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mardi 16 février 2016

Single Irish Malt Whiskey 13 ans William Cadenhead, 46%

J'avais terminé mes notes de dégustation de 2015 sur un (très bon) whisky embouteillé par Cadenhead, mais en ce début 2016 je n'en n'avais pas encore parlé. C'est fou ça non ?? Plus d'un mois sans parler de Cadenhead !! Hé bé, tout fout le camp dites donc !!

Pour mon premier Cadenhead de l'année, je passe en revue une bouteille de la nouvelle gamme de cet embouteilleur. En effet, à côté des gammes internationales bien connues que sont Small Batch et Single Cask, voici arriver la nouvelle gamme internationale baptisée William Cadenhead. En format de bouteille de forme "normale" (exit les jolies "dumpy"), cette gamme propose des embouteillages de whiskies sans nom de distillerie indiqué (c'est à la mode), et titrant à 46%. La première fournée est composée d'un jeune Islay, du blend 12 ans dont j'avais parlé dans mon compte rendu du Spirits in the Sky 2015, et d'un whiskey irlandais qui nous occupe aujourd'hui.

Cette gamme William Cadenhead est sensée être régulièrement renouvelée, il y aura d'autres irlandais et Islay malts en single cask, et d'autres batches du blend.

Ha, un Irlandais, donc. Tout les embouteilleurs essaient d'en sortir, c'est très à la mode. Et généralement très bon, il est vrai. Qu'en est-il de celui-ci ?

Single Irish Malt Whiskey 13 ans William Cadenhead, 46%
Single Irish Malt Whiskey 13 ans William Cadenhead, 46%
  • Nez: Les notes végétales dominent. Même si il en ressort une grande fraîcheur, une sécheresse intense est aussi présente. Ce végétal "too much" devient vite gênant, même. De l'herbe, de la rhubarbe, des tiges de fleurs. Un fin filet de jus de citron derrière cette couche herbacée et un piquant au nez qui grandit au fil du temps.
  • Bouche: Légère et légèrement sucrée d'abord, l'herbacé prend ici aussi rapidement le dessus. Les fruits résistent un peu mieux qu'au nez, cependant; je peux détecter du citron frais et de la pomme verte acidulée derrière les couches végétales.
  • Finale: Une forte amertume sèche envahit la bouche. Des picotements herbacés (de l'ortie ??) sur la langue, vite balayés par une astringence de pelure de fruit; tandis qu'une sécheresse herbeuse s'installe pour rester un long moment.
  • Verdict: Dans les vagues successives d'embouteillages d'Irlandais sortis au cours des derniers mois, il fallait bien s'attendre à ce que j'en croise un qui ne me plaise pas. Voilà qui est fait. Je trouve le nez trop herbacé, la bouche pas assez fruitée, et la finale amère et astringente. Ouille, j'aborde mal Cadenhead en 2016, là. Bon, je me rattraperai dans pas longtemps avec un autre. Nobody's perfect.
  • 79/100.

Disponible pour une grosse soixantaine d'euros auprès de toutes les ambassades Cadenhead du royaume. Merci à TasTToe pour le sample.

jeudi 31 décembre 2015

Le whisky en 2015 : mon bilan de l’année écoulée

Le whisky en 2015 : mon bilan de l’année écoulée

Haaaa, les fêtes de fin d’année ! On mange (trop), on boit (pas moins), on fréquente tante Huguette qu’on n’a pas vue depuis au moins un an et dont on se contrefout, parfois on s’amuse (sans se forcer), souvent on s’ennuie voire même on déprime (statistiques à l’appui).

Et à la nouvelle année, c’est l’heure des bonnes résolutions (qu’on ne suivra bien évidemment plus trois jours plus tard) et des bilans de l’année écoulée.

Comme la plupart des blogueurs whisky, cette année-ci moi aussi je vais proposer mon petit bilan perso. Car cette année-ci j’ai des choses à dire à ce sujet, ce qui n’était pas spécialement le cas l’année passée. Et pour faire court, le tableau ne me semble pas spécialement joli ni lumineux. Pour plein de raisons, en fait :

(photo The Scotch Journal)
(photo The Scotch Journal)
L’invasion du NAS :

Pas mal de distilleries ont commencé à arrêter leurs embouteillages d’entrée de gamme avec âge indiqué, pour les remplacer par des sans âge (NAS) composés de whiskies beaucoup plus jeunes (beaucoup trop jeunes que pour indiquer leur âge sur la bouteille, en tout cas). Au même prix, voire même plus cher. Hé oui.

Exit le Talisker 10 ans, Laphroaig 10 ans, Glenlivet 12 ans, toute la gamme d’âge chez Macallan, presque tous les whiskies japonais, etc…

Et il est déjà acquis que le Laphroaig 18 ans et Lagavulin 16 ans disparaitront aussi sous peu.

Si cela me touche personnellement assez peu (puisque je ne suis de toute façon pas client de ces entrées de gamme), cela chamboule néanmoins grandement le monde du whisky. Tout débutant va devoir aborder le whisky non plus avec des classiques âgés et (pour la plupart) bien faits, mais avec des sans âge dont la qualité est (de façon avérée) moindre. Si cela doit rebuter les nouveaux amateurs, et si cela pousse les habitués à monter en gamme ou à changer de spiritueux, quel va être le public cible de ces entrées de gamme sans âge ?

Devons-nous réellement être contents de nous consoler avec du Skye ou du Triple Wood ou du Founder’s Reserve ? J’en doute fort. Et les professionnels qui nous disent « Mais si, c’est aussi bon que les whiskies avec âge indiqué ! On ne vous proposerait pas des produits moins bons, quand même !! » font (logiquement, et c’est de bonne guerre) leur boulot : essayer de nous vendre leurs produits. Mais se foutent de notre poire par la même occasion.

Le rajeunissement global et les distilleries moins renommées chez les indépendants :

Si les gros embouteilleurs indépendants, qui ont du stock de fûts depuis des lustres, peuvent encore se permettre de sortir des vieux whiskies (à prix très élevés), ce n’est plus le cas des petits qui n’ont pas de stock. Ceux-ci doivent acheter leurs fûts au fur et à mesure et les faire embouteiller tout de suite par manque d’assise financière. Ils ne peuvent pas se permettre de laisser dormir des fûts pendant des années. Ils sont donc tributaires des prix en cours sur le marché ; prix qui sont actuellement très hauts pour un fût. Soit ils embouteillent un vieux whisky (comme c’était le cas jusqu’à il y a encore deux ans) mais doivent sortir un gros paquet d’argent pour acquérir le fût et ne peuvent pas être certains de pouvoir vendre les bouteilles, tellement le prix final sera élevé ; soit ils doivent taper dans des fûts plus jeunes. Et c’est ce qui se passe de plus en plus chez les petits embouteilleurs comme Archives, Kintra, Alambic Classique, Anam na h-Alba, C&S Dram Collection, etc… qui ont proposé en 2015 beaucoup plus de jeunes embouteillages que par le passé.

Et les petits embouteilleurs ne sont bien évidemment pas les seuls. Les gros aussi se doivent de continuer à vendre à un public le plus large possible, et proposent dorénavant aussi des jeunes whiskies à des prix encore abordables (sans tenir compte de l’âge, bien entendu). Gordon & MacPhail, Douglas Laing, Hunter Laing, Cooper’s Choice, Berry Bros, Van Wees sont des exemples parmi d’autres embouteilleurs ayant proposé des whiskies de 10 ans d’âge, voire même plus jeune, en 2015.

Dans le même ordre d’idées, les embouteilleurs indépendants se tournent de plus en plus vers des embouteillages de distilleries moins connues et moins renommées. Et dont, logiquement, les fûts sont moins onéreux. On a pu voir, en 2015, débarquer une pelletée de Ben Nevis, (jeunes) Ledaig, Auchentoshan, Miltonduff, ou encore dans une moindre mesure Fettercairn, Speyside Distillery, Strathmill ou Benrinnes. Et franchement, si ces distilleries sont moins renommées, c’est qu’il doit y avoir des raisons, pas vrai ? Ben oui, comme vous vous en doutez, trouver un (très) bon embouteillage y est plus difficile…

Le whisky en 2015 : mon bilan de l’année écoulée
Le retour du blend :

Longtemps boudé, et même snobé par les embouteilleurs indépendants, le blend fait de plus en plus son grand retour. Surtout chez les indépendants, d’ailleurs.

Compass Box a tracé la route depuis 15 ans, et a dû se battre pour avoir une place au soleil. Maintenant que sa réputation est faite, les autres s’y (re)mettent aussi et/ou (re)mettent en avant leurs blends maison, comme par exemple Malts of Scotland (avec ses MOS 12 et 18 ans), Wemyss, ou même Cadenhead qui multiplie ses « Creations Blend » et lancera début 2016 un blend de 12 ans d’âge.

Le blend, qui était considéré comme le parent pauvre du single malt et globalement de mauvaise qualité, commence à récupérer une certaine réputation. Je parle bien évidemment de blends « premium », le J&B restant une bouse infâme ;-)

Le whisky en 2015 : mon bilan de l’année écoulée
Les prix qui flambent :

Chez tout le monde, sans exception. Ça continue. Encore plus que l’an passé. Et ça explique grandement les points cités plus haut dans ce bilan.

  • On fait du NAS, qui coûte moins cher, pour essayer de continuer de proposer des whiskies à prix décent.
  • On propose des jeunes whiskies et/ou des whiskies de distilleries moins renommées, pour essayer de continuer de proposer des whiskies à prix décent.
  • On fait du blend, pour essayer de continuer de proposer des whiskies à prix décent.

Car du côté du single malt (et single grain et bourbon aussi, d’ailleurs), ça devient vraiment la cata niveau prix.

Bien sûr l’offre et la demande y est beaucoup. Les amateurs de (bon) whisky se font de plus en plus nombreux. Les distilleries et embouteilleurs poussent leurs produits en organisant de nombreuses dégustations en collaboration avec les points de vente, ce qui attire de plus en plus de monde.

Les accises (plusieurs successives en peu de temps en Belgique) et le cours de la Livre Sterling par rapport à l’Euro ont aussi gonflé les prix dans des proportions non négligeables (environ de 25%).

Les distilleries et leurs embouteillages officiels (où non seulement les prix des NAS sont plus élevés que ceux des âgés qu’ils remplacent, mais aussi et de plus en plus quand on monte dans les âges des bouteilles haut de gamme) sont les premières à voir leurs prix monter régulièrement plusieurs marches de l’escalier. Il faut avouer qu’elles auraient tort de se priver : pourquoi sortir une bouteille à 100€ alors qu’elle se vendra à 200€ une semaine plus tard sur le marché parallèle ? Les 3 Bowmore Devil’s Cask successifs sont un très bon exemple de cette pratique.

Chez les embouteilleurs indépendants aussi les prix deviennent de plus en plus difficiles à suivre (en raison de l’offre et de la demande bien sûr, mais aussi des prix des fûts comme expliqué plus haut dans ce bilan). Un exemple flagrant pour l’illustrer : il y a deux ans les Caol Ila de ±30 ans d’âge étaient aux alentours des 150€ chez les embouteilleurs indépendants. Fin 2015 il est impossible d’en trouver à moins de 280€.

Une autre raison de la flambée des prix est sans nul doute les collectionneurs et autres spéculateurs. Qui (un comble) n’ouvrent même pas ou très peu de bouteilles pour les boire, en plus ! J’ai pu remarquer de plus en plus de bouteilles en édition limitée être sold out en quelques heures (parfois en quelques minutes), pour se retrouver à la vente sur les sites d’enchères quelques jours plus tard. A se demander qui goûte encore certains embouteillages…

La fin d’une époque :

Les belles années des « gros » amateurs (non, je ne parle pas de leur poids sur une balance ;-) ) sont derrière nous. Certains d’entre eux sont passés d’amateur purs à professionnels ou semi-pro (embouteilleur, distributeur, revendeur…), mais l’âge d’or de ces amateurs semble toucher à sa fin : en novembre le dernier Lindores Whisky Festival (le festival mythique organisé par le whisky club lui aussi le plus mythique et select de Belgique) s’est tenu à Ostende, et le dernier WitC (réunion annuelle du plus gros forum francophone) aura lieu en 2016.

C’est aussi un signe que les temps changent, qu’une page se tourne, et que l’avenir sera très bientôt différent. Les vieux de la vieille tournent la page car « ce n’est plus ce que c’était ».

Les tendances pour l’avenir ?

En raison de la difficulté à trouver des fûts de whisky à embouteiller (à prix correct), certains embouteilleurs commencent à se tourner vers d’autres spiritueux pour survivre, comme du rhum, du gin ou même du Cognac.

La tendance devrait s’accentuer dans les années à venir, je pense. Surtout que ceux qui ne le feront pas risquent de mourir, surtout chez les petits (« c’est toudi les p’tits qu’on spotche », c’est bien connu) par manque de produits à vendre. Les dures lois du marché.

De plus, le public whisky commence lui aussi à se tourner vers d’autres spiritueux, toujours à cause de ces prix qui frisent le ridicule et l’inadmissible et à cause de la qualité globale en baisse. Le VRAI amateur (pas le spéculateur) veut consommer un produit de qualité à un prix acceptable. Et si ce n’est plus possible dans le whisky, ce le sera (temporairement) dans un autre produit. La roue commence à tourner. Le rhum devient de plus en plus à la mode, et ses prix commencent eux aussi à prendre l’ascenseur vers le haut. Le gin a fortement la cote en Flandre pour le moment, au détriment du whisky qui commence à s’essouffler.

Les chiffres de vente du whisky « premium » en Asie sont eux aussi en baisse, ce qui serait un signe avant-coureur d’explosion de cette « bulle » spéculative et du marché en général. Et là, franchement, je le souhaite. C’est peut-être pas sympa de ma part pour les pros du whisky de souhaiter que le marché se casse la gueule, mais moi je me place au niveau du consommateur qui en a marre de se faire arracher le slip à chaque achat de bouteille. Alors si le marché se vautre, oui il y aura de la casse. Oui certaines distilleries fermeront. Oui certains embouteilleurs indépendants mourront. Mais les marchés sont des cycles perpétuels. Il y a eu une grosse crise du whisky dans les années 80, aujourd’hui et depuis plusieurs années c’est l’âge d’or du whisky, il est certain qu’une nouvelle crise s’annonce et est à notre porte. Ce ne sera peut-être pas pour 2016, mais à mon avis d’ici 2020 un gros crash devrait se produire. Je ne suis pas économiste hein, c’est juste mon sentiment personnel. Wait & See.

Et moi alors, dans tout ça ?

Hé bien moi, j’avoue, j’ai un goût assez amer en bouche.

Le whisky en 2015 : mon bilan de l’année écoulée

La position de blogueur n’est pas toujours facile. Ménager la chèvre et le chou tout en restant impartial est juste virtuellement impossible. Plaire à tout le monde ne l’est pas moins. Mon franc parler apparemment dérange une certaine frange de la profession. La vérité ne semble pas bonne à dire dans ce petit monde du whisky où tout le monde se connaît et où tout le monde est « copain ». Copain seulement en apparence, car quand les dos sont tournés, les coups fusent. Comme dans tous les milieux et comme dans tous les business, le whisky n’est pas un monde à part, après tout ; et n’est pas un monde de bisounours non plus. C’est un business avant tout, et comme dans tous les business c’est le chiffre d’affaire qui importe.

Et c’est cette position, en tant que blogueur, qui est ambiguë : un blogueur est un amateur passionné d’un produit et qui veut s’y investir plus que la moyenne, mais se retrouve vite assis entre deux chaises ; entre le monde de l’amateur / consommateur et le monde des professionnels. Plus tout à fait dans le premier, mais pas vraiment dans le second. Et donc ne faisant, finalement, entièrement partie d’aucun.

Si au départ j’avais la conviction d’être impartial et de vouloir être indépendant, je me vois à présent dans une position ou certains amateurs me reprochent mon manque de partialité, un « deux poids deux mesures », d’être vendu à tel ou tel distributeur, embouteilleur ou caviste ; tandis que d’un autre côté certains professionnels me reprochent de trop les critiquer et/ou d’être vendu à tel ou tel concurrent. J’aurais donc perdu en route, au cours des 2 ans et demi de ce blog, mon impartialité et mon indépendance, à mon corps défendant. C’est fort possible, assez probable même, mais était-ce évitable ? Je reste avant tout un être humain, avec ses qualités, ses défauts, et ses faiblesses. Et en tant qu’être humain il me semble logique d’avoir de meilleures affinités avec certaines personnes / professionnels / produits qu’avec d’autres.

Heureusement que mon franc parler ne s’est pas évanouit, lui ! Et j’espère bien le garder toute ma vie, n’en déplaise à mes détracteurs de tous poils ! Dire franchement ce que je pense, je compte bien continuer à le faire en 2016 ! Et tant pis si ça ne plaît pas à tout le monde ; ce Blog n’a jamais eu cette vocation de toute façon.

(Photo reproduite avec l'aimable autorisation de Dramming.com)
(Photo reproduite avec l'aimable autorisation de Dramming.com)

Il y a aussi une certaine lassitude qui s’est installée en moi : tenir un blog, c’est fatigant (et parfois frustrant) !

Il ne faut pas se faire de fausses idées, ça bouffe un temps dingue de tenir un blog ! Entre les déplacements et les journées / soirées passées à gauche et à droite à des dégustations et autres festivals, les nombreuses notes de dégustation à pondre de façon régulière, et l’écriture des articles et autre comptes rendus ; ça se compte en centaines d’heures sur l’année. Et quand je compare ce temps passé et la reconnaissance (voir ci-dessus) que j’en récolte, je commence à me demander si tout cela vaut vraiment le coup.

Vous me direz, personne ne m’a obligé à le faire, ce foutu Blog ! Et vous aurez raison. Mais il y avait un trou à combler, je suis un homme de passions, et j’assume mon tempérament entier, enflammé et emporté qui est en partie ma marque de fabrique.

Malgré tout, le Blog semble avoir trouvé son public et sa vitesse de croisière en 2015 : environ 150 visiteurs uniques par jour (ce qui n’est pas mal du tout pour un Blog exclusivement en version française), plus de 350 « followers » de la page Facebook (en constante augmentation), et un rythme de publication que j’ai essayé de garder régulier (ce qui n’est pas évident quand je n’ai plus rien à dire ni d’échantillons à déguster et à noter). Merci à tous mes fidèles lecteurs et lectrices de suivre le Blog et de participer à son succès grandissant.

Hormis le caractère chronophage du blog, vous vous doutez bien que les différents points de mon bilan ne m’encouragent guère à être super enthousiaste sur l’avenir. A voir comment 2016 va se dérouler, mais je me prédis une année avec beaucoup moins d’achats maltés et moins de déplacements à des festivals (Limburg, déjà, se fera normalement sans moi. Bon, ok, tout le monde s’en fout ;-) ). Ca me permettra au moins de souffler un peu et de voir venir. Surtout que je ne suis plus le seul blogueur belge francophone, je peux donc espérer une relève dans un futur pas trop lointain. Allez hop, au boulot les jeunes !).

Et mes coups de cœur de 2015, alors ?

J’ai quand même goûté pas mal de whiskies différents tout au long de cette année 2015. Je ne sais pas exactement combien (et je ne veux pas le savoir, sinon je vais me considérer comme étant alcoolo).

J’ai eu l’occasion de goûter quelques superbes vieux embouteillages, mais je ne vais pas les sélectionner dans mes coups de cœur 2015. Pour rester logique, je vais m’arrêter aux embouteillages sortis cette année. Et pas de catégories bien séparées en fonction de l’âge ou du pays, je mets tout en vrac. Je n’ai pas goûté 4.000 whiskies sur l’année, je ne suis pas Jim Murray (et mon foie ne s’en porte pas plus mal).

Le whisky en 2015 : mon bilan de l’année écoulée

1. Kilkerran ‘’Work in Progress’’ VII, Bourbon Wood, 54.1% (OB) - (89/100).

Je plébiscite surtout les embouteillages indépendants et les whiskies d’âge mûr (voire très mûr... sans verser toutefois dans le pourri). Et voici que c’est un whisky officiel de 10 ans d’âge qui s’octroie la plus haute marche du podium. Comme quoi l’exception peut confirmer la règle. Et en plus, je ne lui avais collé « que » 89/100. Alors pourquoi cette première place ? Tout simplement parce que je le considère être le meilleur rapport qualité / prix sorti en 2015. C’est un whisky fin, complexe, goûteux et savoureux ; qui fait plus que son âge. Et je regrette même de ne lui avoir donné que ce 89, car il a très bien évolué depuis l’ouverture de bouteille. Au jour d’aujourd’hui, je pense que je lui collerais un bon 90, voire même 91. Je ne rechigne jamais à revenir sur cette bouteille et je ne boude pas mon plaisir quand j’en sirote un dram.

Au prix de ±60 euros à sa sortie, il devient de plus en plus difficile à trouver. Surtout online où on ne le trouve plus par chez nous, d’ailleurs. Mais en Wallonie il est encore disponible chez Toby Vins, W Comme Whisky, et Maison Demiautte pour ±70 euros (les accises sont passées par là entretemps, nondidju). Profitez-en, déplacez-vous et sautez dessus !

2. Littlemill 11.1984 / 2015 The Cooper's Choice, 31 ans, Bourbon Cask n°3902, 46.5% - (93/100).

En seconde place de mon classement 2015, logiquement… Un Littlemill que j’ai coté 93/100. Littlemill reste ma distillerie préférée (et je pense bien qu’en 2016 j’aurai beaucoup moins l’occasion d’en goûter), et j’ai trouvé celui-ci la parfaite bombe fruitée.

Au prix de ±255 euros à sa sortie (début décembre !), il se négocie déjà aux environs de 400 euros sur le marché parallèle.

3. Ireland 23 ans The Nectar of the Daily Drams, 1991 / 2015, 54.6% - (92/100).

2015 a été marqué par l’explosion du nombre d’embouteillages indépendants de whiskies irlandais (bien souvent sans distillerie indiquée, d’ailleurs), dont une grosse majorité a été très bien accueillie et globalement bien cotée. Et c’est vrai qu’ils sont bons, ces Irlandais ! Surtout celui-ci, que j’ai trouvé sortir du lot. Peut-être dû au fût de Sherry ?

Au prix de ±130 euros à sa sortie, il s’est négocié à 600 euros sur Whisky Auction il y a peu.

4. Clynelish 20 ans Cadenhead's Sherry Cask, 1994 / 07.2015, 55.4% - (89/100).

Mon Précieux ne pouvait pas ne pas être dans ce classement, quand même ! Allez jeter un œil sur l’article si vous ne vous souvenez pas de quoi je parle ; c’est le Clynelish que j’attendais d’être embouteillé depuis 1 an et demi. Pas un whisky qui pète les cotations pour autant, mais il a une valeur « spéciale » et sentimentale à mes yeux.

Au prix de 95 euros à sa sortie, sold out à présent à ma connaissance.

5. Littlemill 1990 / 2015 Malts of Scotland for Dram Brothers and De Tongerse Whiskyvrienden, Bourbon Barrel MoS 15006, 55.1% - (92/100).

Un second Littlemill dans mon Top 5 de 2015, rien de plus logique. Celui-ci m’avait vraiment bluffé de par sa qualité et sa complexité globales. Déjà pas facile à trouver à sa sortie, puisque en quantité limitée et en partie pour un club, il a bien évidemment été sold out immédiatement. Faut être réactif sur du Littlemill !

Au prix de ±145 euros à sa sortie, j’ai été étonné de le voir se vendre à « seulement » 185 euros il y a peu sur un site d’enchères.

Je constate que cette année j’ai coté assez sèchement. Seulement un seul 93 sur les embouteillages récents… De deux choses l’une : soit cela confirme une baisse globale de qualité, soit cela trahit le fait que je devienne de plus en plus exigeant. Un mix des deux n’étant pas impossible non plus.

En conclusion…

Malgré ce bilan mi-figue mi-raisin qui ne me laisse augurer rien de bon pour l’avenir, je ne compte pas (encore) arrêter ni le Blog, ni le whisky. Je continuerai donc en 2016 à irriter certaines personnes et à contenter certaines autres. Mais probablement à intervalle moins régulier, lassitude (expliquée plus haut) oblige. Que 2016 soit le début de la fin en ce qui me concerne n’est pas exclus (mais pas certain non plus). On verra bien ce qui se passera…

Néanmoins, et malgré tout, je vous souhaite à tous et toutes (oui oui, à mes détracteurs aussi :-) ) une toute bonne année 2016, pleine de whiskies du feu de Dieu qui vous déboite les chaussettes. Et à prix abordable. Ha, on me chuchote dans l’oreillette que ça, ça ne va pas être possible… ;-(

Le whisky en 2015 : mon bilan de l’année écoulée

Allez, là-dessus je vais me resservir un dram. De Littlemill bien sûr ! :-D

lundi 30 novembre 2015

Ireland 15 ans The Nectar of the Daily Drams, 2000/2015, 55.3%

Enfin je reviens sur cet Irlandais qui avait été présenté, parmi d'autres, au Spirits in the Sky début novembre. Et ce jour-là, il fut mon favori personnel parmi les whiskies que j'avais pu goûter.

Mais comme en festival parfois les papilles peuvent vous jouer des tours, je voulais revenir dessus, au calme chez moi. D'où cet article.

Comme d'habitude dans la gamme The Nectar of the Daily Drams, le type de fût est inconnu (mais ici il n'est pas difficile de deviner que c'est un fût de bourbon), ainsi que le nombre de bouteilles produites. Et comme d'habitude avec les Irlandais chez les embouteilleurs indépendants, la distillerie est inconnue aussi.

Bref, autant se pencher directement sur le whisky, car l'étiquette me laisse sur ma faim.

Ireland 15 ans The Nectar of the Daily Drams, 2000/2015, 55.3%
Ireland 15 ans The Nectar of the Daily Drams, 2000 / 2015, 55.3%
  • Nez: Un Irlandais très reconnaissable, sur l'hyper fruité (abricot, banane, pêche, poire, et quelques gouttes de pamplemousse) juteux et le frais floral. Perso j'adore ce genre de nez, qui ici est bien riche, présent et puissant.
  • Bouche: Dans la lignée du nez. Une corbeille de fruits sucrés et juteux. De la vanille et du miel par dessus ces fruits. Une très légère amertume de fruit en arrière plan. Des épices douces par pincées.
  • Finale: Moyenne. Les fruits juteux s'estompent et laissent la place à de la poussière de pollen et à du boisé délicat. Les épices douces s'endorment lentement.
  • Verdict: Pas grand chose à dire, en fait, par rapport à la pelletée d'Irlandais qui sortent ces derniers mois. Une gourmandise de chaque instant, à savourer à son aise.
  • 89/100.

Il devrait être disponible chez les cavistes se fournissant chez The Nectar pour ± 85 euros (il était en vente à 88 euros au Spirits in the Sky). Renseignez-vous auprès de votre caviste préféré !

vendredi 27 novembre 2015

The Pogues (Blend irlandais), 40%

Aujourd'hui, je vous parle d'un truc complètement improbable et à des années lumières de ce dont je vous parle en général: un (jeune) blend irlandais réduit à 40% ! Franchement, sur papier il n'a rien pour lui ce whiskey: du whiskey de 3 ans d'âge, du blend irlandais composé de whiskey de malt et de grain, et en plus réduit à 40%. Houlà, ça s'annonce mal !!
Alors pourquoi je vous parle, hein ? Juste à cause de son nom (et de l'histoire derrière celui-ci) : The Pogues.
If I Should Fall From Grace With God

Haaaa, The Pogues. Ce groupe de rock / folk irlandais (même si le groupe lui-même est originaire de Londres) a bercé ma jeunesse guindaillante fin des années 80 ! De Fiesta à If I Should Fall from Grace with God, en passant par Sally MacLennane, j'ai sauté dans tous les sens (danser serait un bien grand mot ^^) avec ma bande potes de l'époque en nous bourrant copieusement la gueule. Car The Pogues se résume bien à cela: impossible de ne pas bouger son corps dans une bonne humeur irrépressible, et impossible de ne pas écluser des litres de boissons plus ou moins hautes en degré d'alcool en entendant ces rythmes endiablés. Et même en fin de soirée, bien imbibés, les douces balades de The Pogues (Dirty Old Town en tête) nous faisaient terminer plus calmement nos guindailles du samedi soir, toujours entre potes et toujours un verre à la main.
Et c'est juste en souvenir de toute cette époque révolue, en souvenir des potes perdus de vue (that's life) ou encore proches (tant mieux), ou même disparus (life sucks :-( ) que je voulais parler de ce blend irlandais.
Je ne m'attends à rien de spécialement bon gustativement. Je vais quand même ici vous en proposer une note de dégustation, mais je ne crois pas que ce whiskey ait une quelconque vocation de haute qualité organoleptique: à mon avis (et j'espère) son rôle est juste d'aider à copieusement se bourrer la gueule en sautant dans tous les sens, la musique de The Pogues à fond, en se souvenant des belles années ou encore entouré de bons potes. Et si il peut ne fut-ce que tenir ce rôle, ce sera déjà très bien !
Fiesta



The Pogues, The Official Irish Whiskey of the Legendary Band, 40%

  • Nez: Très "grain", beaucoup de caramel et de raisin sec vanillé. Ça rappelle beaucoup les jeunes Bourbon. Une touche de fraîcheur, mentholée et même herbacée, se fraye quand même un chemin.
  • Bouche: A 40%, ça se boit comme de l'eau, c'était prévisible. Un mélange d'amertume fruitée, de caramel, et de raisin sec. Du jeune bois s'invite au jeu, ainsi que des épices piquantes.
  • Finale: Courte. La bouche s'assèche de par l'influence boisée et l'amertume fruitée. Un résidu d'épices.
  • Verdict: Le nez est assez gourmand et engageant, mais la bouche est fortement influencée par le jeune whiskey de grain (je serais curieux de connaître la proportion grain / malt de ce blend), ce qui n'est pas ma tasse de thé du tout. L'amertume est quand même très prononcée, mais on l'oublie après plusieurs grosses gorgées. L'objectif "à boire sans se poser de questions entre potes pour se bourrer la gueule" est néanmoins largement atteint, car c'est très facile à boire. Pour les nostalgiques du groupe.
  • 80/100.
Détail en passant (même si ça n'a pas beaucoup d'importance), ce blend est issu de la distillerie West Cork Distillers, une jeune distillerie... irlandaise bien évidemment.
Disponible au Chemin des Vignes (Bruxelles) pour ± 35€. Ce qui est quand même assez cher pour un jeune blend, je trouve. Et il devrait aussi être idéal dans des cocktails au whisky, aussi.
Dirty Old Town

lundi 2 novembre 2015

Knappogue Castle 12 ans Single Cask pour le Luxembourg, 46%

Knappogue Castle, comme vous le savez, n'est pas une distillerie mais une marque d'un embouteilleur indépendant. Mais si voyons, que vous le savez ! J'en ai déjà parlé, enfin !

Néanmoins, c'est la première fois que j'entends parler d'un Knappogue Castle en single cask et embouteillé spécialement pour un pays ou une boutique. Et pourtant ici c'est le cas. Ce Knappogue Castle a en effet été spécialement embouteillé pour la Vinothek Massen (que je ne présente plus) et les Dram Brothers, deux frères luxembourgeois très actifs dans le whisky: ils gèrent un gros club, se sont lancés dans la sélection de fût pour embouteillages spéciaux (comme ce Knappogue Castle-ci, par exemple), et sont aussi consultants en spiritueux.

Allez, passons à la dégustation...

Knappogue Castle 12 ans Single Cask pour le Luxembourg, 46%
Knappogue Castle 12 ans Special Barrel Release pour Vinothek Massen et Dram Brothers, 46%, 216 bouteilles
  • Nez: Un verger au printemps ! Des petites fleurs d'arbre, de l'écorce moussue imprégnée de rosée du matin. Des notes de céréales sèches, mais aussi de la pomme verte et jaune. Après aération, un fort poiré se développe. Un nez très frais.
  • Bouche: D'abord sur la pomme vanillée; du bois tendre et du blé sec déboulent ensuite en trombe. De la poire juteuse se joint à la fête.
  • Finale: Moyenne. Les fruits d'automne boisés perdurent. Légère sécheresse sur la fin.
  • Verdict: Décidément, les whiskeys irlandais (hors entrées de gammes officielles) ont le vent en poupe. Les embouteilleurs indépendants nous proposent ces derniers temps des petits bijoux de fraîcheur fruitée et florale, c'est un réel plaisir. La Hollande est peut-être l'autre pays du fromage, mais l'Irlande est sans conteste l'autre pays du whisk(e)y !
  • 88/100.

Et quand en plus ça ne coûte pas un bras, aucune raison de se priver: disponible pour 55 euros (en bouteille de 75cl et pas 70, en plus !) chez Massen au Luxembourg.

jeudi 28 mai 2015

Irish Single Malt 1991/2015 The Whisky Mercenary, 52.2%

Je l’ai souligné plusieurs fois ces derniers mois, le nombre d’embouteillages de single malt irlandais chez les indépendants explose. Il faut bien avouer que la plupart de ces single casks sont vachement, vachement, vaaaachement bons. Et malheureusement, la rançon de la gloire aidant, ils deviennent aussi sont vachement, vachement, vaaaachement chers…

Cet irlandais-ci (dont la distillerie n’est pas connue, comme beaucoup d’autres Irlandais) est embouteillé par l’indépendant belge The Whisky Mercenary, mais exclusivement pour deux boutiques : le Single Malt Whisky Shop de Zammel, et whiskysite.nl aux Pays-Bas. Et si il est aussi bon que les derniers irlandais embouteillés à gauche et à droite, les bouteilles vont se vendre comme des petits pains. Mais pas de panique, ne commencez pas directement et fébrilement à secouer Google pour vous trouver une bouteille : il ne sera officiellement disponible à la vente à Zammel qu’à partir de ce samedi 30 mai. Vous avez donc quelques jours pour vous retourner.

Bon, c’est pas tout ça, mais il est grand temps de le goûter et de donner mon avis (qui n’engage que moi, as usual) sur cet Irlandais, non ?

Irish Single Malt 1991/2015 The Whisky Mercenary, 52.2%
Irish Single Malt 1991 / 2015 The Whisky Mercenary, for Whiskysite.nl and The Single Malt Whisky Shop, 52.2%, 164 bouteilles
  • Nez : Ultra fruité, typique des Irlandais qui sortent ces derniers temps. Banane, mangue, corbeille complète de fruits exotiques juteux, de la pêche jaune. Une très légère volute de fumée herbacée se révèle par la suite, suivie d’une senteur, elle aussi légère, de petites fleurs de verger. Après une aération plus longue, la fumée tend à disparaître.
  • Bouche : Le festival de fruits juteux continue, en bouche cette fois. Une salade sucrée de carrés de fruits blancs et jaunes fraîchement coupés, onctueux et juteux.
  • Finale : Une légère amertume de pelure de fruit apparaît, ainsi que quelques épices douces. Un peu de bois sec, et la très légère fumée, toujours herbacée, qui refait surface pour remonter dans le nez.
  • Verdict : Je m’y attendais un peu, cet Irlandais-ci est aussi d’une très bonne qualité, dans la lignée des Super Fruités précédents. Fin, subtil, équilibré, pas agressif, et… tout simplement bon. Côté tourbe, elle est très fine et légère, on pourrait aisément passer à côté. Que les embouteilleurs continuent de nous proposer de bons whiskeys comme ça, miam !
  • 90/100.

Disponible pour 199€ au Single Malt Whisky Shop de Zammel à partir du 30 mai 2015 à 13h00 (ça c’est précis, hein ?), avec une réduction de 5% samedi (et seulement ce jour-là) et seulement pour ceux qui feront le déplacement.

vendredi 24 avril 2015

Ireland 23 ans The Nectar of the Daily Drams, 1991/2015, 54.6%

A intervalle régulier j’aime bien parler d’un whisky qui fait le buzz. Celui-ci en fait partie…

Comme je l’expliquais dans le dossier consacré aux whiskeys irlandais, The Nectar a embouteillé pas mal d’Irlandais ces derniers temps. Début avril, trois nouveaux embouteillages (toujours de distilleries officiellement inconnues) ont vu le jour. Un 12 ans, un 14 ans, et ce 23 ans-ci. Le 12 ans et le 14 ans étaient déjà disponibles lors du Whisky Festival chez Massen, mais le 23 ans était déjà sold out en raison du nombre très limité de bouteilles. ‘’Limité’’, c’est en effet tout ce qu’on sait ; mais impossible de savoir exactement le nombre de bouteilles produites au total. Cette info ne figure pas sur la bouteille, et The Nectar reste très discret à ce sujet.

Néanmoins, certains amateurs avertis ont eu l’occasion de le goûter et ont été directement séduits. Il faut dire qu’un Irlandais de 23 ans en fût de sherry, c’est assez rare et très prometteur sur papier. Mais au delà du papier, le ramage vaut-il le plumage ?

Ireland 23 ans The Nectar of the Daily Drams, 1991/2015, 54.6%
Ireland 23 ans The Nectar of the Daily Drams, 1991 / 2015, 54.6%
  • Nez: D’entrée, ça envoie du lourd. Du raisin blanc mûr, une fraîcheur herbacée et florale, des épices de Noël, des raisins et de l’abricot secs, une pointe de tabac, de la frangipane, du chocolat noir à l’orange, quelques noisettes… Tout ça ? Oui, et même plus. Et toutes ces senteurs forment un tout qui tient la route. Ca augure beaucoup de bonnes choses pour la suite…
  • Bouche: … et cette suite ne déçoit pas. Du café moulu, des feuilles d’arbre séchées, du chocolat, de l’orangette, des raisins secs en pagaille, de l’abricot. Quelques vaguelettes herbeuses passent de temps en temps. De la noisette poivrée, et de la groseille confite.
  • Finale: Moyenne. Les épices de Noël refont surface. Légère sécheresse boisée. Une très très légère fumée herbeuse remonte dans les narines (Ho ? Une trace de tourbe ??).
  • Verdict : Le meilleur Irlandais que j’ai pu goûter jusqu’ici, et de loin. Une friandise du début à la fin. C’est fin, doux, fondu, cohérent, frais tout en étant gourmand, facile d’accès et dangereusement buvable. Une réussite totale.
  • 92/100.

Si ma note de dégustation vous a donné envie (le contraire serait quand même étonnant ;-) ), sachez que tout espoir n’est pas perdu pour vous en procurer une bouteille. Si je sais qu’il est sold out chez Massen et sur les webshops qui ont pu en avoir, il est peut-être encore possible de s’en procurer (mais c’est à vérifier) chez TasTToe, The Single Malt Whisky Shop, et chez Crombé. Il devrait aussi être le whisky phare sur le stand de The Nectar ce week-end au WhiskyFair de Limburg (en Allemagne), si vous voulez pousser jusque-là. Et il devrait aussi être disponible, en quantités très limitées, chez Toby Vins à partir du 30 avril. Bref, il reste encore des pistes exploitables pour choper une bouteille… Quant au prix, il est lui aussi assez attractif pour un whisky de cette qualité par les temps qui courent : un gros 130 euros.

vendredi 13 mars 2015

Dossier ‘’irlandais’’, volet 4 : quatre The Nectar of the Daily Drams (12 ans, 14 ans, 22 ans, et 23 ans ‘’Peated’’)

On ne présente plus l’embouteilleur indépendant belge The Nectar (qui est aussi distributeur de nombreux spiritueux, whiskies officiels et indépendants y compris, dans notre pays) et sa gamme The Nectar of the Daily Drams qui existe depuis le milieu des années 2000 et propose de nombreux embouteillages chaque année.

The Nectar a sorti pas moins de 7 embouteillages de whiskey irlandais depuis septembre 2014 ! Et tous se sont très bien vendus (malgré certains prix très élevés)… Le whiskey irlandais a le vent en poupe.

Concernant ces embouteillages indépendants de whiskey irlandais, on ne sait pas beaucoup de choses quant à leur origine. La distillerie n’est jamais mentionnée, par exemple. Certaines rumeurs colportent le fait que The Nectar ait acheté ces fûts à Teeling (l’embouteilleur indépendant dont j’ai parlé dans l’article précédent), mais aucune info officielle n’a filtré à ce sujet. On sait juste que c’est irlandais, et de bonne qualité d’après les rumeurs.

De bonne qualité ? Ha oui ? Hé bien je veux me faire ma propre idée moi-même, tiens ! Reportage d’investigation ! Le Blog ne recule devant aucun sacrifice (bon, c’est pas comme si c’était insupportable, non plus, comme activité ;-) ) ! Alors suivez le guide…

Je vous les propose par ordre croissant d’âge, pas par ordre chronologique de sortie sur le marché.

Dossier ‘’irlandais’’, volet 4 : quatre The Nectar of the Daily Drams (12 ans, 14 ans, 22 ans, et 23 ans ‘’Peated’’)
Ireland 12 ans The Nectar of the Daily Drams, 2002 / 2015, 55.7%

Embouteillage le plus récent de cet article, il a été présenté la première fois lors du dernier Whisky Live de Spa. Son prix était d’environ 60€ et je pense qu’il doit encore être trouvable chez certains cavistes spécialisés en whisky.

  • Nez : Typique d’un Irlandais (d’après ce que j’ai pu goûter jusqu’ici) : un côté frais et herbacé, accompagné d’une corbeille de fruits frais. Raisin blanc, pamplemousse, abricot, ananas, banane mûre. L’alcool pique un peu aux narines.
  • Bouche : Des fruits, des fruits, et des fruits. Compotés, en sirop, frais, et juteux. Pas de floral ni d’herbacé ici, que du fruit sous toutes ses facettes.
  • Finale : Moyenne. Les fruits restent un moment en bouche, puis meurent. Petit kick alcooleux à la déglutition.
  • Verdict : Très unidirectionnel sur les fruits, mais il procure néanmoins un plaisir brut non négligeable. L’alcool est un peu trop perceptible à mon goût (tout arrive ^^), une goutte d’eau l’adoucit mais fait alors ressortir une certaine amertume poivrée en bouche.
  • 87/100.
Dossier ‘’irlandais’’, volet 4 : quatre The Nectar of the Daily Drams (12 ans, 14 ans, 22 ans, et 23 ans ‘’Peated’’)
Ireland 14 ans The Nectar of the Daily Drams, 2000 / 2014, 53.5%

Cet embouteillage est sorti pour le Spirits in the Sky 2014, à un prix très attractif (une soixantaine d’euros). Tellement attractif que c’est à présent sold out, à ma connaissance.

  • Nez : Hyper fruité, frais, herbacé, et floral. De la pomme verte et jaune bien mûre, de la vanille. Un bouquet de petites fleurs jaunes. J’ai l’impression d’être dans une clairière après la pluie.
  • Bouche : Du sirop de poire sucré. Mais vraiment, j’ai l’impression d’avoir du sirop en bouche ! Outre la poire, plein de fruits blancs juteux (pèche blanche, nectarine bien mûre) et un peu de massepain. Pas complexe, mais doux et très agréable en bouche. L’alcool est parfaitement intégré.
  • Finale : Moyenne. Pelure et zestes de fruits. Légère amertume. Petits picotements boisés.
  • Verdict : Très équilibré, une corbeille de fruits blancs mûrs. C’est très agréable à boire, frais, facile d’accès. Le nez et la bouche me plaisent particulièrement ; la finale un peu moins.
  • 89/100.
Dossier ‘’irlandais’’, volet 4 : quatre The Nectar of the Daily Drams (12 ans, 14 ans, 22 ans, et 23 ans ‘’Peated’’)
Ireland 22 ans The Nectar of the Daily Drams, 1991 / 2014, 46.6%

Celui-ci est sorti vers septembre 2014, de mémoire. Originellement vendu un peu plus de 100€, il est à présent sold out à ma connaissance.

  • Nez : Très fin et délicat dès le début. Des petites fleurs des champs, du malt sucré, de la pomme jaune, quelques gouttes de pamplemousse, et de la poussière de vanille. Après aération, de la sève de tige de fleur enfle. Et ensuite les fruits farineux reprennent possession des lieux.
  • Bouche : Les fruits vanillés envahissent la bouche. De la poire, du pamplemousse, du sirop de citron, et de la pomme verte. Alcool bien équilibré ; presque discret.
  • Finale : Quelques éclats épicés. De la sève de fleur, et un peu de pelure de pomme.
  • Verdict : Un whiskey doux, fin, très équilibré, changeant, évolutif, frais, et très facile d’accès. Je pourrais siroter mon dram pendant longtemps.
  • 90/100.
Dossier ‘’irlandais’’, volet 4 : quatre The Nectar of the Daily Drams (12 ans, 14 ans, 22 ans, et 23 ans ‘’Peated’’)
Ireland 23 ans The Nectar of the Daily Drams, 1991 / 2014, ‘’Peated’’, 47.4%

Il était une des stars du dernier Spirits in the Sky, tous ceux qui l’ont goûté sur place l’ont trouvé délicieux. Clairement estampillé ‘’tourbé’’, les théories sur ses origines allaient bon train. Un Cooley ? Probablement. Sauf qu’une rumeur circule sur le fait que Bushmills aurait, à une certaine époque, fait quelques expériences de whiskey tourbé. Et cette période pourrait correspondre à celle de distillation de ce whiskey-ci. Le mystère reste entier. Vu son succès fulgurant, il a rapidement été sold out.

  • Nez : Effectivement, il est tourbé. Mais c’est très loin d’être la grosse tourbe rentre dedans qui tache. Ici elle est fine, ciselée, citronnée, légère et assez discrète ; tout en ayant quand même une présence certaine. Elle se marie avec des fruits, abricot et ananas principalement.
  • Bouche : Elle est charnue, moelleuse. De la compote de fruits s’impose d’entrée. Je trouve pourtant ici la tourbe presque inexistante. Des petits picotements épicés sur la langue.
  • Finale : Longue. Une sécheresse fruitée s’installe à son aise. Une légère fumée sèche et salée passe fugacement.
  • Verdict : Y a pas photo, c’est bon et fin ; très bien fait. La tourbe est discrète et délicate. Il me manque quand même quelques sensations pour que ce whiskey soit ‘’waouw’’.
  • 89/100.

Ce volet clôture le dossier consacré aux whiskeys irlandais, en espérant vous avoir donné envie de vous y essayer. Ou de persévérer dans sa découverte.

Ce qui m’a surtout frappé dans ces whiskeys dégustés, c’est leur incroyable fraîcheur et ce fruité qui m’ont souvent fait penser à du Littlemill. Oui, beaucoup de whiskeys irlandais ont un profil commun avec ma distillerie préférée, je trouve ! Une piste que je vais continuer d’explorer, car il y a clairement des pépites à découvrir.

Et surtout, ne faites pas l’impasse sur un bon dram d’Irish Whiskey le 17 mars !!!

Bonne Saint Patrick à tous et toutes ! Sláinte chugat !

Bonne Saint Patrick à tous et toutes ! Sláinte chugat !

Je tiens aussi ici à remercier tous ceux qui ont bien voulu me fournir des samples. Sans eux ce dossier n’aurait pas pu se faire. Par ordre alphabétique : Fred, Jurgen’s Whiskyhuis, Toby Vins, ToOf, et We Are Whisky. Merci beaucoup à vous !

dimanche 8 mars 2015

Dossier ‘’irlandais’’, volet 3 : quatre indépendants (Knappogue Castle, Writer’s Tears, Teeling Small Batch, et Irish 13 ans A.D. Rattray)

Si ce n’est déjà pas facile de s’y retrouver dans toutes les marques et noms des embouteillages officiels des distilleries irlandaises, c’est encore plus prise de tête avec les embouteillages indépendants.

Il y a bien évidemment les embouteilleurs indépendants déjà actifs dans le whisky écossais qui, parfois, proposent un embouteillage de whiskey irlandais. Le nom de la distillerie n’est quasi jamais indiqué, d’ailleurs ; et est remplacé par un ‘’Irish’’ ou ‘’Ireland’’ énigmatique. Un bon exemple est l’Irish d’A.D. Rattray présenté ci-dessous.

Et puis il y a les embouteillages de sociétés indépendantes ne proposant que du whiskey irlandais. Le nom des distilleries n’est pas plus connu, mais ces sociétés sortent leurs embouteillages sous un nom de marque qui leur est propre et qui pourrait faire penser à un nom de distillerie si on ne s’y connaît pas spécialement en whiskey irlandais. Je vous en propose trois différents ci-dessous, avec explication succincte.

Dossier ‘’irlandais’’, volet 3 : quatre indépendants (Knappogue Castle, Writer’s Tears, Teeling Small Batch, et Irish 13 ans A.D. Rattray)
Knappogue Castle 1995 / 2008, 40%

Knappogue Castle est un château (comme son nom l’indique) datant du XVème siècle. Situé à County Clare à l’Ouest de l’Irlande et racheté en 1996 par une société de développement, il est ouvert au public et peut être loué pour des événements tels que des mariages, par exemple. Le lien entre le château et le whiskey n’est plus que purement historique aujourd’hui. En effet, le whiskey Knappogue Castle est une marque de Castle Brands, une société américaine spécialisée en alcools fondée en 1998 par Mark Andrews III, le fils du Mark Andrews qui était propriétaire du château de 1966 à 1996. Il a gardé le nom du château pour sa marque de whiskey, même si celui-ci n’a aucun rapport direct. La distillerie d’origine du whiskey Knappogue Castle n’est pas connue officiellement (et n’est absolument pas citée sur le site internet de la marque, d’ailleurs, ce qui pourrait même faire croire que Knappogue Castle EST la distillerie), mais certaines rumeurs indiqueraient que le Knappogue Castle de 1990 à 1992 était du Cooley, celui de 1993 à 1995 (le vintage qui nous occupe aujourd’hui) du Bushmills, et le 12 ans lui aussi du Bushmills.

  • Nez : Une grande fraîcheur de fleurs printanières. Une très très légère salinité (qui disparaît vite). Des fruits tout juste sortis du frigo (banane, poire, pomme, pamplemousse). Du thé vert de chine.
  • Bouche : Une salade de fruits jaunes et blancs, avec quelques quartiers de pamplemousse amer. La réduction se sent, mais ne dérange pas ; ce n’est pas aqueux. La fraîcheur du thé vert est encore bien présente.
  • Finale : L’amertume fruitée s’affirme plus. Quelques épices piquantes, et le thé herbacé assèche assez bien la bouche.
  • Verdict : La sécheresse de la finale n’est pas trop mon truc, sinon ce profil très frais et très fruité, équilibré et très facile d’accès font de ce whiskey un candidat idéal à l’apéro.
  • 86/100.

Encore disponible sur internet (et peut-être aussi chez quelques cavistes, mais aucune idée précisément où) pour ±45€.

Dossier ‘’irlandais’’, volet 3 : quatre indépendants (Knappogue Castle, Writer’s Tears, Teeling Small Batch, et Irish 13 ans A.D. Rattray)
Writer’s Tears Pot Still Irish Whiskey, NAS, 40%

Walsh Whiskey Distillers est une société qui voit grand. Tellement grand que la construction de sa distillerie vient de débuter au Sud de Dublin et devrait être achevée début 2016. En attendant de pouvoir produire et vendre son propre whiskey, Walsh Whiskey Distillers achète des fûts et les embouteille sous ses marques. Sa première gamme est l’Irishman, décliné en plusieurs versions. Sa seconde gamme, est le Writer’s Tears qui est un blend de Pure Pot Still et de Single Malt. Ce Writer’s Tears existe en deux versions : une titrant à 40% (celle qui nous occupe aujourd’hui), et une série limitée à 2500 bouteilles en brut de fût titrant à 53%.

  • Nez : Un nez sage sur le fruité frais et acidulé. Beaucoup d’agrumes, un peu de miel et d’abricot sec. Quelques pistils de fleur.
  • Bouche : Un mélange de fruits blancs, jaunes, et d’agrumes. Monolithique, simple, mais frais et agréable. De légères vagues herbacées.
  • Finale : Très courte. Une petite amertume abricotée, puis tout s’en va rapidement et on a envie de prendre la prochaine gorgée.
  • Verdict : A nouveau, un entrée de gamme irlandais très facile d’accès, frais et fruité. Ca se boit comme de l’eau. Mais pourrait peut-être être taxé de ‘’trop’’ simple par certains.
  • 84/100.

Disponible assez facilement chez les cavistes pour une trentaine d’euros.

Dossier ‘’irlandais’’, volet 3 : quatre indépendants (Knappogue Castle, Writer’s Tears, Teeling Small Batch, et Irish 13 ans A.D. Rattray)
Teeling Whiskey Small Batch, Rum Casks, embouteillé en 02.2013, NAS, 46%

Teeling ? Mais le Blog a déjà cité ce nom !! Réfléchissons… Mais c’est bien sûr ! Pas plus tard que dans le focus sur les distilleries irlandaises, le nom John Teeling est venu sur le tapis. Oui oui, John Teeling était le fondateur de la distillerie Cooley. En 2011 Cooley est revendue, et Jack (un des fils de John et Directeur de Cooley à ce moment-là) fonde la société Teeling. Son frère Stephen le rejoint en 2013, et ensemble ils lancent le projet de construire une distillerie à Dublin. Cette distillerie vient d’être inaugurée début 2015. Mais comme l’argent est le nerf de la guerre, il a fallu remplir les caisses le temps que la distillerie soit construite et il faudra encore le faire le temps que le whiskey produit de la distillerie Teeling soit commercialisable. Apparemment les frères Teeling ont un stock plus que conséquent de fûts de whiskey irlandais ; restants de la production Cooley mais aussi de Midleton et Bushmills. Ce sont ces whiskeys qui sont actuellement embouteillés et vendus sous le label Teeling. La gemme de Teeling comprend quatre embouteillages : le Small Batch qui est un blend en fûts de rhum, un single grain, un single malt sans âge, et un single malt de 21 ans d’âge.

  • Nez : Le whiskey de grain est immédiatement perceptible, de par son odeur bien particulière (et assez difficile à définir) de fruit sec légèrement sucré et liquoreux. Derrière ça, du raisin blanc, de la pomme et un peu de fraîcheur herbacée.
  • Bouche : De la pomme acide. Le whiskey de grain est ici aussi très présent, apportant une rondeur à l’ensemble et un côté liquoreux marqué. Une amertume de fruit sec grandit en bouche.
  • Finale : Moyenne. Un peu de sécheresse amère d’abricot sec qui perdure.
  • Verdict : Personnellement, j’ai un peu de mal avec le jeune whisky de grain en général. Il me semble majoritaire ici, rendant ce whiskey rapidement écœurant. Quant à l’empreinte du rhum, je ne l’ai pas décelée. Je trouve le nez sympa, mais le reste ne correspond pas du tout à mes goûts.
  • 79/100.

Cet entrée de gamme de chez Teeling est très largement disponible chez les cavistes pour environ entre 25 et 30 euros.

Dossier ‘’irlandais’’, volet 3 : quatre indépendants (Knappogue Castle, Writer’s Tears, Teeling Small Batch, et Irish 13 ans A.D. Rattray)
Irish 13 ans A.D. Rattray ‘’ Uisge Beatha Taigh’’, 27.08.2001 / 11.12.2014 for Jurgen’s Whiskyhuis, Cask N° 9787, 60%, 115 bouteilles

Ha, un cas plus facile à comprendre ! A.D. Rattray est un embouteilleur indépendant écossais qui propose surtout des single casks de single malt écossais. Parfois, les embouteilleurs indépendants ont l’opportunité d’acheter un fût de whiskey irlandais, et ils ne s’en privent alors pas. Ce qui a été le cas ici, et ce single malt écossais (dont on ne connaît pas la distillerie d’origine) a été spécialement embouteillé pour Jurgen’s Whiskyhuis qui est l’importateur belge d’A.D. Rattray.

  • Nez : Assez fermé au début, il faut lui laisser le temps de s’ouvrir. La puissance des fruits se libère ensuite, envoyant un mélange de fruits jaunes et blancs bien juteux. Quelques fruits exotiques s’invitent aussi à la fête. Un petit côté frais se cache derrière cette puissance fruitée, et reste sagement à l’arrière-plan.
  • Bouche : L’alcool n’est pas agressif, malgré ses 60%. Attention, c’est quand même bien puissant et chaud en bouche, hein ! Une corbeille de fruits frais et juteux, sucrés, moelleux, liquoreux. Pas spécialement complexe, tout est basé sur le plaisir brut.
  • Finale : Courte, toujours sur les fruits frais qui s’évanouissent.
  • Verdict : Un Irlandais ultra fruité, et assez différent des autres goûtés jusqu’ici dans ce dossier, de par l’absence presque totale d’herbacé et de floral. Ici c’est du fruit, du fruit, et du fruit. Avec un peu de fruit en plus. Sorti du fruit, il est très équilibré et agréable malgré son haut titrant en alcool.
  • 87/100.

Disponible uniquement chez Jurgen’s Whiskyhuis pour 81 euros.

Dans le prochain (et dernier) volet je vous parlerai d’autres embouteillages indépendants, cette fois-ci d’un seul et même embouteilleur.

mardi 3 mars 2015

Dossier ‘’irlandais’’, volet 2 : trois entrées de gamme officielles (Tyrconnell, Redbreast, et Connemara)

Après la théorie, la pratique !

Passons en revue trois embouteillages officiels de whiskeys irlandais d’entrée de gamme. Pas de représentant de chez Bushmills, désolé je n’ai pas eu l’occasion de mettre la main sur un sample.

Dossier ‘’irlandais’’, volet 2 : trois entrées de gamme officielles (Tyrconnell, Redbreast, et Connemara)
The Tyrconnell Single Malt Irish Whiskey, NAS, 40%

Un whiskey d’entrée de gamme de la distillerie Cooley.

  • Nez : Le fruité et le floral typiques des whiskeys irlandais sont présents, mais aussi une odeur sèche et âcre de bois cartonné qui personnellement me dérange. Heureusement, ce côté âcre s’estompe avec l’aération.
  • Bouche : Légère, douce, et facile. Le boisé / pelure amère de fruit est trop présent par contre, et couvre assez bien les fruits qui peinent à se montrer.
  • Finale : Courte. L’amer fruité perdure, accompagné de fruits blancs et exotiques. Petite explosion épicée.
  • Verdict : Un entrée de gamme intéressant pour les débutants en whiskey irlandais. Mais il se montrera bien en dessous d’autres que vous auriez pu goûter.
  • 77/100.

Disponible assez largement pour environ 25 euros.

Dossier ‘’irlandais’’, volet 2 : trois entrées de gamme officielles (Tyrconnell, Redbreast, et Connemara)
Redbreast 12 ans, 40%

L’ultra-classique parmi les whiskey irlandais, quasi incontournable, même. Ce Redbreast est un Single Pot Still issu d’une triple distillation de chez Midleton.

  • Nez : Frais et herbacé sur la mousse accrochée à de la pierre dans un sous-bois. Des fruits secs, un peu de poussière de bois. Quelques épices douces. Une influence sherry est nettement perceptible.
  • Bouche : Un peu molle et aqueuse, grosse réduction oblige. Sèche, boisée. De l’amertume de pelure de fruits, et des fruits secs.
  • Finale : La bouche s’assèche sur le bois. L’amertume meurt lentement.
  • Verdict : Un entrée de gamme bien fait et agréable. Un étalon parmi les Irlandais.
  • 85/100.

Largement disponible un peu partout pour une petite quarantaine d’euros.

Dossier ‘’irlandais’’, volet 2 : trois entrées de gamme officielles (Tyrconnell, Redbreast, et Connemara)
Connemara Original, NAS, 40%

Le whiskey tourbé de la distillerie Cooley.

  • Nez : Je m’attendais à un whiskey très tourbé, mais ce n’est pas le cas. La tourbe est finement citronnée et délicate, pas envahissante. Elle est accompagnée d’agrumes frais et de fleurs printanières.
  • Bouche : Assez particulière, je dois dire ! Un mélange de paille sèche, d’agrumes, et de fleurs écrasées. Quelques épices poivrées. La tourbe est ici discrète.
  • Finale : Une légère sécheresse fruitée reste en bouche, suivie de poussière et de quelques volutes de fumée qui remontent dans le nez.
  • Verdict : Un intéressant mariage du profil irlandais et de la tourbe délicate. C’est équilibré, bien fait, et la réduction n’est pas spécialement perceptible. A considérer pour les amateurs de tourbe qui voudraient découvrir le whiskey irlandais.
  • 84/100.

Disponible lui aussi facilement chez la plupart des cavistes, pour environ 40 euros.

vendredi 27 février 2015

Dossier ‘’irlandais’’, volet 1 : Focus sur les distilleries irlandaises

La Saint Patrick arrivant à grands pas (non, je ne parle pas d’Aragorn), le Blog se penche sur l’Irlande, ‘’l’autre pays du whisk(e)y’’. Comme le Wallon n’est jamais dernier pour trouver n’importe quelle excuse pour faire la fête, je ne doute pas que vous ayez l’intention de boire quelques Guinness le 17 mars prochain. Et si vous optiez pour du whiskey irlandais, plutôt ?

Dossier ‘’irlandais’’, volet 1 : Focus sur les distilleries irlandaises

En effet, l’Irlande n’est pas en reste par rapport à l’Ecosse en ce qui concerne le whisky. Et d’abord, en Irlande, whisky s’écrit whiskey et pas whisky. Ça va, vous suivez toujours jusqu’ici ?

Pour s’y retrouver, le Blog vous propose un dossier divisé en plusieurs volets. Je vais d’abord aborder un peu de théorie, en vous exposant les distilleries irlandaises. Puis je vous proposerai quelques embouteillages officiels. Viendront ensuite, en deux volets distincts, des embouteillages indépendants. Un beau gros dossier pour rendre hommage au whiskey irlandais, en somme.

(photo Wikipedia)
(photo Wikipedia)

Reprenons depuis le début… de l’histoire

Comme précédemment expliqué dans un article théorique (que je vous invite à relire, je ne vais pas tout répéter, non plus :-p ), l’origine du mot ‘’whisky’’ est probablement irlandaise, tout comme la fabrication du whisky lui-même. Tac, dans les dents des Ecossais ! Certaines légendes irlandaises prétendent même que ce serait Saint Patrick lui-même qui aurait apporté un alambic en Irlande pour y produire le premier whisky !

Si aujourd’hui tous les whiskeys irlandais s’écrivent avec la dénomination ‘’whiskey’’, il n’en n’a pas toujours été ainsi. C’est du marketing pur qui a poussé une distillerie à vouloir se démarquer, en 1966, des whiskies écossais. Depuis, toutes les autres distilleries irlandaises ont suivi le pas.

Depuis 1980, une loi encadre la production de whiskey irlandais afin de protéger son appellation :

  • Au moins une double distillation.
  • La distillation et la maturation doivent se faire en Irlande (du Nord y compris).

Si l’Ecosse reste LE pays du whisky, il y a aussi des choses bien intéressantes en Irlande. Petit tour d’horizon…

Le Pot Still Whiskey

En Irlande, trois types de whiskeys sont distillés.

Le single malt et le single grain bien évidemment, comme en Ecosse (ou ailleurs). Je ne vais pas revenir sur ces types de distillat.

Le whiskey qui fait la particularité de l’Irlande est le Pot Still Whiskey. Ce whiskey se différencie de deux façons par rapport au single malt :

  • Il est distillé dans un alambic de type ‘’pot still’’ (charentais, en Français).
  • Il est distillé à partir d’un mélange d’orge maltée et d’orge non maltée (alors que le single malt n’est issu que d’orge maltée).

Le Pot Still Whiskey, en ajoutant de l’orge non maltée, a été inventé au 18ème siècle pour contourner une taxe sur le malt.

Les distilleries irlandaises

Pour comprendre l’état des distilleries irlandaises de nos jours, il faut fouiller dans l’histoire. Tout comme en Ecosse, le nombre de distilleries officielles a été étroitement lié aux lois encadrant la production de whiskey qui ont été promulguées et abrogées au cours des siècles. Je ne vais pas développer ici en détail l’histoire des ouvertures et fermetures successives des nombreuses distilleries irlandaises pendant les derniers siècles, Google est votre ami pour ça. De nos jours, il ne reste que trois principales distilleries en activité en Irlande. Et s’il n’existe seulement que trois grandes distilleries, il existe pourtant une multitude de noms différents de whiskeys irlandais. Explication.

Dossier ‘’irlandais’’, volet 1 : Focus sur les distilleries irlandaises
Bushmills

Située en Irlande du Nord, Bushmills appartient au géant Diageo. Cette distillerie ne propose pas plusieurs marques différentes ; tout est embouteillé sous la marque Bushmills.

Dossier ‘’irlandais’’, volet 1 : Focus sur les distilleries irlandaises
Midleton

Midleton est une super-distillerie, engendrée de la fusion de grands nom comme Jameson et Power’s pour former Irish Distillers Inc. Elle appartient au groupe Pernod-Ricard.

  • Les marques principales produites par Midleton :
    • Jameson (blend)
    • Paddy (blend)
    • Redbreast (Pot Still)
Dossier ‘’irlandais’’, volet 1 : Focus sur les distilleries irlandaises
Cooley
  • Fondée en 1987 par John Teeling (oui oui, le même qui est actuellement à la tête de l’embouteilleur Teeling, j’en parlerai dans un prochain article), elle est située en Irlande, non loin de la frontière avec l’Irlande du Nord.
  • Cooley est revendue au groupe Beam en 2011 (lui-même racheté par Suntory début 2014).
  • La distillerie possède aussi bien des alambics à colonne que des alambics de type Pot Still. La majorité du whiskey distillé chez Cooley est soumis à une double distillation, contrairement à la triple pratiquée chez Midleton et Bushmills.
  • Les marques principales produites par Cooley :
    • Connemara (single malt)
    • Tyrconnel (single malt)
    • Greenore (single grain)
    • Kilbeggan (blend)
Les autres

Outre ces trois distilleries ayant un long passé historique, il existe quelques très petites distilleries qui sont apparues ces dernières années. Si petites qu’elles sont pratiquement inconnues, et leur whiskey est encore très jeune, voire même pas encore assez vieux que pour être déjà appelé whiskey. Parmi elles on peut citer Dingle (depuis 2012), Kilbeggan (depuis 2007), Teeling (qui vient juste d’être inaugurée), Tullamore (depuis 2014), et West Cork (depuis 2008).

jeudi 12 février 2015

Trois tastings de Whiskeys irlandais : le 13/03 chez We Are Whisky (Jauche), le 14/03 à Denée (entre Charleroi et Namur), et le 17/03 chez Toby Vins (Vivegnis)

Trois tastings de Whiskeys irlandais : le 13/03 chez We Are Whisky (Jauche), le 14/03 à Denée (entre Charleroi et Namur), et le 17/03 chez Toby Vins (Vivegnis)

Petite parenthèse dans les nouveautés du Whisky Live…

Dans un mois, le 17 mars plus précisément, ce sera la Saint Patrick, LA fête populaire irlandaise par excellence en honneur du patron de l’Irlande.

Pour célébrer l’évènement, qui a depuis longtemps dépassé les frontières irlandaises, trois dégustations de whiskeys irlandais seront organisées en Wallonie. Le blog se mettra aussi, d’ailleurs, aux couleurs de l’Irlande vers la fin de ce mois-ci.

Trois tastings de Whiskeys irlandais : le 13/03 chez We Are Whisky (Jauche), le 14/03 à Denée (entre Charleroi et Namur), et le 17/03 chez Toby Vins (Vivegnis)
Le vendredi 13/03 chez We Are Whisky, à Orp-Jauche (Brabant Wallon).

Soirée irlandaise chez We Are Whisky le vendredi 13/03 à 20h00. La soirée est encore en cours d’organisation, peu d’infos sont déjà disponibles. Le lineup devrait être connu dans les prochains jours. Si vous êtes libre ce soir-là et intéressé(e) par cette soirée, contactez la boutique par téléphone (au 0471 13 45 56) ou par email afin d’être tenu au courant des infos définitives qui devraient arriver sous peu…

Trois tastings de Whiskeys irlandais : le 13/03 chez We Are Whisky (Jauche), le 14/03 à Denée (entre Charleroi et Namur), et le 17/03 chez Toby Vins (Vivegnis)
Le samedi 14/03 à Denée (entre Charleroi et Namur).

Le ‘’Whisky Friends Club’’ est un petit whisky club ouvert à tous (et toutes, pas de sexisme dans le whisky !), fondé en 2014 suite à l’initiative de Patrice, un passionné de whisky qui habite de ce côté-là. La dégustation du samedi 14/03 sera la troisième qu’il organisera. La première, en mars 2014, proposait 5 whiskies de l’embouteilleur Malts of Scotland. La seconde, en septembre 2014, proposait 5 whiskies d’horizons différents âgés de 16 à 30 ans.

Le local occupé pour les dégustations du club est situé à Denée, un petit village entre Charleroi et Namur, tout près de l’Abbaye de Maredsous.

Le lineup 100% Irlandais du samedi 14/03 sera le suivant :

  • Green Spot single pot still 40%
  • Redbreast 15Y single pot still 46%
  • Ireland single malt 14Y The Nectar of Daily Drams 2000/2014 53,5%
  • Bushmills 21Y Madeira single malt 40%
  • Ireland single malt 22Y The Nectar of Daily Drams et La Maison du Whisky 1991/2014 rum cask 46,6%
  • Connemara single malt 10Y single cask 2001/2011 52%

Il reste à ce jour une vingtaine de places à pourvoir, sur les 30 disponibles au total. Le prix est fixé à 25€, à payer lors de la réservation (réservation qui se fait via email). Toutes les infos pratiques sont disponibles sur le site web du club.

Trois tastings de Whiskeys irlandais : le 13/03 chez We Are Whisky (Jauche), le 14/03 à Denée (entre Charleroi et Namur), et le 17/03 chez Toby Vins (Vivegnis)
Le mardi 17/03 chez Toby Vins, à Vivegnis (près de Liège).

Toby Vins, vous connaissez déjà. Bon, bref rappel pour les cancres : Toby Vins est un caviste de la région de Liège qui organise régulièrement des événements autour du whisky (en septembre dernier le Kilchoman European Tour s’était arrêté là, par exemple).

Toby Vins organisera donc une dégustation de 7 whiskeys irlandais le 17 mars, exactement le soir de la Saint Patrick. Je ne peux rien vous dire du lineup, celui-ci étant top secret. Mais gageons qu’il sera à la hauteur…

Ce que je sais, par contre : Ce sera le 17 mars à 20h00, à la boutique de Vivegnis. Réservation obligatoire via email. La dégustation des 7 whiskeys sera accompagnée d’une assiette de bœuf "Irish Style" à la Guinness. Le prix est fixé à 20€.

Il est possible que d’autres dégustations de whiskeys irlandais se passent en Wallonie aux alentours de la Saint Patrick (mais je n’en ai pas été informé), c’est la période propice après tout… Bref, Irish Power en mars à tous les étages ! Sláinte na bhfear agus go maire na mná go deo !