lundi 15 août 2016

Aberlour A'bunadh, Batch 47, 60.7% (OB)

Si je vous parle de moins en moins souvent d'embouteillages officiels, c'est pour plusieurs raisons: Premièrement, j'en goûte beaucoup moins que des embouteillages indépendants. Les distilleries et distributeurs ne me fournissent aucun échantillon; et quand je visite des cavistes ou que je rencontre des whiskyfriends, je me dirige en priorité vers les embouteillages indépendants. Difficile dans ce cas-là de vous en parler, n'est-ce pas ? Ensuite, et là je suis le seul responsable, je trouve qu'il y a de moins en moins d'embouteillages officiels assez sexy pour éveiller ma curiosité. Enfin, c'est pas entièrement de ma faute quand même; si les distilleries arrêtaient de nous refiler des NAS pas terribles qui remplacent les classiques avec âge indiqué, je serais sûrement plus intéressé par leurs produits. Et quand il y a un âge indiqué, tout de suite ça devient impayable. Ha, dur dur le whisky ces derniers temps :-/

Allez, j'arrête de me plaindre (jusqu'au prochain article :-p ).

Aberlour A'bunadh, Batch 47, 60.7% (OB)

Et donc, malgré tout ce que j'ai dit ci-dessus, je vous parle aujourd'hui d'un NAS officiel. J'adore me contredire :-)

Mais pas n'importe lequel, car cet Aberlour A'bunadh est considéré comme un classique de la marque, un bon gros whisky en fût de Sherry et en brut de fût, le truc bien goûtu pas pour les lopettes.

Ce whisky, comme souvent dans les gammes officielles, se décline en batches successifs. Celui dont je vous parle aujourd'hui est (déjà) le 47ème, et il date déjà de 2014. Nous approchons du 60ème batch en 2016. Et comme souvent dans les batches, il y en a des meilleurs que d'autres, et des moins bons que d'autres (vous suivez toujours ?). Mais en règle générale, la distillerie essaie de toujours proposer plus ou moins le même whisky.

Allez, penchons-nous sur ce batch 47.

Aberlour A'bunadh, Batch 47, 60.7% (OB)
Aberlour A'bunadh, Batch 47 (2014), 60.7% (OB)
  • Nez: Très puissant, l'alcool prend aux narines. Après que celles-ci se soient habituées, du sirop de raisin sec, du caramel vanillé, de l'abricot sec, de l'orangette, du cassis, et du tabac bien moelleux.
  • Bouche: Tout aussi en puissance, les 60% ne passent pas inaperçus ! De la pâte d'amande, du caramel brûlé, du raisin noir sec, des épices de Noël, du chocolat noir.
  • Finale: Comme la bouche est habituée aux 60%, la finale passe quasi toute seule. Du bon gros pain d'épices, le tabac qui refait surface, accompagné de muesli sec.
  • Verdict: Un profil "gros Sherry" ultra classique, bien cohérent et goûteux. Les amateurs du genre apprécieront. Pour ma part, même si effectivement beaucoup de saveurs que j'apprécie sont là, je trouve que l'alcool est trop présent et gâche un peu le plaisir. De ce côté là, une bonne lichette d'eau calme ses ardeurs, mais adoucit aussi fortement les saveurs.
  • 87/100.

Il y a peut-être moyen d'encore trouver ce batch spécifique chez l'un ou l'autre caviste en furetant un peu, mais sinon l'A'bunah est trouvable un peu partout, aux batches aléatoires, pour une soixantaine d'euros.

jeudi 11 août 2016

Bunnahabhain 2001/2016 The Cooper’s Choice, 14 ans, 46%

J'ai souvent l'impression que Bunnahabhain est le vilain petit canard de l'île d'Islay. Cette distillerie, même si elle a ses fans et qu'il en existe de très bons embouteillages, ne dispose pas de la même aura ni de la même notoriété que les autres distilleries de l'île. Il est vrai que le profil de Bunna peut s'avérer très varié, proposant aussi bien du tourbé que du non tourbé, du fût de Bourbon que du fût de Sherry; et ce chez de nombreux embouteilleurs indépendants.

Je ne vais bien évidemment pas de nouveau vous présenter The Cooper's Choice, j'en parle assez souvent (cet embouteilleur commence même à taquiner Cadenhead dans mon cœur, qui commence à balancer).

Bunnahabhain 2001/2016 The Cooper’s Choice, 14 ans, 46%

Il s'agit ici d'un Bunna assez jeune (14 ans), en fût de Sherry, et réduit (aie !) à 46%. Voyons ce que ça donne...

Bunnahabhain 2001/2016 The Cooper’s Choice, 14 ans, 46%
Bunnahabhain 10.2001 / 2016 The Cooper’s Choice, 14 ans, Sherry Cask n°1428, 46%, 420 bouteilles
  • Nez : Une pointe de soufre en premier nez, mais qui se calme après une courte aération. Du raisin sec, de l’abricot sec, du tabac, du 4 épices. Sont aussi présents le caramel, le bois de noix, et l’orangette. Un nez très typique et reconnaissable des whiskies en fût de Sherry.
  • Bouche : Du raisin confit, du sirop d’abricot, de la compote d’orange au chocolat noir. De la cassonade fondue et du tabac noir. Quelques épices douces.
  • Finale : Du bois épicé montre le bout de son nez, ainsi qu’une légère fraîcheur de thé vert. La compote de fruit confit au chocolat perdure un moment, puis c’est la chaleur épicée qui prend le relais.
  • Verdict : Le whisky de Noël par excellence : pas agressif, gourmand, capiteux. Parfait pour accompagner la bûche. La réduction est maîtrisée, et même presque bienvenue car elle apporte un équilibre et une facilité d’accès que le brut de fût n’apporterait pas obligatoirement. Par contre, c’est un gros Sherry, le profil de la distillerie est complètement occulté.
  • 87/100.

Disponible pour ±105€ au Chemin des Vignes à Bruxelles (Stockel) et (peut-être sur commande) chez We Are Whisky (Jauche) et W Comme Whisky (La Louvière). Pas spécialement bon marché pour un 14 ans réduit, je trouve...

lundi 8 août 2016

Caol Ila 25 ans Frisky Whisky, 1984/2010, 54%

Caol Ila... Littlemill... Clynelish... Cadenhead... Cadenhead... Clynelish... Littlemill... Caol Ila... Ca devient lassant sur ce Blog, non ? ;-)

Bah oui, que voulez-vous... Je préfère vous parler de choses que j'apprécie que de choses que je ne trouve pas terribles. Je sais, c'est égoïste. Mais on se fait déjà assez chier au boulot pour en plus se faire chier dans son hobby, pas vrai ? Et comme pour moi le whisky est un hobby, hé bien non je ne parle pas des whiskies que je ne trouve pas dignes d'intérêt (et il y en a plein qui me passent pas les papilles, si si je vous jure !).

Bref.

Caol Ila 25 ans Frisky Whisky, 1984/2010, 54%

Aujourd'hui, je vous parle d'un Caol Ila distillé en 1984 et embouteillé il y a déjà... 6 ans. Ça fait un bail, dans le whisky ! C'est loin d'être une nouveauté, donc. Ce qui m'a surtout attiré, c'est le 1984 de l'année de distillation, car tous les Caol Ila 1984 que j'ai goûtés m'ont laissé un très bon souvenir. J'en ai d'ailleurs déjà présentés plusieurs.

Quant à Frisky Whisky, c'est une gamme de John Milroy, qui n'est pas un embouteilleur mais une marque de l'embouteilleur Berry Bros & Rudd (qui est le plus vieux négociant en alcools des Royaumes Unis). Et je ne sais pas exactement qui distribue BBR (le diminutif de Berry Bros & Rudd) en Belgique, mais on ne voit pas souvent ces bouteilles chez les cavistes wallons.

Caol Ila 25 ans Frisky Whisky, 1984/2010, 54%
Caol Ila 25 ans Frisky Whisky, 1984 / 2010, Fût de Bourbon n°5393, 54%
  • Nez: Très cendré, c'est ce qui saute au...nez (désolé ^^). Passé cette cendre (qui reste dominante), de la paille sèche, une fraîcheur mentholée grandissante, et quelques fruits (abricot et citron) asséchés. Après aération, la paille cendrée prend de l'ampleur.
  • Bouche: Du sirop d'abricot, de la fumée cendrée, de la compote de pêche, et un peu de miel. Un mélange fruité / cendré accompagné d'épices poivrées.
  • Finale: Longue. Un léger acidulé d'agrume apparaît et se mélange à la cendre froide. En rétro-olfaction, des vagues mentholées remontent dans le nez. Une mini amertume fruitée en toute fin de bouche.
  • Verdict: Boudiou boudiou ! Décidément, 1984 est une grande année pour Caol Ila ! J'en ai goûtés un nombre non négligeable, et je ne me rappelle pas en avoir croisé de mauvais. Celui-ci ne déroge pas à la règle, ni à mes goûts personnels.
  • 89/100.

Complètement sold out maintenant, j'ai chopé la dernière bouteille (lalalèreuh ! :-p ) en Allemagne le mois passé, pour 145€ :-)

samedi 6 août 2016

Glenturret 2002/2015 Gordon & MacPhail, 43%

La campagne marketing "The Wood Makes the Whisky" de l'embouteilleur Gordon & MacPhail continue son petit bonhomme de chemin; la plupart de ses derniers embouteillages en date y faisant référence.

Ce Glenturret-ci a dormi dans des fûts de Sherry (dont le nombre et le type ne sont pas spécifiés, mais ce n'est pas un single cask), pour produire au final un nombre inconnu de bouteilles. J'ai l'impression que Gordon & MacPhail propose de plus en plus souvent des embouteillages issus d'un mariage de plusieurs fûts, sans beaucoup d'informations communiquées sur ceux-ci. Bah, du moment que c'est bon, hein... Et d'ailleurs, ce Glenturret l'est-il ??

Glenturret 2002/2015 Gordon & MacPhail, 43%
Glenturret 2002 / 2015 Gordon & MacPhail, Sherry Casks, 43%
  • Nez: L'influence du Sherry est indéniable. De la coque de noisette, du popcorn caramélisé, du muesli sucré, de la pâte d'abricot. Du jus d'orange après une courte aération. Un nez pas puissant ni bourrin, mais bien agréable.
  • Bouche: C'est d'abord une grosse amertume fruitée qui mène la danse (pelure de pomme verte et jaune, zeste d'orange). Heureusement, elle se calme dès la seconde gorgée. Derrière cette amertume se tient du pamplemousse, du sirop d'abricot, et une pincée d'épices exotiques.
  • Finale: Courte. Le pamplemousse domine. Du bois sec épicé s'insinue. Une très ténue fumée de bois en toute fin de bouche. Un kick amer sur le retour.
  • Verdict: Moi, j'aime bien les saveurs de pamplemousse et d'orange dans un whisky. Ce sont des goûts que j'apprécie depuis mon enfance (n'allez pas croire que je bois du whisky depuis mon enfance, hein). Et ici, il y en a pas mal. En outre, la réduction est bien maîtrisée, aucune impression aqueuse. Dommage pour l'amertume en entrée de bouche, qui n'est pas mon truc. Dans l'ensemble, c'est quand même un whisky facile et agréable.
  • 85/100.

Disponible (de stock ou sur commande, à vérifier au cas par cas) pour environ 50€ chez les cavistes revendant du Gordon & MacPhail en Wallonie (We Are Whisky, W Comme Whisky, Chez Arthur, Maison Demiautte, Aux Mille Saveurs).

jeudi 4 août 2016

Linkwood 26 ans Cadenhead's Single Cask, 1989/2015, 50.2%

Linkwood 26 ans Cadenhead's Single Cask, 1989/2015, 50.2%

Cela faisait longtemps que je voulais goûter ce Linkwood. A sa sortie, courant 2015, je n'avais pas eu l'occasion de le faire mais plusieurs personnes m'avaient dit l'avoir trouvé très bon. Étant donné le nombre très limité de bouteilles ayant été disponibles en Belgique, je n'avais réussi à m'en procurer une (il faut dire qu'à l'époque je n'avais pas spécialement cherché non plus).

Les différents retours que j'ai pu en lire sur internet ont tous été très positifs, tant et si bien que mon envie de le goûter ne m'avait jamais quitté.

Ce n'est que récemment que j'ai eu enfin l'occasion de me pencher dessus, au calme dans mon environnement de dégustation. Et effectivement, la réputation de ce Linkwood embouteillé par Cadenhead n'est pas galvaudée.

Linkwood 26 ans Cadenhead's Single Cask, 1989/2015, 50.2%
Linkwood 26 ans Cadenhead's Single Cask, 1989 / 2015, Sherry Butt, 50.2%, 324 bouteilles
  • Nez: Du raisin sec, du caramel, de l'abricot. Très vite une fraîcheur d'abord mentholée, puis florale, montre le bout de son nez. Viennent alors de la prune jaune, de la compote de pêche, et un gros rayon de miel d'oranger. Un nez fort complexe et évolutif, gambadant rapidement d'une senteur à l'autre.
  • Bouche: De la compote de fruits jaunes mélangée à du miel liquide. De l'abricot, du raisin de Corinthe, de la prune jaune. Du caramel vanillé comme fil conducteur. Une bouche moins complexe que le nez, et surtout moins changeante (plus classique, quoi), mais qui ne manque néanmoins pas d'attrait.
  • Finale: Longue. La fraîcheur végétale refait surface, se mariant maintenant à du bois vert et sec. La sève boisée reste un moment collée à la langue. Du thé vert parfumé après quelques gorgées.
  • Verdict: Le Sherry, bien sûr décelable, n'est en rien écrasant. Ce whisky a un caractère bien à lui, fruité et végétal, sucré et gourmand, équilibré et séduisant. Le seul (petit) défaut que je lui trouve est cette fraîcheur végétale trop présente par moments; ce qui l'empêche d'atteindre le 90 selon mes critères personnels.
  • 89/100.

Sold out à ma connaissance en Belgique, il en reste actuellement une paire de bouteilles à la boutique Cadenhead de Cologne, au prix de 189€.

mardi 2 août 2016

Littlemill 22 ans Cadenhead's Small Batch, 1992/2014, 53.7%

Littlemill 22 ans Cadenhead's Small Batch, 1992/2014, 53.7%

Littlemill + Cadenhead, ça ne peut que bien se passer, pas vrai ? Bah clairement, sur papier, ce serait difficile de faire mieux, puisque Littlemill est ma distillerie préférée, et que la qualité des embouteillages Cadenhead n'est plus à prouver...

Cet embouteillage n'est pas récent, il date déjà de 2014. A cette époque Littlemill était déjà très recherché par les amateurs (et ça ne s'est pas calmé depuis), tant et si bien que les stocks belges (la gamme Small Batch étant la gamme "internationale" de Cadenhead, disponible dans de nombreux pays via des distributeurs locaux) étaient déjà réservés par les clients avant même d'arriver sur les étagères. En 2014 déjà il fallait être prompt sur la balle (et c'est encore pire aujourd'hui).

Il est temps, après deux ans, d'enfin se pencher sur ce Littlemill...

Littlemill 22 ans Cadenhead's Small Batch, 1992/2014, 53.7%
Littlemill 22 ans Cadenhead's Small Batch, 1992 / 2014, Bourbon Hogsheads, 53.7%, 558 bouteilles
  • Nez: De l'herbe fraîche, du citron, des petites fleurs. En laissant reposer le dram, l'herbacé se calme (mais reste présent) pour laisser la place au reste: de la brioche, de la fougère, de la pomme jaune, de la banane verte. Le fruit et le pollen deviennent de plus en plus présents au fur et à mesure de l'aération.
  • Bouche: Texture douce, onctueuse, et gourmande dès la première gorgée. Du miel d'oranger, de la menthe poivrée, du sirop d'abricot, et de la compote de citron. Un mélange acidulé / végétal / fruité qui fonctionne très bien.
  • Finale: Le végétal s'impose d'un coup, mariage de tige de fleur et d'herbe coupée. Le citron (confit) est encore présent.
  • Verdict: Un Littlemill très typique du début des années '90. Et très bien fait, équilibré, gourmand, frais, et séduisant. Bon ben miam miam, quoi.
  • 90/100.

Sold out avant même d'arriver dans les boutiques belges, à l'époque. En 2014 la folie Littlemill battait déjà son plein. Son prix public originel avoisinait les 140€ (ce que j'avais trouvé assez cher à l'époque).

samedi 30 juillet 2016

Croftengea 2006/2016 The Cooper’s Choice, 10 ans, 46%

Croftengea ? Voilà autre chose, tiens.... C'est quoi ça, Croftengea ? Le nom d'un nouveau blend ? Un whisky "teaspooné" ? Un whisky dont la distillerie n'est pas connue, alors on lui colle un nom aléatoire sur l'étiquette ?

Hé bien non, détrompez-vous, rien de tout ça. Croftengea est le nom du whisky tourbé produit par la distillerie Loch Lomond. Comme l'est Ledaig pour la distillerie Tobermory, en somme. Sauf que Ledaig est vachement plus célèbre que Croftengea, dont seulement 22 embouteillages différents sont recensés sur la base de données participative Whiskybase.

Croftengea 2006/2016 The Cooper’s Choice, 10 ans, 46%

Bref, je n'avais jamais entendu le nom Croftengea avant qu'on ne m'en mette une bouteille sous le nez. Et c'est bien pour ça que je vous en parle aujourd'hui; afin que vous aussi vous puissiez avoir un sujet de conversation intéressant lors de la prochaine réception de l'ambassadeur de Syldavie à laquelle vous serez invité.

Croftengea 2006/2016 The Cooper’s Choice, 10 ans, 46%
Croftengea 03.2006 / 2016 The Cooper’s Choice, 10 ans, Bourbon Cask n°498, 46%, 370 bouteilles
  • Nez : De la paille fraîche, du citron, de la fumée d’étable (oui, ça sent un peu la bouse de vache par moments). De la céréale vanillée. Ça sent le jeune et ça sent la ferme. Après aération, la tourbe fermière se met en veille pour laisser la part belle au malt vanillé.
  • Bouche : Beaucoup de malt vanillé. Légère acidité citrique. Du sirop de poire. Une fine couche de cendres froides et un nuage de fumée fermière.
  • Finale : Moyenne. Une fraîcheur mentholée, médicinale, envahit la bouche. Le citron vanillé reste un moment.
  • Verdict : En aveugle, ça ressemble très fort à du Ledaig, mais en moins monolithique je trouve. Les fans de ce genre de whisky s’y retrouveront. Pas mal fait, mais pas une découverte extraordinaire (en ce qui me concerne en tout cas) non plus.
  • 85/100.

Disponible pour 65€ au Chemin des Vignes à Bruxelles, et peut-être (renseignez-vous !) sur commande chez We Are Whisky (Jauche) et W Comme Whisky (La Louvière).

jeudi 28 juillet 2016

Cadenhead Creations – Light Creamy Vanilla, Batch 2, 23 ans, 51.6%

De façon de plus en plus régulière, je parle de blends et de whiskies dont l'origine n'est pas clairement établie. La raison est assez simple: beaucoup de blends dits "premium" deviennent de plus en plus une alternative à prix honnête aux single malts aux prix exorbitants qui nous sont proposés.

Goûter ces blends d'une nouvelle génération, souvent arborant fièrement un âge non négligeable, devient donc une étape quasi inévitable (mais pourquoi voudrais-je l'éviter, si la qualité est au rendez-vous ?). Entendons nous bien: je vous parle de blends "haut de gamme", pas du J&B ou du Williams Lawson !

Cadenhead (again ^^) propose lui aussi de façon de plus en plus régulière des blends en édition limitée (mariage de quelques fûts uniques), proposés dans sa gamme internationale (disponible dans tous les pays où Cadenhead est distribué, et pas seulement dans les boutiques Cadenhead).

Celui qui nous occupe aujourd'hui est le Light Creamy Vanilla, Batch 2. Le Batch 1, de 17 ans d'âge, était sorti en 2014; réduit à 46%. Un Batch 2, de 26 ans d'âge et limité à seulement 222 bouteilles, était sorti en 2015. Voici que Cadenhead nous propose maintenant un second Batch 2, de 23 ans d'âge (aucune idée pourquoi c'est un second Batch 2 et pas un Batch 3... soit le premier Batch 2 était destiné à un marché exclusif et particulier, soit Cadenhead s'est emmêlé les pinceaux ;-) ).

Les whiskies composant ce blend ne sont pas connus. Les fûts, achetés en 2012 par Cadenhead, étant destinés au blend; la distillerie d'origine n'était pas indiquée. La seule certitude est que les whiskies ont été distillés en 1992. En 2012, ces fûts ont alors été "blendés" ensemble dans un Sherry Butt unique; blend qui a maturé jusque maintenant.

Cadenhead Creations – Light Creamy Vanilla, Batch 2, 23 ans, 51.6%
Cadenhead Creations – Light Creamy Vanilla, Batch 2, 23 ans, Sherry Butt, 51.6%, 624 bouteilles
  • Nez: Assez fort marqué par le Sherry, avec une bonne grosse couche de soufre par dessus. Du raisin sec à la liqueur, du caramel vanillé, du bois poli, et de l'orange confite.
  • Bouche: Sucrée et équilibrée. Du caramel, de l'abricot, une fine acidité citrique, et de grosses poignées d'épices exotiques. Du raisin blanc à l'alcool par moments.
  • Finale: Courte. De la peau de pomme rouge, du citron acidulé, et du raisin blanc confit.
  • Verdict: Le soufre est fort présent au nez, et ne veut pas disparaître même après une longue aération. Généralement le soufre ne me gêne pas outre mesure sur les gros Sherry secs et boisés, mais ici il ne porte pas du tout ce nez aux nues. La bouche, fortement épicée mais cohérente, rattrape en partie le nez (trop) soufré.
  • 84/100.

Disponible à la boutique Cadenhead de Cologne pour ±75€, et devrait arriver dans un avenir très proche aux ambassades Cadenhead de Belgique et du Luxembourg (pour un prix similaire, je présume).

mardi 26 juillet 2016

Aberlour 25 ans Cadenhead's Small Batch, 1990/2016, 51.4%

Aberlour est loin d'être ma distillerie préférée. Chaque fois que j'en ai goûté, je me suis dit que ça ne cassait pas trois pattes à un canard. Et pour cette raison, je n'ai jamais cherché à approfondir la question. On a tous nos distilleries préférées qu'on aime bien goûter dès qu'on peut, Aberlour n'en fait tout simplement pas partie en ce qui me concerne. Et j'avoue, mon expérience gustative dans cette distillerie n'est pas particulièrement développée (j'en ai peut-être goûté 5 différents à tout casser).
Néanmoins, quand je croise un whisky qui me plaît, quelle que soit la distillerie, je trouve normal d'en parler. Que ce soit Aberlour ou une autre. Et le fait que celui-ci soit de l'embouteilleur Cadenhead n'entre pas en ligne de compte dans mon appréciation (promis juré !). C'est, d'ailleurs, le premier Aberlour noté sur le Blog.
Il s'agit donc d'un Aberlour de 25 ans d'âge, mariage de deux fûts de Bourbon, embouteillé en brut de fût en juin 2016 par Cadenhead. Et si je vous en parle, c'est que je l'ai trouvé avenant.




Aberlour 25 ans Cadenhead's Small Batch, 1990 / 2016, Bourbon Hogsheads, 51.4%, 540 bouteilles

Aberlour 25 ans Cadenhead's Small Batch, 1990/2016, 51.4%
  • Nez: Frais et fruité, sur la pomme verte, le citron jaune juteux, et pas mal de vanille. Au loin, du jus d'orange frais. Un nez rafraîchissant.
  • Bouche: Pas agressive du tout. Tout en douceur, dans la continuité du nez. Du sirop d'orange à jus, de la pomme jaune, du miel vanillé. Du citron picotant après un moment.
  • Finale: Moyenne. Du citron sec, la vanille qui perdure, et un léger boisé non envahissant en fin de bouche.
  • Verdict: Un Speysider assez typique, pas spécialement complexe, mais sa fraîcheur ambiante est la bienvenue en cette période estivale. Très "easy drinkable", ça passe tout seul. Sympa tout plein.
  • 88/100.




Disponible à la boutique Cadenhead de Cologne pour ±130€, et devrait arriver dans un avenir très proche aux ambassades Cadenhead de Belgique et du Luxembourg (pour un prix similaire, je présume).

dimanche 24 juillet 2016

Face à face: deux Pulteney 1990 Cadenhead

Vous le savez, j'aime bien proposer des face à face, car ça permet de vraiment comparer deux (ou plus) produits apparentés. Aucun intérêt de faire un face à face entre deux whiskies complètement différents, bien entendus; mais entre deux whiskies de la même distillerie et distillés la même année, là ça commence à être intéressant.

Bien évidemment, ce n'est pas toujours évident de mettre des face à face sur pied, car il faut pouvoir avoir les deux (ou plus) whiskies sous la main, et pouvoir les déguster en même temps dans de bonnes conditions.

C'est le cas ici, avec deux Pulteney (notez que je ne dis pas Old Pulteney, car en effet Old Pulteney est la gamme d'embouteillages officiels, mais la distillerie elle-même se nomme "juste" Pulteney), tous deux distillés en 1990, maturés en fût de Bourbon, et embouteillés en single cask et en brut de fût par Cadenhead.

Face à face: deux Pulteney 1990 Cadenhead

Le premier, de 24 ans d'âge, sorti début 2015 dans la gamme Single Cask; le second, de 25 ans d'âge, sorti en avril 2016 dans la gamme Authentic Collection. Deux whiskies en théorie très proches, puisque produits la même année par la même distillerie, et maturés à peu près le même nombre d'années dans le même type de fût. Les différences devraient donc se ressentir dans ce qu'ont apporté ces deux fûts de Bourbon au distillat, justement.

Face à face: deux Pulteney 1990 Cadenhead
Pulteney 24 ans Cadenhead's Single Cask, 1990 / 2015, Bourbon Barrel, 53.7%, 198 bouteilles
  • Nez: Une belle corbeille de fruits mûrs et juteux. De la pomme, de la poire, quelques gouttes de citron, de la banane verte, de la nectarine. Derrière cette multitude de fruits, une poussière très ténue de fruit sec.
  • Bouche: Les fruits continuent d'affluer (citron, banane verte, abricot, pomme), mélangés à du sirop salé. Cette salinité prend de plus en plus d'ampleur le temps pendant lequel le whisky reste en bouche. La texture est huileuse sur la langue.
  • Finale: Moyenne. La salinité perdure, flanquée de pomme jaune sèche. Quelques épices douces viennent chatouiller le palais.
Face à face: deux Pulteney 1990 Cadenhead
Pulteney 25 ans Cadenhead's Authentic Collection, 1990 / 04.2016, Bourbon Barrel, 50.5%, 180 bouteilles
  • Nez: De la pêche blanche, et des herbes aromatiques (coriandre et fenouil). Un trait de pamplemousse.
  • Bouche: Du raisin blanc, de la pomme jaune, du citron légèrement acidulé. Une pincée de sel saupoudrée sur ces fruits. Du sirop vanillé après un moment.
  • Finale: Longue. Des épices piquantes apparaissent et se mélangent au sel, qui est plus présent à ce stade. Le raisin blanc résiste, derrière les épices.
Verdict du face à face:
  • Le nez du 25 ans Authentic Collection est plus "simple" que celui du 24 ans Single Cask, mais aussi moins gourmand. Il est par contre plus aromatique et plus présent.
  • En bouche, la salinité est plus prononcée dans le 24 ans Single Cask (et c'est un marqueur que j'apprécie chez Pulteney).
  • La finale du 25 ans Authentic Collection est plus épicée, plus explosive que celle du 24 ans Single Cask.
  • L'un dans l'autre, ce sont deux très bons whiskies, qui ont indubitablement un lien de parenté. Il est difficile de les départager, car aucun des deux n'a quoi que ce soit à se reprocher. Mon choix personnel va néanmoins vers la 24 ans Single Cask pour son côté plus salin en bouche et plus fruité au nez.
  • 24 ans Single Cask: 90/100. 25 ans Authentic Collection: 89/100.

Le 24 ans Single Cask est sold out depuis longtemps, son prix était d'environ 130€ à sa sortie. Le 25 ans Authentic Collection est encore actuellement disponible à la boutique Cadenhead de Cologne, lui aussi au prix d'environ 130€.