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samedi 3 décembre 2016

Face à face: deux Laphroaig 2001/2016 The First Editions, en refillSherry

Quand deux whiskies d'une même distillerie, très proches en âge, date de distillation et/ou d'embouteillage me tombent sous la main, ils entrent pile poil dans les critères pour faire un face à face entre eux.

C'est le cas pour ces deux Laphroaig-ci, tous deux distillés en 2001 et embouteillés (par Hunter Laing sous sa gamme The First Editions) en 2016, tous deux maturés en refill Sherry et proposés en brut de fût, et tous deux ayant été disponibles en même temps sur le marché belge.
Face à face: deux Laphroaig 2001/2016 The First Editions, en refill Sherry
Au premier coup d’œil, c'est au niveau couleur qu'une différence se marque: l'un est beaucoup plus sombre (preuve d'un fût plus actif, ou d'une différence de type de Sherry) que l'autre.
Point de vue titrant en alcool, la différence n'est pas énorme, à peine un peu plus de 1% d'alcool les sépare.
C'est évidemment au niveau senteurs et saveurs que la différence va vraiment se faire.
Je les ai bien sûr goûtés en même temps, en vrai face à face (ça me semble évident, mais il vaut quand même mieux le préciser).
Allez, 3... 2.... 1... GO !

Laphroaig 2001 / 2016 The First Editions, 15 ans, Refill Butt HL12382, 58.4%, 306 bouteilles


  • Couleur : Auburn.
  • Nez : De la cendre froide à foison. Un soupçon de caramel, de la noix, du chocolat noir de noir. La cendre se calme après un moment, pour laisser une fraîcheur de plante médicinale venir lui tenir compagnie.
  • Bouche : Une grosse vague de bois sec et de cendre froide, mélangée à des poignées d’épices piquantes, à du zeste d’agrume, à du moka, et à du fruit noir. Belle puissance globale. Le caramel sucré arrondit la bouche en cours de dram.
  • Finale : Longue. De la noix, de la prune noire, des restes de cendres chaudes, et du caramel épicé.










Laphroaig 2001 / 2016 The First Editions, 15 ans, Refill Butt HL12787, 59.8%, 244 bouteilles


  • Couleur : Vieil or.
  • Nez : De la fumée sèche, du raisin sec, du bois poussiéreux. Après aération, de l’herbe sèche se développe.
  • Bouche : Une amertume fruitée, de pelure d’abricot sec, appuyée. La tourbe est un mélange de profil fermier et de profil minéral, enveloppé de fumée. Après un moment en bouche, le minéral devient plus dominant et un vanillé apparaît.
  • Finale : Moyenne. De la poussière boisée sèche s’abat sur toute la bouche. Un restant de vanille et de fumée tourbée. De la pelure amère de pomme.










Verdict en face à face:

  • Le nez du 58.4% est beaucoup plus engageant et charmeur, mélangeant la minéralité cendrée à l’apport gourmand du Sherry.
  • Le nez du 59.8% est plus sec, plus carré, mais manque aussi de présence.
  • La bouche du 58.4% est puissante, cendrée, explosive ; tout en étant aussi ronde et gourmande. Superbe.
  • La bouche du 59.8% est très sèche au départ, et trop amère à mon goût sur la durée.
  • La finale du 58.4% termine de belle façon ce beau moment whisky, dans la continuité du nez et de la bouche.
  • La finale du 59.8% est ici aussi très sèche et assez amère.

  • Verdict du face à face : Bon ben… il n’y a pas photo, hein ! Le 58.4% est clairement deux (voire même trois) crans au-dessus du 59.8%. Victoire par KO au premier round.
  • Ma cote du 58.4% : 91/100.
  • Ma cote du 59.8% : 83/100.
Tous deux disponibles au Chemin des Vignes à Bruxelles, le prix de la version 58.4% est à 165€ et la version 59.8% à 190€. Intrinsèquement tous les deux sont chers pour des whiskies de 15 ans d'âge (même si en fût de Sherry, ce qui en théorie gonfle un peu le prix); Laphroaig devient de plus en plus intouchable en terme de prix me semble-t-il. Néanmoins, je suis étonné de voir non seulement une différence de prix, puisque tous deux du même âge, embouteillés en même temps, et issus du même type de fût; mais surtout très étonné de voir que le meilleur des deux est aussi le moins cher. Moi pas tout comprendre là...

samedi 3 janvier 2015

Laphroaig 16 ans Anam na h-Alba, 1998/2014, 51.6%

(photo Anam na h-Alba)
(photo Anam na h-Alba)

Retour vers des activités normales sur le blog, après les fêtes particulièrement chargées. Aujourd’hui, une des dernières nouveautés de l’embouteilleur indépendant allemand (au nom toujours aussi imprononçable) Anam na h-Alba. Cet embouteillage de Laphroaig a été distillé en 1998 et est sorti sur le marché juste avant les fêtes. Il est l’un des cinq nouveautés de l’embouteilleur.

En janvier 2014 je vous avais déjà présenté un Laphroaig 1998 (mais d’un autre embouteilleur), que j’avais particulièrement apprécié. Mais celui-là avait été maturé en fût de bourbon, alors que celui d’aujourd’hui est issu d’un Refill Sherry. Je m’attends donc à des différences de taille. Et je tiens aussi à rappeler que Laphroaig n’est pas spécialement la distillerie ayant mes préférences au niveau gustatif.

Bon, on y va ?

(photo Whiskybase)
(photo Whiskybase)
Laphroaig 16 ans Anam na h-Alba, 1998 / 2014, Refill Sherry, 51.2%, 186 bouteilles
  • Nez : Les marqueurs Laphroaig me sautent directement aux narines : fumée de paille sèche, camphre léger. Au nez, le sherry est discret. Il apporte une certaine rondeur, mais les fruits me rappellent plutôt un fût de bourbon. Après aération, une fraîcheur de foin se révèle, avant de s’évanouir un peu plus tard.
  • Bouche : Le sherry est ici plus présent qu’au nez, il apporte de la rondeur de fruits jaunes. La tourbe est néanmoins elle aussi bien présente : cendres froides et fumée poivrée. Du sirop d’abricot en toile de fond. Un peu d’herbe aromatique camphrée par ci par là.
  • Finale : Une petite explosion d’épices poivrées lors de la déglutition. La fumée sèche reste longtemps en bouche. Une légère amertume d’abricot sec à partir de la seconde gorgée.
  • Verdict : Un Laph reconnaissable et équilibré. L’alcool est bien intégré et n’agresse jamais. De bonne qualité, il manque seulement, à mon goût, de complexité et de subtilité.
  • 87/100.

Ce Laphroaig est disponible chez Dram 242 pour 68€, ce qui est un prix intéressant pour un Laphroaig de cet âge.

dimanche 13 avril 2014

Laphroaig PX Cask, NAS, 48%, OB

Laphroaig PX Cask, NAS, 48%, OB

De nouveau de la tourbe, et de nouveau du sherry. J’abuse, je sais…

Toutefois, cette fois-ci je vous propose quand même quelque chose d’assez différent. Premièrement, c’est un whisky sans âge, donc assez jeune (moins de 10 ans en principe) par définition. Ensuite, il a bénéficié d’une triple maturation ; d’abord en fûts de bourbon, puis en quarter casks (des fûts très petits et très actifs, imprégnant rapidement le whisky), pour finir en fûts de Pedro Ximenez (PX) qui est un sherry très sucré (l’Oloroso étant plus boisé et plus sec). Enfin, ce Laphroaig est en théorie réservé à la vente dans les boutiques duty free des aéroports. Je dis bien en théorie, car la grande majorité des whiskies réservés au duty free arrivent quand même après quelques semaines ou mois sur des webshops divers. Celui-ci n’échappe pas à la règle et peut être à présent trouvé assez facilement sur internet sans devoir obligatoirement s’acquitter d’un billet d’avion.

Et que donne-t-il, ce Laphroaig PX Cask qui a trempé dans trois types de fûts différents, pour moi qui ai une nette préférence pour l’Oloroso par rapport au PX et qui ne suis pas un fan de Laphroaig à la base ? Hé bien, il ne s’en sort pas si mal, finalement…

  • Nez : La tourbe fumée et herbacée est bien présente, sans toutefois arracher les narines. Quelques relents de vin blanc passent, puis disparaissent rapidement. Vient ensuite du pain grillé (ha, le PX qui s’affirme). Après aération, ce sont l’herbe coupée, la fumée de tabac sec et la vanille sucrée qui perdurent.
  • Bouche : De la fumée, de la mousse d’arbre, du phénol médicinal. Bref, du Laphroaig typique ; mais avec aussi une couche mielleuse par-dessus qui adoucit cette tourbe.
  • Finale : Moyenne. Une pincée de poivre blanc, de la fumée, mais aussi de la douceur sucrée. La réduction se fait ici quelque peu sentir, je peux détecter des vagues aqueuses.
  • Verdict : La finition en PX apporte une douceur sucrée à la tourbe ‘’rentre dedans’’ de Laphroaig ; mais cette troisième maturation n’ayant probablement pas été très longue, cette sucrosité n’est pas envahissante. Un ‘’Laph’’ abordable, mais un seul dram sur la soirée me semble une bonne tape sous peine de tomber dans l’écoeurant.

84/100.

A partir de 80€ (ce que je trouve TRES cher pour un NAS, même si la bouteille est d'un litre et non pas de 70cl) sur internet, ou moins en fonction de l’aéroport que vous emprunterez.

Et merci à Seb pour le sample et la photo :-)

dimanche 19 janvier 2014

Laphroaig 1998 (15ans) The First Editions, 59.1% (IB)

Laphroaig 1998 (15ans) The First Editions, 59.1% (IB)

Je n’aime pas Laphroaig. Voilà, c’est dit. Je n’en ai pas goûtés des milliers, j’avoue, mais tous ceux qui sont passés par mes narines et/ou mes lèvres m’ont laissé un très mauvais souvenir.

Je ne dis pas que Laphroaig est mauvais (puisque cette distillerie a de nombreux fans inconditionnels), mais la grosse tourbe médicinale qui écrase tout sur son passage (ce qui est la patte typique de Laphroaig) n’est pas du tout à mon goût personnel.

Et puis récemment une bonne âme m’a fait goûter ce Laphroaig 1998/2013 (15 ans) The First Editions, 59.1%, 292 bouteilles ; et j’ai bien dû revoir mon jugement…

Nez : La fumée et la cendre typiques de Laphroaig, mais elles sont douces et subtiles, n’arrachent pas les narines contrairement à beaucoup de Laphroaig. Du foin sec, de la poussière de bois. Derrière tout ça une douceur sucrée et vanillée de fruits jaunes essaie de se frayer un chemin. Le nez évolue régulièrement avec le temps ; de la paille mouillée fait un bref passage, ainsi qu’un peu d’herbe fraîche.

Bouche : C’est doux pour du presque 60% ! Suave, même. Bien évidemment, la tourbe est bien présente ; principalement sur les minéraux (cendre, pierre lisse). Et puis du sucre liquide vient se mélanger à ces minéraux, et ça fait juste ‘’Waouw Boom’’ en bouche. C’est grand.

Finale : Interminable sur la tourbe minérale sucrée. Que dire de plus à part ‘’ça le fait’’ ?

Verdict : Un Laphroaig à des années lumières des médicinaux et bourrins que j’avais goûtés auparavant. Très doux et consensuel, l’alcool est parfaitement maîtrisé. Les odeurs et saveurs se suivent, s’entremêlent et parfois s’entrechoquent ; mais toujours dans une parfaite harmonie.

91/100.

Je dois donc arrêter de dire que je n’aime pas Laphroaig, mais plutôt dire à partir de dorénavant que je n’aime pas la grande majorité des Laphroaigs

Seul hic (et de taille), son prix. Les tarifs de tous les Laphroaigs, qu’ils soient officiels ou d’embouteilleurs indépendants, ont explosé ces derniers mois ; dans la même lignée qu’Ardbeg (vous ai-je déjà dit que je n’aime pas Ardbeg ? ;-) ). Et un bon 120 euros pour un 15 ans d’âge, ça devient quand même franchement nawak :-(.