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lundi 7 novembre 2016

Compte rendu : Whisky Dinner Signatory Vintage, chez Massen le 04/11/2016

A intervalle régulier (qui était précédemment de 6 mois, mais qui semble à présent être passé à un rythme annuel), le supermarché Massen organise un whisky dinner pendant son whisky festival.

Après The Dalmore avec Richard Paterson début 2015 et Cadenhead avec Mark Watt fin 2015, ce vendredi c'était au tour de l'embouteilleur indépendant Signatory Vintage avec Andrew Symington, son patron.

 

Andrew Symington / Signatory Vintage / Edradour:

Andrew Symington a fondé Signatory Vintage, l'embouteilleur indépendant bien connu, en 1988. Mais son rêve a toujours été d'avoir un jour sa propre distillerie. Tant et si bien qu'en 2002 il récupère Edradour (la plus petite distillerie officielle d’Écosse) des mains de Pernod-Ricard.

Afin de rester la plus petite distillerie d’Écosse, Andrew Symington n'a pas décidé d'agrandir Edradour, mais... de construire une seconde distillerie, Edradour N°2, juste de l'autre côté de la route. Cet Edradour N°2 sera productive à partir d'août 2017 et devrait faire bondir la production à 400.000 litres d'alcool par an.

Actuellement les stocks sont de 14.000 fûts pour Signatory Vintage et 5000 fûts pour Edradour, disséminés entre deux entrepôts. Un "humide" en terre battue, où le résultat est une baisse sensible du taux d'alcool dans les fûts au cours du temps; et un "sec", plus moderne, bétonné, où le résultat est une baisse du volume général du liquide dans les fûts mais où le taux d'alcool reste assez haut.

En 2018 Signatory Vintage fêtera ses 30 ans d'existence; des embouteillages anniversaires sont d’ores et déjà prévus, principalement des embouteillages de whiskies distillés en... 1988.

Le repas et les whiskies:

Outre la présentation d'Andrew Symington, l'assemblée (événement sold-out, avec une grosse soixantaine de personnes à vue de nez), c'est évidemment les whiskies et l'appariement avec les plats qui étaient importants. Et une fois de plus, ce furent de beaux whiskies et de bons plats.

 

PS: comme d'habitude, les notes ci-dessous sur les whiskies ont été rédigées sur le moment, dans l'environnement "whisky dinner", et sont donc moins précises et détaillées que celles rédigées en mes murs.

Compte rendu : Whisky Dinner Signatory Vintage, chez Massen le 04/11/2016Compte rendu : Whisky Dinner Signatory Vintage, chez Massen le 04/11/2016

1. Clynelish 1998 / 2016 Signatory Vintage pour Vinothek Massen, 18 ans, 54.8%

et ses amuse-bouche.

Pas grand chose à ajouter à ma note détaillée publiée récemment. Ce "petit" Clynelish, au rapport qualité/prix quasi imbattable par les temps qui courrent, a eu son petit succès (parmi les gens autour de moi à table, en tout cas).

Compte rendu : Whisky Dinner Signatory Vintage, chez Massen le 04/11/2016Compte rendu : Whisky Dinner Signatory Vintage, chez Massen le 04/11/2016

2. Imperial 18.09.1995 / 31.08.2016 Signatory Vintage Cask Strength Collection, 20 ans, Hogsheads 50268+50269, 50.8%, 521 bouteilles

et sa salade d'hiver.

  • Nez sur la pomme et le raisin; fruité et typique. Zeste de citron.
  • Bouche suave, du sirop, du raisin blanc. Du citronné acidulé aussi.
  • Finale courte. Pelure de pomme. Acidulée.
  • Verdict: Un Speysider très classique, fruité. Bon, mais sans surprise. Je trouve le nez plus chouette que la bouche.
  • 85/100.
Compte rendu : Whisky Dinner Signatory Vintage, chez Massen le 04/11/2016Compte rendu : Whisky Dinner Signatory Vintage, chez Massen le 04/11/2016

3. Mosstowie 30.11.1979 / 19.01.2016 Signatory Vintage Cask Strength Collection, 36 ans, Bourbon Barrel 25758, 46.8%, 178 bouteilles

et sa soupe Wonton.

  • Nez cireux, pâteux, quasi collant; lourd et puissant. De la pomme vanillée.
  • Bouche douce, cireuse. Du sirop de pomme, du raisin confit. Pincée de sel.
  • Finale moyenne. La cire plaquante reste en bouche. Le sel grossit.
  • Verdict: "A piece of whisky history", comme l'a commenté Andrew Symington. Et quel morceau ! Superbe présence, un côté industriel et rustique que j'aime beaucoup. Pas un whisky facile d'accès, par contre.
  • 90/100.
Compte rendu : Whisky Dinner Signatory Vintage, chez Massen le 04/11/2016Compte rendu : Whisky Dinner Signatory Vintage, chez Massen le 04/11/2016

4. Highland Park 24.08.2000 / 19.01.2016 Signatory Vintage Cask Strength Collection, Bourbon Barrel 800268, 56.1%, 194 bouteilles

et son médaillon de veau.

  • Nez d'abord assez posé, (trop) sage (ou alors c'est à cause de l'environnement particulier ?). J'ai du mal à définir les senteurs. De l'iode, et des fruits blancs. Le nez s'ouvre avec le temps.
  • Bouche iodée, fumée marine, raisin confit. Alcool fort présent. Explosion épicée.
  • Finale épicée et fumée, pelure de pomme.
  • Verdict: Assez déséquilibré sur l'alcool et les épices.
  • 84/100.
Compte rendu : Whisky Dinner Signatory Vintage, chez Massen le 04/11/2016Compte rendu : Whisky Dinner Signatory Vintage, chez Massen le 04/11/2016

5. Caperdonich 13.06.1995 / 06.09.2016 Signatory Vintage pour 10 years The Nectar, 21 ans, Refill Sherry Hogshead 95051, 55.2%, 194 bouteilles

et sa trilogie de vanille "Bourbon".

  • Nez en plein dans le gros Sherry bien gras. Fruits secs, tabac, mélasse. Alcool picotant, à laisser respirer.
  • Bouche douce et sucrée, liquoreuse, avenante. Un bonbon. Chaleur épicée, raisin sec, caramel, tabac. Le whisky a tendance à s'adoucir en bouche sur le temps, à devenir même très sage.
  • Finale courte et légère. Sécheresse boisée, tabac et caramel.
  • Verdict: Alcool très bien intégré, voire même un peu trop sage pour 55%. Un bon whisky Sherry classique, gourmand, équilibré. Bien fait.
  • 88/100.

6. Edradour 02.09.1998 / 15.09.2016 pour 10 years The Nectar, 18 ans, Oloroso Sherry cask finish N°2024 (part), 56.7%, 333 bouteilles

et son café.

  • Nez mélassé, gourmand, sucré. Abricot et raisin secs. Marmelade d'oranges foncées.
  • Bouche sèche et boisée, du pur Oloroso. Des fruits noirs. Puissante.
  • Finale sur les épices de Noël, tabac, thé noir. Sécheresse maîtrisée.
  • Verdict: Un très beau "Dark Sherry" imparable et maîtrisé. Le meilleur Edradour que j'aie pu goûter ? Bien puissant, mais aussi bien gourmand.
  • 89/100.

Une fois de plus, ce fut une très bonne organisation, globalement une bonne soirée.

 

A souligner, l'énorme sympathie et disponibilité d'Andrew Symington, qui est régulièrement passé entre les tables pour discuter avec les convives; un homme simple et authentique (même si il est le patron d'un des embouteilleurs les plus importants du marché et d'une distillerie, il manie encore lui-même le clark tous les jours, vêtu d'une salopette de travail, et n'hésite pas à mettre les mains dans le cambouis jusqu'à pas d'heure), très loin de l'image "exclusive et bling-bling" véhiculée par le whisky (et ses divers distributeurs).

mercredi 8 juin 2016

Imperial 1995/2016 Signatory Vintage pour Maxi Vins, 20 ans, 50%

Après un interlude Gordon & MacPhail, revenons aux nouveautés Signatory Vintage pour diverses boutiques belges et luxembourgeoises.

Imperial 1995/2016 Signatory Vintage pour Maxi Vins, 20 ans, 50%

Aujourd'hui, je me penche sur un... Imperial. Hé oui. Tout arrive (là je taquine un collègue blogueur, fan et collectionneur d'Imperial. De son côté il ne se gêne pas pour me taquiner sur Littlemill, il faut dire ;-) ). Alors pour faire plaisir à cet "Imperial freak", je vous parle aujourd'hui de celui qui a été sélectionné par la boutique Maxi Vins (située à Strassen, entre Luxembourg ville et Arlon) lors de la visite de plusieurs cavistes chez Signatory Vintage plus tôt cette année. Vous savez de quoi je parle si vous suivez le Blog ces derniers jours (et si vous ne savez pas, il n'est pas trop tard pour vous rattraper :-p ).

Bon, de base je ne suis pas spécialement fan d'Imperial, mais il m'est arrivé d'en croiser de très bons. Celui-ci va-t-il me séduire ?

Imperial 1995/2016 Signatory Vintage pour Maxi Vins, 20 ans, 50%
Imperial 21.08.1995 / 19.04.2016 Signatory Vintage The Un-Chillfiltered Collection - Cask Strength, 20 ans, Specially selected by Maxi Vins N°1, Hogshead n°50192, 50%, 284 bouteilles
  • Nez: Fruité, frais, et acidulé. De la pomme verte, du raisin blanc, de la poire, de l'abricot, du citron, et de la groseille verte.
  • Bouche: Dans la continuité du nez, sans déviation: du fruit vert et acidulé; pomme, raisin, et agrume principalement.
  • Finale: L'acidulé se transforme en épices douces, sans toutefois arracher les papilles. Ces épices sont accompagnées par de la pelure de pomme verte. Une légère chaleur envahit la gorge.
  • Verdict: Ce n'est absolument pas mauvais. Cet Imperial est même bien fait, équilibré, et cohérent. Mais.. (hé oui, il y a un mais...) le fruit vert et acide n'est pas ma came, et surtout ce Speysider en fût de bourbon est téléphoné du début à la fin. Aucune surprise, et même un certain ennui qui s'installe en cours de dram.
  • 85/100.

Disponible exclusivement chez Maxi Vins (près de Luxembourg ville) pour ±90 euros.

Merci à Jérôme pour le sample et les photos de la bouteille.

mercredi 13 avril 2016

Imperial 1995/2013 Gordon & MacPhail for Belgium, 59.4%

Ho, je vous parle aujourd'hui d'un Imperial !! Ça va faire plaisir à un collectionneur que je connais, ça ;-)

Si vous jetez un œil à la page listant les notes de dégustation du Blog, vous remarquerez que je n'ai parlé que d'un seul et unique Imperial jusque maintenant. C'est peu. On est bien loin de la brouette de Littlemill... C'est que, entre Imperial et moi, ce n'est pas le grand amour, en général. J'ai beaucoup de mal à en trouver un qui me plaise, du fait du profil plutôt axé sur l'agrume acidulé que j'y croise souvent. Bah, on ne peut pas être amoureux de toutes les distilleries, non plus; sinon notre portefeuille aurait fait faillite depuis longtemps (ha, on me chuchote dans l'oreillette que le mien est moribond depuis pas mal de temps déjà...).

Bref, je ne cours pas spécialement après les Imperial, mais quand j'ai l'occasion d'en goûter un, je ne crache pas dans la soupe pour autant. Et parfois, un miracle arrive, un Imperial me tape dans l’œil (mais aieheu !!).

Cet Imperial-ci, embouteillé par Gordon & MacPhail (qui est un des plus importants embouteilleurs indépendants, en terme de stock de fûts; et propriétaire de la distillerie Benromach), a été sélectionné spécialement pour la Belgique et son distributeur dans notre royaume, Whisky Warehouse. Embouteillé il y a déjà trois ans (hé oui, il était passé entre les mailles de mes filets), je viens seulement de le goûter. Hé bien...

Imperial 1995/2013 Gordon & MacPhail for Belgium, 59.4%
Imperial 14.06.1995 / 04.2013 Gordon & MacPhail for Belgium, First Fill Sherry Butt n°4892, 59.4%, 617 bouteilles
  • Nez: De pleines poignées de compote de fruits jetée au nez, c'est impressionnant ! Du raisin noir, de la pomme rouge, de l'abricot, de la pêche... Un peu de poussière de bois, et même une légère fraîcheur végétale et quelques pistils de fleur.
  • Bouche: Et ça continue... Du sirop de compote (ça existe, ça ?) de fruits jaunes et blancs, vanillés et fort sucrés. Une légère acidité de pomme verte et de citron jaune. Du miel légèrement boisé. Le tout est savoureux, gourmand, et quasi fondant en bouche.
  • Finale: Là, les épices exotiques se révèlent en feu d'artifice. Pif paf pouf ! Mais ça se calme rapidement, pour s'assagir sur du zeste d'orange et du bois noble.
  • Verdict: Cet Imperial est un whisky en premier remplissage de fût de Sherry, mais cette empreinte Sherry n'est pas spécialement évidente, sauf peut-être au nez, et encore (et quel nez, d'ailleurs !). Un Sherry Fino ou Manzanilla, peut-être ? Quant à l'alcool, quel équilibre ! Les (presque) 60% ne se ressentent pas, et ça passe tout seul. Pas besoin d'eau du tout. Un grand Imperial (Alléluia !), un grand Speysider. Hop, bouteille commandée !
  • 90/100.

Pratiquement sold out partout (pas étonnant pour un whisky embouteillé il y a 3 ans), il est néanmoins encore possible de le trouver, pour une petite centaine d'euros, normalement au Wijnhandel Sint Antonius à Kortemark (entre Roulers et la côte belge) ou online sur Bestwhisky.be.

vendredi 11 septembre 2015

Imperial 1995/2015 Signatory Vintage pour deux clubs luxembourgeois, 49%

Si vous regardez la liste des notes de dégustations publiées sur le Blog, vous pourrez constater qu'il n'y a à ce jour encore aucun Imperial. Pourtant c'est une distillerie fermée, ce qui augmente en soi la valeur nominale de ses bouteilles. Mais j'avoue, je n'en suis pas fan. Jusqu'ici il a été très rare qu'un Imperial me procure des frissons, même si il est vrai que je n'en n'ai pas goûté des masses non plus.

Mais si je vous parle de celui-ci aujourd'hui, c'est que... tout arrive ;-)

Cet Imperial-ci, arrivé chez Massen en même temps que les deux Glen Keith dont j'ai précédemment parlé (et embouteillé le même jour qu'eux, aussi par Signatory Vintage), a été sélectionné par deux clubs luxembourgeois: un club de whisky, et un club de passionnés de voitures Morgan.

Imperial 1995/2015 Signatory Vintage pour deux clubs luxembourgeois, 49%
Imperial 19 ans Signatory Vintage The Un-Chillfiltered Collection, 21.08.1995 / 21.07.2015, Sélectionné par Whisky Club Luxembourg et Morgan Club Luxembourg, Hogshead n°50196, 49%, 292 bouteilles
  • Nez: Une empreinte citronnée en avant, avec des fruits blancs (pêche, nectarine) et de la pomme jaune derrière. Après une courte aération, des traces de blé sec. Viennent ensuite des vagues de miel vanillé et sucré. Après une (très) longue aération, se développent des senteurs végétales de fleur de menthe.
  • Bouche: La texture est onctueuse, presque sirupeuse. Surtout sur le sirop de citron, d'ailleurs; flanqué de pincées de gingembre. Du miel coulant déferle ensuite dans la bouche.
  • Finale: Moyenne. De l'écorce de bois se révèle et assèche légèrement la bouche, avant de disparaître par la suite. De la poudre de pelure de citron dans la gorge. Des feuilles de menthe s'incrustent enfin au niveau du palais.
  • Verdict: Cet Imperial-ci me fait réviser ma copie sur cette distillerie: il y a des bons Imperial ! Il est facile, agréable, se laisse boire de bon cœur, est équilibré. Un profil bien fruité, mais aussi bien riche et complexe. Une bonne surprise.
  • 89/100 (le dernier point surtout pour cette sympathique complexité évolutive en cours de dram).

Actuellement disponible chez Massen pour 75€.

samedi 29 juin 2013

Compte rendu: dégustation Gordon & MacPhail au The Single Malt Whisky Shop à Geel

Ce 29/06/2013, Eric Vermeire (l'importateur belge Gordon & MacPhail) présentait les dernières nouveautés de l'embouteilleur indépendant au The Single Malt Whisky Shop à Geel.

Pas moins de 7 nouveautés étaient présentées à la dégustation: un Scapa 2001, un Dufftown 2002, un Glenallachie 1999, un Dalmore 1999, un Imperial 1995 (embouteillage exclusif pour la Belgique), un Bunnahabhain 2004 et enfin un Caol Ila 1998. Des whiskies assez jeunes, somme toute.

Eric Vermeire servant des doses de dégustation assez conséquentes, je me suis contenté de ne goûter que 3 des nouveautés présentées (je devais quand même pouvoir rentrer à la maison). Voici mes impressions en juste quelques mots:

- Scapa 2001: Très fruité, très frais. Très agréable au départ, mais aussi très court.

- Glenallachie 1999: Aussi très fruité, assez intéressant. Mais pas un profil qui sorte des sentiers battus.

- Imperial 1995: Le plus intéressant de ceux que j'ai goûtés. Un super nez malgré les presque 60%; l'alcool ne prend pas du tout le nez. Des senteurs de pommes vertes. En bouche ça ne brûle pas du tout, c'est même assez doux. Il manque néanmoins un peu de goût à mon sens. La finale picote un peu le palais et brûle un peu la langue. Un Imperial très convenable, à un prix lui aussi assez convenable (75€).

Merci Mr Vermeire pour cette dégustation intéressante !

Les nouveautés Gordon & MacPhail - juin 2013

Les nouveautés Gordon & MacPhail - juin 2013

samedi 22 juin 2013

Les distilleries (mythiques) fermées

Les distilleries (mythiques) fermées

Comme expliqué dans un précédent billet, il y a beaucoup de distilleries en Écosse. Et jadis il y en avait encore plus, certaines ayant fermé.

Parmi ces distilleries fermées, certaines sont devenues mythiques aux yeux des amateurs de single malt. Mais remettons nous d’abord dans le contexte de l’époque…

Au début des années 80, le marché du single malt est quasi inexistant. Les distilleries ne produisent essentiellement que pour le marché du blend : elles revendent toute leur production aux blenders (Johnny Walker, J&B, etc) qui mélangent des whiskies de distilleries différentes pour faire leur blend au goût lisse et passe partout.

Dans les années 80, une crise frappe aussi le marché du whisky. La demande s’effondre, la production étant alors beaucoup trop importante par rapport à cette demande.

Certaines distilleries (soit qui produisent un whisky ayant un goût trop typique pour être revendu pour le marché du blend, soit qui n’arrivent plus à vendre leur surplus de production) perdent leur rentabilité. Et comme pour toute société commerciale, si la rentabilité n’est plus là, la distillerie n’est plus viable et ferme.

Ce n’est que plus tard que le marché du single malt se développe et que les amateurs de goûts typiques et variés commencent à rechercher ces différences que le blend ne propose pas.

Une distillerie fermée ne veut pas dire que sa production a été détruite. Quand le marché du single malt se développe, les fûts de ces distilleries fermées refont surface et des bouteilles (qu’elles soient officielles, proposées par le groupe industriel auquel appartenait la distillerie fermée ; ou indépendantes en raison du rachat de fûts lors de la fermeture de la distillerie) apparaissent sur le marché. Bien évidemment, les amateurs s’arrachent alors ces bouteilles (malgré leur prix élevé) puisqu’elles sont en quantité limitées et proposent généralement des goûts très typés et intéressants. Mais les embouteillages proposés de ces distilleries ne dureront pas éternellement, en raison des quantités limitées de fûts restant lors de la fermeture. C’est donc une course contre la montre qui s’ouvre pour les amateurs de single malt à la recherche de bouteilles d’exception.

Parmi ces distilleries ayant fermé, voici celles dont les bouteilles sont les plus recherchées par les amateurs de single malt :

- Brora (Highlands) : Fermée en 1983. Ha ! Clairement ma distillerie préférée, les embouteillages officiels proposés par Diageo (la maison mère) sont divins. Le dernier en date (sorti en 2012) est un 35 ans d’âge. Le filon est pratiquement épuisé, maintenant. Hors de prix, mais à goûter sans hésiter si vous en avez l’occasion.

- Port Ellen (Islay) : Fermée en 1983. La distillerie mythique de l’île d’Islay, les amateurs de single malt tourbé s’arrachent à prix d’or les rares bouteilles qui existent encore.

- Saint Magdalene (Lowland) : Fermée en 1983. Extrêmement difficile à trouver.

D’autres distilleries ont fermé, pour diverses raisons, plus tard que dans les années 80. Il est plus facile de trouver à l’heure actuelle des bouteilles (principalement d’embouteilleurs indépendants) de ces distilleries que de celles fermées dans les années 80. Et surtout à un prix beaucoup plus démocratique.

- Caperdonich (Speyside) : Mise en sommeil en 2002, finalement détruite en 2010. La distillerie BELGE The Belgian Owl, située près de Liège, a racheté les alambics de Caperdonich pour produire son single malt belge.

- Imperial (Speyside) : Mise en sommeil en 1998, démolie en 2005. Certaines bouteilles sont très intéressantes.

- Littlemill (Lowland) : Fermée en 1997, détruite par le feu en 2004. Si le whisky produit par Littlemill à l’époque était de qualité assez piètre, on peut trouver ces temps-ci assez bien d’embouteillages indépendants qui sont excellents.