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samedi 24 octobre 2015

Garnheath 1978/2015 Cooper's Choice, 37 ans, 46%

"Garnheath ? C'est quoi ça ? Un blend ? Une distillerie ?" me suis-je demandé quand on m'a récemment proposé d'en goûter. Bah oui, même si je m'intéresse beaucoup au whisky, j'ai aussi encore beaucoup à apprendre; et je ne connaissais pas Garnheath.

Ha, vous non plus ? Ça me rassure ;-)

Une rapide explication s'impose, alors:

Certaines sources indiquent que Garnheath était une distillerie de grain située à Moffat dans les Lowlands, fondée en 1964 et fermée en 1986 par Inver House Distillers (qui détient aussi, entre autres, Pulteney et Balblair) à cause d'une surproduction de whisky de grain à cette époque.

D'autres sources indiquent que la distillerie s'appelait en fait Moffat Distillery, mais produisait du whisky de grain sous le nom Garnheath et du whisky de malt sous les noms Glen Flagler et Killyloch.

Je dois bien avouer que j'ai eu du mal à trouver des informations précises sur Garnheath, tout simplement parce que c'est une distillerie très peu connue, et même quasiment oubliée. Il n'existe d'ailleurs qu'une petite quinzaine d'embouteillages (tous indépendants, sans exception) répertoriés sur Whiskybase ! Je présume donc que toute la production partait dans des blends. Il faut dire aussi que le single malt et single grain n'avaient pas spécialement la cote dans les années 80...

Voilà pour la partie théorique, histoire de s'endormir moins bête ce soir ;-)

Et donc Cooper's Choice vient de sortir deux embouteillages de Garnheath. Un distillé en 1978 (celui qui nous occupe aujourd'hui), et un autre distillé en 1986.

Penchons-nous sur le 1978:

Garnheath 1978/2015 Cooper's Choice, 37 ans, 46%
Garnheath 04.1978 / 2015 Cooper’s Choice, 37 ans, Bourbon Cask n°309612, 46%, 282 bouteilles
  • Nez: Présent et bien en place. Des épices piquantes, du caramel, de la vanille, du chocolat blanc. Côté fruits, ce sont les oranges confites et le raisin blanc qui dominent, avec un peu de citron sucré en arrière-plan. Un nez qui devient de mieux en mieux en cours d’aération.
  • Bouche: L’entrée de bouche est douce et sucrée, compotée. Les épices piquantes arrivent alors en trombe et grandissent. Derrière ces épices se cachent des pommes vertes et jaunes à l’alcool blanc, et du miel vanillé. Les épices se font plus sages au fil du dram.
  • Finale: Courte. Du raisin sec et du miel printanier. Les épices piquantes reviennent en force, avant de mourir rapidement.
  • Verdict: Le nez est vraiment top et devient même de mieux en mieux au fil du temps. La bouche est plus conventionnelle, typique d’un vieux grain, mais toutefois bien équilibrée. Un grain caractérisé par les épices, mais franchement bien.
  • 89/100.

Disponible au Chemin des Vignes à Bruxelles, pour environ 220 euros. Le single grain est parfois encore un peu moins cher (à âge équivalent) que le single malt.

samedi 4 juillet 2015

Miltonduff 36 ans Cadenhead’s Single Cask, 1978/2015, 44.9%

Cadenhead vient d’embouteiller sa nouvelle vague de Small Batch et Single Cask, à destination de son marché international (via son distributeur dans chaque pays). Pas de grands nom de distilleries incontournables dans cette vague de juin (il y a quand même un Littlemill, dont j’espère pouvoir vous parler aussi, mais rien n’est moins sûr), mais quand même quelques vieux whiskies, dont ce Miltonduff de 36 ans d’âge embouteillé sous la gamme Single Cask, celle à l’étiquette dorée. Un seul fût pour cet embouteillage, comme son nom l’indique ; et seulement 126 bouteilles ont été tirées du fût.

Miltonduff 36 ans Cadenhead’s Single Cask, 1978/2015, 44.9%
Miltonduff 36 ans Cadenhead’s Single Cask, 1978 / 2015, 44.9%, 126 bouteilles
  • Nez : Bien présent et racé. Des notes florales, quelques gouttes d’agrume, de la poire sèche, et beaucoup de miel vanillé. Un milli poil poussiéreux aussi, comme des pétales de fleurs séchées. Les senteurs de petites fleurs se développent de plus en plus au fur et à mesure que le dram s’aère. Un grand nez.
  • Bouche : Douce, sucrée, et onctueuse au premier contact. Le miel de fleur est clairement à l’avant plan. Derrière lui, une corbeille de fruits jaunes juteux. Quelques pincées de malt sec, et quelques épices douces.
  • Finale : Assez courte. Des épices sèches picotent aux joues. Un brin de poussière fait son retour, accompagné de malt sec et boisé. De la pelure fruitée légèrement amère derrière tout ça.
  • Verdict : Très agréable à boire… à siroter, plutôt, d’ailleurs ; car il demande à ce qu’on prenne son temps pour le déguster. Ce n’est pas un ‘’daily dram’’ à siffler d’un coup, loin de là ! Un whisky plaisir / dessert très équilibré et très bien fait. Mais je ne trouve pas qu’il fasse son âge, ceci dit.
  • 89/100 (surtout pour le nez, que je trouve particulièrement enivrant).

Il vient d’arriver (avec le reste des nouveaux embouteillages de cette vague de juin) dans toutes les ambassades Cadenhead de Belgique et Luxembourg (Toby Vins en Wallonie ; Massen au Luxembourg ; Tasttoe, The Single Malt Whisky Shop et Crombé en Flandre), pour environ 325€. Oui, les vieux whiskies deviennent de plus en plus chers :-s.

vendredi 9 mai 2014

Face à face : les deux Tomatin 35 ans Cadenhead’s Small Batch

Un face à face de haut vol en ce jour (un peu spécial pour moi ;-) ) ! Un combat de poids lourds, le choc des titans ! Les deux Tomatin 35 ans Cadenhead’s Small Batch l’un face à l’autre ! Qui en sortira vainqueur ?
Les deux Tomatin 35 ans Cadenhead’s Small Batch
Les deux Tomatin 35 ans Cadenhead’s Small Batch
A ma droite, le Tomatin 35 ans Cadenhead’s Small Batch 1978/2013, 44.1%, 594 bouteilles (probablement un mélange de deux fûts). Cette bouteille avait été présentée au Spirits in the Sky de Leuven en novembre dernier, où j’avais eu l’occasion de rapidement la goûter. Je lui avais attribué, au pied levé, une note de 88/100.
A ma gauche, le Tomatin 35 ans Cadenhead’s Small Batch 1978/2014, 46.5%, 216 bouteilles (probablement un single cask) embouteillé spécialement pour The Nectar et distribué exclusivement par celui-ci. Cette bouteille a été présentée au Whisky Festival chez Massen début avril, où j’avais eu l’occasion de rapidement la goûter. Je lui avais attribué, au pied levé, une note de 86/100.
Mais ces deux bouteilles méritent clairement une vraie séance de dégustation ‘’de salon’’, au calme et en prenant son temps. Les amateurs avertis les ayant goûtés ont été très positifs aussi bien à propos de l’un comme de l’autre, et peut-être que mon avis au pied levé était biaisé par l’environnement ‘’festival’’. Il est temps pour moi de me faire une vraie opinion (et de la partager avec vous) à tête reposée.



Tomatin 35 ans Cadenhead’s Small Batch 1978/2013, 44.1%, 594 bouteilles :

    Face à face : les deux Tomatin 35 ans Cadenhead’s Small Batch
  • Nez : D’abord une odeur de thinner mélangé à de la térébenthine assez désagréable. Cela s’estompe vite pour plutôt devenir une odeur de colle vernie. Derrière je sens des abricots et de la pêche, de l’ananas et de la mangue. Il faut laisser le dram s’aérer ! Les fruits prennent alors le dessus et le solvant disparaît. Du pamplemousse fait son apparition par la suite.
  • Bouche : Une corbeille de fruits exotiques (ananas, mangue, pastèque gorgée d’eau). C’est très doux et agréable, frais. Un parfait dram d’apéro ! La bouche pourrait être un peu plus punchy pour être parfaite.
  • Finale : Longue sur les fruits dans les joues. L’alcool se fait un peu plus présent et picote la gorge. Une légère acidité citrique attaque la langue.
  • Verdict : Fin, subtil, complexe, c’est bon.
  • 88/100. Je reste sur ma première impression lors du Spirits in the Sky.




Tomatin 35 ans Cadenhead’s Small Batch 1978/2014, 46.5%, 216 bouteilles pour The Nectar :

    Face à face : les deux Tomatin 35 ans Cadenhead’s Small Batch
  • Nez : Une corbeille de fruits qui embaument : poire, pêche, nectarine, mangue, mandarine, banane. Du miel vanillé. Très frais et enivrant. Un nez de grande qualité.
  • Bouche : Du miel et de la vanille dominent. De la confiture de fruits jaunes. Bouche très bien faite mais un brin monolithique.
  • Finale : Moyenne. Quelques agrumes sucracidulés (oui j’invente des mots :-p ) font leur apparition et s’en prennent à la langue et au palais.
  • Verdict : Un whisky constant et cohérent, très bien fait.
  • 89/100. Il gagne 3 points par rapport à ma dégustation rapide ‘’de festival’’.
Note :
Je n’ai ajouté d’eau dans aucun des deux drams. Malgré qu’ils soient apparemment tous les deux en brut de fût, leur taux d’alcool n’est pas particulièrement haut et je n’ai pas ressenti le besoin de les adoucir.


 

Issue du combat :

Victoire au point (non non, ce n’est pas un KO, les deux whiskies jouent dans la même catégorie) de l’embouteillage pour The Nectar. Celui-ci a un nez vraiment supérieur. Je préfère par contre la bouche de l’embouteillage ‘’pas pour The Nectar’’ que je trouve plus fruitée, plus fraîche et plus complexe. Quant à la finale, je les trouve équivalentes en qualité. Il faudrait un mix des deux pour faire le whisky (presque) parfait qui coterait au-dessus de 90.
Les deux bouteilles sont encore disponibles sur le marché, tous deux au prix d’environ 270€. Concernant la première, vous pouvez la trouver chez Whiskybase, Whiskysite, et peut-être chez TasTToe s’il leur en reste encore. La seconde (celle embouteillée pour The Nectar) est encore disponible chez Whiskyhuis, The Bonding Dram et le Drankenshop Broekmans, et peut-être chez Massen et TasTToe s’il leur en reste encore.