma faim.
  • 89/100.
Brora 30 ans, 4th Release (2005), 56.3%, 3000 bouteilles
  • Nez : Très fermier, boueux. De la paille et du poil de bétail mouillé. Du foin par la suite.
  • Bouche : Très fruité en entrée de bouche, du sirop qui coule tout seul. De la cire. Texture huileuse et grasse. Touches herbacées.
  • Finale : Du sel marin surtout, le reste se sent moins. Un coup de moulin à poivre. Cette finale devient plus ronde après quelques gorgées.
  • Verdict : Ca commence à devenir difficile de trouver quelque chose de particulier en verdict… C’est bon, quoi !
  • 93/100.
Brora 30 ans, 5th Release (2006), 55.7%, 2130 bouteilles
  • Nez : Très proche du 2003, très fermier au premier abord. Cette couche fermière se calme un peu pour révéler, là-bas loin dans le fond, des fleurs (bleues) de clairière. Du miel enrobe tout ça.
  • Bouche : Fondue, fermière et herbacée, florale, et fruitée. Douceur vanillée au milieu de tout ça.
  • Finale : Très longue. Légère iode, tourbe fermière, fumée cendrée. Une goutte de citron.
  • Verdict : Oufti ! Tout y est ! Rien ne manque ! Parfait.
  • 94/100.
Brora 30 ans, 6th Release (2007), 55.7%, 2958 bouteilles
  • Nez : La tourbe fermière est présente, et des vagues herbacées se placent en avant. Après aération, le miel vanillé s’insinue. De la poussière terreuse.
  • Bouche : Linéaire, et plus monolithique que les autres. Plus facile d’accès et à boire (attention, dans le contexte Brora, hein). Une salinité apparaît.
  • Finale : Longue. Salinité persistante. Légère amertume de zeste d’agrume.
  • Verdict : Le plus accessible, jusqu’ici.
  • 90/100.
Brora 30 ans, 8th Release (2009), 53.2%, 2652 bouteilles
  • Nez : Du malt, des céréales au miel, une brise côtière. Pas de tourbe fermière. Cireux. Traces herbacées au loin. Me fait plus penser à un Clynelish qu’à un Brora.
  • Bouche : Du miel, de la cire. Fruitée et iodée.
  • Finale : Sur le miel salé.
  • Verdict : En aveugle, j’aurais misé sur un Clynelish et pas sur un Brora. Pas de tourbe fermière dans celui-ci, mais tous les marqueurs d’un (très bon) Clynelish.
  • 90/100.
Face à face : tous les Brora 30 ans officiels
Brora 30 ans, 9th Release (2010), 54.3%, 3000 bouteilles
  • Nez : De la tourbe fermière caramélisée, du miel, du sirop de fruits. Des fleurs séchées.
  • Bouche : Très ronde, du sirop de poire. Légère fumée.
  • Finale : Tout aussi douce sur le sirop de fruits. Du poivre et de l’iode. Très légère fumée.
  • Verdict : Aussi un hybride entre Clynelish et Brora, mais plus du côté de Brora cette fois-ci.
  • 92/100.
Verdict général :

Mon tiercé personnel a été le 5th Release (2006), 4th Release (2005), et 2nd Release (2003). Mes deux acolytes se sont rencontrés sur un tiercé identique sur le 2nd Release (2003), 6th Release (2007), et 9th Release (2010).

Ouf ! Quelle expérience ! Incroyable ! Il a été très intéressant de se rendre compte des différences (notables) entre les releases ; différences qui ne seraient probablement pas aussi définissables en les goûtant des jours / semaines / mois / ou même années d’écart.

Merci à tous ceux (ils se reconnaîtront) qui m’ont permis de réunir les samples nécessaires ! \o/

Nous pouvons à présent aborder 2015 de façon plus conventionnelle, avec des whiskies plus abordables financièrement et encore disponibles dans le commerce. Je vous souhaite une excellente année 2015, pleine de drams qui vont donneront des frissons de plaisir.

lundi 30 septembre 2013

Verticale Talisker 18 / 25 (x2) / 30 ans

Verticale Talisker 18 / 25 (x2) / 30 ans

Aujourd’hui, j’envoie du lourd…

Comme Talisker est une de mes distilleries préférées, j’avais envie de faire une verticale de plusieurs de ses embouteillages officiels de haut vol. Je délaisse volontairement le 10 ans dont j’avais précédemment parlé car, même si il est très bon, il ne joue pas dans la même catégorie que ceux que j’ai sélectionnés pour cette verticale.

Cette verticale Talisker voit donc ‘’s’affronter’’ (si l’on peut appeler cela ainsi ; je ne considère pas cela comme une compétition étant donné que tous les participants sont très bons) le 18 ans (dont j’ai déjà aussi parlé), le 25 ans de 2004, le 25 ans de 2006 (chaque année sort un nouveau ‘’batch’’ de 25 ans d’âge), et enfin le 30 ans. Tous en embouteillage officiel.

A part le 18 ans qui est à la portée de toutes les bourses, les bouteilles participant à cette verticale sont assez onéreuses. J’ai la chance d’avoir une bouteille du 25 ans batch 2004, mais le reste est composé de ‘’samples’’ que j’ai pu glaner çà et là (merci aux généreux donateurs, d’ailleurs ;-) ).

La référence de base, ‘’l’étalon’’ pour cette verticale, sera le 18 ans que je note personnellement 93/100. J’avais expliqué les raisons d’un si haut score à mes yeux dans le billet qui lui était consacré début juillet. Cote assez subjective et très personnelle, je l’admets.

Même si je le connais bien, que cela ne m’empêche pas d’en reprendre un petit dram pour me mettre en bouche…

Talisker 18 ans, 45.8% : Haaaa, ce nez ! Il me fait à chaque fois vibrer. Fumée, poivre, iode, une pointe d’amande vanillée. La bouche est elle aussi me transporte autant que dans mes souvenirs. Eau de mer, poivre blanc, mousse, fruits confits. La finale me paraît encore plus complexe qu’avant. Poivre et fumée bien sûr, mais aussi un retour de bacon frit dans les narines. 93/100, mon score ne change pas, ma subjectivité non plus. Mais si je mets ma subjectivité de côté pour ne garder qu’une once d’objectivité ; je lui mettrais 91/100. Ce Talisker 18 ans reste d’un incroyable rapport qualité / prix.

Les jalons de l’étalon sont donc posés, les notes suivantes seront donc en comparaison avec ce 18 ans de référence.

Talisker 25 ans, batch 2006, 56.9% (je fais passer le batch 2006 avant le batch 2004 dans la dégustation car il titre plus bas en alcool). La patte Talisker (iode, fumée, poivre) est clairement présente. Le nez tire un peu plus sur les agrumes que le 18 ans, la fumée est plus douce et plus fondue. La bouche est plus franche en attaque, mais aussi beaucoup plus complexe par le ressac de fumée iodée qui revient donner une grosse claque une fois la vague de fruits acidulés passée. La finale est elle aussi sur les agrumes, plus poivrés qu’en bouche. Une légère amertume boisée s’installe au fond de la gorge sur la fin (dommage, ça fait perdre un point en ce qui me concerne), mais une douceur complexe aussi (et ça, ça le fait grave !). Aussi complexe dans son ensemble que le 18 ans, mais aussi plus fin et plus subtil malgré le pourcentage d’alcool plus élevé. 91/100.

Talisker 25 ans, batch 2004, 57.8%. Logiquement très proche du batch 2006. Au nez les agrumes sont moins présents, laissant plus la place à la fumée iodée. Je sens aussi de la sève d’arbre. La bouche est, de façon surprenante, plus douce que celle du batch 2006 malgré le taux d’alcool plus élevé ; hyper fine, super complexe, ultra subtile. Des épices, de la fumée, du cuir, de la mousse, de l’eau de mer, des fruits verts et jaunes cuits ; un mélange de plein de trucs qui viennent et qui repartent par vague. La finale n’est pas en reste au niveau complexité ; tabac, poivre blanc, mousse sèche, iode, etc… sans l’amertume du batch 2006. Rhaaaaa que c’est bon ! 93/100. Supérieur au 18 ans en sensations, mais son prix (élevé) le ramène au même niveau global.

Talisker 30 ans, batch 2006, 51.9%. Le profil Talisker est toujours très perceptible, mais des différences flagrantes sont aussi présentes par rapport aux 25 ans et 18 ans. Le nez est beaucoup plus sur les fruits jaunes, la fumée et l’iode se faisant plus discrets. La bouche est très douce, vanillée, légèrement sucrée, sur les fruits confits. Le poivre se dévoile par une légère pincée tout au plus. La finale revient plus vers le profil Talisker standard avec une vague de poivre et de fumée. La légère amertume du 25 ans batch 2006 est elle aussi présente. Un très bon whisky, très fin mais en retrait, pour moi, par rapport aux trois dégustations précédentes. La fougue "Talisker" n'est pas assez présente dans ce malt-ci. 89/100.

En conclusion, je ne peux vous donner qu’un seul conseil : si vous avez l’occasion de goûter du Talisker, ne vous gênez pas et faites-le (en espérant que vous soyez aussi conquis que je le suis par cette distillerie) ! Attention néanmoins, les produits ‘’NAS’’ (sans âge) sont franchement, je trouve, un cran en dessous des embouteillages avec âge spécifié.

mercredi 17 juillet 2013

Caol Ila 30 ans Archives 1982/2012, 51.2%

Caol Ila 30 ans Archives 1982/2012, 51.2%

Après l'excellent Caol Ila de The Whiskyman présenté hier, passons à un autre Caol Ila d'un autre embouteilleur indépendant. Cette fois c'est un 30 ans (ha oui hein, on commence à taper dans les vieux, là !) de l'embouteilleur Archives (embouteilleur batave affilié à la boutique Whiskybase).

Il s'agit du Caol Ila 30 ans Archives 1982 / 2012, 51.2%, Bourbon Hogshead #758, 207 bouteilles.

Cela vous permettra peut-être de vous faire une idée entre deux embouteillages d'une même distillerie mais d'embouteilleurs différents. Mais bon, je vous le présente aussi parce qu'il tue sa môman, celui-là !

Nez: En entrée la tourbe fumée typique de Caol Ila, mais d'une grande douceur et d'une grande subtilité. Du beurre fondu, des zestes d'orange, du pain grillé, des champignons noirs. Que c'est complexe ! J'adore ce genre de profil.

Bouche: De la douceur suivie de poivre blanc. De la tourbe fumée tapisse les joues. Du tabac humide, un peu de soufre. Ici aussi, une complexité comme je les aime: des choses qui arrivent, repartent, se croisent, reviennent. Un grand moment gustatif.

Finale: Du charbon, de la terre et des cendres envahissent la gorge. Des picotements traversent la langue. Pas mal de saveurs reviennent en bouche.

Verdict: La complexité et le profil de ce Caol Ila me rappellent le 1990 The Whiskyman for Massen, mais avec des couches supplémentaires et encore plus de subtilité. Un TRES grand Caol Ila !

92/100.

Hé oui, encore meilleur que le 1990 de The Whiskyman !

Il est sold out chez Whiskybase, mais encore disponible chez QV.ID (je crois) et chez purespirit.fr (pour la livraison vers la Belgique, contactez "Piazzolla" (le patron de PureSpirit) via le forum http://www.whisky-distilleries.info/Forum/ ) pour 135 euros. Plus cher que le 1990 d'hier, mais aussi plus vieux de 8 ans. Bon rapport qualité/prix, quoi.