Sur les conseils d’Angelo, le responsable de la boutique, j’ai commencé par le Cragganmore.
Cragganmore 24 ans 1989/2013 Cadenhead, Small Batch, 57.5%.
Nez : Assez alcooleux, assez boisé. Sec. Des fruits cuits. Rien d’exceptionnel.
Bouche : Alcool très présent et fort. Le goût sec du bois domine, avec quelques fruits à l’arrière. Pas complexe, très monolithique.
Finale : L’alcool endort la bouche et l’assèche. Ouch, c’est hard !
Verdict : Je m’attendais à plus de douceur et plus de complexité. J’ai eu du mal à terminer le dram, tellement l’assèchement de la bouche est fort. Très décevant, pas un truc pour moi.
Avec de l’eau (j’ai testé, comme il ne passait pas bien) : Nez un peu plus doux, bouche un peu plus fruitée, mais la finale assèche encore plus vite la bouche.
78/100.
Après m’être abondamment rincé la bouche, j’ai enchaîné sur le Clynelish.
Clynelish 17 ans 1995/2013 Cadenhead, Small Batch, ex-Sherry Butt, 57.3%, 588 bouteilles.
Nez : Waw ! Massepain, vanille, très sucré et pâtissier. Des amandes grillées, du miel.
Bouche : Des frissons, ho oui ! Une vague de mélange de sucre caramélisé salé, un bonbon au poivre par la suite. Mais est-ce vraiment un Clynelish ? Le profil ne ressemble pas à un Clynelish standard en tout cas.
Finale : Du sel saupoudre les lèvres, une vague boisée envahit la gorge. Le tout enrobé de miel.
Verdict : Une très belle complexité, tout en rondeur malgré les vagues salées et poivrées. Un Clynelish très différent de ceux que j’ai déjà bus, mais excellent !
Avec de l’eau (il n’en avait pas besoin, mais j’ai essayé quand même) : Pas de changement au niveau du nez, par contre la bouche devient astringente et sûre, beurk ! Ce Clynelish craint l’eau, pire qu’un Mogwaï ! A éviter.
90/100 (sans eau).
Encore un gros coup d’eau de rinçage, et en route pour celui que j’attendais le plus : le Highland Park ! J’appréhendais quand même ce moment, souvent on est déçu quand on espère trop de quelque chose…
Highland Park 25 ans 1988/2013 Cadenhead, Small Batch, ex-Sherry Butts, 55.7%, 1086 bouteilles.
Nez : Un énorme sherry, mais avec de la cendre froide en plus. Enormément de fruits rouges (cerises) cuits et confits. D’autres choses arrivent très vite : une légère odeur de pieds féminins dans des sandales d’été en cuir (hé oui, c’est ce que ça m’a rappelé. Mais c’est érotique après tout, donc agréable !), un peu de foin, du bois pétrifié depuis des milliers d’années, et des fruits rouges à profusion. Après une quinzaine de minutes une stabilité tranquille sur les fruits rouges s’installe.
Bouche : D’abord c’est calme pensant quelques secondes, puis ça monte en puissance. Une symphonie ! L’attaque de l’Etoile Noire ! Ça part dans tous les sens. Des fruits rouges, du bois, une légere (et lointaine) brise marine, de la noisette.
Finale : Interminable (une heure après la fin du dram j’avais encore des relents qui revenaient faire des coucous dans ma bouche). Un coup de moulin à poivre sur la langue, de l’écorce de bois sec, le palais qui colle.
Verdict : Une claque ! Complexe, gourmand, délicieux. J’aurais voulu que le temps s’arrête. Que c’est bon !
Avec de l’eau : De l’eau ? Pour quoi faire ? Ce single malt n’a pas besoin d’eau, il est parfait comme il est. Je n’ai même pas essayé.
94/100.
Bref, je suis reparti de là avec une bouteille de Highland Park (heureusement que je l’avais réservée, il n’y en avait aucune à la vente lors de la dégustation ; toutes les 24 avaient été réservées !) et de Clynelish. Deux très bonnes bouteilles à un prix raisonnable (surtout avec la remise de 10%).
Une bien belle dégustation proposée par TasTToe, je guetterai les prochaines avec intérêt.