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vendredi 24 novembre 2017

Loch Lomond 1984/2017 The First Editions, Specially Selected for Belgium, 33 ans, 47.9%

Fin 2016 et début 2017, Hunter Laing a sorti coup sur coup deux Inchmurrin 1984 sous sa gamme First Editions. Si vous vous souvenez, ils m'avaient fort séduit et m'avaient rappelé le du Littlemill. Difficile de ne pas me plaire dans ces conditions, n'est-ce pas ?

La Boutique du Chemin a pu se procurer une partie d'un troisième fût, et l'a fait embouteiller pour la Belgique en cette fin 2017. Une partie ? Oui. 120 bouteilles d'un Hogshead, car il faut pouvoir être certain d'écouler les bouteilles produites sans en garder sur les bras; et le reste est resté en possession d'Hunter Laing et sera embouteillé ultérieurement. Aussi pour la Belgique, qui sait ? Espérons-le en tout cas !

Si vous avez été attentifs, vous aurez remarqué que je vous parle d'Inchmurrin depuis le début de cet article, alors que sur l'étiquette de la bouteille dont je vous parle aujourd'hui trône un grand Loch Lomond. Aucune trace du nom Inchmurrin. Mais quid ? Que passa ?
La raison est fort simple: La distillerie Loch Lomond a récemment développé ses gammes officielles et a sorti plusieurs embouteillages d'Inchmurrin qui ont été fort bien accueillis par le public et les critiques en tous genres. Dans la foulée, Loch Lomond a interdit aux embouteilleurs indépendants de continuer d'utiliser le nom Inchmurrin; seul le nom de la distillerie, Loch Lomond, est encore autorisé. Hunter Laing ne pouvait donc plus embouteiller ce 1984-ci sous le nom Inchmurrin, et a été contraint de le faire sous le nom Loch Lomond. Mais le jus à l'intérieur reste un sister cask des deux Inchmurrin précédents.

Et dans le verre, ça se rapproche des deux précédents, ou pas ?


Loch Lomond 1984 / 2017 The First Editions, Specially Selected for Belgium, 33 ans, Refill Hogshead HL13287, 47.9%, 120 bouteilles




  • Nez: Une corbeille de fruits jaunes et blancs juteux, fraîchement coupés. Des petites fleurs d'arbre fruitier, et un herbacé ténu. Une fraîcheur printanière tout du long.
  • Bouche: Et ça continue sur sa lancée ! Du sirop de fruit blanc, des pétillements de vanille au miel, et une fine pincée d'épices picotantes. De la tige de fleur omniprésente.
  • Finale: Moyenne. La fraîcheur végétale rebondit. Un soupçon de menthe poivrée en toute fin, accompagnée d'un léger boisé.
  • Verdict: Mais rhooo quoi ! Ces vieux Loch Lomond / Inchmurrin sont juste divins, frais, gourmands, équilibrés, et fins. Un profil à la Littlemill, je ne cesse de faire ce rapprochement. Celui-ci ne déroge pas à la règle et est un frère (quasi) jumeau des deux précédents. Miam, encore !
  • 91/100.





Disponible au Chemin des Vignes (Stockel) pour environ 200 euros.

jeudi 20 avril 2017

Inchmurrin 1984/2017 The First Editions, 32 ans, 46.5%

Hunter Laing, via sa gamme The First Editions, remet le couvert en nous proposant un second Inchmurrin 1984, après nous avoir proposé l'excellent et complètement improbable l'an passé. Tellement étonnant qu'il a occupé une place de choix dans mon top 5 de l'année 2016.
C'est dire comme j'attendais de pied ferme celui-ci, histoire de me conforter dans l'idée que les vieux Inchmurrin, c'est trèèèès bon.

Sur papier, peu de changement: Un Hogshead à la place d'un Barrel (mais tous deux d'ex Bourbon), et 101 bouteilles au lieu de 87. Seulement 14 de plus, ça c'est de nouveau de la petite série… (mais attention, ces deux embouteillages sont en fait des "split casks", l'autre moitié ayant été embouteillée sous la gamme Old Malt Cask, même si un des numéros de fût différents apparaissent sur les étiquettes).




Inchmurrin 1984 / 2017 The First Editions, 32 ans, Refill Hogshead HL13363, 46.5%, 101 bouteilles

    https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgW6-4_97Zjd7BI1JBenqvCdDJW74vEOVcrOji7tzaZdki8KNCgcaL4vD1NQHvbDT3xnnwz3Jgym5ujcjzcvKpM7KW2lxZx-aEDOjCMkC2VgLrjEugBu5ZlHZcBDFXaREvtHFHX9S7sA1Sg/s1600/Inchmurrin1984FirstEd32y%252801%2529.jpg
  • Nez: Booooom ! L'hyper fruité, le floral, la tige de fleur, tout y est. Fort gourmand sur la corbeille de fruits blancs et jaunes juteux, et des rayons de miel. Cette gourmandise est soutenue par la fraîcheur de petites fleurs d'été et de tige de pâquerette. Vite, la suite (même si je prends un malin plaisir à faire durer les senteurs dans mes narines) !
  • Bouche: Le ramage vaut largement le plumage, la bouche est en droite continuité du nez: des fruits juteux gorgés de soleil, du sirop de fruit, du fructose, du miel, et au loin du végétal vert et poivré qui se fraie un chemin vers l'avant plan.
  • Finale: Moyenne. Dès la déglutition, c'est le végétal frais et légèrement mentholé qui prend la main. Cette fraîcheur assèche légèrement la bouche. Une pointe poivrée vient titiller les joues.
  • Verdict: Put..[censuré] que c'est bon du viel Inchmurrin, quand même ! Après avoir goûté du 1974 de chez Cadenhead et le précédent 1984 de First Editions, je guette les sorties de vieux Inchmurrin afin de me conforter dans le fait non seulement que c'est fort bon, mais aussi que ça se rapproche fort des marqueurs de Littlemill (ce qui est encore le cas ici). Cette expression-ci est parfaitement équilibrée, jamais agressive; l'hyper fruité propose une succulente gourmandise, et le floral / végétal apporte une pointe de fraîcheur. Tout ce que j'aime.
  • 91/100.





Disponible au Chemin des Vignes pour ±220 euros, et peut-être (sur commande ?) chez W Comme Whisky (La Louvière), We Are Whisky (Jauche), et Watch Smell Taste & Having Fun (Liège).


Face à Face: Inchmurrin 1984 (31 ans) VS Inchmurrin 1984 (32 ans).

 

https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjYacrVSelxfALSWFKibVqboIfKKvwhY49syf03J3cavOsZj60UXi-Fx8B-Sqvz08ENk0w8wLKM5FLxa8HbTNoQY-azgEoAaHURV6VTlHl5Z-PKlsJR9q065Yqmo7okC25JGND8OQ6ujya9/s1600/Inchmurrin1984FirstEd32y%252802%2529.jpg

 

Je sais, c'est très bateau comme approche, c'est tellement évident de comparer les deux versions. Tellement évident, mais aussi tellement intéressant (enfin, je trouve). Et donc je ne me prive pas, surtout que j'aime beaucoup ce genre d'exercice. Et puis c'est mon Blog, je fais ce que je veux ici, na ! :-p
Donc en face à face, l'Inchmurrin 1984 / 31 ans de l'an passé (qui s'est retrouvé dans mon top 5 de 2016) avec le nouveau passé au grill aujourd'hui (le 1984 / 32 ans, si vous avez bien suivi).

  • Nez: Celui du 32 ans est plus présent et plus fruité, tandis que celui du 31 ans est plus végétal et floral, et même un brin poussiéreux.
  • Bouche: Fruits et végétal pour le 31 ans, avec une pointe poivrée assez présente. La bouche du 32 ans est plus fondue, savant mélange de fruits et de tige de fleur poivrée.
  • Finale: Végétal dominant pour le 32 ans; mélange fruité / végétal pour le 31 ans.
  • Verdict: Ces deux Inchmurrin sont clairement de la même famille, on dirait presque des frères jumeaux. J'ai néanmoins une petite préférence pour le 32 ans qui est plus fruité dans l'ensemble, et un poil plus constant. Le 90/100 du 31 ans et le 91/100 du 32 ans me paraissent donc cohérents.



Tiens, une autre pensée me traverse l'esprit...
Quand je constate les similitudes au niveau des saveurs entre ces vieux Inchmurrin et des Littlemill eux aussi d'âge vénérable (mais même pas obligatoirement aussi vieux), je ne peux me poser que la question de savoir si une succession au trône n'est pas en train de s'opérer à mes yeux.
Quand je constate qu'un Littlemill 1990 (26 ans), en indépendant et en brut de fût, est sorti il y a deux jours pour 285€ et a été sold out en moins d'une heure (±265 bouteilles, hop) sans que personne n'ait eu l'ombre d'une seconde pour le goûter; alors que cet Inchmurrin-ci, qui jouit d'un bel âge de 32 ans, à un prix moindre, et est encore disponible à la dégustation pour qui voudra bien se déplacer jusque Bruxelles; je ne peux que me dire "Littlemill est mort, vive Inchmurrin !".
Bon, bref, je vais guetter les prochaines sorties de vieux Inchmurrin et arrêter de me prendre le chou sur les rares Littlemill qui sortiront encore, à des prix de pétés-mabouls.



Et si vous avez manqué l'Inchmurrin précédent, et si vous manquez celui-ci, rassurez-vous, car comme comme disait si bien Yoda...
Il y en a un autre...
Il y en a un autre...

samedi 3 décembre 2016

Face à face: deux Laphroaig 2001/2016 The First Editions, en refillSherry

Quand deux whiskies d'une même distillerie, très proches en âge, date de distillation et/ou d'embouteillage me tombent sous la main, ils entrent pile poil dans les critères pour faire un face à face entre eux.

C'est le cas pour ces deux Laphroaig-ci, tous deux distillés en 2001 et embouteillés (par Hunter Laing sous sa gamme The First Editions) en 2016, tous deux maturés en refill Sherry et proposés en brut de fût, et tous deux ayant été disponibles en même temps sur le marché belge.
Face à face: deux Laphroaig 2001/2016 The First Editions, en refill Sherry
Au premier coup d’œil, c'est au niveau couleur qu'une différence se marque: l'un est beaucoup plus sombre (preuve d'un fût plus actif, ou d'une différence de type de Sherry) que l'autre.
Point de vue titrant en alcool, la différence n'est pas énorme, à peine un peu plus de 1% d'alcool les sépare.
C'est évidemment au niveau senteurs et saveurs que la différence va vraiment se faire.
Je les ai bien sûr goûtés en même temps, en vrai face à face (ça me semble évident, mais il vaut quand même mieux le préciser).
Allez, 3... 2.... 1... GO !

Laphroaig 2001 / 2016 The First Editions, 15 ans, Refill Butt HL12382, 58.4%, 306 bouteilles


  • Couleur : Auburn.
  • Nez : De la cendre froide à foison. Un soupçon de caramel, de la noix, du chocolat noir de noir. La cendre se calme après un moment, pour laisser une fraîcheur de plante médicinale venir lui tenir compagnie.
  • Bouche : Une grosse vague de bois sec et de cendre froide, mélangée à des poignées d’épices piquantes, à du zeste d’agrume, à du moka, et à du fruit noir. Belle puissance globale. Le caramel sucré arrondit la bouche en cours de dram.
  • Finale : Longue. De la noix, de la prune noire, des restes de cendres chaudes, et du caramel épicé.










Laphroaig 2001 / 2016 The First Editions, 15 ans, Refill Butt HL12787, 59.8%, 244 bouteilles


  • Couleur : Vieil or.
  • Nez : De la fumée sèche, du raisin sec, du bois poussiéreux. Après aération, de l’herbe sèche se développe.
  • Bouche : Une amertume fruitée, de pelure d’abricot sec, appuyée. La tourbe est un mélange de profil fermier et de profil minéral, enveloppé de fumée. Après un moment en bouche, le minéral devient plus dominant et un vanillé apparaît.
  • Finale : Moyenne. De la poussière boisée sèche s’abat sur toute la bouche. Un restant de vanille et de fumée tourbée. De la pelure amère de pomme.










Verdict en face à face:

  • Le nez du 58.4% est beaucoup plus engageant et charmeur, mélangeant la minéralité cendrée à l’apport gourmand du Sherry.
  • Le nez du 59.8% est plus sec, plus carré, mais manque aussi de présence.
  • La bouche du 58.4% est puissante, cendrée, explosive ; tout en étant aussi ronde et gourmande. Superbe.
  • La bouche du 59.8% est très sèche au départ, et trop amère à mon goût sur la durée.
  • La finale du 58.4% termine de belle façon ce beau moment whisky, dans la continuité du nez et de la bouche.
  • La finale du 59.8% est ici aussi très sèche et assez amère.

  • Verdict du face à face : Bon ben… il n’y a pas photo, hein ! Le 58.4% est clairement deux (voire même trois) crans au-dessus du 59.8%. Victoire par KO au premier round.
  • Ma cote du 58.4% : 91/100.
  • Ma cote du 59.8% : 83/100.
Tous deux disponibles au Chemin des Vignes à Bruxelles, le prix de la version 58.4% est à 165€ et la version 59.8% à 190€. Intrinsèquement tous les deux sont chers pour des whiskies de 15 ans d'âge (même si en fût de Sherry, ce qui en théorie gonfle un peu le prix); Laphroaig devient de plus en plus intouchable en terme de prix me semble-t-il. Néanmoins, je suis étonné de voir non seulement une différence de prix, puisque tous deux du même âge, embouteillés en même temps, et issus du même type de fût; mais surtout très étonné de voir que le meilleur des deux est aussi le moins cher. Moi pas tout comprendre là...

mardi 2 février 2016

Highland Park 14 ans Douglas of Drumlanrig, 1998/2013, 50%

Ma relation avec Highland Park est assez ambiguë. J'ai découvert cette distillerie, à mes débuts dans le whisky, par la grande porte en m'offrant une bouteille du 25 ans officiel (mais c'était à la belle époque, quand il était alors à la moitié de son prix actuel). Et j'avais pris une bonne claque, car ce 25 ans était succulent.
Ce n'est qu'après cela que j'ai eu l'occasion de goûter les autres embouteillages officiels, moins âgés, comme le 12 ans, 15 ans, 18 ans, et 21 ans. Et là, mon avis perso a été beaucoup plus mitigé... voire carrément négatif.
Depuis, ma quête de bouteilles d'Highland Park à mon goût est un périple assez chaotique et accidenté: beaucoup de "HP" (le diminutif d'Highland Park) que je goûte ne me plaisent pas spécialement, et souvent je ne retrouve pas les marqueurs de fumée subtile et savoureuse que j'apprécie chez cette distillerie.
Et surtout, je me suis rendu compte que je préfère, de loin, les HP maturés en fût de Sherry par rapport à ceux en fût de bourbon ou en mélange des deux types (comme c'est souvent le cas pour les embouteillages officiels).
Highland Park reste néanmoins une distillerie que j'affectionne (sûrement en rapport à mes débuts, expliqués ci-dessus), et ce cache-cache permanent entre elle et moi pour découvrir une pépite est devenu une sorte de jeu à mes yeux.
Pour résumer, mon rapport avec HP est de l'amour/haine: soit je n'aime pas du tout, soit j'adore. Il est très rare de me retrouver au milieu.


Highland Park 14 ans Douglas of Drumlanrig, 1998/2013, 50%

Et pour aborder cet embouteillage-ci en particulier, il est en fût de Sherry (haaa, intéressant ça !), et tout comme le Caol Ila 29 ans dont j'ai parlé en juillet dernier il s'agit d'un ré-embouteillage en quantité très limitée (seulement 36 bouteilles) de Hunter Laing, lors de la scission de Douglas Laing en 2013, sous la gamme Douglas of Drumlanrig pour la boutique Le Chemin des Vignes de Bruxelles.



Highland Park 14 ans Douglas of Drumlanrig, 06.1998 / 03.2013, Sherry Butt LD9629, 50%, 36 bouteilles

    Highland Park 14 ans Douglas of Drumlanrig, 1998/2013, 50%
  • Nez: Du caramel de cassonade, du raisin noir sec, du cassis, du tabac boisé. L'apport du Sherry est immédiatement présent et irréfutable. Mais derrière cette gourmandise de Noël se profile la fine et subtile fumée, reconnaissable, que j'affectionne chez Highland Park. Ce mélange Sherry/fumée me rappelle bien évidemment le HP25 officiel, sauf qu'ici le nez est moins subtil et moins "noble"; plus rustique avec des gros sabots.
  • Bouche: Du raisin noir, de l'abricot sec très cuit, du caramel, de l'amande grillée. Des épices piquantes enflent au fur et à mesure que le whisky reste en bouche. Des copeaux de coque de noisette par moments, ainsi qu'un léger cendré en toile de fond.
  • Finale: Longue. La rétro-olfaction de fumée caramélisée qui remonte dans les narines est immédiate. Des épices de Noël, et du boisé vineux. Du bois sec poivré perdure au bout de la langue.
  • Verdict: Pile poil le profil que j'aime chez HP: de la gourmandise, une fumée omniprésente, et de la subtilité. OK, il n'y a pas que chez HP que j'aime ce genre de profil, c'est vrai, mais ici c'est quand même bien miam miam :-).
  • 89/100. Il lui manque juste un "petit quelque chose" (un petit frisson dans le dos ?) pour atteindre le 90 selon mes critères personnels.
Encore disponible pour une centaine d'euros au Chemin des Vignes, à Bruxelles (Stockel).

vendredi 25 septembre 2015

Strathclyde 36 ans The Sovereign, 1977/08.2013, 58.1%

Vous le savez, je ne suis pas spécialement fan des whiskies de grain. Je l'ai déjà mentionné ici et là sur le Blog. Sauf de certains (très) vieux, histoire d'avoir des exceptions qui confirment la règle. Après plein de décennies passées en fût, je trouve que parfois certains "grain" deviennent intéressants.

Ce Strathclyde-ci, embouteillé par Hunter Laing en 2013 sous sa gamme The Sovereign, en est un bon exemple.

Strathclyde 36 ans The Sovereign, 1977/08.2013, 58.1%
Strathclyde 36 ans The Sovereign, 1977 / 08.2013, fût HL9912, 58.1%
  • Nez: Puissant et même assez alcooleux au premier contact, sur le caramel cuit, les épices douces à profusion, le raisin blanc et noir sec, de la noisette, de l'orange confite, et beaucoup de bois précieux laqué. Ça en fait des choses d'un coup !
  • Bouche: Beaucoup plus accessible que le nez au premier abord, malgré ses 58%. De la liqueur d'orange confite, du raisin sec. Une chaleur caramélisée enfle dans les joues. Du bois de noisette, de la cassonade, et du tabac vert.
  • Finale: Longue. Du bois vert, presque mentholé, presque de type "virgin oak" par certains côtés, se développe rapidement. Une explosion épicée, de la sauce soja et des fruits noirs.
  • Verdict: Même si de source bien informée ce Strathclyde est en fût de bourbon, ses 36 années passées dedans lui confèrent des traits de famille avec les fûts de Sherry. Dès le nez, on peut d'ailleurs se poser la question de savoir si on a pas affaire à un fût de Sherry. Troublant. Peut-être est-ce dû au fait que c'est un whisky de grain ? Sorti de ces questions existentielles, il est très bon et très gourmand; un whisky de Noël parfait.
  • 89/100.

Il reste encore quelques bouteilles au Chemin des Vignes à Bruxelles, et aussi peut-être (à vérifier) chez We Are Whisky à Jauche dans le Brabant Wallon. Et le prix ? Houla, un whisky de 36 ans d'âge, ça doit taper bien haut ça dites-donc !!! Hé bien non, justement ! En 2013, les whiskies de grain étaient encore abordables (ce qui est de moins en moins le cas en 2015); son prix est d'environ 140 euros. Si si, j'vous jure !

mercredi 1 juillet 2015

Caol Ila 29 ans Douglas of Drumlanrig, 1984/2013, 50%

Je pensais avoir déjà expliqué sur le blog la scission en 2013 de l'embouteilleur Douglas Laing, mais apparemment pas. Et en ce qui concerne ce Caol Ila, une explication s'impose.

En 2013, les deux fils Laing (qui géraient alors l'embouteilleur Douglas Laing) se séparent. Tous les actifs, gammes et fûts de la société Douglas Laing sont partagés entre les deux frères. Fred Laing continue avec le nom Douglas Laing, garde les gammes Big Peat, Provenance, Clan Denny et Director's Cut ; et crée la nouvelle gamme Old Particular pour replacer la gamme Old Malt Cask.

Stewart Laing, de son côté, fonde la société Hunter Laing et récupère les gammes Old Malt Cask, Douglas of Drumlanrig, Old & Rare ; et crée la gamme The Sovereign pour ses single grains.

Ce Caol Ila-ci est un peu particulier dans son histoire d'embouteillage. A la base, 131 bouteilles avaient été embouteillées sous la gamme Old Malt Cask. Mais 18 bouteilles ont été ré-embouteillées spécialement pour la boutique Le Chemin des Vignes sous la gamme Douglas of Drumlanrig. Quant à savoir pourquoi le numéro de fût est passé de HL10069 à LD10542, là je n'en n'ai aucune idée et je ne vois aucune explication logique.

C'est bon, vous avez compris tout ce mic-mac ? Je sais, c'est un peu ardu à comprendre, toute cette histoire de scission et partage de gammes. Un peu comme dans les divorces avec partage des biens, c'est souvent le bordel.

Bref, parlons de ce Caol Ila...

Caol Ila 29 ans Douglas of Drumlanrig, 1984/2013, 50%
Caol Ila 29 ans Douglas of Drumlanrig, 01.1984 / 10.2013, Refill Hogshead LD10542, 50%, 18 bouteilles
  • Nez : Du miel de fleur de pommier. Une légère sécheresse poussiéreuse. De la paille humide. Ensuite se révèle la compote de fruits exotiques. Et serait-ce une feuille de menthe que je détecte, au loin, après aération ?
  • Bouche : Une fine tourbe terreuse, des champignons noirs des sous-bois, et de la fougère humide en légère décomposition. Du miel coulant, et des vagues citronnées qui vont et viennent en alternance avec des notes de fruits exotiques sucrés et juteux.
  • Finale : Longue. De la fumée au miel apparaît et prend possession du nez. Du vieux bois laqué en bouche. Des pincées épicées piquantes en toute fin de bouche.
  • Verdict : Le côté tourbé de ce Caol Ila est subtil, voire assez discret même. Très loin de la grosse tourbe agressive. Et c'est justement cette finesse et cette élégance que je recherche dans les (vieux) Caol Ila. Perso, j'adore ! Mention spéciale pour la complexité avec le nez, la bouche, et la finale dans des registres bien distincts.
  • 90/100.

Il reste encore quelques bouteilles (les dernières sur ces 18) au Chemin des Vignes, pour ±170 euros.

jeudi 2 octobre 2014

North British 1962/2013 (50 ans) The Sovereign, 57.2%

Je suis toujours méfiant envers les vieux whiskies (pour moi, un vieux whisky est un âgé de plus de 30 ans). Je préfère en règle générale les whiskies âgés de 18 à 30 ans. Un peu comme avec les femmes, quoi (si ma femme lit cet article, je suis mort :-s ). Bien évidemment, j’ai déjà croisé des vieux whiskies qui étaient très bons. Mais souvent, je les trouve soit trop imprégnés par le fût (les rendant soit trop boisés, soit balsamiques), soit passés.

De même, j’ai rarement croisé un whisky de grain qui me plaise. Je ne trouve pas bons les jeunes, et les vieux se retrouvent relégués dans les cas expliqués ci-dessus. Moi, difficile ? Bah oui, et j’assume !

La première fois que j’ai goûté ce North British de 50 ans d’âge (c’est du très, très vieux), il m’a séduit, à mon grand étonnement d’ailleurs. La seconde fois, il m’a conquis de par sa finesse et sa subtilité. Il est grand temps d’y revenir une troisième fois, avec note détaillée cette fois-ci.

North British 1962/2013 (50 ans) The Sovereign, 57.2%

Il s’agit donc d’un single grain (et non pas un single malt) North British (une distillerie du Lowland, fondée en 1885 et encore active de nos jours) âgé de 50 ans (ça en jette quand même, hein ? ;-) ), distillé en 1962 et embouteillé en août 2013 en single cask par l’embouteilleur Hunter Laing, sous sa gamme The Sovereign. Il titre à 57.2%.

  • Nez : Une chose est sûre, c’est que ce nez n’est pas passé ! Il est prenant, fin, subtil, enivrant. De la crème brûlée, de la noisette, du café, de la cassonade, des épices à profusion, du bois vernis. Des relents rhumesques, aussi, et de la liqueur de fruits jaunes.
  • Bouche : Entrée en matière puissante, la douceur s’installe (pour ne plus partir) dès la seconde gorgée. Une rondeur et une finesse qui collent bien à l’âge vénérable de ce nectar. De la pomme d’amour, de la noisette, de la vanille cuite et des fruits jaunes ratacuits. Quelques relents de bois précieux non envahissants.
  • Finale : Moyenne sur les saveurs, qui laissent la place à une chaleur sèche et boisée. Cette chaleur, lancinante (ça peut se dire pour ‘’chaleur’’ ? J’sais pas, m’en fous, je profite juste :-p ), qui me fait penser à des braises mourantes de feu de bois dans une grande cheminée médiévale, laisse des sensations très agréables.
  • Verdict : Malgré ce que cette note pourrait laisser penser, c’est bien différent d’un profil sherry. Les senteurs et saveurs sont bien identifiables, et pourtant se mélangent et se marient pour former un tout harmonieux, fin, subtil, et complexe. Un formidable whisky de grain qui se sirote lentement, à son aise, et qui mérite clairement de se laisser déguster.
  • Cote : J’hésitais entre 91 et 92. Mais comme ma femme l’a goûté et l’adore (elle qui n’est pas spécialement portée sur le whisky), je fais pencher la balance vers le 92/100.

Il en reste quelques bouteilles au Chemin des Vignes à Bruxelles (Stockel), pour environ 250€. Un prix plus qu’honnête pour un whisky de cet âge plus que vénérable (mais il est vrai que les whiskies de grain sont toujours moins chers que les whiskies de malt). Si jamais la découverte de vieux (et bons) brols vous tente, n’hésitez pas !