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vendredi 27 février 2015

Dossier ‘’irlandais’’, volet 1 : Focus sur les distilleries irlandaises

La Saint Patrick arrivant à grands pas (non, je ne parle pas d’Aragorn), le Blog se penche sur l’Irlande, ‘’l’autre pays du whisk(e)y’’. Comme le Wallon n’est jamais dernier pour trouver n’importe quelle excuse pour faire la fête, je ne doute pas que vous ayez l’intention de boire quelques Guinness le 17 mars prochain. Et si vous optiez pour du whiskey irlandais, plutôt ?

Dossier ‘’irlandais’’, volet 1 : Focus sur les distilleries irlandaises

En effet, l’Irlande n’est pas en reste par rapport à l’Ecosse en ce qui concerne le whisky. Et d’abord, en Irlande, whisky s’écrit whiskey et pas whisky. Ça va, vous suivez toujours jusqu’ici ?

Pour s’y retrouver, le Blog vous propose un dossier divisé en plusieurs volets. Je vais d’abord aborder un peu de théorie, en vous exposant les distilleries irlandaises. Puis je vous proposerai quelques embouteillages officiels. Viendront ensuite, en deux volets distincts, des embouteillages indépendants. Un beau gros dossier pour rendre hommage au whiskey irlandais, en somme.

(photo Wikipedia)
(photo Wikipedia)

Reprenons depuis le début… de l’histoire

Comme précédemment expliqué dans un article théorique (que je vous invite à relire, je ne vais pas tout répéter, non plus :-p ), l’origine du mot ‘’whisky’’ est probablement irlandaise, tout comme la fabrication du whisky lui-même. Tac, dans les dents des Ecossais ! Certaines légendes irlandaises prétendent même que ce serait Saint Patrick lui-même qui aurait apporté un alambic en Irlande pour y produire le premier whisky !

Si aujourd’hui tous les whiskeys irlandais s’écrivent avec la dénomination ‘’whiskey’’, il n’en n’a pas toujours été ainsi. C’est du marketing pur qui a poussé une distillerie à vouloir se démarquer, en 1966, des whiskies écossais. Depuis, toutes les autres distilleries irlandaises ont suivi le pas.

Depuis 1980, une loi encadre la production de whiskey irlandais afin de protéger son appellation :

  • Au moins une double distillation.
  • La distillation et la maturation doivent se faire en Irlande (du Nord y compris).

Si l’Ecosse reste LE pays du whisky, il y a aussi des choses bien intéressantes en Irlande. Petit tour d’horizon…

Le Pot Still Whiskey

En Irlande, trois types de whiskeys sont distillés.

Le single malt et le single grain bien évidemment, comme en Ecosse (ou ailleurs). Je ne vais pas revenir sur ces types de distillat.

Le whiskey qui fait la particularité de l’Irlande est le Pot Still Whiskey. Ce whiskey se différencie de deux façons par rapport au single malt :

  • Il est distillé dans un alambic de type ‘’pot still’’ (charentais, en Français).
  • Il est distillé à partir d’un mélange d’orge maltée et d’orge non maltée (alors que le single malt n’est issu que d’orge maltée).

Le Pot Still Whiskey, en ajoutant de l’orge non maltée, a été inventé au 18ème siècle pour contourner une taxe sur le malt.

Les distilleries irlandaises

Pour comprendre l’état des distilleries irlandaises de nos jours, il faut fouiller dans l’histoire. Tout comme en Ecosse, le nombre de distilleries officielles a été étroitement lié aux lois encadrant la production de whiskey qui ont été promulguées et abrogées au cours des siècles. Je ne vais pas développer ici en détail l’histoire des ouvertures et fermetures successives des nombreuses distilleries irlandaises pendant les derniers siècles, Google est votre ami pour ça. De nos jours, il ne reste que trois principales distilleries en activité en Irlande. Et s’il n’existe seulement que trois grandes distilleries, il existe pourtant une multitude de noms différents de whiskeys irlandais. Explication.

Dossier ‘’irlandais’’, volet 1 : Focus sur les distilleries irlandaises
Bushmills

Située en Irlande du Nord, Bushmills appartient au géant Diageo. Cette distillerie ne propose pas plusieurs marques différentes ; tout est embouteillé sous la marque Bushmills.

Dossier ‘’irlandais’’, volet 1 : Focus sur les distilleries irlandaises
Midleton

Midleton est une super-distillerie, engendrée de la fusion de grands nom comme Jameson et Power’s pour former Irish Distillers Inc. Elle appartient au groupe Pernod-Ricard.

  • Les marques principales produites par Midleton :
    • Jameson (blend)
    • Paddy (blend)
    • Redbreast (Pot Still)
Dossier ‘’irlandais’’, volet 1 : Focus sur les distilleries irlandaises
Cooley
  • Fondée en 1987 par John Teeling (oui oui, le même qui est actuellement à la tête de l’embouteilleur Teeling, j’en parlerai dans un prochain article), elle est située en Irlande, non loin de la frontière avec l’Irlande du Nord.
  • Cooley est revendue au groupe Beam en 2011 (lui-même racheté par Suntory début 2014).
  • La distillerie possède aussi bien des alambics à colonne que des alambics de type Pot Still. La majorité du whiskey distillé chez Cooley est soumis à une double distillation, contrairement à la triple pratiquée chez Midleton et Bushmills.
  • Les marques principales produites par Cooley :
    • Connemara (single malt)
    • Tyrconnel (single malt)
    • Greenore (single grain)
    • Kilbeggan (blend)
Les autres

Outre ces trois distilleries ayant un long passé historique, il existe quelques très petites distilleries qui sont apparues ces dernières années. Si petites qu’elles sont pratiquement inconnues, et leur whiskey est encore très jeune, voire même pas encore assez vieux que pour être déjà appelé whiskey. Parmi elles on peut citer Dingle (depuis 2012), Kilbeggan (depuis 2007), Teeling (qui vient juste d’être inaugurée), Tullamore (depuis 2014), et West Cork (depuis 2008).

lundi 16 février 2015

Focus sur la distillerie Springbank (Campbeltown)



Focus sur la distillerie Springbank (Campbeltown)

Springbank est une distillerie qui a la cote chez les amateurs éclairés, en raison de la très bonne qualité globale des produits proposés. Une qualité qui se paie, d’ailleurs ; Springbank étant loin d’être le whisky le moins cher du marché. La bonne qualité du whisky de chez Springbank n’est néanmoins pas la seule raison expliquant les prix assez élevés : Springbank est une petite entreprise familiale qui n’appartient à aucun grand groupe. Oui oui, ça existe encore dans le whisky (mais de moins en moins). Et qui dit petite entreprise, dit coûts de production proportionnellement plus élevés. Ce qui se reflète sur le prix final, de façon logique.
Pour comprendre où en est Springbank aujourd’hui, penchons-nous d’abord sur…
L’histoire (résumée) de Springbank :
  • Springbank a été fondée et construite en 1828 à Campeltown par Archibald Mitchell.
  • Dans les années 1830, John (un des fils d’Archibald) et son propre fils à lui créent la société J&A Mitchell, et reprennent Springbank.
  • En 1872, William, le frère de John, fonde la distillerie Glengyle.
  • La société des Mitchell a prospéré, au même titre que les autres distilleries de Campeltown qui existaient à l’époque, jusque dans les années 1920. Mais les années 20 verront de nombreuses distilleries de Campeltown fermer leurs portes, en raison principalement des goûts et des attentes du marché qui changent, de la récession économique, et de la prohibition américaine. Glengyle est revendue, avant de fermer. Springbank devra elle aussi fermer ses portes de 1926 à 1935. A cette époque les deux seules distilleries rescapées de Campeltown sont Springbank et Glen Scotia.
  • En 1972, J&A Mitchell rachète l’embouteilleur indépendant Cadenhead, alors en grande difficulté financière. Cadenhead reste à ce jour l’embouteilleur indépendant le plus ancien d’Ecosse, fondé en 1842.
  • Springbank lance le whisky Longrow en 1973. Ce whisky se veut la gamme tourbée de Springbank.
  • Dans les années ’80, une nouvelle crise frappe le monde du whisky. Beaucoup de distilleries ferment. Springbank survit, mais la production est mise au ralenti.
  • Au début des années ’90, Springbank produit principalement des bouteilles haut de gamme à destination des Etats-Unis. Depuis, avec l’engouement mondial pour le whisky de qualité, des embouteillages d’entrée de gamme à prix abordables sont apparus, à destination de tous les marchés mondiaux.
  • La gamme Hazelburn est lancée en 1997. Elle est issue d’une triple distillation.
  • En 2000, la société Mitchell rachète Glengyle (laissée à l’abandon depuis des lustres), et relance la distillerie qui recommence sa production en 2004. La gamme proposée porte le nom Kilkerran.
  • Le patron actuel de la société J&A Mitchell est Hedley G. Wright, l’arrière arrière petit-fils d’Archibald.
Les gammes de SpringbankLes gammes de Springbank
Les gammes de SpringbankLes gammes de Springbank
Les gammes de Springbank
La production :
Non seulement Springbank est une entreprise familiale, mais la famille Michell tient aussi à ce que tout se fasse ‘’à la maison’’. Tout le processus de fabrication (pour les trois gammes de whisky) se fait à la distillerie, du maltage à l’embouteillage. L'orge utilisée est principalement locale, et même l’étiquettage des bouteilles se fait sur place. Les embouteillages Cadenhead se font aussi sur la chaîne d’embouteillage de Springbank. Concernant Glengyle, le maltage et l’embouteillage sont faits à Springbank, tandis que le reste du processus est fait directement à la distillerie Glengyle.
Il est à noter que Springbank propose la grande majorité de son whisky en single malt, contrairement à la plupart des autres distilleries dont la production part en majorité en blend.
La production totale des distilleries Springbank et Glengyle s’élève à 150.000 litres annuellement.
Les embouteillages :
La majorité des embouteillages Springbank sont officiels, proposés par la distillerie elle-même. Il existe néanmoins un bon nombre d’embouteillages indépendants.



vendredi 13 février 2015

Michter’s Straight Rye 42.4% et Michter’s Bourbon 45.7%

Comme expliqué dans mon compte rendu, Michter’s a été une bonne découverte lors du Whisky Live. La distribution des produits de cette distillerie vient de commencer en Belgique, c’est donc du tout nouveau pour nous.

Michter’s Straight Rye 42.4% et Michter’s Bourbon 45.7%

Le nom Michter’s est pourtant très vieux, il existe depuis 1753. C’est d’ailleurs indiqué sur les étiquettes des bouteilles. Mais ne vous méprenez pas, le Michter’s d’aujourd’hui n’a plus rien à voir avec celui du 18ème siècle.

A l’origine Michter’s était installé en Pennsylvanie. Entre 1753 et 1989 l’existence de Michter’s a été chaotique et a traversé bien des épreuves (comme la prohibition, par exemple). En 1989, finalement, Michter’s fait faillite et les bâtiments sont laissés à l’abandon. Fin des années ’90, le nom est repris par des personnes n’ayant aucunes connexions avec l’ancien nom Michter’s, et le nouveau Michter’s s’installe dans le Kentucky.

A partir de là, l’histoire de Michter’s est assez similaire à celle de Smooth Ambler. En phase 1, Michter’s a acheté des fûts d’autres distilleries et les a embouteillés. En phase 2, qui est la phase actuelle, Michter’s fait distiller son whiskey dans d’autres distilleries du Kentucky, mais sous ses propres spécifications et directives. Les bouteilles sans âge et de 10 ans d’âge actuellement sur le marché sont issues de cette phase 2. La phase 3, qui devrait démarrer courant 2015, sera de faire sa propre distillation dans sa propre distillerie. Oui, la distillerie Michter’s sera bientôt opérationnelle dans le Kentucky.

Si j’ai choisi aujourd’hui de vous parler du rye et du bourbon sans âge spécifié, c’est que ces deux whiskeys sont les entrées de gamme et les fers de lance de la marque. Les plus accessibles en termes de prix et de profil. Les 10 ans et 20 ans, même si ils sont clairement un bon cran au-dessus au niveau qualitatif, sont aussi beaucoup plus chers. Je laisserai donc le soin à ceux (et celles) qui le veulent de creuser le sujet s’ils (ou elles) en ont l’envie.

Le Rye est un single barrel, qui est l’équivalent américain du single cask écossais. Je ne connais pas le numéro du fût spécifique duquel la bouteille dont je parle aujourd’hui est tirée.

Le bourbon est produit en batches composés de maximum 24 fûts. Je n’ai aucune idée du numéro de batch dont je parle aujourd’hui, mais je présume que c’est le même que celui que vous pourrez trouver en boutique, puisque la marque est très récente en Belgique. Élémentaire, mon cher Watson ! Cette réflexion s’applique d’ailleurs aussi au rye, of course !

Michter’s Straight Rye 42.4% et Michter’s Bourbon 45.7%
Michter’s US*1 Straight Rye Whiskey, Single Barrel, 42.4%
  • Nez : Très vert d’entrée, mentholé et frais. De la sève de sapin. Le bois vanillé est aussi très présent. Du miel épicé en grandes quantités.
  • Bouche : D’abord légèrement aqueuse, la bouche se transforme en pot à épices douces. Ces épices se mélangent à du miel et à une fraîcheur mentholée. Le bois se montre par moments. Le côté aqueux refait surface après 3 gorgées.
  • Finale : Moyenne. Le bois vert mentholé s’impose et reste bien en place. Les épices s’évanouissent assez vite.
  • Verdict : Je trouve le nez très chouette, équilibré. La bouche est trop réduite à mon goût, l’aqueux est trop présent. Un rye intéressant d’entrée de gamme.
  • 84/100.
Michter’s Straight Rye 42.4% et Michter’s Bourbon 45.7%
Michter’s US*1 Bourbon Whiskey, Small Batch, 45.7%
  • Nez : Un nez sur le caramel, le miel, la vanille, le bois vert, et quelques épices discrètes. Je détecte aussi du solvant, un genre de colle à papier.
  • Bouche : Elle est d’abord sèche, rustique et rugueuse. Puis du bois poussiéreux, du caramel et des épices se révèlent.
  • Finale : Du bois laqué et de la résine d’arbre, accompagnés d’une très légère fraîcheur mentholée. Un kick alcooleux lors de la déglutition.
  • Verdict : Ce bourbon est assez surprenant. Je m’attendais à ce qu’il soit plus facile d’accès, mais il n’en n’est rien. Il a un côté ‘’dirty’’, ce qui pourrait rebuter un débutant dans le whisky. Sorti de ces considérations, il est bien fait, équilibré, et surtout particulièrement complexe et changeant pour un bourbon.
  • 86/100.

Ce rye et ce bourbon devraient débarquer ces temps-ci chez votre caviste préféré, pour environ 65€.

vendredi 23 janvier 2015

Focus sur la distillerie Smooth Ambler (USA)

Une grande première sur le blog : le premier focus qui n’est pas consacré à une distillerie écossaise. Comme quoi, il faut un début à tout… ;-)
Plusieurs raisons m’ont donné envie de parler de Smooth Ambler. Les principales sont que je ne connaissais pas du tout cette distillerie, que mon expérience en whiskey américain est proche de zéro, que j’ai goûté plusieurs produits proposés par Smooth Ambler, et que les ai appréciés. Rien que ces raisons m’ont poussé à approfondir le sujet et à le partager avec vous.


Focus sur la distillerie Smooth Ambler (USA)

Smooth Ambler est une jeune et petite distillerie qui s’est établie en 2009 à Maxwelton, un trou perdu au fin-fond de la Virginie-Occidentale (West Virginia), aux Etats-Unis. Son catalogue ne comprend pas seulement du whiskey, mais aussi d’autres sortes de spiritueux tels que du gin, de la vodka, et du rhum.
Je ne me suis pas penché sur ces trois spiritueux ; le blog ne se concentrant que sur le whisk(e)y. Le whiskey, justement, venons-y. Il est le spiritueux le mieux représenté au catalogue de Smooth Ambler : pas moins de 7 whiskeys différents sont proposés ; dont 5 bourbons et 2 ryes (le rye étant un whiskey de seigle). Une gamme déjà bien étoffée.
Néanmoins, toute la gamme n’est pas importée en Belgique. Trois bourbons et un rye sont disponibles dans notre pays : le bourbon 7 ans (49.5%), le bourbon 10 ans (49.5%), le bourbon 8 ans en Single Barrel (l’équivalent du Single Cask en Ecosse) titrant à 60.8%, et enfin le rye 7 ans (49.5%).
Haaaa, je suis sûr que vous venez de tiquer en lisant les âges de ces whiskeys… Non ? Vraiment ? Allez, je vous laisse réfléchir un instant….
Interlude vidéo.... pendant que vous réfléchissez ;-)
C’est bon, vous avez capté ?
En effet, il y a un truc qui cloche : comment Smooth Ambler peut vendre des whiskeys de 7, 8 et 10 ans d’âge alors que la distillerie a été fondée en 2009 ??? Bingo, bien vu ! Actuellement Smooth Ambler ne vend pas ses propres whiskeys distillés par elle-même, mais agit en tant qu’embouteilleur. Elle achète des fûts de bourbon et de rye à d’autres distilleries, les embouteille sous son nom, et les met en vente. Les distilleries réelles des embouteillages actuels de Smooth Ambler ne sont donc pas connues. Ce procédé devrait encore durer quelques années, le temps que les ‘’vrais’’ whiskeys de Smooth Ambler soient assez vieux que pour être embouteillés.
Smooth Ambler est donc une distillerie, mais aussi actuellement un embouteilleur indépendant. Histoire de faire tourner la boîte les première années, quoi.
Les embouteillages des 7 et 10 ans (bourbon et rye) sont proposés par batches. Le nombre de fûts mélangés n’est pas plus connu que les noms des distilleries ayant distillé ces whiskeys. Par contre le numéro de batch est indiqué sur la bouteille, ce qui facilite l’identification du dram que l’on aurait goûté. Du côté du bourbon 8 ans en Single Barrel, on peut supposer que le fût est issu d’une distillerie unique ; même si ici aussi elle n’est pas connue.
Smooth Ambler est distribué en Belgique par Godaert & Van Beneden, son point de vente aux particuliers étant Le Chemin des Vignes.
Demain, dans le prochain article, deux produits Smooth Ambler passeront sous ma loupe…


Mise à jour 01/04/2017: La distillerie Smooth Ambler a été rachetée par Pernod Ricard fin 2016

vendredi 19 décembre 2014

Focus sur la distillerie Littlemill

Depuis le temps que j’avais envie d’aborder le sujet Littlemill plus en détails… Allez, je me fais plaisir ! C’est la fin de l’année, la période va être plus calme en événements whisky-esques, je ne vais pas avoir grand-chose à vous proposer de neuf sur le blog pendant quelques semaines ; alors autant vous parler de quelque chose qui me tient à cœur : la distillerie Littlemill.

 

Il y a quelques années, personne ne voulait de Littlemill. Les ‘’vieux’’ embouteillages, qu’ils soient officiels ou indépendants, étaient très peu recherchés car leur qualité était très inégale (et généralement tirant franchement vers le bas). Et puis, en 2012, quelques embouteillages de (très) bonne qualité sont sortis. Puis d’autres. Puis encore d’autres. En 2013 cette tendance s’est confirmée, et les amateurs ont commencé à s’intéresser à cette distillerie. En 2014 ce fut l’explosion. Plusieurs dizaines d’embouteillages (la plupart indépendants, bien entendu) de très bonne facture sont arrivés sur le marché, et les amateurs se les sont arrachés. Littlemill est devenu la distillerie fermée à la mode, tout amateur pouvant assez facilement s’en procurer à prix encore abordable (contrairement à Port Ellen ou Brora, devenus hors de portée). Ha, le prix ! Parlons-en. En 2012, on pouvait trouver les meilleurs embouteillages, de plus ou moins 20 ans d’âge, pour environ 80 ou 90€. En cette fin 2014, les Littlemill de 22 à 24 ans frôlent allègrement les 140€. Un bon 50% d’augmentation en deux ans, schbim ! Et cette augmentation rapide ne fait que commencer : les professionnels prédisent la plupart des Littlemill autour des 200€ en 2015. Gloups !

Mais pour en arriver à la mode actuelle, quel a été le parcours de Littlemill ?

Focus sur la distillerie Littlemill
Un peu d’histoire :

L’année officielle de la fondation de Littlemill est 1772, mais certaines sources indiquent qu’elle produisait déjà (illégalement) du whisky à partir de 1750 ; la faisant l’une des plus vieilles distilleries d’Ecosse (si pas du monde). Située à Bowling, dans la région de Glasgow, elle est assimilée à la région des Lowlands en raison de la triple distillation pratiquée, marque de fabrique des Lowlands, au contraire de la double distillation pratiquée ailleurs en Ecosse (Littlemill abandonna néanmoins la triple distillation dans les années ’30, pour passer à la double. Voir plus loin dans cet article).

Les registres étaiet ce qu’ils étaient il y a 200 ans, il est difficile de savoir précisément entre quelles mains est passée Littlemill. Néanmoins, la distillerie est fermée en 1813. Elle est revendue en 1818, puis de nouveau en 1821. En 1823, l’Excise Act entre en vigueur. Cette législation assouplit les lois en vigueur régissant la distillation, afin de combattre la distillation illicite. Jane MacGregor, alors propriétaire de la distillerie, obtient donc la licence pour Littlemill, devenant une des premières femmes à l’obtenir en Ecosse.

Littlemill passera plus de huit fois de mains en mains entre 1839 et 1875, année où la distillerie est reconstruite (suite à une destruction fortuite ou pour l’améliorer, ça je ne sais pas). Puis elle sera encore revendue et rachetée de nombreuses fois, jusqu’en 1931 où Duncan G. Thomas, le propriétaire américain, décide d’abandonner la triple distillation en faveur de la double et de fonder la société Littlemill Distillery Co. Ltd.

En 1959, la société américaine Barton Brands Inc devient actionnaire, et rachète les parts de Thomas en 1971.

Littlemill fermera ses portes en 1984, lors de la grande crise des années ’80 qui verra beaucoup de distilleries rester sur le carreau. Elle est rachetée en 1988 et réouverte en 1989. En 1994 elle ferme à nouveau et est revendue une nouvelle fois, à Glen Catrine Bonded Warehouse. Loch Lomond Distillery Co Ltd en obtient la gérance, mais Littlemill reste fermée. A jamais. Les derniers distillats datent donc, officiellement, de 1994.

Enfin, mais c’est presque anecdotique, les bâtiments de la distillerie Littlemill sont détruits dans un incendie en 2004.

Ce qu'il reste de Littlemill (photo britishlistedbuildings.co.uk)
Ce qu'il reste de Littlemill (photo britishlistedbuildings.co.uk)
Et aujourd’hui ?

Début 2014, Sandy Bulloch et sa famille vendent la distillerie Loch Lomond et toutes ses dépendances au groupe d’investissement Exponent, et le Loch Lomond Group est fondé pour faciliter cette acquisition. Ce groupe comprend dès lors la distillerie Loch Lomond, la distillerie Glen Scotia, la marque Littlemill (la distillerie physique n’existant plus), des marques de blended whisky (High Commissioner et Clansman), et des marques de vodka et de gin.

Si les distilleries Loch Lomond et Glen Scotia continuent leurs activités, qu’en est-il des stocks de fûts de Littlemill restants ? Les articles de presse n’en n’ont pas parlé du tout, c’est le grand mystère. Un embouteillage officiel de 21 ans d’âge est sorti en 2014, et une belle bouteille de 25 ans d’âge, limitée à 1000 exemplaires, est visible sur le site web du Loch Lomond Group (mais, à ma connaissance, cet embouteillage n’est pas encore sorti sur le marché). Les embouteillages officiels sont donc très limités, et rares.

Par contre, comme expliqué en début d’article, les embouteillages indépendants sont légion et semblent intarissables. Mais pour combien de temps encore ? Si l’on peut supposer que la plus grande partie des stocks de Littlemill ont été vendus aux brokers et embouteilleurs indépendants entre 1996 et 2013, il est aussi fort à parier que la source va bientôt se tarir, surtout vu le succès actuel de cette distillerie. Ce qui fera augmenter les prix d’autant plus. Littlemill serait-il le prochain Brora ? Ce n’est pas impossible.

Carte de l'emplacement de la distillerie Littlemill (cliquez sur la carte pour interagir avec celle-ci)

En ces temps festifs de fin d'année, autant se faire un maximum plaisir, pas vrai ? Je vais donc vous proposer au cours des prochains jours un nouveau quadriptyque, comme celui que je vous avais proposé sur Clynelish. Mais cette fois-ci il sera consacré à Littlemill (z'aviez compris, pas vrai ? ;-) ).

 

lundi 15 septembre 2014

Diageo ‘’Special Releases’’ 2014: le grand foutage de gueule

Vous le savez si vous suivez le blog depuis un certain temps, à intervalle plus ou moins régulier je pousse une gueulante, je m’énerve et je le fais savoir !

Ca avait été le cas envers Talisker (ho tiens, une distillerie appartenant à Diageo) avec le nouveau batch du 18 ans et envers Ardbeg avec sa politique marketing en général.

Ca faisait déjà un bout de temps que les hausses de prix chez Diageo (je ne mentionnerai que le Brora 40 ans, sorti il y a quelques mois, se vendant à… ±7.500€) me titillaient du clavier. Mais aujourd’hui j’explose alors que Diageo vient d’annoncer la sortie (et les prix) des nouvelles ‘’Special Releases’’ (des bouteilles haut de gamme qui sortent chaque année) 2014. Chaque fois que les distilleries sortent de nouveaux trucs en embouteillages officiels, je me dis que la folie des prix ne peut pas continuer comme ça. Et chaque fois c’est pire. Jugez plutôt :

(Note : les prix de vente suggérés que j’ai pu voir sur internet étant en livres Sterling, je les livre ici en Euro avec taux de conversion du jour)

Diageo ‘’Special Releases’’ 2014: le grand foutage de gueule
  • Benrinnes 21 ans, 2892 bouteilles : ±300€. Il existe plein de Benrinnes en embouteillages indépendants, et aucun de cet âge n’approche (même de loin) un prix aussi prohibitif.
  • Brora 35 ans, 2964 bouteilles : ±1500€. Le Brora annuel. Estimons-nous heureux, il est moins cher que le 40 ans récemment sorti. Le Brora 35 ans précédent était proposé à 800€, si mes souvenirs sont bons. Soit une bascule de presque le double :-s.
  • Caol Ila Unpeated 15 ans, 10668 bouteilles : ±95€. Ho, un truc pas cher ? A moins de 100€ ? Oui, mais du Caol Ila non tourbé, je ne vois vraiment pas l’intérêt…
  • Caol Ila 30 ans, 7638 bouteilles, ±530€. On peut encore trouver le superbe Caol Ila 1982 Archives pour moins de 150€, et de succulents 1984 (indépendants) à moins de 200€. Pourquoi aller lâcher 530€ dans celui-ci ?
  • Clynelish Select Reserve, NAS, 2964 bouteilles : ±630€. Certainement le plus gros foutage de gueule de cette release. 630€ pour un NAS ????? Mais LOL quoi, il existe des centaines de superbes Clynelish en embouteillages indépendants, on peut même se payer deux magnifiques bouteilles de 1982 pour ce prix !!! Avec ce Clynelish en NAS, Diageo annonce même la couleur pour les prochaines Special Releases : nous fourguer (je n’ai pas dit ‘’entuber’’, mais je le pense très fort) des NAS à prix ultra fort. Vaseline not included.
  • Cragganmore 25 ans, 3372 bouteilles : ±375€. Hahahaha (rire jaune). Le 12 ans se trouve à une trentaine d’euros, et franchement les Cragganmore de 20+ ans ne sont pas non plus des pépites en puissance.
  • Lagavulin 12 ans, 31428 bouteilles : ±100€. Les fans de Lagavulin n’ont pas trop le choix, il existe très peu d’embouteillages indépendants de cette distillerie. Cette bouteille-ci de cette release est à peu près la seule que Monsieur Tout Le Monde peut se payer. Mais 100€ reste, intrinsèquement, cher pour du 12 ans. Il ne reste plus qu’à espérer qu’il soit bon.
  • Port Ellen 35 ans, 2964 bouteilles : ±2750€. Idem que pour le Brora, c’est le Port Ellen annuel. Et comme pour le Brora, de nouveau une forte augmentation de prix par rapport à la release précédente. Mais comme Port Ellen est une distillerie mythique (comme Brora, même combat), cette bouteille sera la cible privilégiée des collectionneurs.
  • Rosebank 21 ans, 4530 bouteilles : ±375€. Peut-être un des rares prix ‘’normal’’ de cette série. Rosebank est une distillerie fermée, assez réputée auprès des collectionneurs. Les bouteilles de Rosebank sont chères de base, chez les embouteilleurs indépendants aussi. Je suis même étonné que Diageo le propose si ‘’peu cher’’ (tout est relatif, hein).
  • Singleton of Glendullan 38 ans, 3756 bouteilles : ±950€. On ne peut pas vraiment dire que Singleton est la top distillerie hein… Bon OK, 38 ans c’est du vieux, mais 950€ pour du Singleton faut oser.
  • Strathmill 25 ans, 2700 bouteilles : ±350€. Une distillerie assez peu connue, et peu courue. Pour 350€, il y a moyen de s’offrir deux bouteilles de très bons 25 ans ailleurs.

Bon, évidemment, il faut moduler mes propos (‘’dans la nuance’’, comme dirait un de mes amis à mon sujet). Ces bouteilles sont en brut de fût alors que les entrées de gamme de ces distilleries sont, en règle générale, réduits. Ces bouteilles sont en édition limitée (mouais, m’enfin, 2000+ bouteilles on ne peut pas vraiment dire que c’est du ultra limité hein ; ça reste de l’assemblage de fûts et est très loin du single cask) et de façon évidente destinées aux collectionneurs (et aux spéculateurs, mais n’entrons pas dans ce débat).

Pour ma part, une chose est déjà claire : je ne joue plus dans la même catégorie que la clientèle visée par Diageo. Je ne boycotterai pas ces bouteilles ‘’juste’’ à cause des prix prohibitifs que je trouve tout bonnement inadmissibles, mais tout simplement parce que ce genre de whisky se place de façon voulue hors des possibilités financières de Monsieur tout le monde (moi y compris). Je boycotte donc par la force des choses (et franchement, même si j’avais de tels moyens, je doute que j’en aurais achetée ne fut-ce qu’une seule).

Néanmoins, non seulement je boycotterai dorénavant ce genre de bouteilles, mais aussi les gammes ‘’normales’’ de Diageo (les 10, 12, 18 ans et autres NAS qui eux aussi voient leurs prix augmenter à coups de 25% d’un mois à l’autre). Je goûterai encore du Diageo quand l’occasion se présentera, mais je n’en n’achèterai plus. Fini. Basta. Je me concentrerai donc sur les embouteilleurs indépendants qui, eux, pour le moment ont encore (mais pour combien de temps ?) la tête sur les épaules.

Alors oui, je suis vénère envers Diageo de nous proposer ces bouteilles (qui, peut-être, sont merveilleusement bonnes en goût, mais QUI va oser ouvrir des boutanches de ce prix-là ???) à de tels prix qui ne se justifient simplement pas, même sous couvert de la sacro-saint règle de l’offre et de la demande. Je ne vais (de nouveau) pas me faire que des amis en publiant ma gueulante, mais je suis certain aussi que j’ose dire tout haut ce que beaucoup se disent tout bas !

mercredi 10 septembre 2014

Focus sur la distillerie Kilchoman

Focus sur la distillerie Kilchoman

Kilchoman a été fondée par Anthony Wills en 2005 sur l’île d’Islay, devenant ainsi la distillerie la plus jeune de l’île (ce statut ne durera plus longtemps, la distillerie Gartbreck étant actuellement en construction). Islay a été choisi pour l’implantation de la distillerie principalement à cause de sa réputation auprès des amateurs de whisky, mais aussi parce qu’Anthony connaissait bien l’île, son épouse étant membre d’une famille y possédant des terres.

Kilchoman est une micro-distillerie (de la taille d’une ferme), cultivant en partie l’orge utilisée dans son processus de distillation et ayant sa propre malterie. Elle n’appartient à aucun grand consortium et est indépendante.

La production est à la taille de la distillerie : limitée. Seulement 150000 litres de whisky sont produits par an (pour comparer, Caol Ila produit autant en moins d’une semaine). Kilchoman produit du whisky non coloré et non filtré à froid, afin de proposer la meilleure qualité possible. Comme la production est limitée, Kilchoman peut se payer le luxe d’acheter ses fûts de bourbon en direct (sans passer par une coopérative) à la distillerie Buffalo Trace. Les fûts sont importés sans être démontés pour le trajet.

De par la jeunesse de la distillerie et sa production limitée, il existe très peu de Kilchoman en embouteillages indépendants. Par contre, il existe déjà beaucoup d’embouteillages officiels. Non seulement la gamme de base (Machir Bay, 100% Islay, Loch Gorm, etc…), mais aussi de nombreux single casks.

Le whisky produit par Kilchoman est bien évidemment tourbé (la tourbe étant une des spécificités des distilleries de l’île d’Islay), la production avoisinant 50ppm (sauf en ce qui concerne le 100% Islay qui tourne autour de 25ppm).

Un film d'animation sur le processus complet de distillation chez Kilchoman

Carte de l'emplacement de la distillerie Kilchoman, sur l'île d'Islay (cliquez sur la carte pour interagir avec celle-ci)

mercredi 16 juillet 2014

Visite de la distillerie The Belgian Owl

Visite de la distillerie The Belgian Owl

La Belgique compte plusieurs distilleries de whisky, dont la plus connue est située en Wallonie, dans la région de Liège. Il aurait été sacrilège de la part d’un blog dont le lecteur cible est le Wallon amateur de whisky de ne pas la visiter. Dont acte…

Visite de la distillerie The Belgian Owl

Par une belle après-midi de début d’été, j’ai eu l’occasion de visiter la distillerie belge The Belgian Owl. Cette visite de groupe (nous étions environ une vingtaine de personnes) fut animée par Etienne Bouillon, le patron et fondateur de la distillerie.

La visite a commencé par un long discours à quelques mètres de la distillerie, au bord d’un champ d’orge. Les explications d’Etienne ont été vastes et complètes sur l’histoire de la fondation de The Belgian Owl, ses difficultés à trouver des aides financières pour lancer son projet un peu fou (aides financières qui ne furent finalement pas des banques mais d’un mécène privé séduit par la folie de la chose).

Il fallait en effet être un peu (ou complètement ?) fou pour vouloir lancer une distillerie de single malt en Belgique, alors que le marché est bien accaparé par les marques écossaises et (dans une moindre mesure) japonaises. Surtout avec comme objectif de produire le meilleur whisky du monde (dixit Etienne lui-même), rien que ça !

Et pourtant, mine de rien, petit à petit, The Belgian Owl a réussi à gagner ses galons qualitatifs dans le monde du single malt et à se développer sur le marché. Pour arriver à cette qualité et cette reconnaissance du public, Etienne a misé sur un facteur bien précis pour se démarquer des autres distilleries : son terroir local !!

Visite de la distillerie The Belgian Owl

L’orge est cultivée à proximité de la distillerie, en Hesbaye Sèche (appelée ‘’Sèche’’ en raison de l’absence de source d’eau en surface et de la présence d’une nappe phréatique en sous-sol), sur une superficie de 62 hectares (chaque hectare produisant entre 6 et 7,5 tonnes d’orge maltable). La région de Hesbaye a été choisie en raison de son sol limoneux particulièrement propice à la culture de l’orge. Une aubaine que ce genre de sol, assez rare au demeurant, se trouve juste à côté de la distillerie !

Celle-ci a des accords avec six agriculteurs qui cultivent l’orge de la distillerie. Ces accords sont basés sur un commerce équitable ; les prix de vente étant définis entre la distillerie et les agriculteurs en début d’année, sans trop se soucier des cours boursiers de l’orge. Si les cours officiels étaient suivis, ce ne serait tout bonnement pas rentable pour les agriculteurs. Etienne Bouillon a donc trouvé un système satisfaisant toutes les parties pour se faire approvisionner en orge. Outres les accords sur le prix, The Belgian Owl a aussi convenu avec les agriculteurs que le type de culture adopté serait raisonné. Cela signifie (dans les grandes lignes) que la nature fait son office, et que l’homme n’intervient artificiellement que si cela est nécessaire.

L’orge utilisée est une orge de printemps, semée en mars/avril et récoltée en été. Elle est ensuite stockée pendant une période (appelée ‘’de dormance’’) de 4 mois. Puis les 470 tonnes deviennent maltables et sont envoyés à la malterie du Château de Beloeil, où elles sont séchées à l’air sec après maltage. La malterie stocke l’orge maltée, et The Owl Distillery le récupère petit à petit pour la distillation finale.

La Hesbaye Sèche est, en raison de son sous-sol peu commun, surveillée par les instances publiques sur les produits chimiques et pesticides utilisés sur les champs de culture. Les agriculteurs ne peuvent pas faire n’importe quoi, ce qui assure une certaine protection au sous-sol contre la pollution. Et par extension, l’eau des nappes phréatiques souterraines est elle-aussi préservée. Une autre aubaine pour la distillerie qui utilise cette eau dans le processus de distillation, via un puits de 38 mètres de profondeur.

Le sous-sol (dont les minéraux sont, soit dit en passant, le principal responsable des saveurs du ‘’new make’’), l’eau, la culture locale et raisonnée, le maltage et la distillation ; tous ces facteurs locaux mis ensemble forment ce terroir de proximité cher au cœur d’Etienne Bouillon : des matières premières et une production locales et de qualité pour garantir un whisky de la meilleure qualité possible.

Visite de la distillerie The Belgian Owl

Parlons justement de la distillation, qu’Etienne nous a expliquée ; après notre visite des champs ; dans la distillerie elle-même.

Je ne vais bien évidemment pas vous réexpliquer les principes de distillation du whisky, je l’avais déjà fait dans un article à ce sujet.

La distillerie se trouve dans une ancienne ferme reconvertie, dont le corps de logis est habité par le fils du propriétaire des lieux (la distillerie n’en étant pas la propriétaire) ; fils travaillant d’ailleurs à la distillerie avec Etienne. Une aile de la ferme est occupée par la zone de distillation, l’autre aile occupant la zone de stockage des fûts (un entrepôt fermé du sceau du service public s’occupant des taxes et accises) et le ‘’visitor centre’’, actuellement encore en rénovation et qui accueillera dans l’avenir les visiteurs et invités.

Les visiteurs ne peuvent pas se balader dans la zone de distillation, pour des raisons de sécurité et d’assurances. Etienne nous a donc expliqué le processus et présenté son équipement depuis l’entrée de la zone.

Parmi son équipement, le plus prestigieux est bien évidemment les deux alambics (en cuivre) de type pot still et le spirit safe datant d’il y a plus d’un siècle et originellement utilisés chez Caperdonich en Ecosse, une distillerie définitivement fermée en 2002. Etienne a pu les racheter à la société Forsythe (une société qui construit des alambics en Ecosse et qui est propriétaire de ce qui reste de Caperdonich) grâce à Jim McEwan, le patron de la distillerie Bruichladdich chez qui il a suivi un écolage en distillation et avec qui il est resté ami. Les deux alambics sont arrivés en Belgique et ont été installés à Fexhe-le-Haut-Clocher en février 2013. 2014 est donc la seconde année où ils sont utilisés, et ils ont permis d’augmenter grandement la capacité de production.

Le matériel de distillation, les cuves de distillation, un des deux alambics (anciennement de chez Caperdonich), et le spirit safe (idem)Le matériel de distillation, les cuves de distillation, un des deux alambics (anciennement de chez Caperdonich), et le spirit safe (idem)
Le matériel de distillation, les cuves de distillation, un des deux alambics (anciennement de chez Caperdonich), et le spirit safe (idem)Le matériel de distillation, les cuves de distillation, un des deux alambics (anciennement de chez Caperdonich), et le spirit safe (idem)

Le matériel de distillation, les cuves de distillation, un des deux alambics (anciennement de chez Caperdonich), et le spirit safe (idem)

Visite de la distillerie The Belgian Owl

Les fûts utilisés pour maturer le whisky sont des fûts exclusivement de premier remplissage de Bourbon de chez Heaven Hill, qui arrivent non démontés directement des Etats-Unis. The Belgian Owl ne réutilise jamais ses fûts après la mise en bouteille, et les revend à qui le veut.

Visite de la distillerie The Belgian Owl

A la fin de la visite, nous avons pu goûter du ‘’new make’’ (du jeune distillat non maturé en fût) et du whisky ayant maturé 3 ans en fût ; tous deux réduits à 46%. Le new make est très fruité sur le raisin et rappelle un peu la Grappa. Le whisky est lui aussi fruité, doux, et agréable. Mais The Belgian est-il le meilleur whisky du monde ? Bien évidemment la perception qu’on a d’un whisky est toute personnelle (je l’ai assez répété sur le blog !), et pour ma part je pense que ce whisky est encore trop jeune que pour être considéré comme étant le meilleur. Mais il a clairement un très bon potentiel qualitatif et gustatif. Je pourrai me faire une idée plus précise quand je pourrai goûter un 10 ou un 12 ans d’âge. Encore quelques années de patience…

La visite, en tout cas, était bien sympa, intéressante et éducative ; ce qui est l’essentiel et ce qu’on est en droit d’en attendre.

Si vous aussi vous avez envie de visiter The Belgian Owl, il vous est possible de contacter la distillerie par email ou par téléphone via son site web.

Je tiens à remercier Etienne Bouillon pour sa gentillesse et sa disponibilité lors de cette visite ; et je salue sa passion pour le whisky (en général) et pour son terroir (en particulier).

jeudi 3 avril 2014

Focus sur la distillerie Isle of Arran

Focus sur la distillerie Isle of Arran

La distillerie Isle of Arran (que j’appellerai Arran pour simplifier les choses) est située à Lochranza, au Nord de l’île d’Arran. Elle est aujourd’hui la seule distillerie de l’île (contre plus d’une cinquantaine, majoritairement illégales, au 19ème siècle). De par sa situation insulaire, Arran est assimilée à la région des Islands (îles). Pourtant, sur le plan géologique, l’île se trouve dans le prolongement d’une brèche séparant le Nord du Sud de l’Ecosse. Sur le plan du profil aromatique actuel, le whisky d’Arran pourrait, quand à lui, plus être assimilé à celui de la majorité des distilleries des Highlands.

L’histoire de la distillerie Arran est récente, puisque la société Isle of Arran Distillers Ltd a été fondée en 1993, les travaux de construction de la distillerie débuté en décembre 1994, et la production commencé mi-1995 ; soit il y a une vingtaine d’années.

Arran produit son whisky selon des méthodes traditionnelles (cet aspect est très important aux yeux de James MacTaggart, le Maître Distillateur en fonction depuis 2007) : un washback en bois, des alambics en cuivre, pas d’utilisation de tourbe (bien que cela puisse changer, un produit ‘’test’’ tourbé étant en projet), pas de coloration au E150, et pas de filtration à froid. L’eau disponible au Nord de l’île d’Arran est réputée pour être l’une des plus pures d’Écosse et est naturellement tourbée.

Les premiers Single Malt Scotch Whiskies Arran ont commencé à être commercialisés à partir de 1998, soit après les 3 ans légaux minimum de maturation. Depuis, de nombreux produits et batches ont été commercialisés. La gamme de base est encore actuellement en formation : elle est composée du 10 ans et du 14 ans, et le 18 ans viendra la compléter à partir de 2015.

Arran, outre sa gamme de base, commercialise de nombreux embouteillages en quantité limitée et/ou plus à destination des collectionneurs ; comme les Devil’s Punch Bowl par exemple, ou encore des Private Casks qui sont des single casks embouteillés spécialement pour des boutiques ou des événements particuliers.

Les embouteillages indépendants Arran sont assez peu nombreux, mais il est néanmoins possible d’en trouver assez facilement.

La production annuelle en 2014 est d’environ ½ million de litres d’alcool. Des investissements sur deux ans devraient permettre de doubler prochainement cette production.

Mon avis personnel :

L’un dans l’autre, la qualité des whiskies Arran, d’après ce que j’ai déjà pu en goûter, est globalement bonne. Et, surtout, elle ne cesse de s’améliorer au fil du temps ! Après si peu d’années d’existence (oui, 20 ans, dans le whisky, c’est jeune), c’est très prometteur pour l’avenir ! J’ai hâte de pouvoir goûter le premier 25 ans d’âge Arran (surtout en sherry cask ; si c’est dans la lignée du Private Cask sélectionné pour Jan Vissers ce sera à se damner). Je ne peux que vous conseiller de goûter différents produits de la distillerie Arran et de vous faire votre propre opinion.

La localisation de la distillerie Isle of Arran

La localisation de la distillerie Isle of Arran

samedi 22 mars 2014

Compte rendu : Une soirée Arran au Luxembourg…

Compte rendu : Une soirée Arran au Luxembourg…
Le contexte :

Afin de remercier la boutique ayant le mieux promu (et le mieux vendu) ses whiskies, la distillerie Arran a organisé en ce mois de mars un dîner spécial dans chaque région concernée. Pour la Belgique et le Luxembourg (qui ne forment qu’un marché, les produits Arran étant distribués par The Nectar dans ces deux pays), c’est la Vinothek Massen qui a décroché la timbale et a eu l’honneur d’accueillir ce dîner. Celui-ci s’est déroulé ce vendredi dans la brasserie de la galerie commerciale Massen ; les places étant limitées et uniquement sur invitation. J’ai eu le privilège d’en faire partie, et je tiens d’ailleurs à grandement remercier Frank (de chez Massen) et Arran pour cette invitation.

Les deux hôtes de marque de chez Arran n’étaient autres que James MacTaggart (le Maître Distillateur en personne) et Lucie Stroesser (la Sales Manager) qui étaient venus avec quelques surprises exclusives dans leurs bagages. Parmi les personnes présentes figuraient Mario (le patron de The Nectar, qui accompagnait James et Lucie pendant leur séjour en Belgique et au Luxembourg), des membres de clubs de whisky ayant par le passé organisé des embouteillages conjoints avec Massen (Dram Brothers Whisky Society, Tongerse Whiskyvrienden, EifelBoys), quelques bons clients en whisky de la boutique Massen, et évidemment Frank (le responsable whisky chez Massen) et Guy (le responsable global boissons chez Massen).

James et Lucie, de chez Arran (désolé pour la photo floue ;-) )

James et Lucie, de chez Arran (désolé pour la photo floue ;-) )

De quoi a-t-on parlé ?

L’ambiance a été très décontractée et bon enfant, James et Lucie se montrant très sympathiques et très proches des amateurs présents. James nous a d’ailleurs dévoilé quelques secrets sur l’avenir de la distillerie, que je vous livre ici (avec son accord) : Arran va investir 1,6 million de livres sterling (presque 2 millions d’euros) dans l’année qui vient afin d’atteindre plusieurs objectifs :

  • Passer d’une production de ½ million de litres par an 7 jours sur 7 à 1,2 millions de litres 5 jours sur 7 (les employés vont pouvoir se reposer le week-end ;-) ) dans les deux années à venir.
  • Construire un nouvel entrepôt pour accueillir cette augmentation de production.
  • Construire un espace VIP (complémentaire au Visitor Center) afin d’accueillir les groupes et invités ‘’spéciaux’’.

L’avenir d’Arran s’annonce assez serein, les affaires marchent bien pour cette distillerie indépendante. Nous ne nous en plaindrons évidemment pas, les produits proposés étant majoritairement intéressants tant en qualité qu’en prix.

Quelques autres sujets autour desquels nous avons eu l’occasion de discuter au cours de la soirée (certains connus, d’autres que je vous révèle en exclusivité… toujours avec l’accord de James et Lucie, que je remercie d’ailleurs) :

  • Arran va continuer à produire du whisky le plus naturel possible, c’est-à-dire non filtré à froid et non coloré. James y tient beaucoup.
  • La distillerie étant encore assez jeune (fondée dans les années 90, la production ayant débuté en 1995), la gamme de base est encore en évolution. A terme elle sera composée du 14 ans (déjà existant) et du 18 ans (qui fera son apparition à partir de l’an prochain, d’abord avec une édition spéciale limitée à 9000 bouteilles et ensuite comme embouteillage de base de la gamme à partir de l’année suivante). James et Lucie n’ont pas mentionné le 10 ans (déjà existant), mais je présume que lui aussi va perdurer dans la gamme de base.
  • Après le Devil’s Punch Bowl I et II, le III est en préparation et ce sera le dernier ; clôturant la trilogie. D’autres produits limités (et ‘’collectionnables’’) seront proposés par la suite.
  • James m’a confié avoir une préférence pour les whiskies maturés ou finis en second remplissage (‘’refill’’) de fûts de sherry. Pour lui cette maturation offre le meilleur équilibre des saveurs et du plaisir procuré. Il faut donc s’attendre à en voir encore arriver dans la gamme Arran.
  • Il y aura encore des embouteillages ayant des finish exotiques (Sauternes, Porto, Amarone, etc.), mais probablement en moins large choix que par le passé. Ces produits étaient principalement des essais afin de voir l’accueil du public à leur égard, mais il est trop compliqué pour une distillerie de proposer autant de produits différents. Cette gamme sera donc réduite aux produits les plus populaires ; qui peuvent d’ailleurs varier d’un marché à l’autre (le finish Sauternes étant populaire en France, tandis que la Grande Bretagne est plutôt friande du finish Porto).
Le repas et les whiskies :

N’oublions évidemment pas les bonnes choses que nous avons dégustées lors de cette soirée ! Et elles furent nombreuses…

Compte rendu : Une soirée Arran au Luxembourg…

Arran 14 ans, 46% (avec un quatuor de charcuteries). Le classique de la gamme de base chez Arran, c’est celui qu’on propose généralement en ‘’starter’’. Toujours bon, sa qualité reste constante de batch en batch. J’en avais déjà parlé dans mon compte rendu de la dégustation Arran à la Maison Baelen. Il garde son 86/100 selon mes critères personnels, une valeur sûre.

Compte rendu : Une soirée Arran au Luxembourg…

Arran Millenium Casks, 53.5% (avec un trio de poissons et crustacés). Cet Arran-ci est une édition limitée à 7800 bouteilles d’un assemblage de 35 fûts de bourbon et 10 fûts de sherry. Son nom vient du fait que le whisky utilisé a été distillé le 31 décembre 1999 et le 1er janvier 2000. Très doux et très fruité, l’alcool est très bien intégré. Les 53.5% n’agressent pas. Très bon et agréable dans son ensemble, je lui octroie aussi un 86/100.

Arran 17 ans, en brut de fût (avec une pièce de viande rouge et ses accompagnements). Ne cherchez pas ce whisky chez votre caviste, il n’est pas encore en vente ! Ce fut une des exclusivités de la soirée, ce 17 ans est actuellement à l’embouteillage et sera prochainement disponible dans le commerce. Il sera limité à 9000 bouteilles (un assemblage de 60 fûts avec majorité de bourbon et minorité de sherry) et sera une transition, après le 16 ans, vers le 18 ans.

  • Nez très épicé (gingembre, muscade), puissant et prenant.
  • Bouche elle aussi très puissante, sur les vieux fruits secs et cuits.
  • Avec de l’eau, le nez s’ouvre favorablement et devient extraordinaire. La bouche, par contre, devient plus neutre. Mais peut-être ai-je ajouté trop d’eau, cela n’est pas impossible, ce sera à doser de façon plus précise.

Un bon 89/100, mais je devrai revenir dessus quand il sera disponible dans le commerce car il mérite clairement qu’on s’y attarde. Il n’est pas impossible qu’il atteigne 90/100 après une analyse plus pointue.

Compte rendu : Une soirée Arran au Luxembourg…

Arran Private Cask 28.05.2001 / 11.09.2013, 53.7%, embouteillé pour The Nectar, refill sherry (entre le plat principal et le dessert).

  • Nez : D’abord un peu trop prenant, il faut le laisser respirer. Ensuite le café moulu et le moka se révèlent.
  • Bouche : Douce sur les fruits secs et cuits, du chocolat au lait.
  • Finale explosive sur les épices douces.

Très bon, il faut prendre son temps pour le déguster. Il fait plus vieux que son âge réel (12 ans). 87/100.

Compte rendu : Une soirée Arran au Luxembourg…

Arran Sauternes Finish, 50% (avec un gâteau au chocolat). Un mélange de distillats de 9 et 10 ans, avec finition entre 10 et 12 mois en fûts de Sauternes. Un bon nez doux et légèrement iodé. Une bouche très douce, légèrement sucrée, fruitée mais néanmoins un peu effacée. Agréable et se laisse boire facilement. 84/100.

Compte rendu : Une soirée Arran au Luxembourg…

Arran Gold (aussi avec le dessert). Ce n’est pas un whisky, mais une liqueur de whisky. Un peu comme le Baileys, sauf que dans le Baileys il n’y a absolument aucun single malt mais que du whisky de grain. Dans l’Arran Gold bien sûr ce n’est pas du whisky de grain, mais du single malt Arran. Je ne suis pas fan du tout du Baileys, et cet Arran Gold n’obtient pas spécialement mes faveurs non plus. Mais il n’est néanmoins pas écœurant du tout (ce qui est un avantage), contrairement au Baileys.

Compte rendu : Une soirée Arran au Luxembourg…

Arran 1995, 53.4%, refill sherry (en pousse café). Aussi un cadeau exclusif de James et Lucie, c’était en fait un échantillon d’un des premiers fûts (le 217ème) lors de la première année de production de la distillerie, en 1995. Presque le whisky le plus vieux d’Arran, en somme ! Ce fût ne sera probablement pas mis en bouteille en single cask mais sera plus probablement utilisé lors d’un mélange pour un futur nouveau produit proposé par la distillerie. Un ovni gustatif, une expérience unique qui ne se renouvellera jamais. Un nez très spécial, d’abord sur le moka mais ensuite une fraîcheur herbeuse se développe de plus en plus. La bouche, elle, se veut plus standard ‘’refill sherry’’ et passe partout. Une expérience agréable (surtout le nez) et un super cadeau offert aux personnes présentes.

Après ce pousse café il commençait à se faire tard, les convives ont petit à petit levé le camp. James et Lucie commençaient à montrer des signes de fatigue, il faut dire que c’est un véritable marathon qu’ils faisaient (ils arrivaient de je ne sais plus où, et repartaient le lendemain pour l’Espagne). Faire la promotion d’une distillerie pourrait s’assimiler à la tournée d’une rock star ;-).

Merci à James, Lucie, et à Massen pour leur générosité et cette superbe soirée !

Et bien évidemment, après un tel compte rendu, je suis sûr que vous voulez en savoir plus à propos d’Arran… Pas de souci, un focus sur cette distillerie vous sera bientôt proposé !

dimanche 22 décembre 2013

Investir sur 3 ou 5 ans dans le whisky wallon The Belgian Owl ?

Investir sur 3 ou 5 ans dans le whisky wallon The Belgian Owl ?

Depuis la création de ce blog ‘’wallon’’ sur le single malt, je n’ai pas encore consacré d’article sur The Belgian Owl, LE whisky wallon le plus réputé. Je sais, c’est honteux, mea culpa.

The Belgian Owl fait de plus en plus partie du patrimoine wallon. On en parle un peu partout dans les médias (presse et télé), et la qualité du produit s’affirme de plus en plus au fil du temps. Un bel avenir s’annonce pour cette distillerie fondée il y a presque 10 ans dans la région liégeoise.

Il ne faut bien évidemment pas s’attendre encore à trouver de vieilles bouteilles de 25 ans d’âge, mais Etienne Bouillon (le patron de la distillerie) veut voir loin dans le futur. La réputation de son whisky s’affirme d’année en année, et ses stocks limités se vendent rapidement jusqu’à épuisement.

The Belgian Owl a racheté les anciens alambics de la distillerie écossaise Caperdonich, suite à la fermeture de celle-ci, afin d’augmenter sa production pour assouvir la demande grandissante en whisky The Belgian Owl. Cette année la première production avec les alambics Caperdonich a été distillée, mais il va falloir attendre quelques années de maturation en fût avant de voir ce whisky arriver sur le marché. Et cette attente coûte de l’argent à la distillerie qui doit continuer à faire face à ses coûts fixes réguliers.

The Belgian Owl a donc décidé de miser sur l’avenir en proposant maintenant à la vente des réservations de parties de fûts qui seront disponibles après la maturation de 3 ou 5 ans du whisky. Une idée saugrenue ? Pas si sûr…

Le projet ‘’Eternity 2016’’ mise sur la passion du whisky et sur le patrimoine wallon, et permet d’assurer la pérennité de la distillerie sur les 5 prochaines années en lui assurant partiellement une certaine assise financière. Une distillerie coûte cher, très cher, à mettre en route avant qu’elle ne devienne rentable, du fait justement entre autres de ce capital de whisky immobilisé pendant de longues années de maturation. The Belgian Owl est encore jeune et est indépendante. Elle ne fait partie d’aucun géant du whisky du style Diageo ou Suntory. Eternity 2016 permet donc à tout un chacun de faire partie de l’aventure non pas en achetant des parts du capital, mais des parts de fûts de whisky.

Que l’on soit amoureux du single malt, ou de son terroir wallon, ou encore juste un spéculateur espérant en retirer du profit dans 3 ou 5 ans ; les raisons sont multiples pour y trouver son compte.

En retirer du profit ? Vraiment ? Je ne suis pas Nostradamus, mais quand je vois la flambée des prix sur le single malt rien que sur les derniers 12 ans ; je me dis que cette flambée n’est pas prête de s’arrêter (et je ne suis pas seul à le penser).

Avec Eternity 2016 chacun peut acheter du whisky renommé (et qui le sera encore vraisemblablement quand les bouteilles seront disponibles) au prix d’aujourd’hui et éventuellement le revendre à terme au prix de 2016 ou 2018. Le rendement sur certaines bouteilles de whisky est plus grand que dans l’immobilier, alors qui sait ce que vaudront ces bouteilles dans 5 ans ?

Investir sur 3 ou 5 ans dans le whisky wallon The Belgian Owl ?

Alors, concrètement, que propose The Belgian Owl ? Quatre parts de fûts différents sont disponibles :

  • 1/32 de fût (12 bouteilles de 50cl) de 3 ans à 46% pour 600€. Soit 50€ la bouteille.
  • 1/42 de fût (6 bouteilles de 50cl) de 3 ans en brut de fût pour 400€. Soit ± 67€ la bouteille.
  • 1/26 de fût (12 bouteilles de 50cl) de 5 ans à 46% pour 700€. Soit ± 58€ la bouteille.
  • 1/35 de fût (6 bouteilles de 50cl) de 5 ans en brut de fût pour 500€. Soit ± 83€ la bouteille.

Chaque acheteur de part de fût reçoit un certificat de la distillerie, lui garantissant qu’elle sera disponible (sous forme de bouteilles) à échéance.

Evidemment, tout le monde n’a pas les moyens d’investir 400 ou 700 euros dans du whisky à moyen terme. Mais une famille pourrait par exemple se cotiser pour avoir SON morceau de fût de whisky wallon ; ou un club de whisky, ou un groupe d’amis… les possibilités sont nombreuses et ne se limitent pas à une seule personne investissant dans la part du fût.

Investir sur 3 ou 5 ans dans le whisky wallon The Belgian Owl ?

A terme, outre l’aventure autour de la passion du single malt ou pour promouvoir le patrimoine wallon, l’investissement purement financier pourrait s’avérer payant. C’est une vision bien vénale, mais il ne faut pas l’occulter. Le single malt est sujet, depuis quelques années, à bien des spéculations et les prix qui ne cessent de grimper sont là pour prouver que c’est un produit porteur. Et même si la motivation première d’Etienne Bouillon est la passion (ça j’en suis persuadé pour avoir discuté avec lui), il doit aussi penser à assurer la subsistance de son entreprise et avoir à manger dans son assiette chaque jour.

Si vous voulez en savoir plus à propos de ce projet Eternity 2016, les infos complètes sont disponibles sur son site internet.

Investir sur 3 ou 5 ans dans le whisky wallon The Belgian Owl ?
Visuels de cet article © The Belgian Owl, avec son aimable autorisation.

vendredi 13 septembre 2013

Focus sur la distillerie Glendronach

Focus sur la distillerie Glendronach

Glendronach est une distillerie située à la frontière entre le Speyside et les Highlands de l’Est. Cette frontière est assez floue, certaines sources (la majorité) situant Glendronach dans le Speyside, d’autres (minoritairement) dans les Highlands.

Glendronach fut fondée en 1826 par James Allardice (son nom figure toujours sur la majorité des bouteilles de Glendronach ; et l’embouteillage officiel de 18 ans ‘’Allardice’’ lui rend aussi hommage), mais au fil du temps la distillerie va maintes fois changer de propriétaire : Walter Scott en 1852, Somerville & Company en 1887 à la mort de Scott, Charles Grant (le fils du fondateur de Glenfiddich) en 1920, William Teacher & Sons en 1960, Allied Breweries en 1976. En 1996, Allied Breweries décide d’arrêter les activités de Glendronach, qui est mise en sommeil. La production reprend en 2002, puis Glendronach est revendue en 2005 à Chivas Brothers ; qui la revend finalement à BenRiach Distillery Company en 2008. Quelle histoire mouvementée !

Glendronach fut une des premières distilleries à utiliser des fûts de sherry, déjà dans les années 1800, pour la maturation d’une partie de ses single malts.

Glendronach fut la dernière distillerie à chauffer ses alambics au charbon. Elle fut obligée de se convertir au chauffage à vapeur dans les années 2000 suite à des réglementations européennes.

La capacité de production annuelle de Glendronach s’élève à environ 1.300.000 litres, dont environ 95% sont utilisés dans les blends Ballantine’s et Teacher.

Les embouteillages officiels de Glendronach sont nombreux. Les principaux sont les 12 ans, 15 ans ‘’Revival’’, 18 ans ‘’Allardice’’ et 21 ans ‘’Parliament’’. Mais régulièrement sortent des embouteillages limités comme les ‘’batch’’ annuels ou de vieux millésimes des années 70 (qui valent la peau des yeux).

Très peu d’embouteillages indépendants de Glendronach existent, la distillerie préférant s’occuper elle-même (comme BenRiach, d’ailleurs) d’embouteillages spéciaux pour des événements ou des boutiques spécifiques.

Localisation de la distillerie Glendronach à la limite entre le Speyside et les Highlands

Localisation de la distillerie Glendronach à la limite entre le Speyside et les Highlands

jeudi 8 août 2013

Focus sur la distillerie Glenfarclas

Focus sur la distillerie Glenfarclas

La distillerie Glenfarclas fut fondée en 1836 dans le Speyside par Robert Hay. A sa mort en 1865 elle fut rachetée par John Grant. La famille Grant est à la tête de la distillerie depuis lors et jusqu’à aujourd’hui encore (nous en sommes à la 6ème génération de Grant), ce qui fait la première spécificité de Glenfarclas : elle n’appartient à aucun grand groupe industriel, elle est l’une des rares distilleries encore indépendantes !

La production de whisky est d’environ 3.000.000 de litres par an, la moitié étant destinée au marché du single malt (ce qui est une proportion élevée comparée aux autres distilleries) et l’autre moitié au marché du blend.

Les embouteillages officiels de Glenfarclas sont très nombreux : le 10 ans, 12 ans, 15 ans, 17 ans, 18 ans, 21 ans, 25 ans, 30 ans, 40 ans, et le "105" qui est un sans âge en brut de fût. Tous les embouteillages officiels ont une influence marquée de sherry.

Par contre, vous ne trouverez pas d’embouteillages indépendants labellisés nommément "Glenfarclas" (et c’est là la seconde spécificité de la distillerie). Les Grant sont très à cheval sur l’image de la marque Glenfarclas et refusent que le nom de leur distillerie apparaissent sur des produits qui ne sont pas engendrés de A à Z par la distillerie elle-même. De ce fait, les (rares) fûts vendus aux embouteilleurs indépendants ne peuvent pas porter le nom Glenfarclas. Les embouteilleurs indépendants ont donc trouvé la parade en nommant "1836" (l’année de fondation de Glenfarclas, afin de donner la puce à l’oreille des amateurs) la plupart des embouteillages indépendants Glenfarclas. Certains autres sont plus sagement nommés "Speysider" ou "Speyside Distillery", mais il est alors plus difficile de deviner que la bouteille contient du Glenfarclas car elle pourrait aussi contenir un single malt issu d’une autre distillerie du Speyside.

Localisation de la distillerie Glenfarclas dans le Speyside

Localisation de la distillerie Glenfarclas dans le Speyside

jeudi 18 juillet 2013

Focus sur la distillerie Caol Ila

Focus sur la distillerie Caol Ila

Après deux notes de dégustation de cette distillerie, il était logique de vous présenter un focus sur Caol Ila. Le voici donc !

Caol Ila fut fondée en 1846 dans une crique près de Port Askaig sur l’île d’Islay, sur un ancien site de lavage de minerai de plomb, par le propriétaire à l’époque d’une autre distillerie, Littlemill (située dans les Lowlands).

Elle est revendue en 1854 au propriétaire de la distillerie Isle of Jura, puis en 1863 à la société Bulloch Lade, puis de nouveau en 1927 à la DLC (la DLC qui, vous le savez si vous avez lu mes autres focus sur d’autres distilleries, a été intégrée plus tard au géant Diageo) qui reconstruit Caol Ila entre 1972 et 1974 pour tripler sa capacité de production.

90% de la production de Caol Ila (3.650.000 de litres par an, ce qui en fait la distillerie la plus productive de l’île) sont destinés au marché du blend (Johnnie Walker et Black Bottle en tête).

L’eau utilisée dans le processus de distillation provient d’un loch tourbeux situé sur une colline proche, et qui a coulé sur de la roche calcaire lui donnant un goût minéral et salé.

Il existe peu d’embouteillages officiels (12 ans, 18 ans, Distillers Edition) tandis que les embouteillages indépendants sont nombreux.

Localisation de la distillerie Caol Ila sur l'île d'Islay

Localisation de la distillerie Caol Ila sur l'île d'Islay