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dimanche 18 décembre 2016

Ardbeg 23 ans Cadenhead's Authentic Collection, 1993/2016, 47.7%

Vous le savez, je ne porte pas Ardbeg dans mon cœur. Non seulement le profil généralement ultra tourbé ne me correspond pas, mais aussi la politique de prix pratiquée sur les embouteillages d'Ardbeg, qu'ils soient officiels ou indépendants, me fait sortir de mes gongs.

D'ailleurs, seulement quatre notes de dégustation d'Ardbeg ont précédé celle-ci sur le Blog. Et c'est en grande partie à cause des prix affolants pratiqués. Ardbeg souffre, je trouve, d'un rapport qualité / prix exécrable.

 

Il est néanmoins normal que je goûte parfois de ce whisky et que j'en donne mon avis. Il faut bien proposer de tout sur un Blog, pas vrai ? Déjà que j'essaie d'éviter de vous parler de pas mal de daubes... ;-)

 

Celui-ci est issu de la vague d'embouteillage de Noël de l'embouteilleur indépendant Cadenhead, vague réservée exclusivement aux boutiques de l'embouteilleur. Ces embouteillages sont arrivés fin novembre en boutique, sous l'étiquette Authentic Collection.

Ardbeg 23 ans Cadenhead's Authentic Collection, 1993 / 11.2016, Bourbon Hogshead, 47.7%, 210 bouteilles

  • Nez: Une grosse bouffée médicinale / camphrée envahit les narines. Viennent ensuite de la mirabelle et du raisin blanc vanillé. La tourbe médicinale s'adoucit sur la durée, révélant de la fumée végétale. Avec le temps, toutes les senteurs s'assagissent pour former un ensemble fumé, tourbé, fruité et vanillé; fort fin et avenant.
  • Bouche: De la pomme amère, de la fumée de tourbe grasse, de la vanille. Un siroté ambiant et onctueux qui enrobe le fil conducteur tourbé.
  • Finale: Courte. Un kick acidulé citronné explose dans la gorge. Du fruit blanc vanillé reste un moment, tandis qu'un nuage de fumée sèche s'envole. Je m'attendais à plus de longueur, cette finale est en fait assez courte.
  • Verdict: Même si Ardbeg est loin d'être une distillerie que j'affectionne (allez-y, lancez-moi les tomates ^^), j'apprécie beaucoup le nez de celui-ci, changeant et évolutif. La bouche et la finale me séduisent moins, car très "simple" dans le style et (en ce qui concerne la finale) étonnamment très courte.
  • 86/100.

Il a été disponible en précommande à la boutique Cadenhead de Cologne en novembre, pour 300 euros (hein oui que ça pique, un prix pareil pour un 23 ans d'âge ?). Mais je ne pense pas qu'il en reste en stock, tout ayant été vendu avant même que la boutique ne soit livrée. Hé oui, même à ce prix là, ça part comme des petits pains.

mardi 30 août 2016

Littlemill 23 ans Whiskybroker, 1992/2015, 53.8%

Il me reste encore quelques Littlemill dans ma manche...

Celui-ci a été proposé l'an passé par le Ryanair du whisky, l'embouteilleur lowcost Whiskybroker. Pourquoi lowcost ? Car il est presque le seul à encore proposer des embouteillages à des prix défiant toute concurrence. Je me demande même parfois comment il arrive à proposer de tels prix, alors que tous les autres embouteilleurs ne le font pas (enfin... j'ai ma petite idée quant à la réponse, mais je vais éviter de l'exposer ici sous peine d'encore m'attirer les foudres de la profession ^^).

Pour la petite histoire, Whiskybroker est dirigé par le fils de l'ancien propriétaire de la distillerie Bladnoch.

Littlemill 23 ans Whiskybroker, 1992/2015, 53.8%

Outre ses propres embouteillages, Whiskybroker achète et vend aussi de nombreux fûts (d'où le nom "broker", qui signifie courtier en Français). Whiskybroker vend régulièrement des fûts (complets ou en partie) à d'autres embouteilleurs indépendants. D'ailleurs une partie du fût de ce Littlemill-ci avait été vendu au petit embouteilleur allemand Crom, qui a donc pu le sortir aussi sous sa propre étiquette.

Littlemill 23 ans Whiskybroker, 1992/2015, 53.8%
Littlemill 23 ans Whiskybroker, 16.03.1992 / 24.08.2015, Hogshead 493, 53.8%, 228 bouteilles
  • Nez: Un nez puissant, très fruité, vanillé, et imprégné d'essence de fleur. Style eau de parfum concentrée. Côté fruit, c'est une corbeille de pêche, abricot, prune jaune, banane plantain, bien juteuse. Et en sirop. Un superbe nez, prenant, bien qu'à la limite de l'artificiel, tellement les senteurs peuvent être "too much".
  • Bouche: Du fruit onctueux (pêche, abricot,... les mêmes qu'au nez, quoi), de la pâte de fruit, de la tige de pâquerette, et un léger acidulé d'agrume. Pas mal de vanille, de sirop, et de miel de fleur. C'est goûtu.
  • Finale: Une fine sécheresse herbacée s'installe. De la fumée de pomme sèche remonte dans le nez. De la liqueur de citron jaune. C'est frais et acidulé, comme pétillant.
  • Verdict: Ha ben oui hein ! Très too much dans beaucoup de sens (senteurs, goûts, sautillements dans tous les sens); un vrai gamin gambadant dans un pré au printemps. Évolutif et ludique, tout en restant typique de la distillerie. J'aime beaucoup.
  • 90/100.

Vendu (pour ±110 euros !!!) fin août 2015 uniquement sur le site web de l'embouteilleur, il a été sold out en moins de deux heures; et se négocie à présent sur le marché parallèle pour plus de 300 euros. Presque valeur x3 en un an, ce qui prouve une fois de plus, malheureusement pour les vrais amateurs que nous sommes, la bulle spéculative qu'est devenu le whisky.

lundi 22 août 2016

Clynelish 1991/2014 The Ultimate, 23 ans, 46%

The Ultimate est le nom de la gamme d'embouteillages de la société Van Wees, qui est aussi caviste en Hollande. Van Wees embouteille du whisky depuis 1994, autant dire qu'il est un acteur de longue date, et même un précurseur en la matière.

Si il y a quelques années le rapport qualité/prix de la gamme The Ultimate n'était plus à prouver (par exemple le whisky qui nous occupe aujourd'hui, ou encore la série des Longmorn 1996 en fûts de Sherry dont le prix avoisinait les 70€ il y a moins de 3 ans), j'ai l'impression que depuis quelques mois The Ultimate ne propose à peu près plus que de (très) jeunes whiskies et à un prix qui n'est plus spécialement hyper compétitif. Les embouteilleurs indépendants ont de plus en plus de mal à trouver des fûts à prix abordable, aucun n'est épargné.

Clynelish 1991/2014 The Ultimate, 23 ans, 46%

Et Clynelish ? Je dois vraiment encore vous parler de Clynelish ? Bah évidemment que non, vous connaissez. Cet embouteillage-ci est sorti fin 2014, réduit à 46%, et est un mariage de deux sister casks. Il affiche un beau 23 ans d'âge, et à sa sortie il affichait aussi un prix plus qu'attirant. Mais je me mets de nouveau à parler du passé, vieux nostalgique que je suis...

Clynelish 1991/2014 The Ultimate, 23 ans, 46%
Clynelish 29.10.1991 / 14.11.2014 The Ultimate, 23 ans, Hogsheads 13213 + 13214, 46%, 507 bouteilles
  • Nez: Il s'impose directement comme étant à mettre dans la catégorie "séduisant". D'abord, il est typique de Clynelish, avec ce côté cireux reconnaissable entre mille. Ensuite, il propose un mélange bien fruité et gourmand. De la banane verte, de la pomme jaune, de la poire juteuse, de la mirabelle coulante. Ça commence bien cette affaire, ça me plaît beaucoup !
  • Bouche: La patte Clynelish continue sur sa lancée. De la pêche salée, un peu d'amertume fruitée, du sirop de nectarine. Une onctuosité de pâte à papier. L'amertume disparaît dès la seconde gorgée, tandis que la salinité assure sa place dominante.
  • Finale: Moyenne. La pâte à papier salée se colle au palais, tandis que la pelure de pomme s'installe dans la gorge.
  • Verdict: La réduction ne se sent pas, les 46% sont bien équilibrés. C'est un Clynelish très typique (les amoureux de cette distillerie seront aux anges, les autres passeront leur chemin), cireux, salin, et bien fruité. A moi, ça me parle, j'aime.
  • 89/100 (très proche de 90).

Complètement sold out depuis très longtemps, il a été disponible (pendant un laps de temps très court) début 2015 pour environ 70€. Oui, argh, seulement 70€. Une super affaire, à l'époque. A présent il faut compter au moins le double sur le marché parallèle.

jeudi 28 juillet 2016

Cadenhead Creations – Light Creamy Vanilla, Batch 2, 23 ans, 51.6%

De façon de plus en plus régulière, je parle de blends et de whiskies dont l'origine n'est pas clairement établie. La raison est assez simple: beaucoup de blends dits "premium" deviennent de plus en plus une alternative à prix honnête aux single malts aux prix exorbitants qui nous sont proposés.

Goûter ces blends d'une nouvelle génération, souvent arborant fièrement un âge non négligeable, devient donc une étape quasi inévitable (mais pourquoi voudrais-je l'éviter, si la qualité est au rendez-vous ?). Entendons nous bien: je vous parle de blends "haut de gamme", pas du J&B ou du Williams Lawson !

Cadenhead (again ^^) propose lui aussi de façon de plus en plus régulière des blends en édition limitée (mariage de quelques fûts uniques), proposés dans sa gamme internationale (disponible dans tous les pays où Cadenhead est distribué, et pas seulement dans les boutiques Cadenhead).

Celui qui nous occupe aujourd'hui est le Light Creamy Vanilla, Batch 2. Le Batch 1, de 17 ans d'âge, était sorti en 2014; réduit à 46%. Un Batch 2, de 26 ans d'âge et limité à seulement 222 bouteilles, était sorti en 2015. Voici que Cadenhead nous propose maintenant un second Batch 2, de 23 ans d'âge (aucune idée pourquoi c'est un second Batch 2 et pas un Batch 3... soit le premier Batch 2 était destiné à un marché exclusif et particulier, soit Cadenhead s'est emmêlé les pinceaux ;-) ).

Les whiskies composant ce blend ne sont pas connus. Les fûts, achetés en 2012 par Cadenhead, étant destinés au blend; la distillerie d'origine n'était pas indiquée. La seule certitude est que les whiskies ont été distillés en 1992. En 2012, ces fûts ont alors été "blendés" ensemble dans un Sherry Butt unique; blend qui a maturé jusque maintenant.

Cadenhead Creations – Light Creamy Vanilla, Batch 2, 23 ans, 51.6%
Cadenhead Creations – Light Creamy Vanilla, Batch 2, 23 ans, Sherry Butt, 51.6%, 624 bouteilles
  • Nez: Assez fort marqué par le Sherry, avec une bonne grosse couche de soufre par dessus. Du raisin sec à la liqueur, du caramel vanillé, du bois poli, et de l'orange confite.
  • Bouche: Sucrée et équilibrée. Du caramel, de l'abricot, une fine acidité citrique, et de grosses poignées d'épices exotiques. Du raisin blanc à l'alcool par moments.
  • Finale: Courte. De la peau de pomme rouge, du citron acidulé, et du raisin blanc confit.
  • Verdict: Le soufre est fort présent au nez, et ne veut pas disparaître même après une longue aération. Généralement le soufre ne me gêne pas outre mesure sur les gros Sherry secs et boisés, mais ici il ne porte pas du tout ce nez aux nues. La bouche, fortement épicée mais cohérente, rattrape en partie le nez (trop) soufré.
  • 84/100.

Disponible à la boutique Cadenhead de Cologne pour ±75€, et devrait arriver dans un avenir très proche aux ambassades Cadenhead de Belgique et du Luxembourg (pour un prix similaire, je présume).

vendredi 24 avril 2015

Ireland 23 ans The Nectar of the Daily Drams, 1991/2015, 54.6%

A intervalle régulier j’aime bien parler d’un whisky qui fait le buzz. Celui-ci en fait partie…

Comme je l’expliquais dans le dossier consacré aux whiskeys irlandais, The Nectar a embouteillé pas mal d’Irlandais ces derniers temps. Début avril, trois nouveaux embouteillages (toujours de distilleries officiellement inconnues) ont vu le jour. Un 12 ans, un 14 ans, et ce 23 ans-ci. Le 12 ans et le 14 ans étaient déjà disponibles lors du Whisky Festival chez Massen, mais le 23 ans était déjà sold out en raison du nombre très limité de bouteilles. ‘’Limité’’, c’est en effet tout ce qu’on sait ; mais impossible de savoir exactement le nombre de bouteilles produites au total. Cette info ne figure pas sur la bouteille, et The Nectar reste très discret à ce sujet.

Néanmoins, certains amateurs avertis ont eu l’occasion de le goûter et ont été directement séduits. Il faut dire qu’un Irlandais de 23 ans en fût de sherry, c’est assez rare et très prometteur sur papier. Mais au delà du papier, le ramage vaut-il le plumage ?

Ireland 23 ans The Nectar of the Daily Drams, 1991/2015, 54.6%
Ireland 23 ans The Nectar of the Daily Drams, 1991 / 2015, 54.6%
  • Nez: D’entrée, ça envoie du lourd. Du raisin blanc mûr, une fraîcheur herbacée et florale, des épices de Noël, des raisins et de l’abricot secs, une pointe de tabac, de la frangipane, du chocolat noir à l’orange, quelques noisettes… Tout ça ? Oui, et même plus. Et toutes ces senteurs forment un tout qui tient la route. Ca augure beaucoup de bonnes choses pour la suite…
  • Bouche: … et cette suite ne déçoit pas. Du café moulu, des feuilles d’arbre séchées, du chocolat, de l’orangette, des raisins secs en pagaille, de l’abricot. Quelques vaguelettes herbeuses passent de temps en temps. De la noisette poivrée, et de la groseille confite.
  • Finale: Moyenne. Les épices de Noël refont surface. Légère sécheresse boisée. Une très très légère fumée herbeuse remonte dans les narines (Ho ? Une trace de tourbe ??).
  • Verdict : Le meilleur Irlandais que j’ai pu goûter jusqu’ici, et de loin. Une friandise du début à la fin. C’est fin, doux, fondu, cohérent, frais tout en étant gourmand, facile d’accès et dangereusement buvable. Une réussite totale.
  • 92/100.

Si ma note de dégustation vous a donné envie (le contraire serait quand même étonnant ;-) ), sachez que tout espoir n’est pas perdu pour vous en procurer une bouteille. Si je sais qu’il est sold out chez Massen et sur les webshops qui ont pu en avoir, il est peut-être encore possible de s’en procurer (mais c’est à vérifier) chez TasTToe, The Single Malt Whisky Shop, et chez Crombé. Il devrait aussi être le whisky phare sur le stand de The Nectar ce week-end au WhiskyFair de Limburg (en Allemagne), si vous voulez pousser jusque-là. Et il devrait aussi être disponible, en quantités très limitées, chez Toby Vins à partir du 30 avril. Bref, il reste encore des pistes exploitables pour choper une bouteille… Quant au prix, il est lui aussi assez attractif pour un whisky de cette qualité par les temps qui courent : un gros 130 euros.

dimanche 19 avril 2015

Cadenhead Creations – Robust Smoky Embers, 23 ans, 54.3% (blend)

Tout comme Wemyss Malts, Malts of Scotland, Compass Box, et bien d’autres embouteilleurs ; Cadenhead propose aussi des blends. A chaque release de sa gamme internationale, il y en a au moins un. Celui-ci fait partie de la dernière en date, la 9ème qui vient d’arriver en boutique en avril ; mais c’est la première fois que le blend est en brut de fût. Les précédents étaient toujours proposés réduits à 46%.

Ce blend, étiqueté de 23 ans d’âge, est composé de Caol Ila (du malt) et d’Invergordon (du grain). Le whisky le plus jeune du mélange est donc âgé, logiquement et légalement, de minimum 23 ans.

Cadenhead Creations – Robust Smoky Embers, 23 ans, 54.3% (blend)
Cadenhead Creations – Robust Smoky Embers (Grey Stripe), 23 ans, 54.3%
  • Nez : De la fumée marine et iodée, du marc de café, et pas mal de vanille. Un peu de raisin sec peine à se frayer un chemin jusqu’aux narines.
  • Bouche : L’entrée en bouche est ronde, onctueuse et douce. Puis la patte maritime du Caol Ila montre le bout de son nez. S’ensuit alors une bataille entre le mélange sucré / vanillé du grain et la patte marine / fumée du Caol Ila.
  • Finale : Moyenne. Une petite explosion salée, poivrée et épicée à la déglutition. Une fumée iodée reste et prend possession de la bouche. Le grain est ici camouflé par le Caol Ila.
  • Verdict : L’un dans l’autre, c’est un blend intéressant en bouche de par ce cache-cache entre le Caol Ila et le whisky de grain. Sauf que… je ne suis pas fan du tout du whisky de grain en général (à part quelques rares très très vieux). Le mariage entre Caol Ila et grain est cohérent et bien fait, mais je préfère personnellement les blended malts. Les goûts et les couleurs…
  • 85/100.

Disponible, pour une petite centaine d’euros, auprès des ambassades Cadenhead de Belgique et du Luxembourg : Toby Vins, TasTToe, The Single Malt Whisky Shop, Massen, Crombé.

vendredi 13 mars 2015

Dossier ‘’irlandais’’, volet 4 : quatre The Nectar of the Daily Drams (12 ans, 14 ans, 22 ans, et 23 ans ‘’Peated’’)

On ne présente plus l’embouteilleur indépendant belge The Nectar (qui est aussi distributeur de nombreux spiritueux, whiskies officiels et indépendants y compris, dans notre pays) et sa gamme The Nectar of the Daily Drams qui existe depuis le milieu des années 2000 et propose de nombreux embouteillages chaque année.

The Nectar a sorti pas moins de 7 embouteillages de whiskey irlandais depuis septembre 2014 ! Et tous se sont très bien vendus (malgré certains prix très élevés)… Le whiskey irlandais a le vent en poupe.

Concernant ces embouteillages indépendants de whiskey irlandais, on ne sait pas beaucoup de choses quant à leur origine. La distillerie n’est jamais mentionnée, par exemple. Certaines rumeurs colportent le fait que The Nectar ait acheté ces fûts à Teeling (l’embouteilleur indépendant dont j’ai parlé dans l’article précédent), mais aucune info officielle n’a filtré à ce sujet. On sait juste que c’est irlandais, et de bonne qualité d’après les rumeurs.

De bonne qualité ? Ha oui ? Hé bien je veux me faire ma propre idée moi-même, tiens ! Reportage d’investigation ! Le Blog ne recule devant aucun sacrifice (bon, c’est pas comme si c’était insupportable, non plus, comme activité ;-) ) ! Alors suivez le guide…

Je vous les propose par ordre croissant d’âge, pas par ordre chronologique de sortie sur le marché.

Dossier ‘’irlandais’’, volet 4 : quatre The Nectar of the Daily Drams (12 ans, 14 ans, 22 ans, et 23 ans ‘’Peated’’)
Ireland 12 ans The Nectar of the Daily Drams, 2002 / 2015, 55.7%

Embouteillage le plus récent de cet article, il a été présenté la première fois lors du dernier Whisky Live de Spa. Son prix était d’environ 60€ et je pense qu’il doit encore être trouvable chez certains cavistes spécialisés en whisky.

  • Nez : Typique d’un Irlandais (d’après ce que j’ai pu goûter jusqu’ici) : un côté frais et herbacé, accompagné d’une corbeille de fruits frais. Raisin blanc, pamplemousse, abricot, ananas, banane mûre. L’alcool pique un peu aux narines.
  • Bouche : Des fruits, des fruits, et des fruits. Compotés, en sirop, frais, et juteux. Pas de floral ni d’herbacé ici, que du fruit sous toutes ses facettes.
  • Finale : Moyenne. Les fruits restent un moment en bouche, puis meurent. Petit kick alcooleux à la déglutition.
  • Verdict : Très unidirectionnel sur les fruits, mais il procure néanmoins un plaisir brut non négligeable. L’alcool est un peu trop perceptible à mon goût (tout arrive ^^), une goutte d’eau l’adoucit mais fait alors ressortir une certaine amertume poivrée en bouche.
  • 87/100.
Dossier ‘’irlandais’’, volet 4 : quatre The Nectar of the Daily Drams (12 ans, 14 ans, 22 ans, et 23 ans ‘’Peated’’)
Ireland 14 ans The Nectar of the Daily Drams, 2000 / 2014, 53.5%

Cet embouteillage est sorti pour le Spirits in the Sky 2014, à un prix très attractif (une soixantaine d’euros). Tellement attractif que c’est à présent sold out, à ma connaissance.

  • Nez : Hyper fruité, frais, herbacé, et floral. De la pomme verte et jaune bien mûre, de la vanille. Un bouquet de petites fleurs jaunes. J’ai l’impression d’être dans une clairière après la pluie.
  • Bouche : Du sirop de poire sucré. Mais vraiment, j’ai l’impression d’avoir du sirop en bouche ! Outre la poire, plein de fruits blancs juteux (pèche blanche, nectarine bien mûre) et un peu de massepain. Pas complexe, mais doux et très agréable en bouche. L’alcool est parfaitement intégré.
  • Finale : Moyenne. Pelure et zestes de fruits. Légère amertume. Petits picotements boisés.
  • Verdict : Très équilibré, une corbeille de fruits blancs mûrs. C’est très agréable à boire, frais, facile d’accès. Le nez et la bouche me plaisent particulièrement ; la finale un peu moins.
  • 89/100.
Dossier ‘’irlandais’’, volet 4 : quatre The Nectar of the Daily Drams (12 ans, 14 ans, 22 ans, et 23 ans ‘’Peated’’)
Ireland 22 ans The Nectar of the Daily Drams, 1991 / 2014, 46.6%

Celui-ci est sorti vers septembre 2014, de mémoire. Originellement vendu un peu plus de 100€, il est à présent sold out à ma connaissance.

  • Nez : Très fin et délicat dès le début. Des petites fleurs des champs, du malt sucré, de la pomme jaune, quelques gouttes de pamplemousse, et de la poussière de vanille. Après aération, de la sève de tige de fleur enfle. Et ensuite les fruits farineux reprennent possession des lieux.
  • Bouche : Les fruits vanillés envahissent la bouche. De la poire, du pamplemousse, du sirop de citron, et de la pomme verte. Alcool bien équilibré ; presque discret.
  • Finale : Quelques éclats épicés. De la sève de fleur, et un peu de pelure de pomme.
  • Verdict : Un whiskey doux, fin, très équilibré, changeant, évolutif, frais, et très facile d’accès. Je pourrais siroter mon dram pendant longtemps.
  • 90/100.
Dossier ‘’irlandais’’, volet 4 : quatre The Nectar of the Daily Drams (12 ans, 14 ans, 22 ans, et 23 ans ‘’Peated’’)
Ireland 23 ans The Nectar of the Daily Drams, 1991 / 2014, ‘’Peated’’, 47.4%

Il était une des stars du dernier Spirits in the Sky, tous ceux qui l’ont goûté sur place l’ont trouvé délicieux. Clairement estampillé ‘’tourbé’’, les théories sur ses origines allaient bon train. Un Cooley ? Probablement. Sauf qu’une rumeur circule sur le fait que Bushmills aurait, à une certaine époque, fait quelques expériences de whiskey tourbé. Et cette période pourrait correspondre à celle de distillation de ce whiskey-ci. Le mystère reste entier. Vu son succès fulgurant, il a rapidement été sold out.

  • Nez : Effectivement, il est tourbé. Mais c’est très loin d’être la grosse tourbe rentre dedans qui tache. Ici elle est fine, ciselée, citronnée, légère et assez discrète ; tout en ayant quand même une présence certaine. Elle se marie avec des fruits, abricot et ananas principalement.
  • Bouche : Elle est charnue, moelleuse. De la compote de fruits s’impose d’entrée. Je trouve pourtant ici la tourbe presque inexistante. Des petits picotements épicés sur la langue.
  • Finale : Longue. Une sécheresse fruitée s’installe à son aise. Une légère fumée sèche et salée passe fugacement.
  • Verdict : Y a pas photo, c’est bon et fin ; très bien fait. La tourbe est discrète et délicate. Il me manque quand même quelques sensations pour que ce whiskey soit ‘’waouw’’.
  • 89/100.

Ce volet clôture le dossier consacré aux whiskeys irlandais, en espérant vous avoir donné envie de vous y essayer. Ou de persévérer dans sa découverte.

Ce qui m’a surtout frappé dans ces whiskeys dégustés, c’est leur incroyable fraîcheur et ce fruité qui m’ont souvent fait penser à du Littlemill. Oui, beaucoup de whiskeys irlandais ont un profil commun avec ma distillerie préférée, je trouve ! Une piste que je vais continuer d’explorer, car il y a clairement des pépites à découvrir.

Et surtout, ne faites pas l’impasse sur un bon dram d’Irish Whiskey le 17 mars !!!

Bonne Saint Patrick à tous et toutes ! Sláinte chugat !

Bonne Saint Patrick à tous et toutes ! Sláinte chugat !

Je tiens aussi ici à remercier tous ceux qui ont bien voulu me fournir des samples. Sans eux ce dossier n’aurait pas pu se faire. Par ordre alphabétique : Fred, Jurgen’s Whiskyhuis, Toby Vins, ToOf, et We Are Whisky. Merci beaucoup à vous !

samedi 14 juin 2014

Bunnahabhain 1990 Archives, 47.9%

Bunnahabhain 1990 Archives, 47.9%

Second volet d’une trilogie de notes de dégustation consacrées à l’embouteilleur indépendant Archives.

Aujourd’hui, je me penche sur un Bunnahabhain 1990 maturé en fût de sherry. En principe ce genre de profil devrait me plaire, surtout que je suis un fan inconditionnel d’un autre Bunna 1990, le Golden Cask embouteillé en 2012.

Bunnahabhain 1990 Archives, 47.9%
Bunnahabhain 12.1990 / 02.2014 Archives, 23 ans, Sherry Butt n°52, 47.9%, 201 bouteilles :
  • Nez : Typique sherry sur les fruits rouges très cuits, du tabac humide et du pain d’épices. Des pointes de chocolat, du café et des épices exotiques en pagaille. Ce nez est très agréable et plaisant, sans toutefois être exalté.
  • Bouche : Une grosse amertume envahit la bouche et prend d’abord le pas sur le reste. Cette amertume me surprend, je m’attendais à plus de douceur et/ou de sécheresse. Pendant les gorgées suivantes, cette amertume est toujours présente mais révèle quand même d’autres choses : du bois, du tabac mouillé, des épices exotiques, de la prune noire.
  • Finale : Moyenne sur une chaleur amère qui tapisse la gorge. Un peu de sécheresse boisée derrière. L’alcool se déséquilibre sur la fin, devenant quelque peu agressif.
  • Verdict : Un Bunna à dompter à cause de son amertume, il faut s’y habituer. Si vous aimez l’amer, vous allez adorer ce whisky. Personnellement trop d’amertume me dérange. Dommage, surtout que le nez était très prometteur.
  • 83/100 (le nez rattrape un peu le gros côté négatif de l’amertume).

Disponible actuellement exclusivement chez Whiskybase (possibilité de commander via leur webshop) pour 105€.

mardi 24 septembre 2013

Glenburgie 23 ans Chester Whisky & Liqueur Company 1989/2012, IB, 54.8%, 212 bouteilles

Glenburgie 23 ans Chester Whisky & Liqueur Company 1989/2012, IB, 54.8%, 212 bouteilles

Parlons de tout autre chose et revenons vers une note de dégustation… Cette fois-ci je vous propose une note d’une bouteille d’une distillerie peu connue du Speyside, embouteillée par un embouteilleur indépendant assez récent.

Chester Whisky & Liqueur Company a commencé à commercialiser ses embouteillages en 2012. C’est à la base une boutique spécialisée en alcools fins du Cheshire en Grande Bretagne qui a décidé de se lancer dans l’embouteillage indépendant de single malt. Jusqu’à présent une douzaine de bouteilles différentes ont été mises sur le marché, la qualité globale étant très bonne.

Chester Whisky & Liqueur Company est distribué en Belgique par Dominiek Bouckaert (Mr The Whiskyman).

Si je vous parle de cette bouteille de Glenburgie en particulier, c’est qu’elle m’a tout de suite séduit à la première gorgée. Je n’avais jamais rien bu de cette distillerie, et c’est réellement celle qui sortait du lot pour moi lors de ma dégustation de plusieurs produits Chester (les autres étaient aussi de qualité, ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit).

Nez: Des fruits frais, du bois vert, une pointe de noisette. Des notes d'agrumes. Très doux, gourmand. Après aération, des notes céréalières font surface; puis de la cire d'abeille.
Bouche: Une très grande douceur de fruits sucrés. Des petits picotements sur le bout de la langue. L’alcool est très bien intégré.
Finale: De la sécheresse boisée, une légère amertume. Un peu de cire revient par la suite.
Verdict: Un fruité / boisé très intéressant. Les goûts et les odeurs font une rotation, donnant une certaine complexité qui est la bienvenue.

89/100.

Encore disponible (c’est l’avantage avec les distilleries peu connues : les bons produits restent plus longtemps disponibles) pour 89 euros chez QV.ID, ou un peu moins cher chez Massen (s’il en reste, ce qui n’est pas sûr). Un très bon rapport qualité/prix pour un 23 ans de cette qualité.