Affichage des articles dont le libellé est Face À Face. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Face À Face. Afficher tous les articles

mardi 9 mai 2017

Face à Face : deux Springbank 1996 / 2016 (19 ans) Archives

Springbank, c'est bien évidemment de très bons embouteillages officiels; la réputation de la distillerie n'est en rien galvaudée. Et les produits qui sortent ces derniers temps continuent d'être globalement d'un très bon niveau, contrairement à certaines autres distilleries qui vivent sur leur réputation passée (non non, je ne citerai pas de noms ;-) ).

Mais il existe aussi des embouteillages indépendants de Springbank, même si il est vrai qu'ils sont souvent occultés par leur prix fort peu attractif par rapport aux embouteillages officiels d'âge équivalent (un criant exemple étant le dernier Springbank 18ans The Cooper's Choice en date) ; embouteillages officiels déjà onéreux eux-mêmes (succès et qualité obligent).

(Photo Facebook / Michael)

Il y a un an presque tout pile, Archives (l'embouteilleur hollandais, dont le patron est aussi le patron de la boutique Whiskybase de Rotterdam et le fondateur du site participatif du même nom) sortait deux embouteillages Springbank issus de sister casks, tous deux des fûts de Bourbon, tous deux distillés et embouteillés les mêmes jours, et tous deux en brut de fût. Deux frères jumeaux sur papier, en somme. Et deux candidats idéaux pour un face à face :-)

Comme d'habitude dans mes face à face, ces deux whiskies ont été goûtés au même moment.


Springbank 25.10.1996 / 03.03.2016 Archives, 19 ans, Refill Bourbon Hogshead 551, 54.9%, 239 bouteilles


(Photo Whiskybase)


  • Nez: Très, très, trèèèèès austère. Un mini fruité blanc d'abord, puis une chape d'austérité qui s'abat sur ce nez. Du calcaire, du minéral, du pétrifié. Revient ensuite un peu de fruité citronné séché.
  • Bouche: Du fruit acidulé, de la liqueur de citron, des épices piquantes. De la fumée minérale grandit à l'arrière. La puissance devient de plus en plus importante quand on garde une lichette en bouche.
  • Finale: Boom ! L'austérité désertique revient en force. Du bois pétrifié, de la pierre polie, et des vagues interminables de fumée sèche tourbillonnante.
  • Verdict: Mais waaaa quoi ! C'est du TRÈS grand Springbank. La quintessence de la rusticité que j'aime tant chez cette distillerie.
  • 92/100.










Springbank 25.10.1996 / 03.03.2016 Archives, 19 ans, Refill Bourbon Hogshead 550, 56.4%, 284 bouteilles


(Photo Whiskybase)

  

  • Nez: Très proche du nez du fût 551, aussi fort austère et minéral, mais aussi plus frais. Un brin de marmelade de citron et de fougère fraîche.
  • Bouche: Du citron et de la pomme en compote et en confiture; ça oscille entre le sucré gourmand et l'acidulé astringent. Du calcaire poisseux et de la chaux en poudre essaient de lutter face au fruit, mais ont du mal à s'imposer.
  • Finale: Du calcaire sec reste un moment, accompagné de pelure de citron racornie. Du pétrifié, sans assécher.
  • Verdict: Moins ultra austère que le fût 551, plus fruité dans son ensemble. Mais la rusticité est elle aussi au rendez-vous, c'est bien fort bon cette affaire aussi.
  • 90/100.








Sold out rapidement chez Whiskybase, le prix originel de ces deux Springbank était de 160€ (chacun hein, pas les deux ensemble ;-) ). Et j'avais trouvé ça cher, déjà à l'époque; et je n'en avais pas achetée (surtout en aveugle). Je me donnerais bien des baffes, avec du recul. Si j'avais pu les goûter à l'époque, sans nul doute que j'aurais sauté sur le fût 551 (même si 160€ reste généralement au-delà de mes limites personnelles pour un whisky de 19 ans d'âge).

lundi 10 avril 2017

Springbank 11 ans Local Barley, 53.1% (OB)

Ha, enfin j'arrive à poser mes lèvres sur le Springbank 11 ans Local Barley !

Si l'an passé j'avais réussi à être le premier sur la balle du 16 ans, cette année-ci ça a été beaucoup plus compliqué.

En effet, suite au succès du 16 ans de l'an passé, ça a été la ruée cette année-ci sur son successeur et petit frère, le Springbank 11 ans Local Barley. Rapidement sold out un peu partout lors des précommandes, avant même que les boutiques ne soient approvisionnées. La rançon du succès.

Mais le succès (justifié) du 16 ans justifie-t-il le succès de ce 11 ans avant même que la communauté n'ait eu l'occasion de le goûter ? Verdict aujourd'hui (même si mon avis n'a évidemment pas force de loi et n'engage que moi).

Mais avant cela, un peu de théorie...
L'orge utilisée pour ce 11 ans est de type Bere Barley et a été cultivé à la ferme Aros, près de l'aéroport de Machrihanish (à vos souhaits).
Treize tonnes de cet orge ont été utilisées, le tout pour fournir au final 26 fûts d'ex Bourbon qui ont produit 9000 bouteilles.

Dernier rappel en passant: Springbank a annoncé qu'il sortirait un Local Barley chaque année, sur une période de 5 ans. Le premier était donc le 16 ans de 2016; ce 11 ans-ci étant celui pour 2017.



Springbank 11 ans Local Barley, 02.2006 / 2017, 53.1%, 9000 bouteilles (OB)

    https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEiOUFXj7xZzAx2_KfdwGZ59lOvXZ_SMGjCgd6pWrWycGQmoGcsgbSEy-83uc4gN6Hc-5r7ZpZdT0zMZefEM8psEwndL4uoZOBC9Wx3usVB28MMgVNK6HPK0VOrEmr-YVYSSBEZmVcG9bDAi/s1600/Springbank11yLB.jpg
  • Nez: De la vanille et du malt. Une légère fumée minérale, calcaire, se développe de plus en plus. Du fruit blanc essaie de se montrer, mais a du mal.
  • Bouche: Une amertume fruitée assez marquée en début de bouche. De la pomme, de l'abricot, et pas mal de malt. Des épices piquantes tambourinent au fond de la bouche. L'amertume s'estompe, supplantée par les épices.
  • Finale: Le calcaire refait surface. Une fraîcheur se révèle en rétro-olfaction. Puis une sécheresse amère s'installe.
  • Verdict: Même si globalement c'est un bon whisky, ce Springbank 11 ans Local Barley a aussi quelques traits qui me plaisent personnellement moins: amertume, épices trop appuyées, équilibre en dents de scie, et jeunesse passablement perceptible. Pas complètement convaincu, du coup.
  • 85/100.








Local Barley VS Local Barley: le Face à Face.

Il me paraissait complètement évident de faire un face à face entre le nouveau 11 ans et le 16 ans de l'an passé, même si ils affichent des âges différents.
Sans plus tarder...

https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEirxTmLMEsOEXjABr-Ack1CpeTVAcBbWUeRGAIcUH1u-nmXs9Qll8BTCCVhf-7-XzT9u2nWI3wX9tDULRap_0WwnLYQAfaZR9zFYhIdsE-C_-_kA85vYZpsrh5evG-6utK2vYNKaOss_Ouj/s1600/Springbank11yLB-F2F.jpg

  • Nez: Fumée minérale plus fine et plus subtile chez le 16 ans. Le sirop de fruits jaunes est aussi bien présent, et pas occulté comme chez le 11 ans.
  • Bouche: Le 16 ans est doux, sucré. Du sirop de fruit domine, accompagné d'une fine fumée crayeuse et calcaire. Bref, une gourmandise rustique. De son côté, le 11 ans est fort épicé et manque, en comparaison, de complexité et de subtilité.
  • Finale: Le 11 ans est amer et sec à ce stade-ci, tandis que le 16 ans est tout en douceur vanillée, fruitée, et de subtilité minérale.
  • Verdict: Vous l'aurez compris, à mes yeux il n'y a pas photo: le 16 ans est un gros cran au dessus du 11 ans.


Ce 11 ans Local Barley est peut être encore disponible chez certains cavistes en Wallonie (mais est probablement sold out quasi partout). Je vous conseille de jeter un œil à la liste des boutiques whisky en Wallonie et de contacter celui proche de chez vous.
Son prix, à sa sortie, tournait en Belgique aux environs de 120 euros.


Merci à Watch Smell Taste & Having Fun pour le sample.

samedi 8 avril 2017

Face à Face: tous les Talisker 25 ans en brut de fût (OB)

Vous le savez si vous suivez le Blog depuis ses débuts, Talisker a une place spéciale dans mon cœur d'amateur de whisky, puisque c'est son expression de 18 ans d'âge (le batch 2011) qui m'a fait définitivement tomber du côté obscur du single malt.

J'ai d'ailleurs déjà commis plusieurs face à face et verticales, aussi bien du 18 ans que du 25 ans. Vous ne vous souvenez pas ? Allez donc jeter un œil ici, ici, et ici, alors ;-)

Mais tout comme pour lesBrora 30 ans, j'avais envie de faire un Face à Face définitif de tous les batches de Talisker 25 ans en brut de fût, c'est à dire les batches sortis entre 2004 et 2009; car malheureusement depuis 2010 le Talisker 25 ans est systématiquement réduit à 45.8%.
Longtemps mis au planning de mes activités whisky, et maintes fois repoussé, récemment ce fut la bonne: avec un "whiskyfriend" qui aime autant que moi ce genre d'exercice, nous nous sommes mis à la tâche avec 7 (gros) samples, histoire de faire le tour de la question et de pouvoir complètement comparer chaque batche l'un avec l'autre. Sept ? Alors qu'il n'y a que six batches en brut de fût ? En effet, pour l'anecdote, nous avons ajouté en fin de dégustation un sample du batch de 2013, réduit à 45.8%.


https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEiJwlZKb16RZ9Kdj9eR3Y7DDwP7s_RY4O65CtlQY6hMZfVGCw1GLohq0I4IFJYpHYb_BYV7SDjcl3xeIhE552YRvJmFRuTlLBGj64b4NtDakdwHbtlIqVwpoJ_NmUic4Tl_SpKhCCqQEM2h/s1600/F2FTalisker01.jpg



D'un commun accord, nous avons décidé de suivre la chronologie des batches pour la dégustation, au détriment des taux d'alcool.

Sans plus attendre, voici mes notes pour chaque bach...

Talisker 25 ans, batch 2004, 57.8%, 21000 bouteilles

  • Nez: Fort puissant, maritime, poivré. Du cierge, du raisin sec, de la poussière, et des épices sèches.
  • Bouche: Bam ! Frissons directs, sensations fortes. Épices poivrées, explosion salée / épicée. Sirop d'abricot sec, traces cireuses.
  • Finale: Superbe longueur. Fraîcheur mentholée qui revient dans le nez. Le poivré perdure.
  • Verdict: Superbe complexité. Superbe tout court. Festival de sensations.
  • 93/100.

 

Talisker 25 ans, batch 2005, 57.2%, 15600 bouteilles

  • Nez: Poivre, fraîcheur végétale, mentholée. Poussière. Plus frais (mais sec quand même) que le batch 2004. La fraîcheur s'estompe, laissant la poussière sèche dominer.
  • Bouche: Douce. Sirop moins vif. Le sel gonfle et devient dominant. Sirupeux.
  • Finale: Le poivre déboule. Épices piquantes. Le frais végétal revient en trombe.
  • Verdict: Moins incisif et moins puissant que le batch 2004, plus fondu, peut-être plus subtil et moins "rentre dedans". Très bon, mais il manque la claque dans la gueule.
  • 89/100.

 

Talisker 25 ans, batch 2006, 56.9%, 4860 bouteilles

  • Nez: Du poivre blanc, de la douceur maltée. Du sirop de raisin blanc. Très légère fumée de crustacés.
  • Bouche: Sirop de fruits secs, extraordinaire rondeur. Épices douces d'abord discrètes, puis qui se font plus piquantes.
  • Finale: Le poivre blanc réapparaît plus franchement. Fumées marine et végétale mélangées.
  • Verdict: un équilibre sublime. Plus équilibré que le batch 2004, mais aussi moins tranchant et moins franc. Mais que de sensations !
  • 92/100.

 

Talisker 25 ans, batch 2007, 58.1%, 6894 bouteilles

  • Nez: Très proche de celui du batch 2006. Sucré, malté. Épices douces, quasi avenantes.
  • Bouche: Vigoureuse, poivrée. Du sirop d'abricot. Douceur et rondeur.
  • Finale: Des épices poivrées dans la gorge, mais qui s'assagissent plus vite que chez le batch 2006.
  • Verdict: Assez proche du batch 2006 au nez, mais (un poil) moins séduisant et moins équilibré en bouche.
  • 91/100.

 

Talisker 25 ans, batch 2008, 54.2%, 9708 bouteilles

  • Nez: Sec, poussiéreux, mais malté aussi. La rondeur arrive par après. Nez moins en vagues, plus linéaire que ses prédécesseurs.
  • Bouche: Sel, poivre, boum et bam; ça repart dans la puissance épicée.
  • Finale: Par contre ici ça s'écrase vite, les saveurs redescendent, la sagesse est de mise. La récréation est finie.
  • Verdict: Plutôt en dents de scie, avec une finale en retrait. Mais ça reste quand même ludique et distrayant.
  • 90/100.

 

Talisker 25 ans, batch 2009, 54.8%, 5862 bouteilles

  • Nez: Légère fumée maltée, épices douces. Il faut lui laisser le temps de s'ouvrir, car ensuite il prend de l'ampleur. Poussière fruitée, épices, abricot séché. Moins direct que les précédents.
  • Bouche: Rondeur de malt sucré, poivre, fruit jaune confit. Ici aussi, il essaie de se montrer sage, pour finalement devenir un sale gamin turbulent (mais tellement adorable).
  • Finale: Kick poivré, mais s'assagit (réellement, cette fois) ensuite. Allez, au dodo le sale gamin, maintenant.
  • Verdict: Sale gamin de merde ! Mais je t'aime quand même :-)
  • 91/100.

 

Talisker 25 ans, batch 2013, 45.8%, 5772 bouteilles

  • Nez: Plus ouvert, aérien, frais, aéré. Plus fruité, moins poivré. Fumée terreuse et pas maritime. Un nez assez mainstream et qui manque de caractère Talisker.
  • Bouche: Le premier contact est aqueux (ha ça, passer après les brut(e)s de fût...), mais ensuite du vanillé, de la fumée de coquillage, une pincée de poivre, et beaucoup de sirop de fruit. Mais ça reste quand même légèrement aqueux, un peu mou du genou (ha ça, quand on passe après les brut(e)s de fût...).
  • Finale: Mais où qu'elle est la finale, hein ? Où qu'elle est , Dans ton cu-cul qu'elle est, la finale ! Bon, j'exagère un peu, mais pas loin quand même. C'est court et léger.
  • Verdict: Goûté tout seul, il s'en serait sûrement mieux sorti. Mais derrière l troupeau de chevaux sauvages, il fait pâle figure.
  • 86/100.


https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEiD0vbI9bAv4H4P6qYxw4_qP2Kst7hA58yGZfqupTtFl-SF3CsGztsmsGk3CP7mgVMHF3JpvRZi4GUabNErcKOnqKfbQrmO3rR4R2Tqcfep0lWLxedQylgj8n3mUzdmApL6rwmKLDsePfJH/s1600/F2FTalisker02.jpg


Conclusion: C'est bon ! Il sont TOUS bons. Face à face nous avons pu détecter des différences entre les batches, mais je suis certain que si vous prenez un de ces Talisker tout seul, isolé, en dram "plaisir" un soir; vous passerez un beau moment à le savourer. Même les versions réduites, à n'en pas douter.

samedi 3 décembre 2016

Face à face: deux Laphroaig 2001/2016 The First Editions, en refillSherry

Quand deux whiskies d'une même distillerie, très proches en âge, date de distillation et/ou d'embouteillage me tombent sous la main, ils entrent pile poil dans les critères pour faire un face à face entre eux.

C'est le cas pour ces deux Laphroaig-ci, tous deux distillés en 2001 et embouteillés (par Hunter Laing sous sa gamme The First Editions) en 2016, tous deux maturés en refill Sherry et proposés en brut de fût, et tous deux ayant été disponibles en même temps sur le marché belge.
Face à face: deux Laphroaig 2001/2016 The First Editions, en refill Sherry
Au premier coup d’œil, c'est au niveau couleur qu'une différence se marque: l'un est beaucoup plus sombre (preuve d'un fût plus actif, ou d'une différence de type de Sherry) que l'autre.
Point de vue titrant en alcool, la différence n'est pas énorme, à peine un peu plus de 1% d'alcool les sépare.
C'est évidemment au niveau senteurs et saveurs que la différence va vraiment se faire.
Je les ai bien sûr goûtés en même temps, en vrai face à face (ça me semble évident, mais il vaut quand même mieux le préciser).
Allez, 3... 2.... 1... GO !

Laphroaig 2001 / 2016 The First Editions, 15 ans, Refill Butt HL12382, 58.4%, 306 bouteilles


  • Couleur : Auburn.
  • Nez : De la cendre froide à foison. Un soupçon de caramel, de la noix, du chocolat noir de noir. La cendre se calme après un moment, pour laisser une fraîcheur de plante médicinale venir lui tenir compagnie.
  • Bouche : Une grosse vague de bois sec et de cendre froide, mélangée à des poignées d’épices piquantes, à du zeste d’agrume, à du moka, et à du fruit noir. Belle puissance globale. Le caramel sucré arrondit la bouche en cours de dram.
  • Finale : Longue. De la noix, de la prune noire, des restes de cendres chaudes, et du caramel épicé.










Laphroaig 2001 / 2016 The First Editions, 15 ans, Refill Butt HL12787, 59.8%, 244 bouteilles


  • Couleur : Vieil or.
  • Nez : De la fumée sèche, du raisin sec, du bois poussiéreux. Après aération, de l’herbe sèche se développe.
  • Bouche : Une amertume fruitée, de pelure d’abricot sec, appuyée. La tourbe est un mélange de profil fermier et de profil minéral, enveloppé de fumée. Après un moment en bouche, le minéral devient plus dominant et un vanillé apparaît.
  • Finale : Moyenne. De la poussière boisée sèche s’abat sur toute la bouche. Un restant de vanille et de fumée tourbée. De la pelure amère de pomme.










Verdict en face à face:

  • Le nez du 58.4% est beaucoup plus engageant et charmeur, mélangeant la minéralité cendrée à l’apport gourmand du Sherry.
  • Le nez du 59.8% est plus sec, plus carré, mais manque aussi de présence.
  • La bouche du 58.4% est puissante, cendrée, explosive ; tout en étant aussi ronde et gourmande. Superbe.
  • La bouche du 59.8% est très sèche au départ, et trop amère à mon goût sur la durée.
  • La finale du 58.4% termine de belle façon ce beau moment whisky, dans la continuité du nez et de la bouche.
  • La finale du 59.8% est ici aussi très sèche et assez amère.

  • Verdict du face à face : Bon ben… il n’y a pas photo, hein ! Le 58.4% est clairement deux (voire même trois) crans au-dessus du 59.8%. Victoire par KO au premier round.
  • Ma cote du 58.4% : 91/100.
  • Ma cote du 59.8% : 83/100.
Tous deux disponibles au Chemin des Vignes à Bruxelles, le prix de la version 58.4% est à 165€ et la version 59.8% à 190€. Intrinsèquement tous les deux sont chers pour des whiskies de 15 ans d'âge (même si en fût de Sherry, ce qui en théorie gonfle un peu le prix); Laphroaig devient de plus en plus intouchable en terme de prix me semble-t-il. Néanmoins, je suis étonné de voir non seulement une différence de prix, puisque tous deux du même âge, embouteillés en même temps, et issus du même type de fût; mais surtout très étonné de voir que le meilleur des deux est aussi le moins cher. Moi pas tout comprendre là...

dimanche 24 juillet 2016

Face à face: deux Pulteney 1990 Cadenhead

Vous le savez, j'aime bien proposer des face à face, car ça permet de vraiment comparer deux (ou plus) produits apparentés. Aucun intérêt de faire un face à face entre deux whiskies complètement différents, bien entendus; mais entre deux whiskies de la même distillerie et distillés la même année, là ça commence à être intéressant.

Bien évidemment, ce n'est pas toujours évident de mettre des face à face sur pied, car il faut pouvoir avoir les deux (ou plus) whiskies sous la main, et pouvoir les déguster en même temps dans de bonnes conditions.

C'est le cas ici, avec deux Pulteney (notez que je ne dis pas Old Pulteney, car en effet Old Pulteney est la gamme d'embouteillages officiels, mais la distillerie elle-même se nomme "juste" Pulteney), tous deux distillés en 1990, maturés en fût de Bourbon, et embouteillés en single cask et en brut de fût par Cadenhead.

Face à face: deux Pulteney 1990 Cadenhead

Le premier, de 24 ans d'âge, sorti début 2015 dans la gamme Single Cask; le second, de 25 ans d'âge, sorti en avril 2016 dans la gamme Authentic Collection. Deux whiskies en théorie très proches, puisque produits la même année par la même distillerie, et maturés à peu près le même nombre d'années dans le même type de fût. Les différences devraient donc se ressentir dans ce qu'ont apporté ces deux fûts de Bourbon au distillat, justement.

Face à face: deux Pulteney 1990 Cadenhead
Pulteney 24 ans Cadenhead's Single Cask, 1990 / 2015, Bourbon Barrel, 53.7%, 198 bouteilles
  • Nez: Une belle corbeille de fruits mûrs et juteux. De la pomme, de la poire, quelques gouttes de citron, de la banane verte, de la nectarine. Derrière cette multitude de fruits, une poussière très ténue de fruit sec.
  • Bouche: Les fruits continuent d'affluer (citron, banane verte, abricot, pomme), mélangés à du sirop salé. Cette salinité prend de plus en plus d'ampleur le temps pendant lequel le whisky reste en bouche. La texture est huileuse sur la langue.
  • Finale: Moyenne. La salinité perdure, flanquée de pomme jaune sèche. Quelques épices douces viennent chatouiller le palais.
Face à face: deux Pulteney 1990 Cadenhead
Pulteney 25 ans Cadenhead's Authentic Collection, 1990 / 04.2016, Bourbon Barrel, 50.5%, 180 bouteilles
  • Nez: De la pêche blanche, et des herbes aromatiques (coriandre et fenouil). Un trait de pamplemousse.
  • Bouche: Du raisin blanc, de la pomme jaune, du citron légèrement acidulé. Une pincée de sel saupoudrée sur ces fruits. Du sirop vanillé après un moment.
  • Finale: Longue. Des épices piquantes apparaissent et se mélangent au sel, qui est plus présent à ce stade. Le raisin blanc résiste, derrière les épices.
Verdict du face à face:
  • Le nez du 25 ans Authentic Collection est plus "simple" que celui du 24 ans Single Cask, mais aussi moins gourmand. Il est par contre plus aromatique et plus présent.
  • En bouche, la salinité est plus prononcée dans le 24 ans Single Cask (et c'est un marqueur que j'apprécie chez Pulteney).
  • La finale du 25 ans Authentic Collection est plus épicée, plus explosive que celle du 24 ans Single Cask.
  • L'un dans l'autre, ce sont deux très bons whiskies, qui ont indubitablement un lien de parenté. Il est difficile de les départager, car aucun des deux n'a quoi que ce soit à se reprocher. Mon choix personnel va néanmoins vers la 24 ans Single Cask pour son côté plus salin en bouche et plus fruité au nez.
  • 24 ans Single Cask: 90/100. 25 ans Authentic Collection: 89/100.

Le 24 ans Single Cask est sold out depuis longtemps, son prix était d'environ 130€ à sa sortie. Le 25 ans Authentic Collection est encore actuellement disponible à la boutique Cadenhead de Cologne, lui aussi au prix d'environ 130€.

vendredi 29 avril 2016

Face à face: Caol Ila 31ans Cadenhead's Small Batch VS Caol Ila 32 ansCadenhead's Small Batch

Il y a une paire d'années, Cadenhead avait sorti à quelques semaines d'intervalle deux Tomatin 35 ans Small Batch. Un pour pour son marché international, et un autre embouteillé spécialement pour The Nectar et le marché belge.
Fin 2014, rebelote avec deux Clynelish 21 ans Small batch, là aussi un pour le marché international de l'embouteilleur et un spécialement embouteillé pour la Belgique / The Nectar.
Et en ce mois d'avril 2016, ce sont deux Caol Ila distillés en 1984 qui nous sont proposés par Cadenhead. Tous deux de 1984, mais ils n'ont néanmoins pas le même âge. Le premier, âgé de 31 ans, est un mélange de deux Hogsheads, pour un total de 432 bouteilles pour le monde entier. Le second, âgé de 32 ans, est un single cask (même si l'étiquette est la noire de la gamme Small Batch, et non pas la dorée de la gamme Single Cask) qui a produit 234 bouteilles pour fêter les 10 ans de The Nectar, le distributeur Cadenhead en Belgique.
Les deux embouteillages arrivent donc en même temps sur le marché, même si en Belgique il sera beaucoup plus facile de trouver le 32 ans, largement disponible en raison du grand nombre de bouteilles exclusives à notre pays.
Pour ce face à face, je n'ai pas chipoté: j'ai versé chacun de ces Caol Ila dans un verre et les ai goûtés / dégustés au même moment, au calme chez moi. Un vrai face à face, quoi. D'abord une comparaison sur les nez, puis sur les bouches et finales, et ensuite retour sur chaque critère, en alternance, afin de bien explorer chaque whisky jusque dans ses moindres recoins.
Que le match commence !!
Face à face: Caol Ila 31ans Cadenhead's Small Batch VS Caol Ila 32 ans Cadenhead's Small BatchFace à face: Caol Ila 31ans Cadenhead's Small Batch VS Caol Ila 32 ans Cadenhead's Small Batch

Caol Ila 31 ans Cadenhead's Small Batch, 1984 / 2016, 2 Bourbon Hogsheads, 52.1%, 432 bouteilles

VS

Caol Ila 32 ans Cadenhead's Small Batch, embouteillé pour The Nectar 10th Anniversary, Bourbon Hogshead, 52.9%, 234 bouteilles




Face à face: Caol Ila 31ans Cadenhead's Small Batch VS Caol Ila 32 ans Cadenhead's Small Batch

  • Couleur: Celle du 32 ans est visiblement plus foncée que celle du 31 ans. Un premier remplissage ou un fût plus actif pour le plus vieux des deux ?
  • Nez: (31 ans) Du malt sec, du minéral (ardoise), de la pomme jaune, du malt au miel vanillé, et une fraîcheur végétale de mousse d'arbre en forêt après la pluie. Un nez fin, subtil, et sage. (32 ans) De la pomme vanillée, de la fumée de cendre froide (mais non dominante). Ici aussi une fraîcheur végétale, mais plutôt sur la rhubarbe. Aussi fin que le 31 ans, mais légèrement plus fruité.
  • Bouche: (31 ans) De la cendre en entrée, et qui reste comme fil conducteur; mais assez vite de la pêche juteuse se révèle. Une légère salinité asséchante après quelques secondes. (32 ans) Une onctuosité immédiate. Le fruit sucré et au miel domine, très vite suivi par des volutes cendrées. Quelques gouttes de sirop de citron salé.
  • Finale: (31 ans) Longue. Une fraîcheur mentholée remonte dans le nez. De la cendre tiède s'incruste sur la langue. Le malt sec refait surface. (32 ans) Longue. Une vague saline s’engouffre en bouche. Une amertume fruitée appuyée s'installe en fin de bouche.
  • Verdict: Le lien de parenté est évident entre les deux, tout comme la haute qualité qui est au rendez-vous chez ces deux Caol Ila. Le 32 ans est clairement plus fruité, tandis que le 31 ans me paraît plus malté et plus rustique. Les deux nez me plaisent de façon égale. La bouche du 32 ans me plaît plus que celle du 31 ans. Sur la finale, c'est le contraire, l'amertume du 32 ans me gêne un peu et je lui préfère celle du 31 ans. Pas facile de les départager, dans ces conditions. Alors à qualité globale égale, cote égale, pas de jaloux !
  • 90/100 tous les deux.
Pour la disponibilité et les prix, c'est un peu compliqué à expliquer... En Belgique, ces deux Caol Ila sont disponibles pour environ 300€ chacun. A la boutique Cadenhead de Cologne, par contre, ils sont tous les deux à 250€. Oui, les boutiques Cadenhead ont toutes reçu une caisse (6 bouteilles) du 32 ans, même si ce Caol Ila a été embouteillé pour la Belgique. C'est un droit qu'à chaque boutique, d'après son contrat de franchise avec la maison mère Cadenhead. Quant à la différence de prix entre la Belgique et l'Allemagne, je n'ai pas d'explication. Différence de taxes et d'accises, et un intermédiaire en moins en Allemagne ?

dimanche 15 février 2015

Face à face : quatre Springbank 12 ans Cask Strength (batch 6, 7, 8, et 10) (OB)

Continuons notre aperçu de quelques embouteillages Springbank, voulez-vous ?

Aujourd’hui, j’aborde le cas du 12 ans Cask Strength officiel qui sort en batches sucessifs à intervalle régulier. Chaque batch est limité en nombre de bouteilles, et est, comme son nom l’indique, en brut de fût. Le premier batch est apparu en 2010. Nous en sommes aujourd’hui déjà au dixième, qui était une des nouveautés du Whisky Live la semaine passée.

(photo allthingswhisky.com)
(photo allthingswhisky.com)

Quand un whisky sort en batches clairement affichés et limités, il n’est pas rare de pouvoir déceler des différences plus significatives que dans les batches (non affichés, eux) d’embouteillages de gammes classiques. Et pour déceler ces différences, rien de tel qu’un face à face, pas vrai ?

Bon, je n’ai pas pu mettre la main sur un sample des 10 batches, mais de quatre différents et récents ; du 6 au 10 (sans le 9, toutefois). De toute façon il vous sera plus facile de trouver des bouteilles récentes que des vieux brols poussiéreux ;-)

Allez, zou !

Face à face : quatre Springbank 12 ans Cask Strength (batch 6, 7, 8, et 10) (OB)
Springbank 12 ans Cask Strength, batch 6 (2013), 53.1%
  • Nez : De la fumée de foin sec, des raisins secs, quelques fruits exotiques confits. Après aération, des notes citronnées et un tout petit peu de boue fermière. Une pointe mentholée tout là-bas, dans le fond ?
  • Bouche : Texture grasse, capiteuse. Les fruits caramélisés dominent. Des zestes citronnés, des raisins secs. Cette bouche est ronde, douce, bien équilibrée.
  • Finale : Longue. Fumée légèrement amère et sécheresse fruitée.
  • Verdict : C’est bon ! Un whisky agréable, rond, doux, équilibré, et facilement buvable.
  • 87/100.
(photo whiskybase)
(photo whiskybase)
Springbank 12 ans Cask Strength, batch 7 (2013), 50.3%
  • Nez : Nez citronné, des raisins secs. Un peu de miel. Une légère brise marine et des céréales sucrées.
  • Bouche : Sage et sucrée, liquoreuse. Très sucrée, même. Limite écœurante. Quelques épices et des raisins secs caramélisés.
  • Finale : Moyenne. Une timide explosion épicée. Chaleur en bouche. Et toujours cette impression de liqueur sucrée.
  • Verdict : Beaucoup plus liquoreux que le batch 6. Plus lisse, aussi ; moins rustique. Moins séduisant, quoi.
  • 85/100.
Face à face : quatre Springbank 12 ans Cask Strength (batch 6, 7, 8, et 10) (OB)
Springbank 12 ans Cask Strength, batch 8 (2014), 52.3%
  • Nez : Très proche du batch 6, mais un peu plus puissant néanmoins. Légère fumée sèche, raisins secs, et miel boisé. Quelques épices douces.
  • Bouche : Une corbeille de fruits secs (raisins et abricots en tête) au miel. Un peu d’épices piquantes.
  • Finale : Légèrement sèche. Explosion poivrée, fumée sèche. Un peu de menthe poivrée qui rafraichit la bouche.
  • Verdict : Assez proche du batch 6, mais les saveurs sont plus présentes je trouve. Un peu de douceur sucrée supplémentaire, aussi. De très bonne qualité.
  • 88/100.
Face à face : quatre Springbank 12 ans Cask Strength (batch 6, 7, 8, et 10) (OB)
Springbank 12 ans Cask Strength, batch 10 (2015), 53.2%
  • Nez : De la pomme sèche, une légère fumée cireuse. Un peu d’iode, aussi.
  • Bouche : Douce, mielleuse, un peu sage. Amertume fruitée. Fruits jaunes séchés au soleil. Du caramel salé et un poil de cire, elle aussi salée.
  • Finale : Moyenne. Du boisé apparaît. Les fruits séchés s’éteignent. Quelques épices persistent, perdues dans une fumée très ténue.
  • Verdict : Encore du bon 12 CS ! Je trouve que celui-ci pourrait même être confondu avec un Clynelish, en aveugle (le côté cireux, peut-être). La patte sherry est ici presque inexistante.
  • 89/100.

L’un dans l’autre, la qualité de tous les batches est très bonne. Dans ce face à face, je trouve le batch 7 en retrait par rapport aux autres, mais rien ne dit que tout seul je ne l’aurais pas un peu mieux coté. Le côté cireux / Clynelish du batch 10 m’a particulièrement séduit, mais bien évidemment on s’éloigne du profil type de Springbank. Comme personnellement je préfère Clynelish à Springbank de façon générale, ma cotation est quelque part logique.

Le Springbank 12 ans Cask Strength batch 10 est une nouveauté et arrive ces jours-ci (au prix d’une soixantaine d’euros environ) chez tous les cavistes revendant du Springbank. Il est encore possible, en cherchant un peu dans les fonds de stocks des boutiques physiques ou sur internet, de trouver des batches plus anciens. Bonne chasse !

jeudi 1 janvier 2015

Face à face : tous les Brora 30 ans officiels

Face à face : tous les Brora 30 ans officiels

Pour marquer le coup de l’année nouvelle, tous les blogs sur le whisky essaient de trouver un article qui sorte du lot. Que ce soit un whisky légendaire, un verdict sur l’année écoulée, des statistiques de fréquentation, ou encore des prédictions sur l’année à venir.

Pour ma part, j’ai voulu partager avec vous une expérience qui n’arrive qu’une fois dans une vie. Celle-ci le sera de façon sûre et certaine en ce qui me concerne. Plus jamais je n’aurai l’occasion de goûter tous les Brora 30 ans officiels lors d’une même session, pour les comparer à un même moment, dans les mêmes circonstances, les uns face aux autres.

Inutile d’encore présenter Brora, cette distillerie est devenue mythique. Les prix des bouteilles officielles (celles produites par Diageo) de Brora ayant atteint des montants inatteignables pour mon portefeuille, je sais que je ne pourrai plus jamais m’en offrir une. Jamais. C’est plié, c’est écrit dans le marbre, j’en ai fait mon deuil.

J’avais déjà eu l’occasion de goûter l’une ou l’autre release, mais séparément et pas toujours dans de bonnes conditions. Mais je caressais un rêve de plus grande envergure du bout des doigts : pouvoir tous les goûter ensemble, lors d’une même soirée.

Face à face : tous les Brora 30 ans officiels

Il m’aura fallu environ deux ans pour réunir les samples nécessaires à cette expérience. Impossible, bien évidemment, d’acheter une bouteille de chaque release. J’ai aussi voulu partager ce moment avec mes deux acolytes réguliers eux aussi amateurs de single malt. C’est une expérience, je trouve, qui est à partager avec des personnes qui pourront en tirer un plaisir à la hauteur de l’événement. En cette fin d’année 2014 (période festive s’il en est) nous nous sommes donc réunis, fébriles (enfin moi plus que certainement, en tout cas) pour vivre cette ‘’once in a lifetime experience’’.

Avant de débuter la séance de dégustation, et ayant déjà goûté des Brora officiels auparavant, je m’attendais à trouver certains marqueurs typiques de la distillerie ; comme une tourbe fermière, de la fumée et de l’iode par exemple. Je m’attendais aussi à (re)trouver une grande complexité et une grande finesse. C’est donc avec ces critères en tête que j’ai entamé la soirée (oui, on a pris une longue soirée pour aborder cet événement, ce genre de dégustation ne se faisant pas à la vas-vite).

Concernant le lineup, nous avons opté pour une progression chronologique ; le titrant en alcool étant assez proche d’un embouteillage à l’autre. Assez palabré, voici mon verdict personnel (et celui de mes acolytes en fin d’article). Accrochez-vous à vos chaussettes !

Face à face : tous les Brora 30 ans officiels
Brora 20 ans Chieftain’s, 06.1982 / 04.2003, Sherry Butt n°1191, 46%, 806 bouteilles

En starter, histoire de se mettre en bouche et de préparer nos papilles, nous avons commencé doucement avec un Brora réduit à 46%, non officiel. Un fond de bouteille que j’avais trouvé à Lille en septembre.

  • Nez : Epices piquantes. Sirop de poire salée. De la mandarine. Une brise côtière vanillée.
  • Bouche : Fondue, pas facile de décortiquer les saveurs. Bouche un peu molle (surtout comparée au nez), aqueuse.
  • Finale : Sur la poire salée.
  • Verdict : Ce Brora ressemble plus à un fût de bourbon qu’à un fût de sherry, et est plus proche de Clynelish que de Brora. Se laisse néanmoins facilement boire.
  • 87/100.
Face à face : tous les Brora 30 ans officiels

Les plats de résistance : Passons maintenant à tous les Brora 30 ans d’âge, de la première à la 9ème release. La 7ème release est absente de la liste, car il s’agit d’un 25 ans et non d’un 30 ans.

Brora 30 ans, 1st Release (2002), 52.4%, 3000 bouteilles
  • Nez : De la fumée de paille sèche. Compote et confiture de fruits blancs caramélisés. La fumée s’estompe avec l’aération, et le nez devient très subtil. Epices douces.
  • Bouche : Rhooo quoi ! Hyper fondue. Cendres froides, sirop de fruits. Une salinité.
  • Finale : Salée, épices douces, fumée cendrée légèrement mentholée.
  • Verdict : Pas fortement fermier, mais hyper bon. Ca envoie du lourd dès le début de la session.
  • 91/100.
Brora 30 ans, 2nd Release (2003), 55.7%, 3000 bouteilles
  • Nez : Très fermier sur la bouse de vache, de la boue mélangée à de la paille. Fumée sèche. Difficile d’aller chercher les fruits, sur celui-ci. Foin sec et épices poivrées.
  • Bouche : Suave et fondue. Vanille et paille sèche. Fruits jaunes compotés, explosion poivrée.
  • Finale : Longue. Nous sommes toujours dans une étable. De la réglisse et de la paille sèche.
  • Verdict : Nez évolutif et complexe à l’extrême. ‘’Fetchez la vache !’’ pourrait résumer ce Brora, très très fermier. Meuh.
  • 93/100.
Brora 30 ans, 3rd Release (2004), 56.6%, 3000 bouteilles
  • Nez : Nez cireux, herbacé. Sirop et compote de miel. Très légère fumée cendrée. Des épices douces. Le nez se développe bien avec le temps.
  • Bouche : Sève d’arbre, sirop de fruits blancs.
  • Finale : Cendre, légère fumée très poivrée. Clou de girofle.
  • Verdict : Plus linéaire et moins typique. Il m’a franchement laissé sur ma faim.
  • 89/100.
Brora 30 ans, 4th Release (2005), 56.3%, 3000 bouteilles
  • Nez : Très fermier, boueux. De la paille et du poil de bétail mouillé. Du foin par la suite.
  • Bouche : Très fruité en entrée de bouche, du sirop qui coule tout seul. De la cire. Texture huileuse et grasse. Touches herbacées.
  • Finale : Du sel marin surtout, le reste se sent moins. Un coup de moulin à poivre. Cette finale devient plus ronde après quelques gorgées.
  • Verdict : Ca commence à devenir difficile de trouver quelque chose de particulier en verdict… C’est bon, quoi !
  • 93/100.
Brora 30 ans, 5th Release (2006), 55.7%, 2130 bouteilles
  • Nez : Très proche du 2003, très fermier au premier abord. Cette couche fermière se calme un peu pour révéler, là-bas loin dans le fond, des fleurs (bleues) de clairière. Du miel enrobe tout ça.
  • Bouche : Fondue, fermière et herbacée, florale, et fruitée. Douceur vanillée au milieu de tout ça.
  • Finale : Très longue. Légère iode, tourbe fermière, fumée cendrée. Une goutte de citron.
  • Verdict : Oufti ! Tout y est ! Rien ne manque ! Parfait.
  • 94/100.
Brora 30 ans, 6th Release (2007), 55.7%, 2958 bouteilles
  • Nez : La tourbe fermière est présente, et des vagues herbacées se placent en avant. Après aération, le miel vanillé s’insinue. De la poussière terreuse.
  • Bouche : Linéaire, et plus monolithique que les autres. Plus facile d’accès et à boire (attention, dans le contexte Brora, hein). Une salinité apparaît.
  • Finale : Longue. Salinité persistante. Légère amertume de zeste d’agrume.
  • Verdict : Le plus accessible, jusqu’ici.
  • 90/100.
Brora 30 ans, 8th Release (2009), 53.2%, 2652 bouteilles
  • Nez : Du malt, des céréales au miel, une brise côtière. Pas de tourbe fermière. Cireux. Traces herbacées au loin. Me fait plus penser à un Clynelish qu’à un Brora.
  • Bouche : Du miel, de la cire. Fruitée et iodée.
  • Finale : Sur le miel salé.
  • Verdict : En aveugle, j’aurais misé sur un Clynelish et pas sur un Brora. Pas de tourbe fermière dans celui-ci, mais tous les marqueurs d’un (très bon) Clynelish.
  • 90/100.
Face à face : tous les Brora 30 ans officiels
Brora 30 ans, 9th Release (2010), 54.3%, 3000 bouteilles
  • Nez : De la tourbe fermière caramélisée, du miel, du sirop de fruits. Des fleurs séchées.
  • Bouche : Très ronde, du sirop de poire. Légère fumée.
  • Finale : Tout aussi douce sur le sirop de fruits. Du poivre et de l’iode. Très légère fumée.
  • Verdict : Aussi un hybride entre Clynelish et Brora, mais plus du côté de Brora cette fois-ci.
  • 92/100.
Verdict général :

Mon tiercé personnel a été le 5th Release (2006), 4th Release (2005), et 2nd Release (2003). Mes deux acolytes se sont rencontrés sur un tiercé identique sur le 2nd Release (2003), 6th Release (2007), et 9th Release (2010).

Ouf ! Quelle expérience ! Incroyable ! Il a été très intéressant de se rendre compte des différences (notables) entre les releases ; différences qui ne seraient probablement pas aussi définissables en les goûtant des jours / semaines / mois / ou même années d’écart.

Merci à tous ceux (ils se reconnaîtront) qui m’ont permis de réunir les samples nécessaires ! \o/

Nous pouvons à présent aborder 2015 de façon plus conventionnelle, avec des whiskies plus abordables financièrement et encore disponibles dans le commerce. Je vous souhaite une excellente année 2015, pleine de drams qui vont donneront des frissons de plaisir.

jeudi 31 juillet 2014

Face à face : tous les Longmorn 1996/2013 The Ultimate

Le face à face de whiskies ayant des liens très proches (même distillerie, même année de distillation et d’embouteillage, même embouteilleur, etc…) est un exercice très intéressant car il permet de comparer au même moment ces whiskies ‘’frères’’. Quand on les goûte à des moments différents, la perception de chacun peut être biaisée et les souvenirs du whisky précédent altérés. Le face à face des deux Tomatin 1978 Cadenhead et des Talisker 18 et 25 ans ont déjà été de bons exemples de cette approche.

Les 7 Longmorn The Ultimate différents
Les 7 Longmorn The Ultimate différents

Encore plus fort cette fois-ci, je vous propose le face à face de TOUS les Longmorn 1996/2013 différents embouteillés par Van Wees sous sa gamme The Ultimate. Sept Longmorn différents. Tous en single cask. Tous en brut de fût. Tous en fût de sherry. Les différences vont donc se révéler en fonction de l’empreinte que chaque fût aura laissée sur le distillat au cours des 17 ans de maturation ; le distillat de base ayant été produit le même jour par série de fût et étant donc sensiblement identique.

Deux séries de ‘’sister casks’’ (fûts aux numéros successifs) ont été utilisées pour ces embouteillages : une série de 5 fûts (numérotés 72315, 72318, 72319, 72323 et 72324) et une série de 2 fûts (numérotés 105091 et 105092). On peut s’attendre à une différence marquée entre les deux séries, mais en principe à des subtilités beaucoup moins marquées entre les fûts d’une même série. D’où l’importance de goûter ces whiskies au même moment donné.

J’ai réalisé cet exercice à l’aide d’un complice lui aussi amateur éclairé, et nous avons décidé de goûter ces Longmorn par ordre croissant de numéro de fût, le titrage en alcool étant sensiblement proche entre les whiskies d’une même série de fûts. Voici mon verdict :

Longmorn 01.05.1996 / 03.06.2013 The Ultimate, Sherry Butt #72315, 606 bouteilles, 57.5%
  • Nez : Puissant, boisé, très fruité sur les fruits rouges confits et très cuits (cerise, cassis). Un millipoil de résine et de poussière.
  • Bouche : Une attaque franche, puis elle s’assagit sur la cassonade liquide, les épices douces, une pincée de poivre et les fruits noirs ( cassis, prune).
  • Finale : Longue, légèrement sèche et poivrée. Les fruits noirs perdurent.
  • Verdict : Puissant, charpenté, goûteux, ça colle en bouche. Miam.
  • 89/100.
Longmorn 01.05.1996 / 23.07.2013 The Ultimate, Sherry Butt #72318, 608 bouteilles, 57.8%
  • Nez : Frais, herbacé, bourbonneux. De la rhubarbe, des agrumes. Sans oublier bien sûr la couche sherry, plus sage que pour le fût 72315. Moins brute, plus subtil.
  • Bouche : Sirupeuse et sucrée (sucre candy). Du raisin, quelques gouttes de vinaigre balsamique. Légèrement surette.
  • Finale : Moyenne. Des épices douces, une légère acidité. Une sécheresse reste en bouche, et une amertume persiste.
  • Verdict : Celui-ci est tout à fait convenable mais me plaît moins que le fût 72315 de par les côtés acidulés et amers présents.
  • 86/100.
Longmorn 01.05.1996 / 23.07.2013 The Ultimate, Sherry Butt #72319, 600 bouteilles, 57.2%
  • Nez : Assez proche de celui du fût 72315, mais un peu plus résineux et épicé. Grosse odeur de banane flambée qui passe puis disparaît.
  • Bouche : Un kick qui donne des frissons. De la cassonade, du bois précieux, des fruits rouges cuits. Du chocolat au lait praliné aussi.
  • Finale : Moyenne. De la résine dans la gorge et des épices en bouche.
  • Verdict : Assez proche du fût 72315, mais celui-ci est un brin plus complexe et me donne aussi des frissons de contentement en plus.
  • 90/100.
Longmorn 01.05.1996 / 11.10.2013 The Ultimate, Sherry Butt #72323, 608 bouteilles, 57.5%
  • Nez : Proche des fûts 72315 et 72319 au niveau des odeurs, avec aussi une pointe de camphre et d’herbe sèche. Un nez doux et linéaire.
  • Bouche : Du sucré / poivré / salé. Les fruits sont quelque peu occultés par le poivre, très présent.
  • Finale : Assez courte sur une légère amertume fruitée.
  • Verdict : Un nez sympa, mais la bouche et la finale sont monolithiques et assez plates. L’un dans l’autre, la qualité est équivalente à celle du fût 72318.
  • 86/100.
Longmorn 01.05.1996 / 11.10.2013 The Ultimate, Sherry Butt #72324, 621 bouteilles, 57.4%
  • Nez : Puissant et résineux, il fait d’abord penser au nez du fût 72315. Puis il se fait rhumesque et mélassé. Des traces de chocolat à la menthe.
  • Bouche : Du cuir, de la viande, de la mélasse. Epices douces. C’est puissant, sec, charpenté.
  • Finale : Courte. Des épices exotiques, une sécheresse boisée, des herbes aromatiques.
  • Verdict : On pourrait presque le confondre avec un rhum de mélasse. Je le trouve aussi assez déstructuré, ça part dans tous les sens (sans que cet aspect soit dérangeant). Mais il est par contre écœurant, un seul dram suffit amplement.
  • 85/100.
Comme il faisait beau, nous avons effectué (en partie) le face à face à l'extérieur
Comme il faisait beau, nous avons effectué (en partie) le face à face à l'extérieur
Longmorn 25.06.1996 / 25.11.2013 The Ultimate, Sherry Butt #105091, 588 bouteilles, 60.8%
  • Nez : On change clairement de registre comparé aux fûts 72XXX ! Du cuir, du tabac, du thé sec, du pain grillé. Austère et rustique. De l’abricot sec apparaît par la suite.
  • Bouche : Montée en puissance de la bouche. Rude. L’alcool arrache. Très poivrée.
  • Finale : L’alcool est très présent et occulte le reste.
  • Verdict : Rustique, hard, difficile à dompter. J’ai du mal à l’appréhender et à finir le dram. Il nage, par contre, très bien : l’alcool se fait plus sage et l’abricot sec domine.
  • 83/100.
Longmorn 25.06.1996 / 22.11.2013 The Ultimate, Sherry Butt #105092, 582 bouteilles, 60.1%
  • Nez : Linéaire mais agréable. Du cuir, du tabac. Viandé aussi (steack frais). Herbes aromatiques. Gingembre. Dans la même famille que le nez du fût 105091.
  • Bouche : Moins agressive et plus fondue que celle du fût 105091, mais l’alcool est néanmoins bien présent. Cassonade, fruits cuits.
  • Finale : Plus alcooleuse que la bouche. Heureusement, elle n’est pas longue.
  • Verdict : Moins agressif que le fût 105091, plus rond, plus complexe. Mais tout aussi rustique, il doit se faire dompter tout autant.
  • 85/100.
Quelle couleur !
Quelle couleur !

L’un dans l’autre, tous ces Longmorn 1996 The Ultimate sont globalement de bonne facture, même si certaines différences se marquent au niveau des cotes qui oscillent du dispensable à l’excellent. Une nette différence est perceptible entre la série des fûts 72XXX et celle des fûts 105XXX. Une bonne série de bouteilles (qui, en plus, étaient à un prix plus qu’attractif à leur sortie) de la part de l’embouteilleur Van Wees. D’ailleurs les amateurs ne s’y sont pas trompés ; presque toutes ces bouteilles sont sold out depuis longtemps.

J’ai fort apprécié ce face à face qui m’a permis de bien pouvoir différencier ces Longmorn qui m’auraient semblés beaucoup plus proches l’un de l’autre qu’ils ne sont en réalité si je les avais goûtés à des moments différents.

Promis, je vous proposerai encore des face à face dans l’avenir. Dont un royal. Mais ce n’est pas pour tout de suite, patience… ;-)