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mardi 20 décembre 2016

Ardbeg Twenty One, 21 ans, 46% (OB)

Sous vos yeux ébahis... un second Ardbeg ! Deux Ardbeg l'un à la suite de l'autre sur le Blog ! Mais dingue, quoi ! ;-)

Si j'ai décidé de vous parler de celui-ci, c'est parce qu'il a fait un gros buzz quand il est sorti, il y a de cela deux mois maintenant.

Cela faisait longtemps qu'Ardbeg n'avait pas sorti un whisky en version limitée avec âge indiqué; les années précédentes des NAS nous aillant été fourgués. Et donc ce "Twenty One" est un Ardbeg officiel, et avec âge annoncé. Dingue ! Incroyable !

Tellement dingue et incroyable que les fans collectionneurs de la distillerie se sont rués dessus. Il n'était possible de le commander que via le site web de la distillerie, le 21 septembre dernier, seulement à partir de certains pays (la Belgique n'en faisant pas partie, à ma connaissance), et si on était membre du Ardbeg Committee. Ça en fait des conditions, pas vrai ? Autant jouer au Lotto, on aurait presque plus de chances de gagner...

Ha oui, détail en passant... il fallait aussi débourser 370€ par bouteille. Bim ! Un détail en effet... une paille ! Du 21 ans, réduit à 46%, vendu pour 370€. Ha ouais quand même. Et tout est parti en un clin d’œil. Dans ces conditions, pourquoi les distilleries se priveraient-elles de pratiquer des prix pour les gogos qui passent ?

Enfin quand j'écris fans collectionneurs, c'est à mettre entre gros guillemets; car très vite cet Ardbeg s'est retrouvé sur les sites d'enchères pour beaucoup plus cher. Et même pire: certains cavistes en ont achetées à Ardbeg (pour 370€, si vous suivez...) pour les revendre sur leur site web à 500 boules (voire plus) ! Franchement, ce genre de pratique de la part d'un caviste me révolte car c'est se foutre de la gueule de sa clientèle. Mais ça prouve aussi, une fois de plus, le courant nauséabond qui imprègne le monde du whisy de nos jours: le whisky n'est plus dans les mains des amateurs mais dans celles de spéculateurs en tous genres (dont une grosse parie n'en n'a même rien à foutre du produit, ni ne l'apprécie).

Errata 20/12/2016 après midi: Cet Ardbeg Twenty One ne serait pas sold out, mais encore dispo via le site Moët Hennessy (France), sous condition de s'identifier avec son login Ardbeg Committee.

Bon, bref. Ce coup de gueule éructé (ça faisait longtemps que je n'avais pas explosé, il me semble, non ?), je peux prendre ma Relaxine et revenir vers ce qui m'intéresse: le whisky lui-même, ce qui est dans la bouteille, le liquide qui se déguste.

Cet Ardbeg Twenty One est un assemblage d'ex fûts de Bourbon de 200 litres, pour un total de 8268 bouteilles (j'ai connu plus limité, hein ^⁾ non filtrées à froid, mais réduites à 46%. Cet embouteillage est sensé rendre hommage à la période sombre d'Ardbeg, le début des années 90 où elle avait failli fermer ses portes et où la production était réduite à son minimum. Quand je constate la machine marketing qu'est devenue Ardbeg, je me demande si elle n'aurait pas mieux fallu qu'elle décède à cette époque (oui je sais, je suis une langue de vipère :-p )...

Ardbeg Twenty One, 21 ans, Ex-Bourbon casks, 46%, 8268 bouteilles (OB)

  • Nez: De la tourbe médicinale marquée, la pharmacie n'est pas loin. Arnica, camphre, plantes médicinales. Derrière ça, un fruité timide de pomme et d'écorce de citron.
  • Bouche: Haaa, le pneu cramé enrobé d'asphalte est là ! Il m'avait (presque) manqué... Derrière ce gros tourbé, du sirop de fruit jaune arrive à tirer son épingle du jeu. Déboule ensuite des épices poivrées.
  • Finale: La chute en piqué... C'est ici que la réduction montre toute sa faiblesse (et son non sens). Les saveurs intéressantes s'évanouissent d'un coup, une vague aqueuse et insipide balaie tout et ne laisse qu'une sécheresse amère derrière elle.
  • Verdict: Le nez et la bouche me paraissent assez typiques d'Ardbeg (officiel); mais je ne suis pas un spécialiste, ceci dit. Il y a néanmoins de la cohérence et de la complexité... jusqu'à ce qu'on aborde la finale; et là "bardaf c'est l'embardée", plantage dans le décor.
  • 84/100 (le nez et la bouche sauvent l'ensemble du naufrage).

Bien évidemment sold out rapidement (ou presque) sur le site web d'Ardbeg, au prix originel de 370€; vous pouvez maintenant (très) facilement le trouver à partir de 500 euros sur les sites d'enchères ou certains web shops de cavistes sans vergogne. Ce qui est néanmoins rassurant (et presque jouissif), c'est qu'à ce prix là ces bouteilles ne partent pas. Il y a plus de 20 Ardbeg Twenty One en vente sur le Whiskybase Market, et par conséquent plus de 20 spéculateurs du dimanche qui sont mariés avec leur quille. Bien fait pour leur pomme :-).

 

Allez, on passe à autre chose dès la prochaine note sur le Blog. Assez d'Ardbeg pour le moment (et pour un bon bout de temps, je pense).

dimanche 18 décembre 2016

Ardbeg 23 ans Cadenhead's Authentic Collection, 1993/2016, 47.7%

Vous le savez, je ne porte pas Ardbeg dans mon cœur. Non seulement le profil généralement ultra tourbé ne me correspond pas, mais aussi la politique de prix pratiquée sur les embouteillages d'Ardbeg, qu'ils soient officiels ou indépendants, me fait sortir de mes gongs.

D'ailleurs, seulement quatre notes de dégustation d'Ardbeg ont précédé celle-ci sur le Blog. Et c'est en grande partie à cause des prix affolants pratiqués. Ardbeg souffre, je trouve, d'un rapport qualité / prix exécrable.

 

Il est néanmoins normal que je goûte parfois de ce whisky et que j'en donne mon avis. Il faut bien proposer de tout sur un Blog, pas vrai ? Déjà que j'essaie d'éviter de vous parler de pas mal de daubes... ;-)

 

Celui-ci est issu de la vague d'embouteillage de Noël de l'embouteilleur indépendant Cadenhead, vague réservée exclusivement aux boutiques de l'embouteilleur. Ces embouteillages sont arrivés fin novembre en boutique, sous l'étiquette Authentic Collection.

Ardbeg 23 ans Cadenhead's Authentic Collection, 1993 / 11.2016, Bourbon Hogshead, 47.7%, 210 bouteilles

  • Nez: Une grosse bouffée médicinale / camphrée envahit les narines. Viennent ensuite de la mirabelle et du raisin blanc vanillé. La tourbe médicinale s'adoucit sur la durée, révélant de la fumée végétale. Avec le temps, toutes les senteurs s'assagissent pour former un ensemble fumé, tourbé, fruité et vanillé; fort fin et avenant.
  • Bouche: De la pomme amère, de la fumée de tourbe grasse, de la vanille. Un siroté ambiant et onctueux qui enrobe le fil conducteur tourbé.
  • Finale: Courte. Un kick acidulé citronné explose dans la gorge. Du fruit blanc vanillé reste un moment, tandis qu'un nuage de fumée sèche s'envole. Je m'attendais à plus de longueur, cette finale est en fait assez courte.
  • Verdict: Même si Ardbeg est loin d'être une distillerie que j'affectionne (allez-y, lancez-moi les tomates ^^), j'apprécie beaucoup le nez de celui-ci, changeant et évolutif. La bouche et la finale me séduisent moins, car très "simple" dans le style et (en ce qui concerne la finale) étonnamment très courte.
  • 86/100.

Il a été disponible en précommande à la boutique Cadenhead de Cologne en novembre, pour 300 euros (hein oui que ça pique, un prix pareil pour un 23 ans d'âge ?). Mais je ne pense pas qu'il en reste en stock, tout ayant été vendu avant même que la boutique ne soit livrée. Hé oui, même à ce prix là, ça part comme des petits pains.

mercredi 30 novembre 2016

Compass Box The Nectar Tenth Anniversary, 46%

Dans la brouette d'embouteillages exclusifs pour les 10 ans du distributeur The Nectar, il y a aussi une création de John Glaser baptisée... The Nectar.

Assemblé en septembre de cette année, et embouteillé en octobre; ce blend est composé de 50% d'Ardbeg, et de 50% du mélange habituellement utilisé dans les blends de Compass Box: du Clynelish, du Dailuaine, et du Teaninich. Il en est sorti 660 bouteilles, réservées au marché belge et luxembourgeois.

Compass Box The Nectar Tenth Anniversary, 46%, 660 bouteilles

  • Nez: Un mélange de tourbe médicinale, de tourbe minérale, d'une fine couche d'asphalte, d'un chouia de malt vanillé, de bois brûlé, et de fumée de raisin blanc sec. Le côté tourbé se calme avec l'aération, pour laisser la place à de la fumée sèche, de la cerise griotte, et du raisin sec. Très complexe et évolutif, sans agresser malgré la présence de beaucoup de tourbe.
  • Bouche: De la grosse tourbe camphrée, beaucoup d'épices, une pointe d'antiseptique. Un peu de vanille caramélisée pour enrober le tout; mais la bouche est moins complexe et moins subtile (et donc moins séduisante) que le nez.
  • Finale: Longue. Une grosse poignée d'épices piquantes et mentholées se jette en bouche. De la cendre chaude se faufile.
  • Verdict: Les amoureux de tourbe vont adorer ce blended malt, à coup sûr. Si je trouve le nez très réussi (sur le plan "technique", car la grosse tourbe d'Ardbeg n'est pas ma came), je trouve la bouche plus conventionnelle et sans réelle surprise.
  • Pas facile de coter, car je dois laisser de côté mes goûts personnels et ne me baser que sur la qualité "brute" de ce whisky. 88/100.

Disponible pour environ 120€ auprès de la plupart des cavistes revendant les produits de chez The Nectar.

vendredi 19 août 2016

Big Peat (2015), 46%

Ha, le Big Peat ! Qui ne le connaît pas, ne fut-ce de nom ? C'est LE blend tourbé, qui existe depuis pas mal d'années maintenant, à prix sympa. Une référence et un produit de la gamme de base de l'embouteilleur Douglas Laing.

Big Peat (2015), 46%

Le Big Peat, qui se décline en batches successifs (plus de 65 différents déjà sortis à ce jour) qui sortent à intervalle plus ou moins régulier, est un blended malt (aucun whisky de grain dedans, que du whisky de malt !) composé de whiskies de chez Ardbeg, Caol Ila, Bowmore, et... Port Ellen. Oui, vous avez bien lu, du Port Ellen. Holà, calmons-nous, arrêtons de sauter de joie en priant les Dieux du malt, voulez-vous ? Car vous espérez vraiment retrouver dans un blend à 50 euros les sensations procurées par du Port Ellen ? Soyons réalistes deux minutes (ATTENTION: mon analyse ci-après n'est qu'une supposition, basée sur la réalité du marché actuel. Je n'ai pas eu confirmation officielle du producteur): le prix des whiskies d'Islay est devenu très haut (intrinsèquement, et par rapport à celui des autres régions). Nul doute que l'Ardbeg, Caol Ila, et Bowmore composant le Big Peat soient très jeunes. Quant au Port Ellen, devenu aussi rare et aussi cher, impossible que les quantités contenues dans ce blend soient importantes. Il suffit d'en mettre une cuillerée par fût pour avoir le droit de le mentionner sur l'étiquette.

Mon analyse est bien évidemment sur le Big Peat "standard", car il en existe pas mal de versions différentes: le Big Peat de Noël, le Big Peat embouteillé pour telle ou telle boutique, le Big Peat embouteillé pour le Feis Isle 2016, le Big Peat embouteillé pour un pays (une version spéciale pour la Belgique vient d'ailleurs d'arriver récemment chez les cavistes), etc.. Il est possible (et même probable) que la composition et le rendu final varie de version en version.

Big Peat (2015), 46%

La note suivante concerne le Big Peat embouteillé le 30.09.2015 (code bouteille faisant foi), en mignonnette de 50ml.

Big Peat (2015), 46%
Big Peat, embouteillé le 30.09.2015, 46%
  • Nez: Beaucoup de vanille et de "new make" (poire), et très malté. La tourbe se décline en fumée vanillée.
  • Bouche: Légère, presque aqueuse, et ultra facile d'accès. Le "new make" est toujours fort présent, ainsi que la fumée vanillée. C'est très monolithique: Vanille, poire, fumée cendrée. Point.
  • Finale: Courte. La cendre devient légèrement amère, puis tout disparaît de la bouche.
  • Verdict: Au final ce n'est pas très tourbé, en fait. Oui, la fumée est présente, mais j'ai croisé des centaines de whiskies plus tourbés. Comme je m'y attendais, le profil fait très très trèèèèèès jeune. Ce produit, marketé "gros tourbé" (sans l'être) à coup de Port Ellen sur l'étiquette (sans le sentir dans le verre) et très réduit pour le rendre facile en bouche, me semble plutôt destiné à un public non averti qui se satisfera de peu. En bouche en tout cas, ce n'est pas mon truc du tout, personnellement.
  • 79/100 (J'ai eu du mal à définir la cote, hésitant entre 78 et 80. J'ai comparé le ressenti avec d'autres whiskies cotés par le passé afin de me caler finalement sur 79).

Disponible chez tous les cavistes pour une cinquantaine d'euros.

samedi 1 août 2015

Ardbeg Corryvreckan, NAS, 57.1% (OB)

Le "Corry" est un jeune whisky, sans âge spécifié, pilier de la gamme de base d'Ardbeg. Oui, un pilier malgré que ce soit un NAS, car plébiscité par une frange non négligeable des amateurs de tourbe. Une frange seulement, car l'autre frange est fan de l'Uigeadail, l'autre Ardbeg officiel sans âge (dont j'avais parlé l'an passé) et tout autant pilier de la gamme de base de la distillerie. Car d'après ce que j'ai pu lire à gauche et à droite, on est soit fan du "Corry", soit fan de l'"Oogie" (comme ils sont surnommés); mais rarement des deux à la fois.

L'Uigeadail m'avait bien plu. Il est temps de donner mon avis personnel sur le Corryvreckan. Lequel aura ma préférence ? Nous allons le savoir tout de suite...

Petite précision quant à la note ci-dessous: il s'agit de celle d'un batch datant de 2012, ayant un code bouteille L12302. Cela peut avoir son importance, car comme pour beaucoup d'embouteillages officiels (quelle que soit la distillerie), des différences peuvent être perceptibles entre les différents batches.

Ardbeg Corryvreckan, NAS, 57.1% (OB)
Ardbeg Corryvreckan, NAS, 57.1% (OB)
  • Nez: Ha ouais, pas de doute, c'est du gros tourbé! Phénolique, médicinal, mais aussi avec une certaine douceur fruitée (pomme jaune en tête). Les 57% n'agressent pas, c'est en fait assez équilibré mais se stabilise vite sur un monolithisme certain.
  • Bouche: Étonnamment, la bouche est d'abord mielleuse, douce, presque sucrée. Des fruits jaunes confits, beaucoup d'épices poivrées, et en toile de fond cette tourbe fumée et minérale. Une bouche puissante, mais somme toute ici aussi assez monolithique.
  • Finale: Ha là, par contre, ça pète dans les ailettes! L'alcool brûle un peu, la fumée devient âcre, et une sécheresse herbeuse s'installe. La douceur mielleuse a complètement disparu, l'ensemble est très rustique.
  • Verdict: Bien que n'ayant pas fait de face à face entre le Corryvreckan et l'Uigeadail, et me basant sur mes souvenirs, je serais plutôt un partisan de l'Oogie car je ne me vois pas particulièrement séduit par ce Corry. Un conseil: essayez les deux afin de vous placer dans l'une ou l'autre faction.
  • 85/100.

Le Corryvreckan est très largement disponible un peu partout (pour un prix très variable d'un soixantaine d'euros à plus de 80, en fonction des points de vente), principalement chez les cavistes spécialisés. Les batches peuvent évidemment varier de caviste en caviste, à vous d'inspecter la bouteille afin de savoir quel batch est entre vos mains.

lundi 2 février 2015

Ardbeg Ten, 10 ans, 46% (OB)

Haaa, Ardbeg, une des distilleries certainement les plus à la mode. Et dire qu’il y a quelques années, personne n’en voulait… Et comme elle est particulièrement en vogue, les prix s’envolent. Souvent à tort par rapport à la qualité, d’ailleurs…

Bon, bref, Ardbeg c’est cher (j'ai déjà expliqué mon point de vue à ce sujet...). Surtout les embouteillages ‘’spéciaux’’, limités (genre Ardbog, Auriverdes, Kildalton, etc…). Par contre, l’Ardbeg Ten reste un whisky d’entrée de gamme abordable en terme de prix.

La note ci-dessous concerne l’Ardbeg Ten d’un batch datant de 2011. Une certaine différence peut se détecter de batch en batch, sans toutefois (en théorie) des divergences énormes.

(photo Ardbeg.com)
(photo Ardbeg.com)
Ardbeg Ten, 10 ans, 46%, batch 2011
  • Nez : Il est assez fin, pas agressif. Une tourbe sèche et vanillée, un peu de camphre. Du miel, quelques fruits blancs.
  • Bouche : La vanille se développe, enrobée de tourbe sèche. Quelques fruits au miel.
  • Finale : La tourbe s’assèche, accompagnée d’un boisé astringent. Une fumée de paille apparaît dans le nez. Un gros coup de moulin à poivre en bouche.
  • Verdict : Les amoureux de tourbe y trouveront leur compte, à coup sûr. L’alcool est présent, malgré la réduction. Ça, c’est un bon point. Par contre, je le trouve très monolithique sur la tourbe vanillée.
  • 81/100.

Disponible très largement un peu partout, même en grande surface, à partir d’une grosse quarantaine d’euros.

dimanche 20 juillet 2014

Focus sur la boutique Jurgen’s Whiskyhuis (Zottegem)

Focus sur la boutique Jurgen’s Whiskyhuis (Zottegem)

Jurgen’s Whiskyhuis est un acteur majeur dans le monde du whisky en Belgique. Non seulement Jurgen gère sa boutique (sur laquelle je me concentrerai dans cet article), mais il est aussi distributeur exclusif de plusieurs embouteilleurs (voir ci-dessous) et organise deux festivals de whisky par an (Le Whisky Festival des embouteilleurs indépendants à Alost qui s’est déroulé fin avril, et le Whisky Aan Zee qui se tiendra à Middelkerke en octobre prochain).

Jurgen’s Whiskyhuis est situé à Zottegem, en Flandre Orientale (entre Bruxelles et Gand). N’ayons pas peur de le dire : c’est au beau milieu des champs, dans un cadre on ne peut plus rural. Et loin de la sortie d’autoroute la plus proche. Y aller prend un certain temps quand on y va de n’importe où en Wallonie, mais franchement ça vaut le coup de par le choix en whisky présent.

Jurgen a inauguré sa nouvelle boutique en décembre 2013, juste à côté de l’ancienne qui était devenue franchement trop exiguë. La nouvelle boutique est plus spacieuse, plus aérée, et sur 3 niveaux.

Le rez-de chaussée est occupé par la boutique en elle-même, c’est-à-dire les bouteilles diverses et variées. A l’avant les bourbons et les coffrets cadeaux, le comptoir de Jurgen, et ensuite tout le mur jusqu’au fond de la boutique est couvert d’étagères remplies de bouteilles, principalement d’embouteilleurs indépendants. Le classement est assez simple : d’abord tous les embouteilleurs exclusivement importé par Jurgen en Belgique (j’y viens, j’y viens !), puis les single malts internationaux hors Ecosse, et enfin (la plus grosse partie du stock) les single malts et single grain écossais par région et ordre alphabétique des distilleries.

Les étagères pleines de bouteilles...Les étagères pleines de bouteilles...Les étagères pleines de bouteilles...

Les étagères pleines de bouteilles...

Mais quels sont les embouteilleurs exclusivement importés en Belgique par Jurgen ? Je vous en parle depuis le début l’article, je présume que vous trépignez d’impatience de le savoir ;-). Voilà voilà :

  • A.D. Rattray
  • Kintra
  • Liquid Treasures
  • Master of Malt (gamme ‘’That Boutique’’)
  • Samaroli
  • Sansibar
  • Silver Seal
  • Whisky-Doris

Pas mal, n’est-ce pas ? Ca fait pas mal de choix, pour tous les goûts et toutes les bourses.

Les embouteillages A.D. Rattray, Kintra, Samaroli, Silver Seal et That Boutique.
Les embouteillages A.D. Rattray, Kintra, Samaroli, Silver Seal et That Boutique.Les embouteillages A.D. Rattray, Kintra, Samaroli, Silver Seal et That Boutique.
Les embouteillages A.D. Rattray, Kintra, Samaroli, Silver Seal et That Boutique.Les embouteillages A.D. Rattray, Kintra, Samaroli, Silver Seal et That Boutique.

Les embouteillages A.D. Rattray, Kintra, Samaroli, Silver Seal et That Boutique.

Concernant les prix, Jurgen's Whiskyhuis est dans la moyenne des autres boutiques (hors Belgique) vendant ces embouteilleurs indépendants. J’aime rappeler que les prix des embouteillages indépendants sont généralement uniformes entre les pays, à quelques euros près. Concernant les embouteillages officiels, qui sont minoritaires chez Jurgen, là une fois de plus impossible de concurrencer les web shops hollandais.

Focus sur la boutique Jurgen’s Whiskyhuis (Zottegem)

Le premier étage de la boutique est actuellement réservé aux étagères contenant les bouteilles de rhum et à une salle de dégustation (Jurgen en organise de façon régulière).

Le deuxième étage, quant à lui, n’est pas encore terminé. Quand il le sera, il sera dédié à un espace de dégustation permanent, sous système de ‘’pay-per-dram’’ (prix au dram). Il y aura… plus de 950 bouteilles ouvertes à la dégustation ! De quoi découvrir certains whiskies épuisés depuis longtemps, ou goûter un whisky spécifique avant achat.

Jurgen’s Whiskyhuis a bien évidemment un site web et vend aussi par correspondance, pour ceux qui ne pourraient pas se déplacer. Personnellement je ne suis pas fan de son site. Je ne le trouve pas clair, les descriptions sont souvent incomplètes, les photos trop petites, le site n’est pas très agréable ni intuitif. Il n’y a pas non plus de système de paiement immédiat avec frais de port connu ; il faut attendre la facture de Jurgen (ce qui peut parfois prendre plusieurs jours) avant d’effectuer le paiement. Je préfère franchement me déplacer pour toucher ma bouteille, discuter un coup avec Jurgen, et repartir avec ma bouteille sous le bras. Question de point de vue.

Focus sur la boutique Jurgen’s Whiskyhuis (Zottegem)

Jurgen a récemment sélectionné un fût d’Ardbeg de 20 ans d’âge embouteillé spécialement pour sa boutique par A.D. Rattray. J’ai eu le plaisir et le privilège de le goûter :

Ardbeg 20y ‘’Uisge Beatha Taigh’’, 28.10.1993/02.05.2014, Sherry Hogshead 1732, 57.1%, 142 bouteilles :

La tourbe n'est pas envahissante, un délicat fruité est présent ainsi qu'une certaine douceur sucrée (l'apport du fût de sherry, probablement second ou troisième remplissage ?) en fin de bouche. La finale est interminable sur une fumée légère mélangée à de la compote de fruits jaunes. Bien complexe, l'alcool superbement intégré (impossible de deviner qu'il titre à 57%), un excellent dram. Dommage que le prix (325€), trop élevé à mon sens, soit rédhibitoire. 90/100.

(J’en profite pour remercier Jurgen de me l’avoir fait goûter ; moi qui ne suis pas fan d'Ardbeg en général, je l'ai beaucoup apprécié !)

Pour conclure, je ne peux que vous conseiller de faire un saut chez Jurgen’s Whiskyhuis pour vous en prendre plein les mirettes, et… repartir de là avec un portefeuille plus léger. Pour l'adresse précise, et les jours et heures d’ouverture, je vous renvoie à son site web dont le lien se trouve ci-dessous.

samedi 31 mai 2014

[Coup de gueule] La politique marketing d’Ardbeg m'insupporte…

Aujourd'hui, c'est l'Ardbeg Day. Youpie ! Toutes les pages et groupes whisky (ou presque) auxquels je suis abonnés sur Facebook ont fait un battage pas possible autour de l'Ardbeg Auriverdes; j'ai vu défiler des dizaines de photos de cette bouteille.

Non mais franchement, 95€ (prix de vente "suggéré", mais déjà hors stocks auprès de nombreuses boutiques ; et le prix va flamber sur les sites d’enchères d’ici quelques jours) pour un whisky sans âge, donc jeune par définition, de qui se fout-on ? Surtout qu’il existe l’Ardbeg Uigeadail et l’Ardbeg Corryvreckan qui sont aussi sans âge, de bons produits, et beaucoup moins chers !

Ce qui me désole le plus, dans tout ça, c’est surtout justement tous ces sites et pages qui portent cet Auriverdes aux nues et qui relaient cet Ardbeg Day à grand coup de termes dithyrambiques, alors qu’apparemment ce nouvel Ardbeg ne serait même pas fédérateur en terme de goûts et de qualité (à en lire les échos sur certains forums et les cotes sur Whiskybase). Adorer Ardbeg sans discernement serait-il à la mode ? Ardbeg serait-elle devenue une nouvelle religion (ou une secte) ?

En tout cas, Ardbeg n’a même pas à dépenser un copeck en marketing pour faire la promo de sa nouvelle bouteille, les autres le font très bien à sa place… Vous me direz ‘’Hé ho Bishlouk, toi aussi tu en parles, hein !’’ Oui en effet. Mais pas vraiment en termes élogieux, ou alors je n’ai rien compris à ce que j’écris ;-)

Pour conclure cette brève pige, j’aimerais juste rappeler à tout amateur qu’il vaut mieux goûter avant d’acheter, et qu’il vaut mieux se poser la question de savoir si la bouteille convoitée vaut son prix. Vous aurez compris ma position concernant cet Auriverdes (par rapport au prix s’entend, car je ne l’ai pas goûté… et je n’en ai même pas l'envie).

Et pour rappel, ce petit manège avait déjà eu lieu l’an passé avec l’Ardbog. L’histoire n’est qu’un éternel recommencement… :-s

Je ne vais certainement pas me faire des amis chez Ardbeg avec ce coup de gueule; mais franchement je m'en fiche...

samedi 5 avril 2014

Ardbeg Uigeadail, NAS, 54.2% (OB)

Ardbeg Uigeadail, NAS, 54.2% (OB)

Encore de la tourbe aujourd’hui, et pas n’importe laquelle : de l’Ardbeg ! La distillerie de l’île d’Islay championne de la tourbe goudronnée et du marketing de masse. Aurais-je un apriori négatif à son égard ? Oui, j’avoue. Je n’aime pas sa politique marketing de premiumisation à outrance et de ses prix prohibitifs qui vont avec. J’ai déjà peur de voir à quel prix le prochain Arbeg ‘’Auriverdes’’ (qui va bientôt arriver pour glorifier la fête de ballon rond brésilienne) sera proposé.

Néanmoins, parfois, il y a un embouteillage Ardbeg qui sort du lot de par son rapport qualité / prix qui ne frôle pas avec l’escroquerie.

Cet Ardbeg Uigeadail est, d’après ce qu’un représentant de la distillerie m’a dit au Whisky Live de Spa en février, un assemblage de fûts de 11, 12 et 13 ans ; avec aussi quelques fûts des années ’80. C’est étonnant que l’âge des fûts les plus jeunes (11 dans ce cas) ne soit pas mentionné sur la bouteille, si c’est vraiment la réalité. Laissons néanmoins le bénéfice du doute à ce représentant…

L’Uigeadail est un embouteillage qui existe depuis plusieurs années dans la gamme officielle d’Ardbeg. Plusieurs batches sortent chaque année. Et donc, parfois, il faut être à l’affût pour savoir quel batch est meilleur qu’un autre. Exercice difficile s’il en est.

Le batch dont je vous propose la note de dégustation aujourd’hui date de 2012, la bouteille portant le code L12 114. Si vous décidez de vous acheter une bouteille suite à la lecture de ma note, dites-vous bien que le batch que vous aurez sera peut-être légèrement (voire très) différent.

  • Nez : Hyper puissant, le whisky dans le verre se sent à un mètre ! Très fumé, un poil goudronné (mais à peine). Un bouquet d’épices poivrées, du tabac sec, des cendres chaudes. Des notes de levures apparaissent par la suite.
  • Bouche : Ca arrache, c’est le moins qu’on puisse dire ! La tourbe fumée et cendrée domine d’entrée. La seconde gorgée se veut plus douce, le palais s’étant habitué à cette charge héroïque fumée. La touche de sherry essaie de se frayer un passage sucré, avant d’être balayée par le poivre qui martèle la langue.
  • Finale : Longue. Une amertume boisée se colle au palais. Le poivre envahit la gorge, tandis que des nuages de fumée persistent en bouche. Et de temps en temps, une légère douceur fugace essaie de passer furtivement.
  • Verdict : Ce n’est clairement pas un whisky pour débutant. Il est puissant, vif, rentre dedans. Certains pourraient le taxer d’être agressif. Ce sont toutes ces saveurs qui sont puissantes, et non pas l’alcool qui est bien équilibré. La couche de sherry n’est pas très présente et n’apporte ‘’que’’ quelques relents de douceur (dans ce monde de brute) de ci de là qui sont néanmoins plus que les bienvenus.

88/100.

Disponible facilement sur les webshops et chez les cavistes physiques, à partir d’une petite soixantaine d’euros. Attention néanmoins, le batch et le code bouteille n'est jamais indiqué sur les webshops; vous aurez la surprise en recevant le colis contenant la bouteille.

dimanche 2 février 2014

Whisky Live Spa 2014 : première fournée de notes de dégustation

Whisky Live Spa 2014 : première fournée de notes de dégustation

Dans la continuité de mon compte rendu sur le Whisky Live de Spa 2014, voici la première partie de mes notes de ce que j’ai pu goûter sur place. Comme expliqué précédemment, ces notes sont bien évidemment moins précises en festival qu’au calme à la maison et les sensations peuvent être sensiblement influencées par ce qui a été goûté avant. Ne pas les prendre pour argent comptant, donc.

Cette première fournée se concentre sur les embouteillages officiels que j’ai eu l’occasion de goûter. La seconde fournée (qui sera publiée prochainement) sera consacrée aux embouteillages Douglas Laing.

Allez, c’est partiiiiii… !

Whisky Live Spa 2014 : première fournée de notes de dégustation

Kavalan Solist, Sherry Cask S060904027 pour La Maison du Whisky & The Nectar, 57.8%, 516 bouteilles (ouverture de la bouteille).

  • Nez : De façon assez surprenante, le nez à l’ouverture de la bouteille manque de puissance et me semble assez effacé.
  • Bouche : Très puissante sur le sherry, l’alcool est trop présent à mon goût (ce qui déséquilibre le tout).
  • Finale moyenne assez boisée.
  • Verdict : Propre (trop, pas assez ‘’terroir sale’’), du sirop coupé au cordeau (comme tous les asiatiques que j’ai pu goûter). L’alcool n’est pas assez bien intégré et est trop puissant, ce qui écrase un peu le reste. En environ 150€ pour un whisky sans âge (jeune, donc) qui manque clairement de vieillissement, c’est du foutage de gueule.

85/100.

Whisky Live Spa 2014 : première fournée de notes de dégustation

Kilkerran ‘’Work in Progress V’’, bourbon wood, 46%.

  • Nez : Du chien mouillé et de l’herbe fraîchement coupée.
  • Bouche : La réduction est décelable sans que le tout ne soit trop aqueux. De la douceur vanillée mélangée à de la paille mouillée.
  • Finale assez courte.
  • Verdict : Assez bien fait dans l’ensemble, beaucoup plus intéressant que le ‘’Work in Progress IV’’ que j’avais eu l’occasion de goûter. La différence de style entre le nez et la bouche est sympa.

86/100.

Whisky Live Spa 2014 : première fournée de notes de dégustation

Springbank 21 ans, 46%. Le nouveau batch de 21 ans de chez Springbank, une des rares nouveautés du salon.

  • Nez : Subtil, fin, pas du tout en puissance. Mais où est la tourbe ? Des fleurs au printemps, du vin blanc, du raisin framboise (Vous ne connaissez pas ? C’est un raisin qu’on trouve beaucoup sur les marchés dans le Sud de la France).
  • Bouche : Ha, une très légère tourbe ; mais vraiment très très ténue. Des fruits verts et jaunes sucrés surtout.
  • Finale : Un peu de bois, sinon des fleurs et des fruits.
  • Verdict : C’est fin et subtil, c’est bien fait. Mais ça ne ressemble pas du tout à du Springbank car le côté tourbé est presque complètement absent. Ça pourrait être un Speyside qu’on ne s’en étonnerait pas. Et entre 250€ et 300€ pour ça, c’est à se conforter dans l’idée de goûter avant d’acheter quoi que ce soit.

87/100 pour le côté bien fait, pas pour la patte Springbank.

Whisky Live Spa 2014 : première fournée de notes de dégustation

Balblair 97, 1997/2013, 46%.

Je n’avais pas encore d’expérience en Balblair, j’en ai donc profité. Très fruité, un profil très Speyside (alors que Balblair est un Highlander). La réduction à 46% ne se fait pas sentir, ce qui est un bon point. Un bon whisky agréable à boire, un starter idéal. 85/100.

Whisky Live Spa 2014 : première fournée de notes de dégustation

Ardbeg Uigeadail, NAS (au profil tourbé/sherry), 54.2%.

Oui je sais, honte à moi, je ne l’avais jamais goûté. J’étais curieux de le comparer au Bowmore Laimrig, les deux profils étant assez proches en théorie. Le représentant Ardbeeg m’a expliqué que cet Uigeadail (prononcez ‘’Hugues d’ail’’) est un assemblage d’Ardbeg 11, 12 et 13 ans ; et de quelques fûts des années 80. Info ou intox, impossible de le savoir bien sûr.

  • Nez : Du bacon, des épices, du gingembre, du poivre, de la sauge. Le mélange tourbé / sherry est assez bien foutu dans le sens où le côté médicinal ou goudronné que je déteste chez Ardbeg ne me semble pas présent.
  • Bouche : Dans la continuité du nez. Un mélange d’épices bien piquantes et de tourbe de bacon cendré.
  • La finale est elle aussi très épicée.
  • Verdict : Un whisky assez rentre dedans, pas pour les lopettes ! Pas subtil pour un sou, ça envoie dans les gencives. Mais néanmoins très bien foutu et intéressant.

88/100 en l’état, mais je devrai revenir dessus de façon plus posée pour l’analyser plus profondément.

A bientôt pour la suite de mes notes du Whisky Live Spa 2014 ! :-)