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mercredi 4 octobre 2017

Ballechin 12 ans pour 3 boutiques belgo-luxembourgeoises, 2004/2017, 53.6%

Il y a presque un an, début novembre 2016, je vous avais relaté la très bonne surprise que j'avais expérimentée quand j'avais eu l'occasion de goûter un Ballechin de 12 ans d'âge, maturé en fût de Sherry et embouteillé pour la Flandre.

Hé bien figurez-vous que le reste du fût (tout n'avait pas été mis en bouteille en 2016, mais "seulement" 300 bouteilles) a été embouteillé en avril de cette année; cette fois-ci pour 3 boutiques de nos contrées. Enfin pas en Wallonie, mais deux en Flandre et une au Luxembourg.

Logique de ma part de regoûter ce Ballechin, ne fut-ce que pour voir si il a beaucoup changé d'après mes souvenirs et d'après ma note de dégustation de l'an passé. Tout en sachant bien évidemment qu'une note, une sensation, une perception est fonction du moment présent, de ce qu'on a mangé avant, de son humeur, de ses envies, etc. Bref vus m'avez compris, peut-être que ma perception en sera complètement différente.

Hé bien... non. Même constat pour cet embouteillage-ci. C'est aussi bon. Je peux faire un copier / coller de la note de l'an dernier, avec juste l'effet de surprise en moins. Je ne me foule donc pas des masses aujourd'hui, et vous refourgue ma note de l'époque avec juste quelques ajustements. Slainte !

Ballechin 12 ans pour Vinothek Massen, Tasttoe and Dims Dram, 14.07.2004 / 21.04.2017, Sherry Cask 349 (part), 53.6%, 237 bouteilles (OB)


  • Nez: Il est toujours aussi présent et séduisant, dès les narines trempées dedans. La tourbe (mi-fermière mi-camphrée) se mélange harmonieusement au tabac, au caramel épais, aux fruits noirs secs et confits, et même à une fraîcheur orangée. C'est vachement complexe pour un whisky pas spécialement vieux.
  • Bouche: La puissance s'impose direct. De la cendre chaude, la couche tourbée est très minérale. Autour gravitent des épices poivrées, des fruits noirs, des zestes d'orange, du chocolat noir de noir, du tabac... il y a plein de choses qui se mélangent mais dans une cohésion contrôlée.
  • Finale: Longue. Une bouffée de fumée cendrée s'engouffre dans la gorge. Des épices titillent le bout de la langue. Du bois sec s'installe ensuite.
  • Verdict: Rien n'a changé, c'est toujours la même claque. A essayer (ou à faire essayer) en blind, histoire de faire abstraction du nom peu sexy et peu vendeur (même si la réputation d'Edradour / Ballechin tend à être de plus en plus positive au cours du temps). Un excellent "peaty/Sherry".
  • 90/100.




Disponible pour un peu plus de 80€ dans les 3 boutiques pour lesquelles ce Ballechin a été embouteillé.

mercredi 21 juin 2017

Mackmyra Ten Years, 46.1% (OB)

Mackmyra est une jeune distillerie suédoise (oui, aujourd'hui nous quittons l’Écosse pour quelques instants) fort active et déjà bien implantée chez nous. Elle sort régulièrement des embouteillages facilement disponibles dans nos contrées, et des cavistes ont même pu avoir des petits fûts à mettre à la disposition de ses clients qui ont pu embouteiller eux-mêmes leur bouteille à la main.

Si jusqu'à présent les produits de chez Mackmyra étaient des NAS, voici qu'est arrivé le mois dernier sur le marché le Ten Years, le 10 ans d'âge officiel de la distillerie. Un âge charnière et symbolique.

Ce 10 ans d'âge est un mélange de fûts d'ex Bourbon et de chêne américain neuf ayant contenu du Sherry Oloroso pendant quelques mois. En tout 20000 bouteilles ont été produites pour ce premier batch, dont 8000 destinée à l'export. Ça veut quand même dire que 12000 bouteilles sont réservées à la Suède, quels poivrots ceux-là ! ;-D

Et dans le verre, à quoi ressemble ce produit ?


Mackmyra Ten Years, 46.1% (OB)

 


  • Nez: Bien présent, proposant un mélange de fruits (pomme et citron principalement) et de malt plutôt sec. Du miel et de la vanille apportent du sucré, sans occulter la sécheresse globale du nez. Du bois vert à profusion après aération.
  • Bouche: Douce et facile d'accès, sans agressivité. Un mélange fruité acidulé et amer s'impose. De la pomme, de la pelure de citron. Le malt est ici aussi présent, sans être trop sec cette fois.
  • Finale: De la liqueur de mirabelle se faufile, avant de laisser la place au malt amer. L'acidulé citronné reste un petit moment, puis une pincée d'épices douces se voit jetée sur la langue. Du bois vert en quantité apparaît en toute fin de parcours.
  • Verdict: Assez classique ma foi, mais bien fait, équilibré, et cohérent. Facile d'accès, mais ne révolutionne pas le monde du whisky. A tester.
  • 83/100.






Facilement disponible chez votre caviste préféré (si il revend les produits distribués par The Nectar) pour une soixantaine d'euros.

dimanche 21 mai 2017

Springbank 12 ans Cask Strength, batch 14 (2017), 54.2% (OB)

Le Springbank 12 ans Cask Strength est un classique incontournable dans la gamme officielle de la distillerie. Une qualité qui n'est plus à prouver (et ce de batch en batch), une différence de contenu assumé de batch en batch aussi (parfois plus de fûts de Bourbon, parfois plus de fûts de Sherry), en brut de fût, et à un prix tout à fait honnête (malgré le fait que Springbank soit souvent cher).
Bref, avoir une bouteille de Springbank 12CS dans son bar est quasi obligatoire quand on est un amateur de bon whisky (je n'ai jamais croisé d'amateur de mauvais whisky, ceci dit ;-) ).

Pour vous en convaincre, je vous renvoie au face à face que j'avais publié début2015.

Ce batch-ci est composé de 70% de fûts de Sherry et 30% de fûts de Bourbon. C'est déjà le 14ème du nom, a été embouteillé en ce début 2017, et bénéficie de la nouvelle étiquette due au lifting visuel de la gamme officielle de Springbank.

Alors, est-il dans la lignée de ses prédécesseurs, ou pas ?



Springbank 12 ans Cask Strength, batch 14 (2017), 54.2% (OB)


 

  • Nez: De la fumée gourmande et sherrysée, du raisin et abricot secs, des épices exotiques. Après aération, les notes minérales calcaires se font plus présentes.
  • Bouche: L'apport du Sherry se met d'abord en avant, avec du miel et du raisin sec. Viennent alors la craie et le calcaire, accompagnés d'épices piquantes.
  • Finale: Une vaguelette de fumée d'herbe sèche et une légère amertume abricotée. Une fine fraîcheur végétale en toute fin de bouche, et les épices exotiques qui irradient.
  • Verdict: Il me semble que le Sherry est plus présent dans cette version-ci que dans celles que j'avais goûtées en 2015, d'après mes souvenirs. C'est ici plus sucré, plus gourmand, et légèrement moins rustique. La patte Springbank est néanmoins clairement présente (et c'est tant mieux !). Globalement très plaisant, comme souvent chez Springbank.
  • 88/100.





Disponible (pour une septantaine d'euros) assez facilement auprès de la plupart des cavistes revendant du Springbank officiel.

lundi 15 mai 2017

Spirit of Freedom 30 ans, 46%, 2014 bouteilles

Il n'y a pas que du single malt qui est produit à Campbeltown, on y produit aussi du blend; même si en bien moindre quantités.

C'est le cas pour le Spirit of Freedom qui est produit par la distillerie Springbank. Il est possible de trouver des versions plus jeunes et plus récentes que celle dont je vous parle aujourd'hui; mais celle-ci est assez particulière.
Son âge tout d'abord. Il est assez rare qu'un blend affiche 30 ans sur on étiquette. Rappelons que pour les blends, c'est l'âge du plus jeune whisky de l'assemblage qui peut apparaître sur l'étiquette.
Son prix d'origine, ensuite: moins de 100 euros à sa sortie, fin 2014. Pour du 30 ans d'âge, autant dire que c'était 3 francs 6 sous.

Mais ce blend, que raconte-t-il, au juste ?

Ce Spirit of Freedom 30 ans a été assemblé par Frank McHardy (une légende dans le monde du whisky, qui a commencé sa carrière en 1963 et a travaillé chez Springbank depuis 1977), qui l'a créé comme baroud d'honneur en tant que Directeur de la Production avant de prendre sa retraite fin 2014. Mais Frank continue néanmoins à officier encore aujourd'hui comme professeur lors des Whisky Schools à la distillerie Springbank, et comme consultant en diverses matières liées au whisky.

Cette création commémore les 700 ans de la bataille de Bannockburn qui s'est produite en 1314 et qui avait vu l'armée de Robert The Bruce vaincre les forces anglaises pourtant en supériorité numérique.

Ce Spirit of Freedom 30 ans est un assemblage de 75% de whisky de malt (issu de 5 distilleries différentes) et de 25% de whisky de grain; avec un mélange de fûts de Bourbon et de fûts de Sherry.



Spirit of Freedom 30 ans, 46%, 2014 bouteilles



  • Nez: Du miel, une fine fumée d'herbe sèche et poussiéreuse, de la vanille, et du fruit jaune caramélisé. Un chouette nez, séduisant et gourmand; tout en ayant aussi un côté rustique, campagnard. L'apport de fûts de Sherry est perceptible.
  • Bouche: De l'abricot sec, de l'orange vanillée, des épices douces par poignées, et cette fumée sèche qui reste en toile de fond. La réduction se ressent à ce niveau-ci, cependant.
  • Finale: Une amertume boisée surgit. L'abricot et la fumée continuent d'assurer leur permanence. Une pointe épicée reste sur le bout de la langue.
  • Verdict: Ce blend est vachement bien foutu, et affiche clairement son affiliation avec Springbank. Equilibré et cohérent. Seules la réduction en bouche et l'amertume en finale auraient pu être plus discrètes pour que ce soit parfait. Mais si je croisais une bouteille aujourd'hui, je me laisserais tenter sans me forcer.
  • 89/100.




Sold out de nos jours bien évidemment (du moins dans les circuits officiels en Belgique), son prix de sortie en 2014 se situait entre 85 et 100€. Un excellent rapport qualité / prix, à l'époque.

dimanche 7 mai 2017

Compte rendu : Masterclass Springbank chez We Are Whisky, le 04/05/2017

Un mois consacré à Campbeltown sur le Blog ne pouvait pas se concevoir sans parler de la distillerie Springbank, bien entendu ! Cette masterclass organisée par We Are Whisky (la boutique d'Orp-Jauche qui n'est plus à présenter) tombait donc à pic, et je ne me suis pas fait prier pour y prendre part.



La bonne organisation des masterclasses chez We Are Whisky n'est plus à prouver, c'est une machine bien huilée qui roule (quasi) toute seule: un représentant de la distillerie pour animer la soirée, une panoplie de whiskies astucieusement sélectionnés pour présenter un panel significatif, et une assemblée attentive. Ce n'est pas la première fois que j'y assiste (vous vous souvenez des masterclasses Benriach et Gordon & MacPhail, n'est-ce pas ?), et à chaque fois l'accueil de Petra, Patrick, et Alain est excellent.



Ronan Currie



C'est Ronan Currie, en visite toute la semaine en Belgique, qui était l'invité pour animer la dégustation. Ronan a d'abord commencé à travailler chez Cadenhead avant de passer il y a quelques mois chez Springbank en tant que Sales and Marketing Executive (Cadenhead et Springbank faisant partie de même groupe, comme vous le savez sans aucun doute 😉 ).
Malheureusement, Ronan était légèrement souffrant; ce qui a impacté son entrain lors de sa présentation. Probablement la faute du temps pourri en Belgique depuis une bonne semaine, une bonne preuve étant une hécatombe parmi l'assemblée: pas moins de 5 clients avaient du déclarer forfait , majoritairement pour cause de maladie.
Résultat: un peu moins de monde (une grosse vingtaine) que d'habitude pour écouter Ronan, et une masterclass de 7 whiskies expédiée en une heure et demie.








Le line-up:


Passons au vif du sujet, les 7 whiskies que nous avons eu le plaisir de déguster. Aucun vieux whisky bien cher cette fois-ci, mais des bouteilles majoritairement d'entrée et de moyenne gamme de la distillerie. Ce qui tombait assez bien pour moi: j'avais de grosses lacunes en la matière concernant les gammes de base officielles de chez Springbank. C'était donc une bonne occasion de rectifier le tir.

Voici mon ressenti pour chaque whisky goûté. Comme lors des autres masterclasses auxquelles je participe, les notes succinctes suivantes ont été prises lors de l'événement, et sont donc moins précises que lors de mes dégustation au calme chez moi.


Hazelburn 10 ans, 46% (Batch 2016) (OB)
L'entrée de la gamme non tourbée de Springbank. Cette gamme a commencé à être produite en 1997, est issue d'une triple distillation et d'une maturation 100% en fûts de Bourbon. Ronan le considère comme un "whisky de petit déjeuner", de par sa légèreté.




  • Nez: Fort malté, miel, vanille, et un soupçon de très fine fumée.
  • Bouche: Amertume fruitée (pelure de pomme), miel, et vanille.
  • Finale: Le bois apparaît, plutôt sec.
  • Verdict: Un bon starter en masterclass, mais dispensable (selon mes critères personnels) dans l'absolu, car fort classique et mainstream.
  • 82/100.










Hazelburn 13 ans Oloroso Cask Matured, 10.2003 / 03.2017, 47.1%, 12000 bouteilles (OB)
Nouvelle référence dans la gamme Hazelburn, il s'agit d'un vatting d'entre 15 et 20 fûts (12000 bouteilles en tout), entièrement maturé en fûts de Sherry Oloroso. Les 47.1% affichés sont le résultat, d'après Ronan, d'un natural cask strength. Ça me semble quand même difficilement croyable que la part des anges ait été si importante en seulement 13 ans, sur autant de fûts en même temps, surtout en connaissant le climat de Campbeltown particulièrement peu propice à l'évaporation.

 


  •  Nez: Raisin sec, tabac. Assez léger. Légère fumée de noisette.
  • Bouche: Des épices boisées gonflent en bouche. Du fruit sec.
  • Finale: Les épices explosent, poivrées. Sécheresse boisée appuyée.
  • Verdict: (Trop) sage tout du long, j'attendais (et aurais préféré) plus de présence. Mais agréable comme daily dram, toutefois.
  • 85/100.










Kilkerran 12 ans, 46% (Batch 1) (OB)
Springbank, c'est aussi la distillerie Glengyle; elles font partie du même groupe (J&A Mitchell & Co), et ce sont les employés de Springbank qui s'occupent de 6 à 8 semaines par an de la production chez Glengyle. Oui, seulement moins de 2 mois de production par an, tout simplement parce qu'il n'y a pas assez de capacité pour stocker plus de production. Et le nom Glengyle ne peut pas être utilisé par la distillerie pour ses embouteillages, car ce nom en tant qu'embouteillage appartient à... Glen Scotia (qui n'est autre que le concurrent direct de Springbank à Campbeltown). Haaa, les joies du commerce, de la concurrence, et des paniers de crabes ;-).
Ce Kilkerran 12 ans est déjà connu sur le Blog, puisque j'en avais parlé en 2016 (il avait même fait partie de mon top 5 de l'année 2016). Rien de bien neuf, je vous renvoie à ma note de dégustation détaillée de l'époque. Et il m'a toujours paru aussi bon dans cet environnement de masterclass.



Springbank 13 ans "Green", 46%, 9000 bouteilles (OB)
Début 2015, je vous avais parlé du "Green" premier du nom, le 12 ans. Fin 2015 sortait le suivant, le 13 ans; toujours produit à partir d'orge bio. Mais ce 13 ans est issu d'une maturation en fûts de Sherry, alors que le 12 ans était issu d'une en fûts de Bourbon.

 



  • Nez: Très sage, voire même effacé. Il faut lui laisser le temps de s'aérer, de se développer. Du raisin sec, de l'abricot, du miel, et pas mal de jus d'orange par moments.
  • Bouche: Une légère tourbe fumée, du raisin sec, du caramel. La réduction est fort perceptible.
  • Finale: Un peu plus de présence, de peps. Une pincée d'épices.
  • Verdict: Trop sage par rapport à ce que j'attends de Springbank. De mémoire je préférais de loin le 12 ans.
  • 83/100.








Springbank 15 ans, 46% (Batch 08.11.2016) (OB)
Ce Springbank, qui fait partie depuis longtemps de la gamme de base de la distillerie, est un vatting 100% de fûts de Sherry.


  • Nez: Ha, enfin du "crasseux" dans cette masterclass, du terroir, du roulé sous les aisselles ! De la fumée végétale, des herbes aromatiques, des épices exotiques, du tabac.
  • Bouche: Le Sherry adoucit l'ensemble à ce niveau-ci, mais le terroir Springbank est toujours présent. De la peau d'orange, des épices poivrées, du caramel, et de la végétation sèche de sous-bois. Un bel équilibre.
  • Finale: Assez courte. C'est ici que la réduction montre ses limites. Du bois épicé, du caramel, et de l'orange.
  • Verdict: Bien équilibré, gourmand tout en révélant le caractère rustique de Springbank qui m'est cher.
  • 87/100.







Longrow, NAS, 46% (Batch 14.11.2016) (OB)
Longrow est la gamme (lancée en 1973) "hautement tourbée" de Springbank. Le malt est séché à la tourbe pendant maximum 48h. La tourbe utilisée est un mélange de tourbe sèche et de tourbe humide, toutes deux originaires de la région d'Inverness. Le Longrow est issu d'une double distillation, et moins de 100 fûts sont produits chaque année. Ce Longrow-ci, sans âge indiqué, est un mélange de whiskies ayant entre 7 et 9 ans. Le résultat est un whisky se situant entre 40 et 45 PPM.

 

  • Nez: Jeunesse ultra présente, fort malté, quasi new make. "Heavily Peated", vraiment ? La fumée est plutôt fine et aérienne, on est loin de la grosse tourbe qui claque. Et plein de vanille, jeunesse oblige.
  • Bouche: La tourbe est ici un peu plus présente, mais contrebalancée par la réduction. De la vanille, du malt, de la fumée, et quelques épices par après.
  • Finale: Toujours le jeune malt très présent, les épices, et une légère sécheresse fruitée.
  • Verdict: Il manque le rustique que la tourbe apporte dans beaucoup de whiskies tourbés, c'est "gentil" en plus d'être fort jeune. Pas convaincu par cette expression-ci.
  • 81/100.








Longrow 18 ans, 46% (Batch 25.04.2016) (OB)
Cette expression-ci, la plus vieille de la soirée, est un mélange de 60% de fûts de rhum et 40% de fûts de Sherry. Toujours issu d'une double distillation, et au taux de PPM se situant entre 40 et 45.

  


  • Nez: La tourbe est plutôt fine, plutôt fumée, pas écrasante. De la vanille, du fruit blanc confit.
  • Bouche: Amertume fruitée; pomme, poire, raisin. Texture onctueuse en bouche.
  • Finale: Des épices douces, de la fine tourbe fumée, et le fruité encore présent.
  • Verdict: Bien équilibré, le fût de rhum apporte un beau fruité. Un beau produit dans l'ensemble.
  • 86/100.












En espérant que ce compte rendu vous apporte quelques lumières sur les gammes officielles de chez Springbank; moi en tout cas j'y vois plus clair depuis cette masterclass.

dimanche 23 avril 2017

Littlemill 21 ans, Second Release, 47% (OB)

Hooooo, du Littlemill officiel !!! Ca, je dois dire, je n'ai pas souvent l'occasion d'en goûter ! Je dois bien avouer aussi que je ne cours pas après à cause des prix ridicules des embouteillages officiels de Littlemill (vous vous souvenez du 25 ans à 2800€ ?). Hé donc je me concentre sur les embouteillages indépendants, même si eux aussi maintenant deviennent intouchables pour mon portefeuille.

Bon, bref... Faudrait quand même que j'arrête de me plaindre du prix de Littlemill, c'est me faire du mal pour rien, surtout que ça n'y changera rien : Littlemill est à présent devenu trop cher et il est temps pour moi de lâcher (à de rares exceptions près) l'affaire.
Et c'est bien évidemment le cas aussi pour cet embouteillage-ci, trouvable pour minimum 400€ alors qu'il date de 2014. Bim :-( .

Alors si effectivement c'est plutôt une bouteille de collection, avec une belle boî-boîte en bois, je continue d'être persuadé que le whisky devrait plus se boire que s'admirer sur une étagère.

Je ne me fais donc pas prier pour goûter ce Littlemill, second embouteillage de 21 ans officiel (puisqu'il y en avait eu... un premier. Voilà. Le whisky, c'est pas compliqué, en fait ;-) ).


Littlemill 21 ans, Second Release, embouteillé en 2014, 47%, 4550 bouteilles (OB)

 
(photo Whiskybase)
  • Nez: Tout de suite, je reconnais Littlemill et ce que j'aime dans les produits de cette distillerie: corbeille de fruits blancs et jaunes coupés fin et juteux. Hyper fruité tout du long, et hyper gourmand. Un très léger floral et un chouilla de malt sucré en arrière plan, mais ils ont du mal à rivaliser avec le fruité qui domine tout.
  • Bouche: Ici aussi, ça continue. Du fruit à tous les étages, toujours juteux et gourmand. En sirop, en compote, sous toutes les formes gourmandes et sucrées. Une fine pincée de végétal épicé au bout d'un moment, légèrement vert, qui apporte un brin de fraîcheur.
  • Finale: Le végétal frais et mentholé s'affirme plus à ce niveau-ci. Le fruité reste, néanmoins, toujours bien présent. Du malt sec se faufile aussi.
  • Verdict: Je suis fan de Littlemill ("Noooon, vraiment ? Ha ben ça alors, on n'avait pas remarqué !!"), et pourtant celui-ci est seulement le 3ème officiel (après le 12 ans et le 25 ans) que je goûte. Et il est complètement dans les marqueurs habituels que je connais et affectionne. C'est trèèèèès bon, tout du long. Dommage que le prix soit prohibitif et rédhibitoire.
  • 90/100.







Il y aurait encore moyen de le trouver pour environ 400€ en Allemagne. En Belgique, apparemment il serait encore disponible pour 550€. Bien trop cher évidemment, autant s'acheter du Littlemill en indépendant à moindre prix et à qualité au moins égale.

lundi 10 avril 2017

Springbank 11 ans Local Barley, 53.1% (OB)

Ha, enfin j'arrive à poser mes lèvres sur le Springbank 11 ans Local Barley !

Si l'an passé j'avais réussi à être le premier sur la balle du 16 ans, cette année-ci ça a été beaucoup plus compliqué.

En effet, suite au succès du 16 ans de l'an passé, ça a été la ruée cette année-ci sur son successeur et petit frère, le Springbank 11 ans Local Barley. Rapidement sold out un peu partout lors des précommandes, avant même que les boutiques ne soient approvisionnées. La rançon du succès.

Mais le succès (justifié) du 16 ans justifie-t-il le succès de ce 11 ans avant même que la communauté n'ait eu l'occasion de le goûter ? Verdict aujourd'hui (même si mon avis n'a évidemment pas force de loi et n'engage que moi).

Mais avant cela, un peu de théorie...
L'orge utilisée pour ce 11 ans est de type Bere Barley et a été cultivé à la ferme Aros, près de l'aéroport de Machrihanish (à vos souhaits).
Treize tonnes de cet orge ont été utilisées, le tout pour fournir au final 26 fûts d'ex Bourbon qui ont produit 9000 bouteilles.

Dernier rappel en passant: Springbank a annoncé qu'il sortirait un Local Barley chaque année, sur une période de 5 ans. Le premier était donc le 16 ans de 2016; ce 11 ans-ci étant celui pour 2017.



Springbank 11 ans Local Barley, 02.2006 / 2017, 53.1%, 9000 bouteilles (OB)

    https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEiOUFXj7xZzAx2_KfdwGZ59lOvXZ_SMGjCgd6pWrWycGQmoGcsgbSEy-83uc4gN6Hc-5r7ZpZdT0zMZefEM8psEwndL4uoZOBC9Wx3usVB28MMgVNK6HPK0VOrEmr-YVYSSBEZmVcG9bDAi/s1600/Springbank11yLB.jpg
  • Nez: De la vanille et du malt. Une légère fumée minérale, calcaire, se développe de plus en plus. Du fruit blanc essaie de se montrer, mais a du mal.
  • Bouche: Une amertume fruitée assez marquée en début de bouche. De la pomme, de l'abricot, et pas mal de malt. Des épices piquantes tambourinent au fond de la bouche. L'amertume s'estompe, supplantée par les épices.
  • Finale: Le calcaire refait surface. Une fraîcheur se révèle en rétro-olfaction. Puis une sécheresse amère s'installe.
  • Verdict: Même si globalement c'est un bon whisky, ce Springbank 11 ans Local Barley a aussi quelques traits qui me plaisent personnellement moins: amertume, épices trop appuyées, équilibre en dents de scie, et jeunesse passablement perceptible. Pas complètement convaincu, du coup.
  • 85/100.








Local Barley VS Local Barley: le Face à Face.

Il me paraissait complètement évident de faire un face à face entre le nouveau 11 ans et le 16 ans de l'an passé, même si ils affichent des âges différents.
Sans plus tarder...

https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEirxTmLMEsOEXjABr-Ack1CpeTVAcBbWUeRGAIcUH1u-nmXs9Qll8BTCCVhf-7-XzT9u2nWI3wX9tDULRap_0WwnLYQAfaZR9zFYhIdsE-C_-_kA85vYZpsrh5evG-6utK2vYNKaOss_Ouj/s1600/Springbank11yLB-F2F.jpg

  • Nez: Fumée minérale plus fine et plus subtile chez le 16 ans. Le sirop de fruits jaunes est aussi bien présent, et pas occulté comme chez le 11 ans.
  • Bouche: Le 16 ans est doux, sucré. Du sirop de fruit domine, accompagné d'une fine fumée crayeuse et calcaire. Bref, une gourmandise rustique. De son côté, le 11 ans est fort épicé et manque, en comparaison, de complexité et de subtilité.
  • Finale: Le 11 ans est amer et sec à ce stade-ci, tandis que le 16 ans est tout en douceur vanillée, fruitée, et de subtilité minérale.
  • Verdict: Vous l'aurez compris, à mes yeux il n'y a pas photo: le 16 ans est un gros cran au dessus du 11 ans.


Ce 11 ans Local Barley est peut être encore disponible chez certains cavistes en Wallonie (mais est probablement sold out quasi partout). Je vous conseille de jeter un œil à la liste des boutiques whisky en Wallonie et de contacter celui proche de chez vous.
Son prix, à sa sortie, tournait en Belgique aux environs de 120 euros.


Merci à Watch Smell Taste & Having Fun pour le sample.

samedi 8 avril 2017

Face à Face: tous les Talisker 25 ans en brut de fût (OB)

Vous le savez si vous suivez le Blog depuis ses débuts, Talisker a une place spéciale dans mon cœur d'amateur de whisky, puisque c'est son expression de 18 ans d'âge (le batch 2011) qui m'a fait définitivement tomber du côté obscur du single malt.

J'ai d'ailleurs déjà commis plusieurs face à face et verticales, aussi bien du 18 ans que du 25 ans. Vous ne vous souvenez pas ? Allez donc jeter un œil ici, ici, et ici, alors ;-)

Mais tout comme pour lesBrora 30 ans, j'avais envie de faire un Face à Face définitif de tous les batches de Talisker 25 ans en brut de fût, c'est à dire les batches sortis entre 2004 et 2009; car malheureusement depuis 2010 le Talisker 25 ans est systématiquement réduit à 45.8%.
Longtemps mis au planning de mes activités whisky, et maintes fois repoussé, récemment ce fut la bonne: avec un "whiskyfriend" qui aime autant que moi ce genre d'exercice, nous nous sommes mis à la tâche avec 7 (gros) samples, histoire de faire le tour de la question et de pouvoir complètement comparer chaque batche l'un avec l'autre. Sept ? Alors qu'il n'y a que six batches en brut de fût ? En effet, pour l'anecdote, nous avons ajouté en fin de dégustation un sample du batch de 2013, réduit à 45.8%.


https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEiJwlZKb16RZ9Kdj9eR3Y7DDwP7s_RY4O65CtlQY6hMZfVGCw1GLohq0I4IFJYpHYb_BYV7SDjcl3xeIhE552YRvJmFRuTlLBGj64b4NtDakdwHbtlIqVwpoJ_NmUic4Tl_SpKhCCqQEM2h/s1600/F2FTalisker01.jpg



D'un commun accord, nous avons décidé de suivre la chronologie des batches pour la dégustation, au détriment des taux d'alcool.

Sans plus attendre, voici mes notes pour chaque bach...

Talisker 25 ans, batch 2004, 57.8%, 21000 bouteilles

  • Nez: Fort puissant, maritime, poivré. Du cierge, du raisin sec, de la poussière, et des épices sèches.
  • Bouche: Bam ! Frissons directs, sensations fortes. Épices poivrées, explosion salée / épicée. Sirop d'abricot sec, traces cireuses.
  • Finale: Superbe longueur. Fraîcheur mentholée qui revient dans le nez. Le poivré perdure.
  • Verdict: Superbe complexité. Superbe tout court. Festival de sensations.
  • 93/100.

 

Talisker 25 ans, batch 2005, 57.2%, 15600 bouteilles

  • Nez: Poivre, fraîcheur végétale, mentholée. Poussière. Plus frais (mais sec quand même) que le batch 2004. La fraîcheur s'estompe, laissant la poussière sèche dominer.
  • Bouche: Douce. Sirop moins vif. Le sel gonfle et devient dominant. Sirupeux.
  • Finale: Le poivre déboule. Épices piquantes. Le frais végétal revient en trombe.
  • Verdict: Moins incisif et moins puissant que le batch 2004, plus fondu, peut-être plus subtil et moins "rentre dedans". Très bon, mais il manque la claque dans la gueule.
  • 89/100.

 

Talisker 25 ans, batch 2006, 56.9%, 4860 bouteilles

  • Nez: Du poivre blanc, de la douceur maltée. Du sirop de raisin blanc. Très légère fumée de crustacés.
  • Bouche: Sirop de fruits secs, extraordinaire rondeur. Épices douces d'abord discrètes, puis qui se font plus piquantes.
  • Finale: Le poivre blanc réapparaît plus franchement. Fumées marine et végétale mélangées.
  • Verdict: un équilibre sublime. Plus équilibré que le batch 2004, mais aussi moins tranchant et moins franc. Mais que de sensations !
  • 92/100.

 

Talisker 25 ans, batch 2007, 58.1%, 6894 bouteilles

  • Nez: Très proche de celui du batch 2006. Sucré, malté. Épices douces, quasi avenantes.
  • Bouche: Vigoureuse, poivrée. Du sirop d'abricot. Douceur et rondeur.
  • Finale: Des épices poivrées dans la gorge, mais qui s'assagissent plus vite que chez le batch 2006.
  • Verdict: Assez proche du batch 2006 au nez, mais (un poil) moins séduisant et moins équilibré en bouche.
  • 91/100.

 

Talisker 25 ans, batch 2008, 54.2%, 9708 bouteilles

  • Nez: Sec, poussiéreux, mais malté aussi. La rondeur arrive par après. Nez moins en vagues, plus linéaire que ses prédécesseurs.
  • Bouche: Sel, poivre, boum et bam; ça repart dans la puissance épicée.
  • Finale: Par contre ici ça s'écrase vite, les saveurs redescendent, la sagesse est de mise. La récréation est finie.
  • Verdict: Plutôt en dents de scie, avec une finale en retrait. Mais ça reste quand même ludique et distrayant.
  • 90/100.

 

Talisker 25 ans, batch 2009, 54.8%, 5862 bouteilles

  • Nez: Légère fumée maltée, épices douces. Il faut lui laisser le temps de s'ouvrir, car ensuite il prend de l'ampleur. Poussière fruitée, épices, abricot séché. Moins direct que les précédents.
  • Bouche: Rondeur de malt sucré, poivre, fruit jaune confit. Ici aussi, il essaie de se montrer sage, pour finalement devenir un sale gamin turbulent (mais tellement adorable).
  • Finale: Kick poivré, mais s'assagit (réellement, cette fois) ensuite. Allez, au dodo le sale gamin, maintenant.
  • Verdict: Sale gamin de merde ! Mais je t'aime quand même :-)
  • 91/100.

 

Talisker 25 ans, batch 2013, 45.8%, 5772 bouteilles

  • Nez: Plus ouvert, aérien, frais, aéré. Plus fruité, moins poivré. Fumée terreuse et pas maritime. Un nez assez mainstream et qui manque de caractère Talisker.
  • Bouche: Le premier contact est aqueux (ha ça, passer après les brut(e)s de fût...), mais ensuite du vanillé, de la fumée de coquillage, une pincée de poivre, et beaucoup de sirop de fruit. Mais ça reste quand même légèrement aqueux, un peu mou du genou (ha ça, quand on passe après les brut(e)s de fût...).
  • Finale: Mais où qu'elle est la finale, hein ? Où qu'elle est , Dans ton cu-cul qu'elle est, la finale ! Bon, j'exagère un peu, mais pas loin quand même. C'est court et léger.
  • Verdict: Goûté tout seul, il s'en serait sûrement mieux sorti. Mais derrière l troupeau de chevaux sauvages, il fait pâle figure.
  • 86/100.


https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEiD0vbI9bAv4H4P6qYxw4_qP2Kst7hA58yGZfqupTtFl-SF3CsGztsmsGk3CP7mgVMHF3JpvRZi4GUabNErcKOnqKfbQrmO3rR4R2Tqcfep0lWLxedQylgj8n3mUzdmApL6rwmKLDsePfJH/s1600/F2FTalisker02.jpg


Conclusion: C'est bon ! Il sont TOUS bons. Face à face nous avons pu détecter des différences entre les batches, mais je suis certain que si vous prenez un de ces Talisker tout seul, isolé, en dram "plaisir" un soir; vous passerez un beau moment à le savourer. Même les versions réduites, à n'en pas douter.

mardi 20 décembre 2016

Ardbeg Twenty One, 21 ans, 46% (OB)

Sous vos yeux ébahis... un second Ardbeg ! Deux Ardbeg l'un à la suite de l'autre sur le Blog ! Mais dingue, quoi ! ;-)

Si j'ai décidé de vous parler de celui-ci, c'est parce qu'il a fait un gros buzz quand il est sorti, il y a de cela deux mois maintenant.

Cela faisait longtemps qu'Ardbeg n'avait pas sorti un whisky en version limitée avec âge indiqué; les années précédentes des NAS nous aillant été fourgués. Et donc ce "Twenty One" est un Ardbeg officiel, et avec âge annoncé. Dingue ! Incroyable !

Tellement dingue et incroyable que les fans collectionneurs de la distillerie se sont rués dessus. Il n'était possible de le commander que via le site web de la distillerie, le 21 septembre dernier, seulement à partir de certains pays (la Belgique n'en faisant pas partie, à ma connaissance), et si on était membre du Ardbeg Committee. Ça en fait des conditions, pas vrai ? Autant jouer au Lotto, on aurait presque plus de chances de gagner...

Ha oui, détail en passant... il fallait aussi débourser 370€ par bouteille. Bim ! Un détail en effet... une paille ! Du 21 ans, réduit à 46%, vendu pour 370€. Ha ouais quand même. Et tout est parti en un clin d’œil. Dans ces conditions, pourquoi les distilleries se priveraient-elles de pratiquer des prix pour les gogos qui passent ?

Enfin quand j'écris fans collectionneurs, c'est à mettre entre gros guillemets; car très vite cet Ardbeg s'est retrouvé sur les sites d'enchères pour beaucoup plus cher. Et même pire: certains cavistes en ont achetées à Ardbeg (pour 370€, si vous suivez...) pour les revendre sur leur site web à 500 boules (voire plus) ! Franchement, ce genre de pratique de la part d'un caviste me révolte car c'est se foutre de la gueule de sa clientèle. Mais ça prouve aussi, une fois de plus, le courant nauséabond qui imprègne le monde du whisy de nos jours: le whisky n'est plus dans les mains des amateurs mais dans celles de spéculateurs en tous genres (dont une grosse parie n'en n'a même rien à foutre du produit, ni ne l'apprécie).

Errata 20/12/2016 après midi: Cet Ardbeg Twenty One ne serait pas sold out, mais encore dispo via le site Moët Hennessy (France), sous condition de s'identifier avec son login Ardbeg Committee.

Bon, bref. Ce coup de gueule éructé (ça faisait longtemps que je n'avais pas explosé, il me semble, non ?), je peux prendre ma Relaxine et revenir vers ce qui m'intéresse: le whisky lui-même, ce qui est dans la bouteille, le liquide qui se déguste.

Cet Ardbeg Twenty One est un assemblage d'ex fûts de Bourbon de 200 litres, pour un total de 8268 bouteilles (j'ai connu plus limité, hein ^⁾ non filtrées à froid, mais réduites à 46%. Cet embouteillage est sensé rendre hommage à la période sombre d'Ardbeg, le début des années 90 où elle avait failli fermer ses portes et où la production était réduite à son minimum. Quand je constate la machine marketing qu'est devenue Ardbeg, je me demande si elle n'aurait pas mieux fallu qu'elle décède à cette époque (oui je sais, je suis une langue de vipère :-p )...

Ardbeg Twenty One, 21 ans, Ex-Bourbon casks, 46%, 8268 bouteilles (OB)

  • Nez: De la tourbe médicinale marquée, la pharmacie n'est pas loin. Arnica, camphre, plantes médicinales. Derrière ça, un fruité timide de pomme et d'écorce de citron.
  • Bouche: Haaa, le pneu cramé enrobé d'asphalte est là ! Il m'avait (presque) manqué... Derrière ce gros tourbé, du sirop de fruit jaune arrive à tirer son épingle du jeu. Déboule ensuite des épices poivrées.
  • Finale: La chute en piqué... C'est ici que la réduction montre toute sa faiblesse (et son non sens). Les saveurs intéressantes s'évanouissent d'un coup, une vague aqueuse et insipide balaie tout et ne laisse qu'une sécheresse amère derrière elle.
  • Verdict: Le nez et la bouche me paraissent assez typiques d'Ardbeg (officiel); mais je ne suis pas un spécialiste, ceci dit. Il y a néanmoins de la cohérence et de la complexité... jusqu'à ce qu'on aborde la finale; et là "bardaf c'est l'embardée", plantage dans le décor.
  • 84/100 (le nez et la bouche sauvent l'ensemble du naufrage).

Bien évidemment sold out rapidement (ou presque) sur le site web d'Ardbeg, au prix originel de 370€; vous pouvez maintenant (très) facilement le trouver à partir de 500 euros sur les sites d'enchères ou certains web shops de cavistes sans vergogne. Ce qui est néanmoins rassurant (et presque jouissif), c'est qu'à ce prix là ces bouteilles ne partent pas. Il y a plus de 20 Ardbeg Twenty One en vente sur le Whiskybase Market, et par conséquent plus de 20 spéculateurs du dimanche qui sont mariés avec leur quille. Bien fait pour leur pomme :-).

 

Allez, on passe à autre chose dès la prochaine note sur le Blog. Assez d'Ardbeg pour le moment (et pour un bon bout de temps, je pense).

mercredi 9 novembre 2016

Ballechin 12 ans pour la Flandre, 2004/2016, Sherry Butt 349, 53.7% (OB)

Ayant récemment parlé d'Edradour, j'ai omis de parler de Ballechin, qui n'est autre que la gamme tourbée de la distillerie Edradour. Comme ça c'est dit. Court, rapide, et concis.

Tout comme pour certains embouteillages Signatory Vintage sélectionnés par plusieurs boutiques (qui se partagent le fût) et où il n'est pas facile de lister sur l'étiquette toutes les boutiques impliquées dans la sélection, ce Ballechin indique qu'il a été sélectionné par "The Flemish Tour 2016". La contrétiquette liste cependant les boutiques ayant acquis la moitié du fût (seulement la moitié du dit fût ayant été embouteillée): PROOF (Gand), Prima Vinum (Lommel), Single Malt Whisky Shop (Zammel), et Malt Whisky Corner (Knesselare).

Ballechin 12 ans pour The Flemish Tour 2016, 14.07.2004 / 05.09.2016, Sherry Cask 349 (part), 53.7%, 360 bouteilles


  • Nez: Wow ! Mais... mais... ça dépote ! La tourbe (mi-fermière mi-camphrée) se mélange harmonieusement au tabac, au caramel épais, aux fruits noirs secs et confits, et même à une fraîcheur orangée. C'est vachement complexe pour un whisky pas spécialement vieux (oui, pour moi 12 ans c'est jeune :-p ).
  • Bouche: La puissance s'impose direct. De la cendre chaude, la couche tourbée est très minérale. Autour gravitent des épices poivrées, des fruits noirs, des zestes d'orange, du chocolat noir de noir, du tabac... il y a plein de choses qui se mélangent mais dans une cohésion contrôlée.
  • Finale: Longue. Une bouffée de fumée cendrée s'engouffre dans la gorge. Des épices titillent le bout de la langue. Du bois sec s'installe ensuite.
  • Verdict: Pour complètement apprécier ce whisky, il faut faire abstraction du nom Edradour / Ballechin (qui colporte encore une trop mauvaise réputation): ouste, les buveurs d'étiquettes !! Ou alors le goûter blind ? Là il ne peut donner que tout ce qu'il a dans le ventre; c'est à dire une bonne claque dans la gueule (car oui, ce whisky étonne !) et un feu d'artifice en bouche. Décidément, la tourbe et le Sherry font (très) souvent bon ménage.
  • 90/100.
Disponible pour 89€ auprès des boutiques citées en début d'article.

lundi 7 novembre 2016

Compte rendu : Whisky Dinner Signatory Vintage, chez Massen le 04/11/2016

A intervalle régulier (qui était précédemment de 6 mois, mais qui semble à présent être passé à un rythme annuel), le supermarché Massen organise un whisky dinner pendant son whisky festival.

Après The Dalmore avec Richard Paterson début 2015 et Cadenhead avec Mark Watt fin 2015, ce vendredi c'était au tour de l'embouteilleur indépendant Signatory Vintage avec Andrew Symington, son patron.

 

Andrew Symington / Signatory Vintage / Edradour:

Andrew Symington a fondé Signatory Vintage, l'embouteilleur indépendant bien connu, en 1988. Mais son rêve a toujours été d'avoir un jour sa propre distillerie. Tant et si bien qu'en 2002 il récupère Edradour (la plus petite distillerie officielle d’Écosse) des mains de Pernod-Ricard.

Afin de rester la plus petite distillerie d’Écosse, Andrew Symington n'a pas décidé d'agrandir Edradour, mais... de construire une seconde distillerie, Edradour N°2, juste de l'autre côté de la route. Cet Edradour N°2 sera productive à partir d'août 2017 et devrait faire bondir la production à 400.000 litres d'alcool par an.

Actuellement les stocks sont de 14.000 fûts pour Signatory Vintage et 5000 fûts pour Edradour, disséminés entre deux entrepôts. Un "humide" en terre battue, où le résultat est une baisse sensible du taux d'alcool dans les fûts au cours du temps; et un "sec", plus moderne, bétonné, où le résultat est une baisse du volume général du liquide dans les fûts mais où le taux d'alcool reste assez haut.

En 2018 Signatory Vintage fêtera ses 30 ans d'existence; des embouteillages anniversaires sont d’ores et déjà prévus, principalement des embouteillages de whiskies distillés en... 1988.

Le repas et les whiskies:

Outre la présentation d'Andrew Symington, l'assemblée (événement sold-out, avec une grosse soixantaine de personnes à vue de nez), c'est évidemment les whiskies et l'appariement avec les plats qui étaient importants. Et une fois de plus, ce furent de beaux whiskies et de bons plats.

 

PS: comme d'habitude, les notes ci-dessous sur les whiskies ont été rédigées sur le moment, dans l'environnement "whisky dinner", et sont donc moins précises et détaillées que celles rédigées en mes murs.

Compte rendu : Whisky Dinner Signatory Vintage, chez Massen le 04/11/2016Compte rendu : Whisky Dinner Signatory Vintage, chez Massen le 04/11/2016

1. Clynelish 1998 / 2016 Signatory Vintage pour Vinothek Massen, 18 ans, 54.8%

et ses amuse-bouche.

Pas grand chose à ajouter à ma note détaillée publiée récemment. Ce "petit" Clynelish, au rapport qualité/prix quasi imbattable par les temps qui courrent, a eu son petit succès (parmi les gens autour de moi à table, en tout cas).

Compte rendu : Whisky Dinner Signatory Vintage, chez Massen le 04/11/2016Compte rendu : Whisky Dinner Signatory Vintage, chez Massen le 04/11/2016

2. Imperial 18.09.1995 / 31.08.2016 Signatory Vintage Cask Strength Collection, 20 ans, Hogsheads 50268+50269, 50.8%, 521 bouteilles

et sa salade d'hiver.

  • Nez sur la pomme et le raisin; fruité et typique. Zeste de citron.
  • Bouche suave, du sirop, du raisin blanc. Du citronné acidulé aussi.
  • Finale courte. Pelure de pomme. Acidulée.
  • Verdict: Un Speysider très classique, fruité. Bon, mais sans surprise. Je trouve le nez plus chouette que la bouche.
  • 85/100.
Compte rendu : Whisky Dinner Signatory Vintage, chez Massen le 04/11/2016Compte rendu : Whisky Dinner Signatory Vintage, chez Massen le 04/11/2016

3. Mosstowie 30.11.1979 / 19.01.2016 Signatory Vintage Cask Strength Collection, 36 ans, Bourbon Barrel 25758, 46.8%, 178 bouteilles

et sa soupe Wonton.

  • Nez cireux, pâteux, quasi collant; lourd et puissant. De la pomme vanillée.
  • Bouche douce, cireuse. Du sirop de pomme, du raisin confit. Pincée de sel.
  • Finale moyenne. La cire plaquante reste en bouche. Le sel grossit.
  • Verdict: "A piece of whisky history", comme l'a commenté Andrew Symington. Et quel morceau ! Superbe présence, un côté industriel et rustique que j'aime beaucoup. Pas un whisky facile d'accès, par contre.
  • 90/100.
Compte rendu : Whisky Dinner Signatory Vintage, chez Massen le 04/11/2016Compte rendu : Whisky Dinner Signatory Vintage, chez Massen le 04/11/2016

4. Highland Park 24.08.2000 / 19.01.2016 Signatory Vintage Cask Strength Collection, Bourbon Barrel 800268, 56.1%, 194 bouteilles

et son médaillon de veau.

  • Nez d'abord assez posé, (trop) sage (ou alors c'est à cause de l'environnement particulier ?). J'ai du mal à définir les senteurs. De l'iode, et des fruits blancs. Le nez s'ouvre avec le temps.
  • Bouche iodée, fumée marine, raisin confit. Alcool fort présent. Explosion épicée.
  • Finale épicée et fumée, pelure de pomme.
  • Verdict: Assez déséquilibré sur l'alcool et les épices.
  • 84/100.
Compte rendu : Whisky Dinner Signatory Vintage, chez Massen le 04/11/2016Compte rendu : Whisky Dinner Signatory Vintage, chez Massen le 04/11/2016

5. Caperdonich 13.06.1995 / 06.09.2016 Signatory Vintage pour 10 years The Nectar, 21 ans, Refill Sherry Hogshead 95051, 55.2%, 194 bouteilles

et sa trilogie de vanille "Bourbon".

  • Nez en plein dans le gros Sherry bien gras. Fruits secs, tabac, mélasse. Alcool picotant, à laisser respirer.
  • Bouche douce et sucrée, liquoreuse, avenante. Un bonbon. Chaleur épicée, raisin sec, caramel, tabac. Le whisky a tendance à s'adoucir en bouche sur le temps, à devenir même très sage.
  • Finale courte et légère. Sécheresse boisée, tabac et caramel.
  • Verdict: Alcool très bien intégré, voire même un peu trop sage pour 55%. Un bon whisky Sherry classique, gourmand, équilibré. Bien fait.
  • 88/100.

6. Edradour 02.09.1998 / 15.09.2016 pour 10 years The Nectar, 18 ans, Oloroso Sherry cask finish N°2024 (part), 56.7%, 333 bouteilles

et son café.

  • Nez mélassé, gourmand, sucré. Abricot et raisin secs. Marmelade d'oranges foncées.
  • Bouche sèche et boisée, du pur Oloroso. Des fruits noirs. Puissante.
  • Finale sur les épices de Noël, tabac, thé noir. Sécheresse maîtrisée.
  • Verdict: Un très beau "Dark Sherry" imparable et maîtrisé. Le meilleur Edradour que j'aie pu goûter ? Bien puissant, mais aussi bien gourmand.
  • 89/100.

Une fois de plus, ce fut une très bonne organisation, globalement une bonne soirée.

 

A souligner, l'énorme sympathie et disponibilité d'Andrew Symington, qui est régulièrement passé entre les tables pour discuter avec les convives; un homme simple et authentique (même si il est le patron d'un des embouteilleurs les plus importants du marché et d'une distillerie, il manie encore lui-même le clark tous les jours, vêtu d'une salopette de travail, et n'hésite pas à mettre les mains dans le cambouis jusqu'à pas d'heure), très loin de l'image "exclusive et bling-bling" véhiculée par le whisky (et ses divers distributeurs).