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jeudi 21 septembre 2017

Ledaig 2000/2017 The Cooper’s Choice, 16 ans, 55.5%

Début 2016 j'avais publié une note de dégustation dithyrambique à propos du Ledaig1998 en fût de Sherry proposé par l'embouteilleur indépendant TheCooper's Choice. Il m'avait vraiment scotché (logique pour du... Scotch, non ? OK, je sors...), celui-là.

Un an et demi plus tard, le même embouteilleur nous propose son petit frère. Distillé en 2000 (et non plus en 1998), aussi en brut de fût, et aussi en fût de Sherry.

The Cooper's Choice a-t-il remis le couvert en nous proposant un Ledaig aussi séduisant que le précédant ?


Ledaig 10.2000 / 2017 The Cooper’s Choice, 16 ans, Sherry Cask n° 800116, 55.5%, 360 bouteilles


 

  • Nez : Directement, la tourbe fermière fumée se mélange aux senteurs apportées par le fût de Sherry: fumée, raisin sec, paille, orangette, fruits rouges confits, bois noble, caramel et épices exotiques. Un beau mariage, et un équilibre fort charmeur.
  • Bouche : Cet équilibre se poursuit, malgré les 55% qui n’agressent pas. Du caramel liquide, des épices de Noël, de la noix, de la fumée de paille à la cassonade, des zestes de citron confit. On garde la gorgée et on la fait tourner pour faire durer le plaisir.
  • Finale : Longue. Les épices picotent la langue, tandis que du jus d’orange sanguine amère s’incruste dans les papilles. Du bois sec apparaît en toute fin.
  • Verdict : Dans la comparaison avec le 1998/2016 du même embouteilleur, celui-ci est moins marqué par le Sherry, moins « Sherry bomb » du coup. Même si il est fort bon et particulièrement bien équilibré, il lui manque ce petit quelque chose d’étonnant et de superlatif pour le faire atteindre la barre fatidique du 90.
  • 89/100 (très proche de 90 quand même).




Disponible pour 125 euros à la Boutique du Chemin et (peut-être sur commande ?) chez We Are Whisky et Watch, Smell, Taste & Having Fun.

lundi 10 avril 2017

Springbank 11 ans Local Barley, 53.1% (OB)

Ha, enfin j'arrive à poser mes lèvres sur le Springbank 11 ans Local Barley !

Si l'an passé j'avais réussi à être le premier sur la balle du 16 ans, cette année-ci ça a été beaucoup plus compliqué.

En effet, suite au succès du 16 ans de l'an passé, ça a été la ruée cette année-ci sur son successeur et petit frère, le Springbank 11 ans Local Barley. Rapidement sold out un peu partout lors des précommandes, avant même que les boutiques ne soient approvisionnées. La rançon du succès.

Mais le succès (justifié) du 16 ans justifie-t-il le succès de ce 11 ans avant même que la communauté n'ait eu l'occasion de le goûter ? Verdict aujourd'hui (même si mon avis n'a évidemment pas force de loi et n'engage que moi).

Mais avant cela, un peu de théorie...
L'orge utilisée pour ce 11 ans est de type Bere Barley et a été cultivé à la ferme Aros, près de l'aéroport de Machrihanish (à vos souhaits).
Treize tonnes de cet orge ont été utilisées, le tout pour fournir au final 26 fûts d'ex Bourbon qui ont produit 9000 bouteilles.

Dernier rappel en passant: Springbank a annoncé qu'il sortirait un Local Barley chaque année, sur une période de 5 ans. Le premier était donc le 16 ans de 2016; ce 11 ans-ci étant celui pour 2017.



Springbank 11 ans Local Barley, 02.2006 / 2017, 53.1%, 9000 bouteilles (OB)

    https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEiOUFXj7xZzAx2_KfdwGZ59lOvXZ_SMGjCgd6pWrWycGQmoGcsgbSEy-83uc4gN6Hc-5r7ZpZdT0zMZefEM8psEwndL4uoZOBC9Wx3usVB28MMgVNK6HPK0VOrEmr-YVYSSBEZmVcG9bDAi/s1600/Springbank11yLB.jpg
  • Nez: De la vanille et du malt. Une légère fumée minérale, calcaire, se développe de plus en plus. Du fruit blanc essaie de se montrer, mais a du mal.
  • Bouche: Une amertume fruitée assez marquée en début de bouche. De la pomme, de l'abricot, et pas mal de malt. Des épices piquantes tambourinent au fond de la bouche. L'amertume s'estompe, supplantée par les épices.
  • Finale: Le calcaire refait surface. Une fraîcheur se révèle en rétro-olfaction. Puis une sécheresse amère s'installe.
  • Verdict: Même si globalement c'est un bon whisky, ce Springbank 11 ans Local Barley a aussi quelques traits qui me plaisent personnellement moins: amertume, épices trop appuyées, équilibre en dents de scie, et jeunesse passablement perceptible. Pas complètement convaincu, du coup.
  • 85/100.








Local Barley VS Local Barley: le Face à Face.

Il me paraissait complètement évident de faire un face à face entre le nouveau 11 ans et le 16 ans de l'an passé, même si ils affichent des âges différents.
Sans plus tarder...

https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEirxTmLMEsOEXjABr-Ack1CpeTVAcBbWUeRGAIcUH1u-nmXs9Qll8BTCCVhf-7-XzT9u2nWI3wX9tDULRap_0WwnLYQAfaZR9zFYhIdsE-C_-_kA85vYZpsrh5evG-6utK2vYNKaOss_Ouj/s1600/Springbank11yLB-F2F.jpg

  • Nez: Fumée minérale plus fine et plus subtile chez le 16 ans. Le sirop de fruits jaunes est aussi bien présent, et pas occulté comme chez le 11 ans.
  • Bouche: Le 16 ans est doux, sucré. Du sirop de fruit domine, accompagné d'une fine fumée crayeuse et calcaire. Bref, une gourmandise rustique. De son côté, le 11 ans est fort épicé et manque, en comparaison, de complexité et de subtilité.
  • Finale: Le 11 ans est amer et sec à ce stade-ci, tandis que le 16 ans est tout en douceur vanillée, fruitée, et de subtilité minérale.
  • Verdict: Vous l'aurez compris, à mes yeux il n'y a pas photo: le 16 ans est un gros cran au dessus du 11 ans.


Ce 11 ans Local Barley est peut être encore disponible chez certains cavistes en Wallonie (mais est probablement sold out quasi partout). Je vous conseille de jeter un œil à la liste des boutiques whisky en Wallonie et de contacter celui proche de chez vous.
Son prix, à sa sortie, tournait en Belgique aux environs de 120 euros.


Merci à Watch Smell Taste & Having Fun pour le sample.

vendredi 6 janvier 2017

Glen Scotia 16ans Cadenhead's Sherry Cask, 2000/2016, 57.8%

Au cours des 3 années du Blog, je n'ai publié qu'une seule note de dégustation de Glen Scotia. J'ai en effet une relation "difficile" avec cette distillerie: je l'ai découverte il y a quelques années via un extraordinaire embouteillage de chez Kintra, en fût de Sherry. Une vraie bombe, celui-là.

Mais depuis, il est rare que j'aie eu l'occasion de goûter du Glen Scotia, et quand je l'ai fait je n'ai jamais été fort séduit (à de très rares exceptions près).

Je n'arrive pas, surtout, à appréhender le "style" Glen Scotia. Y en a-t-il un, d'ailleurs ? Ou justement cette distillerie se distingue-t-elle par son manque de profil typique et reconnaissable, contrairement à beaucoup d'autres distilleries ? Bref, je ne me considère pas comme un spécialiste / amateur de Glen Scotia; je cherche encore mes marques par rapport à elle.

 

Cet embouteillage-ci fait partie de la vague de Noël de chez Cadenhead (et clôture mes différentes notes à son sujet, d'ailleurs. De la vague de Noël hein, pas de Cadenhead dont je compte encore vous parler en 2017 !!).

Glen Scotia 16ans Cadenhead's Sherry Cask, 2000 / 11.2016, 57.8%, 612 bouteilles

  • Nez: Bien couillu, comme j'aime bien chez les Sherry qui collent. De la prune noire, de la cassonade caramélisée, du bois laqué, du fruit rouge et noir en pagaille, une pointe de tabac doux. Des senteurs bien ancrées, ça annonce la couleur pour la suite.
  • Bouche: Une astringence fruitée s'installe, plutôt sur la pomme verte, mais néanmoins fortement épicée et enrobée de caramel. Ca forme un mélange étonnant et déroutant. Du bois sec bien présent en cours de dram.
  • Finale: Du bois sec amer occupe la place. Les épices explosent par salves. L'ensemble se veut fortement boisé sur la durée.
  • Verdict: Le nez est très très chouette (quoique classique pour ce genre de profil). La bouche par contre tranche avec celui-ci, abordant un virage dans une direction différente, moins conventionnelle pour ce genre de profil. L'astringence de la bouche et l'amertume boisée de la finale ne sont pas particulièrement ma tasse de thé.
  • 85/100.

En principe encore disponible pour 72€ à la boutique Cadenhead de Cologne.

 

mercredi 10 février 2016

Springbank 16 ans Local Barley, 54.3% (OB)

Tadaaaaa, LE whisky du moment dont toute la communauté parle !

La sortie de ce Springbank a été annoncée il y a moins de deux semaines, et ça a tout de suite été l'effervescence sur les réseaux sociaux et les forums spécialisés. Déjà, un nouveau Springbank est toujours une nouvelle en soi, la qualité globale de cette distillerie n'étant plus à prouver. Mais la nouvelle qui sort des sentiers battus cette fois-ci, c'est que ce Springbank a été distillé avec de l'orge local de la région de Campeltown (d'où "Local Barley", CQFD), alors évidemment tout le monde fait le lien avec les Local Barley 1966 en single cask, sortis dans les années '90 et devenus légendaires.

Mais bon, vous me connaissez, je suis méfiant et sceptique. Je suis comme Sœur Anne, j'attends de voir. Comparer du 1966 et du 1999 me paraît foireux à la base, puisque les processus de culture, de distillation, et les gens derrières les manettes ont fortement évolués et changés en plus de 30 ans.

Dans le même ordre d'idée, en quoi ce Local Barley apporterait-il un "plus" qualitatif et/ou gustatif par rapport aux autres orges cultivées... ailleurs ? C'est peut-être là que se situe justement la pierre angulaire du débat: pour 99,99% de la production de whisky, nous ne connaissons pas l'origine de l'orge utilisée. Ici Springbank joue la transparence, ce qui est très louable et plaît aux amateurs; alors qu'en général personne ne sait d'où vient l'orge utilisée dans la distillation du whisky écossais. On sait juste qu'une grande partie de l'orge n'est pas originaire d'Ecosse, mais rien de plus. Le flou total.

Merci donc à Springbank d'au moins être franc sur ce sujet là au niveau de cet embouteillage spécifique-ci.

Ce nouveau Springbank a donc été distillé avec de l'orge de type prisma (une orge de printemps, mais à part ça aucune idée de ce que cela représente par rapport à d'autres types d'orge), cultivé à la ferme Low Machrimore de Southend (à quelques miles de Campeltown). Le mélange de fût est de 80% de fûts de bourbon en chêne américain et de 20% de fûts d'Oloroso en chêne européen.

Ces 9000 bouteilles devraient constituer le premier batch de cet embouteillage; Springbank ayant annoncé que ce Local Barley intégrerait sa gamme régulière (au même titre que le 12 ans Cask Strength).

Allez, assez bla-blaté, place à la dégustation:

Springbank 16 ans Local Barley, 54.3% (OB)
Springbank 16 ans Local Barley, 1999 / 2016, 54.3%, 9000 bouteilles (OB)
  • Nez: De la céréale vanillée et mielleuse. Des zestes de citron apportent une fraîcheur bienvenue. Une fine fumée fruitée en toile de fond. Du sirop de citron se développe après aération.
  • Bouche: La texture en bouche est onctueuse, gourmande, et sucrée. De la compote de fruits blancs. De la poussière de malt sec virevolte, et du citron poivré tambourine au fond de la bouche. De la confiture de fruits jaunes exotiques vient se mêler à la danse.
  • Finale: Moyenne. La fumée de céréale séchée revient en bouche. Des pincées de poivre sont saupoudrées sur le bout de la langue. Des languettes de citron séché apparaissent.
  • Verdict: Aucun doute, c'est un très beau Springbank, très bon et très bien fait (en existe-t-il des mauvais ou des mal faits, d'ailleurs?). Les marqueurs fumés et fruités sont bien présents. Fruité, onctueux, fin ; il est très agréable à boire et n'agresse à aucun moment. Mais sur le plan purement personnel, les côtés maltés (fort développés) ne sont pas ma spécialement ma came.
  • 90/100 (pour la qualité intrinsèque du produit), 89/100 (sur le plan purement personnel).

Il devrait arriver dans les jours prochains chez tous les cavistes clients de The Nectar en Belgique et Luxembourg (l'allocation devrait se situer entre 400 et 500 bouteilles pour notre marché, d'après ce que j'ai pu lire), au prix de ±125 euros.

mercredi 13 janvier 2016

Clynelish 16 ans Hart Brothers, 1997/2014, 54.7%

Fin 2015 j'ai parlé de plusieurs Clynelish. Hé bien en voici encore un en ce début 2016 ! Il faut dire que les Clynelish en embouteillages indépendants, ce n'est pas ce qui manque... Mais après celui-ci ça devrait être plus calme en Clynelish sur le Blog, je n'en n'ai plus sous le coude à vous présenter. Bah, je trouverai bien autre chose hein !

Clynelish 16 ans Hart Brothers, 1997/2014, 54.7%

J'avais eu un premier contact avec ce Clynelish lors du Maltclan Festival organisé à Halle début 2015 (l'édition 2016 se déroulera ce dimanche 17/01, si jamais cela vous attire), où l'importateur belge de l'embouteilleur Hart Brothers présentait la gamme fraîchement débarquée en... Flandre (car encore aucun revendeur Hart Brothers en Wallonie à date d'aujourd'hui). Et je l'avais fort apprécié sur le coup, ce Clynelish, malgré qu'il soit passé en fin de festival, sur des papilles lourdement chargées.

Je m'en suis donc procuré une bouteille peu après, que je n'ai ouverte que tout récemment (non, je n'ouvre pas frénétiquement toutes mes bouteilles après achat, je suis parfois raisonnable !). Mais comme ce Clynelish est encore disponible à la vente, il n'est pas trop tard pour en parler.

Clynelish 16 ans Hart Brothers, 1997/2014, 54.7%
Clynelish 16 ans Hart Brothers, 05.1997 / 02.2014, 54.7%
  • Nez: Difficile de ne pas reconnaître Clynelish dès qu'on trempe ses narines dans ce whisky, tant le marqueur cireux saute au nez. De la cire (de toute évidence ^^) d'abeille, et beaucoup de fruits frais d'automne (pomme, poire, et zestes de mandarine). Une poussière de pollen sec se développe, tandis que la cire se fait plus discrète sur la durée.
  • Bouche: Le fruité prend ici le dessus. De la pomme jaune, du raisin blanc, et un quartier de citron. Une salinité s'installe quand on laisse du whisky tourner un moment en bouche.
  • Finale: Moyenne. Une pointe de sel à la déglutition, alors que le fruité perdure en s'éteignant lentement. Une brise boisée et fruitée virevolte alors.
  • Verdict: Il me semble difficile de trouver un mauvais Clynelish distillé en 1997. C'est quand même un bon millésime pour cette distillerie. Et ce whisky-ci n'y pas exception: il est bon, typiquement Clynelish, équilibré, savoureux et charpenté.
  • 88/100.

Encore disponible sur internet, et peut-être aussi chez Anverness (se renseigner, toutefois), pour ±95 euros.

samedi 3 janvier 2015

Laphroaig 16 ans Anam na h-Alba, 1998/2014, 51.6%

(photo Anam na h-Alba)
(photo Anam na h-Alba)

Retour vers des activités normales sur le blog, après les fêtes particulièrement chargées. Aujourd’hui, une des dernières nouveautés de l’embouteilleur indépendant allemand (au nom toujours aussi imprononçable) Anam na h-Alba. Cet embouteillage de Laphroaig a été distillé en 1998 et est sorti sur le marché juste avant les fêtes. Il est l’un des cinq nouveautés de l’embouteilleur.

En janvier 2014 je vous avais déjà présenté un Laphroaig 1998 (mais d’un autre embouteilleur), que j’avais particulièrement apprécié. Mais celui-là avait été maturé en fût de bourbon, alors que celui d’aujourd’hui est issu d’un Refill Sherry. Je m’attends donc à des différences de taille. Et je tiens aussi à rappeler que Laphroaig n’est pas spécialement la distillerie ayant mes préférences au niveau gustatif.

Bon, on y va ?

(photo Whiskybase)
(photo Whiskybase)
Laphroaig 16 ans Anam na h-Alba, 1998 / 2014, Refill Sherry, 51.2%, 186 bouteilles
  • Nez : Les marqueurs Laphroaig me sautent directement aux narines : fumée de paille sèche, camphre léger. Au nez, le sherry est discret. Il apporte une certaine rondeur, mais les fruits me rappellent plutôt un fût de bourbon. Après aération, une fraîcheur de foin se révèle, avant de s’évanouir un peu plus tard.
  • Bouche : Le sherry est ici plus présent qu’au nez, il apporte de la rondeur de fruits jaunes. La tourbe est néanmoins elle aussi bien présente : cendres froides et fumée poivrée. Du sirop d’abricot en toile de fond. Un peu d’herbe aromatique camphrée par ci par là.
  • Finale : Une petite explosion d’épices poivrées lors de la déglutition. La fumée sèche reste longtemps en bouche. Une légère amertume d’abricot sec à partir de la seconde gorgée.
  • Verdict : Un Laph reconnaissable et équilibré. L’alcool est bien intégré et n’agresse jamais. De bonne qualité, il manque seulement, à mon goût, de complexité et de subtilité.
  • 87/100.

Ce Laphroaig est disponible chez Dram 242 pour 68€, ce qui est un prix intéressant pour un Laphroaig de cet âge.

dimanche 19 octobre 2014

Deux BenRiach 1998/2014 (1 finish PX et 1 finish Tawny Port) OB for Anam na h-Alba

Continuons et terminons (pour le moment) notre exploration des ‘’finishes’’. Bien sûr, il est probable que je reparle de finish dans l’avenir, mais à l’heure actuelle il me semble une bonne idée de clôturer mon petit tour d’horizon des finishes par deux BenRiach. Oui, deux whiskies dans le même article, car issus de la même distillerie et distillés la même année. Le finish devrait donc faire la différence entre eux deux. Pas réellement un face à face, mais presque.

Ces deux BenRiach sont des embouteillages officiels, mais embouteillés spécialement et exclusivement pour l’embouteilleur allemand Anam na h-Alba (comme l’Edradour de l’article précédent).

Les deux finishes proposés aujourd’hui sont différents, l’un étant de sherry Pedro Ximenez (PX), l’autre de porto (Tawny Port). Tous deux distillés en 1998, ces whiskies ont été embouteillés en 2014, en brut de fût. Le temps de maturation en finish n’est pas spécifié, et est peut-être très différent d’un embouteillage à l’autre.

(photo Anam na h-Alba / Facebook)
(photo Anam na h-Alba / Facebook)
BenRiach 1998/07.2014 (16 ans) Pedro Ximenez Sherry Finish, Selected and Bottled for Anam na h-Alba, 53.4%, 589 bottles.
  • Nez : Poudre de cacao, caramel, épices douces, pêche caramélisée, abricot sec, traces d’amande. Pas mal de choses se télescopent pour former un tout cohérent.
  • Bouche : L’entrée en bouche est douce et agréable, malgré les 53.4%. L’alcool est bien intégré et n’agresse pas. Beaucoup de fruits blancs et jaunes caramélisés et confiturés. Du sirop de cassis poivré. Très bon en bouche.
  • Finale : Assez courte. Une petite amertume d’abricot sec, de la confiture de prune jaune. Sécheresse de pelure de fruits. Quelques épices douces.
  • Verdict : Je ne suis généralement pas friand des fûts en PX, préférant de loin l’Oloroso. Pourtant, ici, le finish apporte réellement quelque chose de positif qui me plaît. Le finish en PX serait-il plus à mon goût que la maturation complète en fût de ce sherry ? A réessayer, en tout cas.
  • 88/100.
(photo Anam na h-Alba / Facebook)
(photo Anam na h-Alba / Facebook)
BenRiach 1998/08.2014 (16 ans) Tawny Port Finish, Selected and Bottled for Anam na h-Alba, 55.8%, 781 bottles.
  • Nez : L’alcool pique au nez, occultant les odeurs. Il faut laisser le dram s’aérer un peu. Ensuite des épices douces et des effluves vineuses prennent tout le nez.
  • Bouche : D’abord la bouche est sage et effacée, puis l’alcool monte en puissance, accompagné de melon au vin, de pastèque et de poire en sirop.
  • Finale : Très courte. Une légère amertume abricotée, quelques épices douces, et pas grand-chose de plus.
  • Verdict : Peu complexe, ce whisky souffre aussi de l’alcool trop marqué. Ce finish ne me séduit pas plus que ça, même si en boire un dram peut s’avérer intéressant.
  • 83/100.

Ces deux BenRiach sont disponibles chez Dram242 pour un peu plus de 100 euros. Un prix un poil élevé, je trouve, pour des 16 ans d’âge (mais cette considération concernant le prix n’engage que moi, bien sûr).

Ma conclusion concernant les finishes :

Finalement, il y a des choses intéressantes à découvrir dans les finishes. Mais cela reste, je trouve, très aléatoire. Sur les quatre goûtés et présentés, deux m’ont agréablement surpris (j’aurais même considéré un achat, si il avait été plus en phase avec mes critères personnels prix/âge/qualité), tandis que les deux autres m’ont paru très dispensables. Bref, je ne vais plus avoir d’a priori négatif envers les finishes, mais les goûter avant de juger. Un peu comme avec tous les whiskies, en somme…

mercredi 23 avril 2014

Ardmore 16 ans Cadenhead’s Small Batch, 55.2% (IB)

Ardmore 16 ans Cadenhead’s Small Batch, 55.2% (IB)

Ma période tourbe et sherry commence à s’estomper (mon mal de gorge aussi, d’ailleurs), il est temps de remettre mes papilles au travail. Pour recommencer en douceur, j’ai choisi un Ardmore de 16 ans d’âge de l’embouteilleur Cadenhead (que je ne présente plus, j’en ai déjà parlé à maintes reprises, étant un de mes embouteilleurs préférés).

Cet Ardmore a été embouteillé fin 2013, pour arriver sur le marché début 2014. La gamme Small Batch de Cadenhead est la gamme destinée au marché international via les distributeurs nationaux de Cadenhead ; elle n’est pas une exclusivité des boutiques Cadenhead.

En règle générale le profil Ardmore est tourbé / minéral (pffff, encore de la tourbe ^^ ), ce qui est déjà atypique pour une distillerie du Speyside. Cet Ardmore 16 ans Cadenhead’s Small Batch à 55.2% sera-t-il dans cette lignée ?

  • Nez : De façon surprenante, le premier contact avec cet Ardmore est très loin du tourbé / minéral que je connais de cette distillerie. Ici ce sont les fruits verts qui dominent, la tourbe étant reléguée très loin en retrait via une très légère fumée pierreuse ; qui ira même jusqu’à disparaître au fil du temps. La poire blanche et la pomme verte tiennent le haut du pavé. Un peu d’huile d’olive et une fraîcheur végétale maltée passent par moments.
  • Bouche : D’abord douce sur la vanille, les fruits acidulés (pomme verte et citron) ripostent en force. Un peu d’anis en fond de bouche. Aucune trace de tourbe, par contre ; tout sur les jeunes fruits. Des relents de vin blanc liquoreux par moments, et du gingembre après une longue aération. Sensation huileuse et capiteuse globale.
  • Finale : Longue, piquante sur la langue. La sensation huileuse tapisse la bouche. L’acide citrique est bien présent.
  • Verdict : Un profil très atypique pour un Ardmore, loin du Speyside minéral et tourbé habituel de cette distillerie. Très fruité, frais et agréable ; idéal sur une terrasse au soleil. La complexité est présente, avec des saveurs qui passent et s’effacent successivement.

87/100.

Cadenhead étant distribué par The Nectar en Belgique, il est peut-être encore possible de se procurer (pour environ 70€) cet Ardmore auprès de certains spécialistes en whisky comme le Single Malt Whisky Shop ou TasTToe.

mardi 18 mars 2014

Lagavulin 16 ans, 43%, OB

Lagavulin 16 ans, 43%, OB

Haaa, le Lagavulin 16 ans. Tous les amateurs de single malt (et même les autres) en ont déjà entendu parler et/ou l’ont déjà goûté. C’est un ultra-classique, un incontournable, on le trouve partout. Ce whisky est souvent le premier contact avec la tourbe, d’ailleurs…

Mais ce n’est pas parce qu’on le trouve partout qu’il fait l’unanimité pour autant. Bien au contraire, il divise plutôt les foules ; on adore ou on déteste. D’ailleurs mon premier contact avec ce ‘’Laga 16’’ avait été très mauvais, il y a environ un an et demi. Je n’avais pas aimé et je l’avais sanctionné d’un petit 77/100. Qu’en est-il aujourd’hui ?

Ma note concerne une bouteille achetée et ouverte il y a plusieurs années. Depuis elle pourrit au fond du bar de son propriétaire, celui-ci détestant ce whisky. Quand je vous disais qu’on adore ou qu’on déteste…

  • Nez : De l’herbe sèche, des embruns, de la fumée cendrée, des notes pharmaceutiques, du sapin. Un meilleur nez que dans mes souvenirs (mais je suis dans une période ‘’tourbe’’ pour le moment, ceci explique peut-être cela).
  • Bouche : De façon assez surprenante, je trouve la bouche molle, plate, aqueuse et effacée. Bon OK, ce whisky est réduit, mais quand même ! Deviendrais-je un ‘’Cask Strength snob’’ ? Il y a quand même des choses qui se dégagent : le caramel, d’abord, très présent. De la fumée âcre ensuite. Un peu de poivre blanc, une très légère acidité. Et pas grand-chose d’autre.
  • Finale : Moyenne sur le caramel poivré. Une pincée de poivre picote au fond de la gorge.
  • Verdict : Je trouve ce Laga 16 assez plat et mou du genou. Pas complexe, le profil aromatique global de la tourbe mi fumée / mi médicinale n’est pas mon truc. C’est quand même un peu plus supportable que dans mon souvenir, mais je ne me classe pas dans la catégorie de ceux qui adorent.

81/100 (ce qui est quand même un peu mieux que 77).

Disponible absolument partout (grandes surfaces, cavistes, webshops, et même certaines stations-services). Généralement aux environs de 55€, on peut le trouver pour un peu plus de 40€ sur les webshops hollandais.

Je vous conseille vivement de le goûter (vous n’aurez pas de difficulté à trouver un ami qui en a une bouteille dans son bar) avant d’acheter une bouteille.

mardi 3 décembre 2013

Ledaig 16 ans Cadenhead’s Authentic Collection 1993/2009, IB, 55.7%

Ledaig 16 ans Cadenhead’s Authentic Collection 1993/2009, IB, 55.7%

Comme ces sales microbes ne me laissent pas tranquille, je continue de fouiller dans mes archives de notes… Et ce soir, je continue sur ma lancée Cadenhead’s (vous n’aviez pas encore remarqué que j’aime bien cet embouteilleur ?) tout en proposant un autre Ledaig, très différent du ‘’Age Matters’’ de The Whiskyman d’il y a quelques jours.

Mais ce Ledaig 16 ans Cadenhead's Authentic Collection 1993/2009, 55.7%, 272 bouteilles est très différent du ‘’Age Matters’’ : il n’est pas tourbé du tout, alors que généralement Ledaig l’est ! C’est donc un Ledaig atypique qui m’a étonné quand j’ai ouvert la bouteille. Pas toujours évident de goûter avant d’acheter…

Nez: Comme expliqué dans l’introduction ci-dessus, je m'attendais à un nez (et un whisky) tourbé, il n'en est rien. Le nez est très frais, sur les fruits jaunes, les agrumes et la paille.

Bouche: Une attaque très agrumique, acidulée. Les agrumes dominent clairement, suivis de poivre blanc et de pêche blanche.

Finale: Moyenne. La paille fait son retour dans la gorge, soutenue par des relents citronnés.

Verdict: Un profil très frais et très fruité; très loin du tourbé que l'on pourrait attendre d'un Ledaig. Néanmoins très bon et bien fait.

87/100.

Très différent du ‘’Age Matters’’, donc… Et comme ce Ledaig Cadenhead’s a été embouteillé en 2009, n’espérez même pas pouvoir encore en trouver… Je le présentais surtout afin de prouver que le nom d’une distillerie ne veut pas dire ‘’charrette’’ concernant un profil ou un goût typique, et qu’on ne peut prédire de rien avant d’avoir goûté.

dimanche 4 août 2013

BenRiach 16 ans finish Sauternes, OB, 46%

BenRiach 16 ans finish Sauternes, OB, 46%

J'ai déjà mentionné le principe du "finish" qui est la fin du vieillissement dans un type de fût autre que celui de bourbon; mais je n'avais pas encore présenté de note de dégustation d'un tel single malt. Lacune à présent comblée avec ce BenRiach 16 ans Sauternes Wood Finish, embouteillage officiel, 46%.

Waouw, du Sauternes, tout de suite ça en jette ! Effectivement, le Sauternes est un vin blanc liquoreux prestigieux; ça doit donner un "plus" non négligeable au whisky. Attention toutefois, les finish ne font pas obligatoirement des tueries à tous les coups, que du contraire (assez souvent le système de "finish" est utilisé pour masquer ou rectifier un whisky moyen, voire pas terrible, ou encore raté).

J'ai longtemps cherché un finish Sauternes à mon goût (ce fut une de mes "quêtes du Graal"), et ce BenRiach s'est avéré être celui correspondant le plus à mes préférences. J'avais précédemment goûté le Glenmorrangie 12 ans Nectar d'Or et le Glendronach 14 ans Sauternes. J'ai détesté le Nectar d'Or et le Glendronach m'a laissé de marbre. Autant dire que j'ai (presque) sauté de joie quand j'ai goûté ce BenRiach.

Nez: De l'iodé / sucré est la première impression qui saute aux narines. Ça s'annonce bien, j'aime l'iode. Du raisin blanc, de la poire cuite, cette fine couche d'embruns qui persiste. Derrière je peux sentir le bois et des fleurs d'été.

Bouche: De la douceur sucrée et une assez forte présence de bois. Une légère fumée iodée se fait sentir, ainsi qu'un mélange de fruits (abricot, citron, pomme). C'est bon, il n'y a rien à ajouter.

Finale: Moyenne. Le bois assèche la gorge, puis des notes vineuses liquoreuses (la "patte" la plus flagrante de ce finish Sauternes ?) remontent dans le nez.

Verdict: Il n'y a pas photo, c'est le meilleur finish Sauternes que j'ai bu; j'ai d'ailleurs jeté mon dévolu sur une bouteille. Attention, c'est une appréciation très personnelle, je connais des gens qui préfèrent le Nectar d'Or et d'autres le Glendronach.

87/100.

Le prix le plus bas que j'ai pu constater est de ± 40 euros (ce qui est très bon marché pour un 16 ans d'âge) chez Van Zuylen.