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mercredi 16 juillet 2014

Visite de la distillerie The Belgian Owl

Visite de la distillerie The Belgian Owl

La Belgique compte plusieurs distilleries de whisky, dont la plus connue est située en Wallonie, dans la région de Liège. Il aurait été sacrilège de la part d’un blog dont le lecteur cible est le Wallon amateur de whisky de ne pas la visiter. Dont acte…

Visite de la distillerie The Belgian Owl

Par une belle après-midi de début d’été, j’ai eu l’occasion de visiter la distillerie belge The Belgian Owl. Cette visite de groupe (nous étions environ une vingtaine de personnes) fut animée par Etienne Bouillon, le patron et fondateur de la distillerie.

La visite a commencé par un long discours à quelques mètres de la distillerie, au bord d’un champ d’orge. Les explications d’Etienne ont été vastes et complètes sur l’histoire de la fondation de The Belgian Owl, ses difficultés à trouver des aides financières pour lancer son projet un peu fou (aides financières qui ne furent finalement pas des banques mais d’un mécène privé séduit par la folie de la chose).

Il fallait en effet être un peu (ou complètement ?) fou pour vouloir lancer une distillerie de single malt en Belgique, alors que le marché est bien accaparé par les marques écossaises et (dans une moindre mesure) japonaises. Surtout avec comme objectif de produire le meilleur whisky du monde (dixit Etienne lui-même), rien que ça !

Et pourtant, mine de rien, petit à petit, The Belgian Owl a réussi à gagner ses galons qualitatifs dans le monde du single malt et à se développer sur le marché. Pour arriver à cette qualité et cette reconnaissance du public, Etienne a misé sur un facteur bien précis pour se démarquer des autres distilleries : son terroir local !!

Visite de la distillerie The Belgian Owl

L’orge est cultivée à proximité de la distillerie, en Hesbaye Sèche (appelée ‘’Sèche’’ en raison de l’absence de source d’eau en surface et de la présence d’une nappe phréatique en sous-sol), sur une superficie de 62 hectares (chaque hectare produisant entre 6 et 7,5 tonnes d’orge maltable). La région de Hesbaye a été choisie en raison de son sol limoneux particulièrement propice à la culture de l’orge. Une aubaine que ce genre de sol, assez rare au demeurant, se trouve juste à côté de la distillerie !

Celle-ci a des accords avec six agriculteurs qui cultivent l’orge de la distillerie. Ces accords sont basés sur un commerce équitable ; les prix de vente étant définis entre la distillerie et les agriculteurs en début d’année, sans trop se soucier des cours boursiers de l’orge. Si les cours officiels étaient suivis, ce ne serait tout bonnement pas rentable pour les agriculteurs. Etienne Bouillon a donc trouvé un système satisfaisant toutes les parties pour se faire approvisionner en orge. Outres les accords sur le prix, The Belgian Owl a aussi convenu avec les agriculteurs que le type de culture adopté serait raisonné. Cela signifie (dans les grandes lignes) que la nature fait son office, et que l’homme n’intervient artificiellement que si cela est nécessaire.

L’orge utilisée est une orge de printemps, semée en mars/avril et récoltée en été. Elle est ensuite stockée pendant une période (appelée ‘’de dormance’’) de 4 mois. Puis les 470 tonnes deviennent maltables et sont envoyés à la malterie du Château de Beloeil, où elles sont séchées à l’air sec après maltage. La malterie stocke l’orge maltée, et The Owl Distillery le récupère petit à petit pour la distillation finale.

La Hesbaye Sèche est, en raison de son sous-sol peu commun, surveillée par les instances publiques sur les produits chimiques et pesticides utilisés sur les champs de culture. Les agriculteurs ne peuvent pas faire n’importe quoi, ce qui assure une certaine protection au sous-sol contre la pollution. Et par extension, l’eau des nappes phréatiques souterraines est elle-aussi préservée. Une autre aubaine pour la distillerie qui utilise cette eau dans le processus de distillation, via un puits de 38 mètres de profondeur.

Le sous-sol (dont les minéraux sont, soit dit en passant, le principal responsable des saveurs du ‘’new make’’), l’eau, la culture locale et raisonnée, le maltage et la distillation ; tous ces facteurs locaux mis ensemble forment ce terroir de proximité cher au cœur d’Etienne Bouillon : des matières premières et une production locales et de qualité pour garantir un whisky de la meilleure qualité possible.

Visite de la distillerie The Belgian Owl

Parlons justement de la distillation, qu’Etienne nous a expliquée ; après notre visite des champs ; dans la distillerie elle-même.

Je ne vais bien évidemment pas vous réexpliquer les principes de distillation du whisky, je l’avais déjà fait dans un article à ce sujet.

La distillerie se trouve dans une ancienne ferme reconvertie, dont le corps de logis est habité par le fils du propriétaire des lieux (la distillerie n’en étant pas la propriétaire) ; fils travaillant d’ailleurs à la distillerie avec Etienne. Une aile de la ferme est occupée par la zone de distillation, l’autre aile occupant la zone de stockage des fûts (un entrepôt fermé du sceau du service public s’occupant des taxes et accises) et le ‘’visitor centre’’, actuellement encore en rénovation et qui accueillera dans l’avenir les visiteurs et invités.

Les visiteurs ne peuvent pas se balader dans la zone de distillation, pour des raisons de sécurité et d’assurances. Etienne nous a donc expliqué le processus et présenté son équipement depuis l’entrée de la zone.

Parmi son équipement, le plus prestigieux est bien évidemment les deux alambics (en cuivre) de type pot still et le spirit safe datant d’il y a plus d’un siècle et originellement utilisés chez Caperdonich en Ecosse, une distillerie définitivement fermée en 2002. Etienne a pu les racheter à la société Forsythe (une société qui construit des alambics en Ecosse et qui est propriétaire de ce qui reste de Caperdonich) grâce à Jim McEwan, le patron de la distillerie Bruichladdich chez qui il a suivi un écolage en distillation et avec qui il est resté ami. Les deux alambics sont arrivés en Belgique et ont été installés à Fexhe-le-Haut-Clocher en février 2013. 2014 est donc la seconde année où ils sont utilisés, et ils ont permis d’augmenter grandement la capacité de production.

Le matériel de distillation, les cuves de distillation, un des deux alambics (anciennement de chez Caperdonich), et le spirit safe (idem)Le matériel de distillation, les cuves de distillation, un des deux alambics (anciennement de chez Caperdonich), et le spirit safe (idem)
Le matériel de distillation, les cuves de distillation, un des deux alambics (anciennement de chez Caperdonich), et le spirit safe (idem)Le matériel de distillation, les cuves de distillation, un des deux alambics (anciennement de chez Caperdonich), et le spirit safe (idem)

Le matériel de distillation, les cuves de distillation, un des deux alambics (anciennement de chez Caperdonich), et le spirit safe (idem)

Visite de la distillerie The Belgian Owl

Les fûts utilisés pour maturer le whisky sont des fûts exclusivement de premier remplissage de Bourbon de chez Heaven Hill, qui arrivent non démontés directement des Etats-Unis. The Belgian Owl ne réutilise jamais ses fûts après la mise en bouteille, et les revend à qui le veut.

Visite de la distillerie The Belgian Owl

A la fin de la visite, nous avons pu goûter du ‘’new make’’ (du jeune distillat non maturé en fût) et du whisky ayant maturé 3 ans en fût ; tous deux réduits à 46%. Le new make est très fruité sur le raisin et rappelle un peu la Grappa. Le whisky est lui aussi fruité, doux, et agréable. Mais The Belgian est-il le meilleur whisky du monde ? Bien évidemment la perception qu’on a d’un whisky est toute personnelle (je l’ai assez répété sur le blog !), et pour ma part je pense que ce whisky est encore trop jeune que pour être considéré comme étant le meilleur. Mais il a clairement un très bon potentiel qualitatif et gustatif. Je pourrai me faire une idée plus précise quand je pourrai goûter un 10 ou un 12 ans d’âge. Encore quelques années de patience…

La visite, en tout cas, était bien sympa, intéressante et éducative ; ce qui est l’essentiel et ce qu’on est en droit d’en attendre.

Si vous aussi vous avez envie de visiter The Belgian Owl, il vous est possible de contacter la distillerie par email ou par téléphone via son site web.

Je tiens à remercier Etienne Bouillon pour sa gentillesse et sa disponibilité lors de cette visite ; et je salue sa passion pour le whisky (en général) et pour son terroir (en particulier).

dimanche 22 décembre 2013

Investir sur 3 ou 5 ans dans le whisky wallon The Belgian Owl ?

Investir sur 3 ou 5 ans dans le whisky wallon The Belgian Owl ?

Depuis la création de ce blog ‘’wallon’’ sur le single malt, je n’ai pas encore consacré d’article sur The Belgian Owl, LE whisky wallon le plus réputé. Je sais, c’est honteux, mea culpa.

The Belgian Owl fait de plus en plus partie du patrimoine wallon. On en parle un peu partout dans les médias (presse et télé), et la qualité du produit s’affirme de plus en plus au fil du temps. Un bel avenir s’annonce pour cette distillerie fondée il y a presque 10 ans dans la région liégeoise.

Il ne faut bien évidemment pas s’attendre encore à trouver de vieilles bouteilles de 25 ans d’âge, mais Etienne Bouillon (le patron de la distillerie) veut voir loin dans le futur. La réputation de son whisky s’affirme d’année en année, et ses stocks limités se vendent rapidement jusqu’à épuisement.

The Belgian Owl a racheté les anciens alambics de la distillerie écossaise Caperdonich, suite à la fermeture de celle-ci, afin d’augmenter sa production pour assouvir la demande grandissante en whisky The Belgian Owl. Cette année la première production avec les alambics Caperdonich a été distillée, mais il va falloir attendre quelques années de maturation en fût avant de voir ce whisky arriver sur le marché. Et cette attente coûte de l’argent à la distillerie qui doit continuer à faire face à ses coûts fixes réguliers.

The Belgian Owl a donc décidé de miser sur l’avenir en proposant maintenant à la vente des réservations de parties de fûts qui seront disponibles après la maturation de 3 ou 5 ans du whisky. Une idée saugrenue ? Pas si sûr…

Le projet ‘’Eternity 2016’’ mise sur la passion du whisky et sur le patrimoine wallon, et permet d’assurer la pérennité de la distillerie sur les 5 prochaines années en lui assurant partiellement une certaine assise financière. Une distillerie coûte cher, très cher, à mettre en route avant qu’elle ne devienne rentable, du fait justement entre autres de ce capital de whisky immobilisé pendant de longues années de maturation. The Belgian Owl est encore jeune et est indépendante. Elle ne fait partie d’aucun géant du whisky du style Diageo ou Suntory. Eternity 2016 permet donc à tout un chacun de faire partie de l’aventure non pas en achetant des parts du capital, mais des parts de fûts de whisky.

Que l’on soit amoureux du single malt, ou de son terroir wallon, ou encore juste un spéculateur espérant en retirer du profit dans 3 ou 5 ans ; les raisons sont multiples pour y trouver son compte.

En retirer du profit ? Vraiment ? Je ne suis pas Nostradamus, mais quand je vois la flambée des prix sur le single malt rien que sur les derniers 12 ans ; je me dis que cette flambée n’est pas prête de s’arrêter (et je ne suis pas seul à le penser).

Avec Eternity 2016 chacun peut acheter du whisky renommé (et qui le sera encore vraisemblablement quand les bouteilles seront disponibles) au prix d’aujourd’hui et éventuellement le revendre à terme au prix de 2016 ou 2018. Le rendement sur certaines bouteilles de whisky est plus grand que dans l’immobilier, alors qui sait ce que vaudront ces bouteilles dans 5 ans ?

Investir sur 3 ou 5 ans dans le whisky wallon The Belgian Owl ?

Alors, concrètement, que propose The Belgian Owl ? Quatre parts de fûts différents sont disponibles :

  • 1/32 de fût (12 bouteilles de 50cl) de 3 ans à 46% pour 600€. Soit 50€ la bouteille.
  • 1/42 de fût (6 bouteilles de 50cl) de 3 ans en brut de fût pour 400€. Soit ± 67€ la bouteille.
  • 1/26 de fût (12 bouteilles de 50cl) de 5 ans à 46% pour 700€. Soit ± 58€ la bouteille.
  • 1/35 de fût (6 bouteilles de 50cl) de 5 ans en brut de fût pour 500€. Soit ± 83€ la bouteille.

Chaque acheteur de part de fût reçoit un certificat de la distillerie, lui garantissant qu’elle sera disponible (sous forme de bouteilles) à échéance.

Evidemment, tout le monde n’a pas les moyens d’investir 400 ou 700 euros dans du whisky à moyen terme. Mais une famille pourrait par exemple se cotiser pour avoir SON morceau de fût de whisky wallon ; ou un club de whisky, ou un groupe d’amis… les possibilités sont nombreuses et ne se limitent pas à une seule personne investissant dans la part du fût.

Investir sur 3 ou 5 ans dans le whisky wallon The Belgian Owl ?

A terme, outre l’aventure autour de la passion du single malt ou pour promouvoir le patrimoine wallon, l’investissement purement financier pourrait s’avérer payant. C’est une vision bien vénale, mais il ne faut pas l’occulter. Le single malt est sujet, depuis quelques années, à bien des spéculations et les prix qui ne cessent de grimper sont là pour prouver que c’est un produit porteur. Et même si la motivation première d’Etienne Bouillon est la passion (ça j’en suis persuadé pour avoir discuté avec lui), il doit aussi penser à assurer la subsistance de son entreprise et avoir à manger dans son assiette chaque jour.

Si vous voulez en savoir plus à propos de ce projet Eternity 2016, les infos complètes sont disponibles sur son site internet.

Investir sur 3 ou 5 ans dans le whisky wallon The Belgian Owl ?
Visuels de cet article © The Belgian Owl, avec son aimable autorisation.

lundi 11 novembre 2013

Compte rendu : Spirits in the Sky 2013

Compte rendu : Spirits in the Sky 2013

Ce week-end des 09 et 10 novembre se tenait le festival Spirits in the Sky à Leuven. Ce festival, organisé par The Nectar (distributeur belge de spiritueux et acteur majeur dans le monde du whisky belge), est l’un des principaux (avec Lindores à Ostende et le Whisky Live de Spa) organisés en Belgique sur l’année.

Sur ces deux jours, de nombreux exposants proposaient leurs produits. Bien évidemment du whisky, mais aussi du rhum, du cognac, du gin, etc… Je vais plutôt me concentrer sur le whisky dans ce compte rendu, bien évidemment.

Diverses masterclass étaient aussi organisées chaque jour.

Je m’y suis rendu le dimanche, voici mon ressenti concernant cette après-midi.

Le festival se tenait dans une salle d’un immense complexe sportif comprenant une piscine, nombreuses salles de divers sports, mur d’escalade, brasserie, etc… Ça peut paraître cocasse un tel endroit pour un festival sur les alcools, mais après tout le lever de coude peut parfois s’apparenter à un sport, non ?

Arrivé à l’heure de l’ouverture, pas besoin de faire une longue file ni au vestiaire ni à la caisse (où la charmante hôtesse The Dictador moulée dans une combinaison noire on ne peut plus près du corps accueillait le public ; histoire de le mettre en appétit). Après la caisse, on recevait un verre Glencairn (un vrai !), le catalogue 2013/2014 de The Nectar et 5 jetons "diamond". Ces jetons étaient la monnaie servant à acheter les drams de dégustation ; chaque jeton valant 1€.

Niveau salle, elle était suffisamment grande ! De forme rectangulaire, aérée, pourvue d’un grand bar où les cocktails étaient préparés et servis ; les nombreux stands étaient disposés le long des murs et fenêtres.

Compte rendu : Spirits in the Sky 2013

J’ai à peine eu le temps de faire un tour rapide en reconnaissance des lieux, que je dois me rendre à la Masterclass Cadenhead où j’avais réservé une place. Direction une salle annexe où 25 joyeux amateurs de retrouvent en compagnie de Mark Watt pour une dégustation de ‘’cask samples’’ (des échantillons de fûts en voie de sélection pour un embouteillage). Six échantillons étaient proposés lors de cette masterclass très agréable, intéressante, et menée avec beaucoup d’humour par Mark Watt. Les six échantillons (trois d’entre eux me paraissant très séduisants et les trois autres n’étant pas spécialement à mon goût) étaient :

  1. Benriach 1996. L’alcool pique aux yeux en le reniflant, bouche sur la pomme jaune, finale longue et chaude, assez sèche. Pas trop mon truc globalement (surtout le taux d’alcool apparemment assez élevé).
  2. Clynelish 1994 sherry. Superbe sherry sur le caramel très salé. Assez proche du récent Clynelish Small Batch de chez Cadenhead, en plus salé. Personnellement j’adore ce genre de profil.
  3. Glenlossie 1966. Nez très résineux, bouche assez effacée ; pas extra.
  4. Glenlivet 1988 sherry butt. Nez sur le caramel, pas excessivement sherry, bouche très sucrée, mais finale qui crame la tronche (ouch !). Quasi imbuvable.
  5. Mortlach 1992 sherry. Très très bon nez, sherry très prononcé, taux d’alcool assez élevé (± 57%). J’y ai ajouté un peu d’eau, et là il devient très bien, il s’ouvre sur les fruits caramélisés.
  6. Caol Ila 1984 (un mélange de 2 sherry butts et d’1 bourbon hogshead). Un super nez très typique de la tourbe Caol Ila, de la fumée, de la cendre. Bouche douce sur le miel et la fumée. Très très bon dans son ensemble.
Les 6 drams de dégustation lors de la Masterclass Cadenhead "Cask Samples"

Les 6 drams de dégustation lors de la Masterclass Cadenhead "Cask Samples"

Compte rendu : Spirits in the Sky 2013

Retour dans la salle principale après une heure passée à la masterclass, et je peux constater que beaucoup de monde est arrivé sur ce laps de temps. Les spiritueux attirent décidément les foules.

Il me fallait évidemment cibler les choses que je dégusterais ; goûter à tout étant impossible. J’ai préféré me concentrer sur les nouveautés et sur les choses que j’avais envie de goûter depuis longtemps.

Démarrage par le stand de Dominiek Bouckaert qui présentait la gamme Malts of Scotland et 5 nouveaux embouteillages "Age Matters" The Whiskyman. J’y ai goûté le Clynelish 17 ans sherry (que j’ai trouvé fort à mon goût) et le Littlemill 21 ans 50.2% (pas mauvais du tout, mais un peu instable).

Ensuite direction le stand The Whisky Agency qui présentait quelques embouteillages exclusifs pour le Spirits in the Sky. J’ai testé le nouveau Littlemill 24 ans The Perfect Dram (que j’ai trouvé trop alcooleux) et le Glen Scotia for SITS (un nez extraordinaire plein de choses inhabituelles, mais une bouche beaucoup plus passe partout).

Petit passage express chez Signatory Vintage où j’ai goûté un Longmorn 1992 Cask Strength Collection qui n’avait rien de spécial.

Le Tomatin 35y et le blend Creations de chez CadenheadLe Tomatin 35y et le blend Creations de chez Cadenhead

Le Tomatin 35y et le blend Creations de chez Cadenhead

Long arrêt ensuite au stand Cadenhead où j’ai pu discuter avec Mark Watt qui était revenu pour promouvoir ses nouvelles bouteilles. La nouvelle vague de Small Batch était là, chouette, je voulais en goûter certains ! D’abord le Bruichladdich 20 ans et le MacDuff 24 ans sherry qui me semblent bien bons.

Ensuite le fameux Tomatin 35 ans dont tout le monde parlait sur le festival. Il m’avait été rapporté qu’il faisait penser aux vieux Bowmore des années 60. Ha, peut-être, mais je n’ai pas connu ces vieilles bouteilles ; mon avis sera donc celui d’un noob en whisky : un nez sur les zestes d’orange confite, le bois précieux vernis, la compote de citron. Une bouche douce, fruitée (orange confite) et légèrement boisée. Une finale assez courte sur le sel, le poivre et le bois. Très bon en effet, mais je n’ai pas été envoyé en orbite non plus.

Finalement, une petite claque inattendue : le nouveau blend Creations "Rich fruity sherry" 20 ans qui est un mélange de 4 fûts (Mortlach, Invergordon, Cameronbridge et Bruichladdich). J’ai été clairement impressionné, j’avais des à priori assez négatifs envers les blends et celui-ci les a fait voler en éclats. Une bouteille que je vais devoir me procurer, surtout qu’elle n’est pas chère du tout.

Compte rendu : Spirits in the Sky 2013

Comme je venais de goûter un super blend et qu’on m’avait dit le plus grand bien de Compass Box, j’ai fait un saut par leur stand. Et là aussi j’ai été agréablement surpris (il y a donc de bonnes choses à découvrir dans les blends, bien loin des J&B, William Lawsons et autres Johnnie Walker. Un sujet que je vais devoir approfondir, finalement…) :

Le Compass Box Great King Sherry est un excellent daily dram, très lisse et agréable en bouche ; une très bonne introduction à petit prix pour toute personne voulait s’initier au whisky.

J’ai aussi goûté le Compass Box Peat Monster 10th Anniversary, un blend de 6 whiskies différents dont les principaux sont Caol Ila et Clynelish. Très très bon, la patte Caol Ila est clairement présente avec une couche vernissée à la Clynelish tout aussi perceptible. Bien complexe, mais un peu chéro quand même (pour un blend) je trouve.

Arrêt ensuite au stand Bowmore / Yamazaki. Cela faisait longtemps que je voulais goûter le Yamazaki 18 ans, c’est chose faite ! Un nez très complexe, le sherry n’est pas envahissant. Bouche très propre sur elle, nette, clean, douce et poivrée. C’est très bon, mais trop ‘’propre sur lui’’ aussi je trouve.

J’en ai aussi profité pour rapidement goûter le Bowmore Laimrig, un 15 ans sherry en édition limitée plébiscitée par une large majorité d’amateurs éclairés. Hé bien cette majorité a raison, c’est vachement bon ; je vais pouvoir ouvrir ma bouteille !

Une vue d'ensemble d'une partie de la salle, en début de festival

Une vue d'ensemble d'une partie de la salle, en début de festival

Et avec tout ça, à force de discuter longuement avec des amateurs et professionnels passionnés, bam ! Le salon va fermer, il est déjà tard, et je n’ai fait que les 2/3 de ce que je voulais faire. Argh !

Une dernière conversation avec Etienne Bouillon de chez The Belgian Owl (son new make avec ses alambics Caperdonich est très bon, très parfumé et très fruité ; c’est très prometteur), une personne très ouverte, passionnée, généreuse et joviale ; et nous voilà dehors. L’heure c’est l’heure (et les organisateurs avaient clairement besoin de se reposer, ils avaient l’air crevés par un tel marathon) !

C'est très difficile évidemment de coter de façon précise tous les whiskies goûtés. Un festival est une très bonne opportunité pour goûter plein de choses et se faire une grossière opinion "j’aime ou j’aime pas" en vue d’achats postérieurs, mais pas un endroit propice pour décortiquer de façon chirurgicale un dram.

Mon ressenti global est clairement positif : j’ai passé une super après-midi remplie de bien bons moments à longuement discuter avec des passionnés et à goûter de très bonnes choses. L’an prochain je devrai juste prévoir de venir les deux jours afin de pouvoir visiter tous les stands à mon aise. Vivement le SITS 2014 !

samedi 22 juin 2013

Les distilleries (mythiques) fermées

Les distilleries (mythiques) fermées

Comme expliqué dans un précédent billet, il y a beaucoup de distilleries en Écosse. Et jadis il y en avait encore plus, certaines ayant fermé.

Parmi ces distilleries fermées, certaines sont devenues mythiques aux yeux des amateurs de single malt. Mais remettons nous d’abord dans le contexte de l’époque…

Au début des années 80, le marché du single malt est quasi inexistant. Les distilleries ne produisent essentiellement que pour le marché du blend : elles revendent toute leur production aux blenders (Johnny Walker, J&B, etc) qui mélangent des whiskies de distilleries différentes pour faire leur blend au goût lisse et passe partout.

Dans les années 80, une crise frappe aussi le marché du whisky. La demande s’effondre, la production étant alors beaucoup trop importante par rapport à cette demande.

Certaines distilleries (soit qui produisent un whisky ayant un goût trop typique pour être revendu pour le marché du blend, soit qui n’arrivent plus à vendre leur surplus de production) perdent leur rentabilité. Et comme pour toute société commerciale, si la rentabilité n’est plus là, la distillerie n’est plus viable et ferme.

Ce n’est que plus tard que le marché du single malt se développe et que les amateurs de goûts typiques et variés commencent à rechercher ces différences que le blend ne propose pas.

Une distillerie fermée ne veut pas dire que sa production a été détruite. Quand le marché du single malt se développe, les fûts de ces distilleries fermées refont surface et des bouteilles (qu’elles soient officielles, proposées par le groupe industriel auquel appartenait la distillerie fermée ; ou indépendantes en raison du rachat de fûts lors de la fermeture de la distillerie) apparaissent sur le marché. Bien évidemment, les amateurs s’arrachent alors ces bouteilles (malgré leur prix élevé) puisqu’elles sont en quantité limitées et proposent généralement des goûts très typés et intéressants. Mais les embouteillages proposés de ces distilleries ne dureront pas éternellement, en raison des quantités limitées de fûts restant lors de la fermeture. C’est donc une course contre la montre qui s’ouvre pour les amateurs de single malt à la recherche de bouteilles d’exception.

Parmi ces distilleries ayant fermé, voici celles dont les bouteilles sont les plus recherchées par les amateurs de single malt :

- Brora (Highlands) : Fermée en 1983. Ha ! Clairement ma distillerie préférée, les embouteillages officiels proposés par Diageo (la maison mère) sont divins. Le dernier en date (sorti en 2012) est un 35 ans d’âge. Le filon est pratiquement épuisé, maintenant. Hors de prix, mais à goûter sans hésiter si vous en avez l’occasion.

- Port Ellen (Islay) : Fermée en 1983. La distillerie mythique de l’île d’Islay, les amateurs de single malt tourbé s’arrachent à prix d’or les rares bouteilles qui existent encore.

- Saint Magdalene (Lowland) : Fermée en 1983. Extrêmement difficile à trouver.

D’autres distilleries ont fermé, pour diverses raisons, plus tard que dans les années 80. Il est plus facile de trouver à l’heure actuelle des bouteilles (principalement d’embouteilleurs indépendants) de ces distilleries que de celles fermées dans les années 80. Et surtout à un prix beaucoup plus démocratique.

- Caperdonich (Speyside) : Mise en sommeil en 2002, finalement détruite en 2010. La distillerie BELGE The Belgian Owl, située près de Liège, a racheté les alambics de Caperdonich pour produire son single malt belge.

- Imperial (Speyside) : Mise en sommeil en 1998, démolie en 2005. Certaines bouteilles sont très intéressantes.

- Littlemill (Lowland) : Fermée en 1997, détruite par le feu en 2004. Si le whisky produit par Littlemill à l’époque était de qualité assez piètre, on peut trouver ces temps-ci assez bien d’embouteillages indépendants qui sont excellents.