mardi 15 novembre 2016

Compass Box Three Year Old Deluxe, 49.2%

Haa ce John Glaser ! Le trublion du monde du whisky, j'adore le fait qu'il ne se laisse pas faire et se batte pour ses idées !

Il est un fervent défenseur de la transparence totale du contenu des bouteilles proposées sur le marché. A une époque, il affichait l'âge des whiskies composant ses blends, mais il s'est fait reprendre de volée par la Scotch Whisky Association (l'organisation qui légifère sur ce qu'on peut ou ne peut pas faire dans la production et l’embouteillage du whisky) car ce n'était pas permis. Seul l'âge du whisky le plus jeune peut être affiché. Inquisition et obscurantisme de mise pour pigeonner le consommateur.

Depuis, John Glaser cherche à contourner cette règle, de trouver la brèche, et essaie même de la faire changer (ce qui prendra beaucoup de temps). Si l'âge des whiskies entrant dans la composition des blends ne peut pas être indiqué sur la bouteille, il est par contre possible de le demander au producteur, et celui-ci a le droit alors de le communiquer (vous pouvez demander l'info via un formulaire sur chaque page produit sur le site de Compass Box).

 

Moi, les réglementations de la SWA, je m'en tape allégrement le coquillard. PUNK'S NOT DEAD.

Mais si je publiais l'info ici, ce n'est pas moi qui aurais des soucis, mais Compass Box. Alors par respect pour son travail et pour son combat face à la SWA (et parce Céline, la représentante de Compass Box au dernier Spirits in the Sky, me l'a gentiment demandé ;-) ), je vais calmer mes ardeurs et obtempérer.

 

Pour faire un pied de nez à ces règles prônant l'opacité du marché, John Glaser a décidé de sortir un "faux" jeune blend de 3 ans d'âge. Seulement moins de 1% du mélange est du whisky de 3 ans, tandis que tout le reste est du whisky beaucoup plus vieux.

 

Si je ne peux pas citer les âges des whiskies, par contre ce que je peux faire c'est lister les distilleries composant ce blended malt. Le 3 ans d'âge est du Clynelish à concurrence de 0,4% du volume total, 90,3% du mélange est du Clynelish beaucoup plus vieux et maturé en refill hogshead, et les derniers 9,3% sont du Talisker d'un âge certain et maturé en fûts de Sherry de premier remplissage.

Compass Box Three Year Old Deluxe, 49.2%, 3282 bouteilles

  • Nez: De la cire, de l'iode, du citron vert, et de la pomme fraîche. Après un moment, une vaguelette mentholée se montre et se place même à l'avant plan.
  • Bouche: La cire reste présente. De l'iode poivrée se marie avec. Du sirop de fruits blancs et un acidulé citronné. La texture est quasi huileuse en bouche.
  • Finale: Moyenne. De la fumée mentholée remonte dans le nez. Une explosion poivrée envahit la gorge, suivie d'une sécheresse fruitée.
  • Verdict: Compass Box arrive toujours à marier les saveurs pour que l'assemblage fonctionne bien. Ce blended malt ne fait pas exception, mais... je commence à retrouver presque à chaque fois les mêmes profils dans les produits Compass Box. Ce Three Year Old Deluxe me rappelle le Lost Blend (même si plus aboutit peut-être).
  • 89/100.

Disponible chez les cavistes belges qui vendent du Compass Box pour environ 240€. Ouch, le prix est complètement en inadéquation avec l'âge affiché, il vaut mieux bien prendre en compte l'âge des autres composants de ce blend.

dimanche 13 novembre 2016

Inchmurrin 1984/2016 The First Editions, 31 ans, 47.4%

Si le nom Loch Lomond ne soulève pas les foules, il faut quand même avouer que cette distillerie propose quelques whiskies différents. Enfin… les embouteilleurs indépendants proposent divers whiskies provenant de la distillerie Loch Lomond. Nuance.
Le whisky Loch Lomond d'abord (bon OK, il est dispensable, je suis d'accord), mais aussi le tourbé Croftengea; et Inchmurrin, celui qui nous occupe aujourd'hui.
Ha oui, chose importante aussi à mes yeux: saviez-vous que c'est Loch Lomond qui est propriétaire du nom Littlemill et de ses derniers stocks officiels ? Oui, le Littlemill 25 ans officiel est issu du groupe Loch Lomond.
Inchmurrin 1984/2016 The First Editions, 31 ans, 47.4%
Cet Inchrmurrin-ci, embouteillé par Hunter Laing sous sa gamme The First Editions, est âgé de 31 ans. Seulement 87 bouteilles ont été sauvées du fût. Les anges se sont goinfrés sur ce coup-là !

Inchmurrin 1984 / 2016 The First Editions, 31 ans, Refill Barrel HL12431, 47.4%, 87 bouteilles


  • Nez : Très fruité et très frais, léger et gourmand. Compote de pomme, sirop de poire, abricot et banane. Un trait de pamplemousse rose. Du miel d’oranger. Après aération, des senteurs de bouquet de petites fleurs des champs se révèlent de plus en plus.
  • Bouche : Tout aussi fruitée que le nez. Du pamplemousse sucré, de la banane bien mûre, de l’abricot, et de la poire juteuse. Tout en sirop et en compote ; une bouche sucrée, fruitée, et gourmande. De la tige de fleur épicée derrière cette gourmandise.
  • Finale : Courte. Le végétal / floral épicé se place en avant, puis une légère amertume sèche et mentholée s’installe.
  • Verdict : Moi qui suis fan de Littlemill, en aveugle j’aurais misé sur un de la première moitié des années '80. Même finesse, même fruité, même fraîcheur florale, même gourmandise. Même miam, quoi ! Et pile poil dans le profil que j’affectionne.
  • 90/100.
Disponible pour "juste" un peu moins de 200 euros au Chemin des Vignes à Bruxelles. Un whisky de 31 ans, qui ressemble à du Littlemill, et limité à 87 bouteilles; pour moins de 200 euros ??? Ça existe encore ça ?? Dépêchez-vous si vous voulez vous en procurer une bouteille, le stock en Belgique (non, les 87 bouteilles n'ont pas été exclusivement pour chez nous) ne devrait pas durer longtemps.

vendredi 11 novembre 2016

Compte rendu: Spirits in the Sky 2016

Le week-end passé (des 05 et 06 novembre) se déroulait la 9ème édition du Spirits in the Sky (SITS en abrégé), qui célébrait aussi le 10ème anniversaire de The Nectar, une des sociétés leader en distribution en spiritueux en Belgique et organisatrice du SITS.

 

Pour ma part, cette édition 2016 était la 4ème à laquelle je participais; et j'y ai été le samedi.

 

Autant directement mettre les choses au point: non, cette année je ne publie pas de photo des Dictador Girls. Voilà, c'est dit. Cette année j'ai décidé d'être sérieux (non mais ho quoi !). Donc si vous lisez ce compte rendu juste dans l'espoir de vous rincer l’œil, vous pouvez arrêter tout de suite :-p

 

Cette année j'ai abordé le SITS un peu différemment: dès l'ouverture du salon j'ai d'abord fait un premier tour d'horizon pour prendre des photos (avant que les stands ne soient pris d'assaut) et en ne buvant rien; et c'est seulement ensuite, après avoir repéré quelques petites choses intéressantes à mes yeux, que j'ai refait un second (puis un troisième, avant de faire un quatrième,...) tour pour goûter aux whiskies.

 

Globalement, les mêmes exposants que l'an passé. Et comme l'an passé (je l'avais déjà souligné), les spiritueux autres que le whisky prennent de plus en plus d'ampleur par rapport au single malt. Rhum, gin, Porto, vermouth, Cognac, cocktails, etc... The Nectar se diversifie de plus en plus dans les produits alcoolisés proposés, et commence tout doucement à ne plus mettre le single malt en avant.

Bien évidemment, les exposants whisky habituels étaient là. Non seulement toutes les marques et gammes distribuées par The Nectar, mais aussi Cinoco (Bowmore, Douglas Laing, Deanston, Westland,...), Diageo (Talisker, Cragganmore, Laggavulin,...), Pernod-Ricard (Jameson, Glenlivet...), et j'en passe. Les seuls "gros" manquants au tableau étaient, comme l'an passé, LVMH (Ardbeg) et Premium Spirits (BenRiach / Benromach).

 

Je me suis concentré sur le whisky (vous le savez: OSEF des autres spiritueux en ce qui me concerne), et le moins que je puisse dire c'est que The Nectar a mis le paquet sur les embouteillages pour son 10ème anniversaire. Quel contraste avec l'an passé où l'offre en nouveautés whisky était très pauvre !! Quasi chaque stand (de whisky) proposait un embouteillage "pour les 10 ans de The Nectar".

Mon petit tour:

Allez, on passe dans le vif du sujet ! Bon, j'ai pris très peu de notes, j'ai surtout profité du moment en discutant avec plein de gens (faut savoir entretenir ses relations, pas vrai ? ;-) ).

Voici en résumé mon ressenti.

 

Alors que mon premier tour "photo" n'est pas terminé, je me fait happer par Mark Watt (non je ne le présenterai plus, si vous ne savez pas qui est Mark Watt, c'est que vous ne suivez pas assez le Blog :-p ) qui me met un dram de Blend 43 ans Cadenhead en mains. Très doux et easy drinkable.

Je m'enfuis (mais promets de revenir le voir, bien évidemment) pour terminer mon tour photo, avant de vraiment commencer mes dégustations. Il est alors 13h30, le monde commence franchement à arriver, il est temps de commencer à déguster.

Je m'arrête d'abord au stand The Belgian Owl pour saluer Étienne Bouillon, qui me fait goûter son embouteillage de 3 ans d'âge distillé avec les alambics de chez Caperdonich (hé oui, ça fait déjà 3 ans qu'ils sont installés !). D'abord la version réduite (vanillée, sucrée, facile d'accès), puis la version en brut de fût (plus aromatique, mais plus sèche que la réduite).

Je passe ensuite chez Compass Box, chez qui j'ai raté les dernières sorties. Je reçois un accueil de première classe de la part de Céline, toujours aussi souriante. Elle me fait goûter le Whisky de Table, une création composée de très jeunes whiskies (3 ans) pour les 60 ans de La Maison du Whisky. Comme The Nectar et LMDW s'entendent bien, quelques bouteilles sont arrivées en Belgique. Bon, ce blend est évidemment anecdotique, un pied de nez (de plus) de John Glaser au monde du whisky qui se veut bien trop sérieux et trop procédurier. C'est très jeune, très vanillé, très malté. Mais aussi pas (trop) cher (±40€), c'est aussi une raison de l'existence de ce whisky de table: faire un pied de nez aux prix de malades actuellement d'application.

Quant aux autres nouveautés Compass Box, j'aurai l'occasion de revenir dessus en détails plus tard (impossible de tout goûter sur place).

Visite au stand Signatory Vintage où c'est nul autre qu'Andrew Symington lui-même qui verse les drams. La veille j'avais déjà goûté quelques nouveautés, mon choix se cale donc sur un Glenburgie 1995 (pour les 10 ans de The Nectar). Fruité, du sirop, un bonbon. Pas mal du tout.

Longue étape au stand Cinoco, où il y a pas mal de nouveautés Douglas Laing (dans les gammes Old Particular et Xtra Old Particular). Comme j'aime beaucoup Caol Ila (si si, je vous jure !! ;-) ), mon choix se porte sur un 19 ans Old Particular. Superbement équilibré, belle tourbe subtile, waou ! Ma plus belle découverte de la journée (non je ne déconne pas). Jusqu'à ce qu'on me dise son prix: 160€. Ha. Pour un 19 ans réduit (oui, la gamme Old Particular est réduite, même si ce sont des taux d'alcool non fixés à 46%). Bon ben... non merci hein.

Toujours chez Cinoco, je suis attiré par les whiskeys (avec "e" car américains) Westland qui avaient apparemment fait sensation au Whisky Live Paris. Trois versions, en single malt (ce qui est assez atypique pour un whiskey américain) sont proposées: l'American Oak, le Sherry Wood, et le Peated. Allez, soyons fous, je teste le Peated ! Malté, jeune, tourbe légère. Pas spécialement séduit. Sur le coup je me demande si je ne serais pas passé à côté, puisque les échos de Paris étaient si positifs. Il faudra que je revienne dessus pour me faire un second avis, je pense.

En discutant avec des membres du Whisky Friends Club de Denée, je me retrouve avec un Balvenie 15 ans Single Barrel Sherry Cask en main. Bon ben je goûte hein. Un Sherry monster typique, pas mal fait. Mais là aussi, le prix me fait tiquer: environ 105€ pour un 15 ans très classique, heu quoi...

Ha, me revoilà chez Cadenhead ! A nous deux, Mark Watt !

On commence par un Glentauchers 25 ans (je pensais que c'était une nouveauté, mais en fait non: il a été embouteillé en 2015): doux, sur les fruits en sirop, classique mais bien fait.

Je passe ensuite au Glen Grant 23 ans pour The Nectar, sorti un peu plus tôt dans l'année mais que je n'avais pas encore eu l'occasion de goûter. Du citronné acidulé, fruité. Classique, mais trop acidulé à mon goût.

Je décide de refaire une repasse sur le Caol Ila 34 ans pour The Nectar, que j'avais goûté au whisky festival chez Massen mais qui m'avait laissé dubitatif. Idem cette fois-ci, un superbe nez mais l'arrière bouche trop acidulée à mon goût.

Mark me fait goûter ensuite un Cameronbridge 27 ans (lui aussi embouteillé pour The Nectar), alors qu'il me sait pas spécialement fan des whiskies de grain (hormis certains très vieux). Vanille, citron, sucré... du grain quoi...

Compte rendu: Spirits in the Sky 2016Compte rendu: Spirits in the Sky 2016
Compte rendu: Spirits in the Sky 2016Compte rendu: Spirits in the Sky 2016

Juste à côté du stand Cadenhead se trouve le stand Glendronach. Même si je connais bien toute la gamme de base, j'avais envie de goûter le single cask 1993 fût n°447 embouteillé pour The Nectar et La Maison du Whisky. Probablement un des derniers millésimes 1993 que nous aurons l'occasion de voir. Moins puissant que d'autres 1993 que j'ai goûtés par le passé. Rond, très Sherry. Bien fait, un pur Glendro.

La masterclass Springbank vs Cadenhead:

La fin de l'après-midi approchant, il était temps de me rendre à la masterclass Springbank vs Cadenhead (qui avait été sold out en moins de 24h). Le principe de cette masterclass était un duel entre Fraser Milloy de chez Springbank et Mark Watt (encore lui !) de chez Cadenhead. Chacun proposant 3 drams, en face à face 1 contre 1.

Dans un show quasi burlesque (dans le sens strict du terme: aucun d'eux ne s'est effeuillé ni n'a soulevé son kilt), ils se sont affrontés à coup de piques amicales et de blagues potaches; on ressentait leur camaraderie et leur complicité.

 

 

1. Le Springbank 1 face au Cadenhead 1:

Hazelburn 9 ans Straight from the Cask ±56%, Barolo finish. Un échantillon d'Hazelburn ayant maturé 6 ans en fût de Bourbon, puis 3 ans en fût de vin Barolo. Un "sneak preview" d'un embouteillage (qui sortira à priori réduit à 46%). Nez vineux, huileux, industriel. Bouche vineuse, fruitée, légèrement fumée. Pas ma came (mais je ne suis en général pas client des maturations et finishes en fûts de vin).

Face à

Glen Mhor 1982 Cadenhead (cask sample). Fin, léger, subtil. Un bon vieux malt (mais je m'attendais quand même à mieux).

Combat plus qu'inégal, le Glen Mhor vainqueur par KO. 0-1.

Fraser bombe le torse pour impressionner Mark

Fraser bombe le torse pour impressionner Mark

2. Le Springbank 2 face au Cadenhead 2:

Springbank 11 ans Local Barley, Cask Strength. Un échantillon de la prochaine version du Local Barley, qui sortira (réduit à 46%, et non plus en brut de fût) en 2017. Ce sera donc un Local Barley plus jeune que celui sorti en 2016. Un superbe nez, j'ai adoré ! Un peu fort en bouche, malté, légère astringence en fin de bouche.

Face à

Springbank 1997 (19 ans), Re-charred Refill Sherry Butt. Un échantillon d'un fût appartenant à Cadenhead (facture à l'appui !!) et utilisé lors des "warehouse tastings" à Campbeltown. A priori ne sera pas embouteillé. Rholala, quelle bombe ! Parfaitement équilibré aussi bien au nez qu'en bouche, le Sherry se marie sublimement avec la fumée de Springbank. Encore !!

Même si le Local Barley 11 ans s'en tire honorablement, la quasi perfection du Springbank 1997 octroie la victoire logique à Cadenhead. 0-2.

Mark lance un sortilège à Fraser

Mark lance un sortilège à Fraser

3. Le Springbank 3 face au Cadenhead 3:

Longrow 11 ans Heavily Peated, Malbec Finish. Un autre finish (de 8 mois) en fût de vin (cette fois-ci du Malbec Sud-Africain). Cet embouteillage sera disponible sur le marché à partir d'avril 2017. Bon... moi les fûts de vin, ça fait deux, hein...

Face à

Blended Islay Malt 1991. Un blend d'Ardbeg, Bowmore et Caol Ila tous trois distillés en 1991, assemblé en 2001, puis reversé dans un Sherry Hogshead en 2013. Une création improbable, un OVNI. Le mélange des tourbes des trois whiskies d'Islay forme un ensemble très spécial, qui a divisé l'assemblée sur le moment. Moi personnellement je l'ai préféré au Longrow, mais une bonne partie des gens présents pensait le contraire.

Néanmoins, comme c'est mon avis qui prime sur ce Blog (moi, totalitaire ? Si peu... :-p ), je donne encore un point à Cadenhead. 0-3.

 

Victoire écrasante de Cadenhead, mais mention spéciale quand même à Fraser, qui avait choisi la Marche Imperiale (le thème de Dark Vador dans Star Wars, pour les incultes qui ne connaîtraient pas !!) pour son entrée sur le ring, tandis que Mark avait choisi le thème de Rocky (qui me parle beaucoup moins).

Pour finir...

Impossible de goûter en une journée tout ce que j'aurais voulu. D'ailleurs je me refuse toujours de trop boire en festival, je ne veux aucunement ressentir le moindre effet de l'alcool. D'où, finalement, le peu de whiskies testés (et toujours en quantité infime, d'ailleurs). Enfin, peu... au final j'en ai quand même goûtés 18....

 

Bref... et donc quelle conclusion tire-je de cette édition 2016 ? Hé bien j'ai passé une bonne journée, ce qui m'a le plus plu a été de revoir / discuter avec de nombreux "whiskyfriends", j'ai goûté de bons whiskies dans l'ensemble (mais seulement deux méritaient une cote de 90+ selon moi; dont un – le Springbank 1997 de la masterclass – qui ne sera jamais officiellement embouteillé; et l'autre qui était trop cher pour son âge); mais surtout ce qui m'a frappé c'est, de nouveau, la folie inflationniste des prix. J'ai l'impression que globalement tous les prix ont de nouveau fait un gros bond vers le haut. Et je ne suis pas le seul à le penser, j'ai discuté avec plusieurs professionnels qui étaient du même avis que moi ! Le Brexit et la chute de la Livre Sterling ne semblent donc absolument pas influencer le prix du whisky. Ce qui ne me semble pas logique.

Mais comme je n'ai pas d'explication avérée, et comme on me tire la gueule quand je pose des hypothèses qui gênent, je me garderai (pour le moment) de donner mon avis.

mercredi 9 novembre 2016

Ballechin 12 ans pour la Flandre, 2004/2016, Sherry Butt 349, 53.7% (OB)

Ayant récemment parlé d'Edradour, j'ai omis de parler de Ballechin, qui n'est autre que la gamme tourbée de la distillerie Edradour. Comme ça c'est dit. Court, rapide, et concis.

Tout comme pour certains embouteillages Signatory Vintage sélectionnés par plusieurs boutiques (qui se partagent le fût) et où il n'est pas facile de lister sur l'étiquette toutes les boutiques impliquées dans la sélection, ce Ballechin indique qu'il a été sélectionné par "The Flemish Tour 2016". La contrétiquette liste cependant les boutiques ayant acquis la moitié du fût (seulement la moitié du dit fût ayant été embouteillée): PROOF (Gand), Prima Vinum (Lommel), Single Malt Whisky Shop (Zammel), et Malt Whisky Corner (Knesselare).

Ballechin 12 ans pour The Flemish Tour 2016, 14.07.2004 / 05.09.2016, Sherry Cask 349 (part), 53.7%, 360 bouteilles


  • Nez: Wow ! Mais... mais... ça dépote ! La tourbe (mi-fermière mi-camphrée) se mélange harmonieusement au tabac, au caramel épais, aux fruits noirs secs et confits, et même à une fraîcheur orangée. C'est vachement complexe pour un whisky pas spécialement vieux (oui, pour moi 12 ans c'est jeune :-p ).
  • Bouche: La puissance s'impose direct. De la cendre chaude, la couche tourbée est très minérale. Autour gravitent des épices poivrées, des fruits noirs, des zestes d'orange, du chocolat noir de noir, du tabac... il y a plein de choses qui se mélangent mais dans une cohésion contrôlée.
  • Finale: Longue. Une bouffée de fumée cendrée s'engouffre dans la gorge. Des épices titillent le bout de la langue. Du bois sec s'installe ensuite.
  • Verdict: Pour complètement apprécier ce whisky, il faut faire abstraction du nom Edradour / Ballechin (qui colporte encore une trop mauvaise réputation): ouste, les buveurs d'étiquettes !! Ou alors le goûter blind ? Là il ne peut donner que tout ce qu'il a dans le ventre; c'est à dire une bonne claque dans la gueule (car oui, ce whisky étonne !) et un feu d'artifice en bouche. Décidément, la tourbe et le Sherry font (très) souvent bon ménage.
  • 90/100.
Disponible pour 89€ auprès des boutiques citées en début d'article.

lundi 7 novembre 2016

Compte rendu : Whisky Dinner Signatory Vintage, chez Massen le 04/11/2016

A intervalle régulier (qui était précédemment de 6 mois, mais qui semble à présent être passé à un rythme annuel), le supermarché Massen organise un whisky dinner pendant son whisky festival.

Après The Dalmore avec Richard Paterson début 2015 et Cadenhead avec Mark Watt fin 2015, ce vendredi c'était au tour de l'embouteilleur indépendant Signatory Vintage avec Andrew Symington, son patron.

 

Andrew Symington / Signatory Vintage / Edradour:

Andrew Symington a fondé Signatory Vintage, l'embouteilleur indépendant bien connu, en 1988. Mais son rêve a toujours été d'avoir un jour sa propre distillerie. Tant et si bien qu'en 2002 il récupère Edradour (la plus petite distillerie officielle d’Écosse) des mains de Pernod-Ricard.

Afin de rester la plus petite distillerie d’Écosse, Andrew Symington n'a pas décidé d'agrandir Edradour, mais... de construire une seconde distillerie, Edradour N°2, juste de l'autre côté de la route. Cet Edradour N°2 sera productive à partir d'août 2017 et devrait faire bondir la production à 400.000 litres d'alcool par an.

Actuellement les stocks sont de 14.000 fûts pour Signatory Vintage et 5000 fûts pour Edradour, disséminés entre deux entrepôts. Un "humide" en terre battue, où le résultat est une baisse sensible du taux d'alcool dans les fûts au cours du temps; et un "sec", plus moderne, bétonné, où le résultat est une baisse du volume général du liquide dans les fûts mais où le taux d'alcool reste assez haut.

En 2018 Signatory Vintage fêtera ses 30 ans d'existence; des embouteillages anniversaires sont d’ores et déjà prévus, principalement des embouteillages de whiskies distillés en... 1988.

Le repas et les whiskies:

Outre la présentation d'Andrew Symington, l'assemblée (événement sold-out, avec une grosse soixantaine de personnes à vue de nez), c'est évidemment les whiskies et l'appariement avec les plats qui étaient importants. Et une fois de plus, ce furent de beaux whiskies et de bons plats.

 

PS: comme d'habitude, les notes ci-dessous sur les whiskies ont été rédigées sur le moment, dans l'environnement "whisky dinner", et sont donc moins précises et détaillées que celles rédigées en mes murs.

Compte rendu : Whisky Dinner Signatory Vintage, chez Massen le 04/11/2016Compte rendu : Whisky Dinner Signatory Vintage, chez Massen le 04/11/2016

1. Clynelish 1998 / 2016 Signatory Vintage pour Vinothek Massen, 18 ans, 54.8%

et ses amuse-bouche.

Pas grand chose à ajouter à ma note détaillée publiée récemment. Ce "petit" Clynelish, au rapport qualité/prix quasi imbattable par les temps qui courrent, a eu son petit succès (parmi les gens autour de moi à table, en tout cas).

Compte rendu : Whisky Dinner Signatory Vintage, chez Massen le 04/11/2016Compte rendu : Whisky Dinner Signatory Vintage, chez Massen le 04/11/2016

2. Imperial 18.09.1995 / 31.08.2016 Signatory Vintage Cask Strength Collection, 20 ans, Hogsheads 50268+50269, 50.8%, 521 bouteilles

et sa salade d'hiver.

  • Nez sur la pomme et le raisin; fruité et typique. Zeste de citron.
  • Bouche suave, du sirop, du raisin blanc. Du citronné acidulé aussi.
  • Finale courte. Pelure de pomme. Acidulée.
  • Verdict: Un Speysider très classique, fruité. Bon, mais sans surprise. Je trouve le nez plus chouette que la bouche.
  • 85/100.
Compte rendu : Whisky Dinner Signatory Vintage, chez Massen le 04/11/2016Compte rendu : Whisky Dinner Signatory Vintage, chez Massen le 04/11/2016

3. Mosstowie 30.11.1979 / 19.01.2016 Signatory Vintage Cask Strength Collection, 36 ans, Bourbon Barrel 25758, 46.8%, 178 bouteilles

et sa soupe Wonton.

  • Nez cireux, pâteux, quasi collant; lourd et puissant. De la pomme vanillée.
  • Bouche douce, cireuse. Du sirop de pomme, du raisin confit. Pincée de sel.
  • Finale moyenne. La cire plaquante reste en bouche. Le sel grossit.
  • Verdict: "A piece of whisky history", comme l'a commenté Andrew Symington. Et quel morceau ! Superbe présence, un côté industriel et rustique que j'aime beaucoup. Pas un whisky facile d'accès, par contre.
  • 90/100.
Compte rendu : Whisky Dinner Signatory Vintage, chez Massen le 04/11/2016Compte rendu : Whisky Dinner Signatory Vintage, chez Massen le 04/11/2016

4. Highland Park 24.08.2000 / 19.01.2016 Signatory Vintage Cask Strength Collection, Bourbon Barrel 800268, 56.1%, 194 bouteilles

et son médaillon de veau.

  • Nez d'abord assez posé, (trop) sage (ou alors c'est à cause de l'environnement particulier ?). J'ai du mal à définir les senteurs. De l'iode, et des fruits blancs. Le nez s'ouvre avec le temps.
  • Bouche iodée, fumée marine, raisin confit. Alcool fort présent. Explosion épicée.
  • Finale épicée et fumée, pelure de pomme.
  • Verdict: Assez déséquilibré sur l'alcool et les épices.
  • 84/100.
Compte rendu : Whisky Dinner Signatory Vintage, chez Massen le 04/11/2016Compte rendu : Whisky Dinner Signatory Vintage, chez Massen le 04/11/2016

5. Caperdonich 13.06.1995 / 06.09.2016 Signatory Vintage pour 10 years The Nectar, 21 ans, Refill Sherry Hogshead 95051, 55.2%, 194 bouteilles

et sa trilogie de vanille "Bourbon".

  • Nez en plein dans le gros Sherry bien gras. Fruits secs, tabac, mélasse. Alcool picotant, à laisser respirer.
  • Bouche douce et sucrée, liquoreuse, avenante. Un bonbon. Chaleur épicée, raisin sec, caramel, tabac. Le whisky a tendance à s'adoucir en bouche sur le temps, à devenir même très sage.
  • Finale courte et légère. Sécheresse boisée, tabac et caramel.
  • Verdict: Alcool très bien intégré, voire même un peu trop sage pour 55%. Un bon whisky Sherry classique, gourmand, équilibré. Bien fait.
  • 88/100.

6. Edradour 02.09.1998 / 15.09.2016 pour 10 years The Nectar, 18 ans, Oloroso Sherry cask finish N°2024 (part), 56.7%, 333 bouteilles

et son café.

  • Nez mélassé, gourmand, sucré. Abricot et raisin secs. Marmelade d'oranges foncées.
  • Bouche sèche et boisée, du pur Oloroso. Des fruits noirs. Puissante.
  • Finale sur les épices de Noël, tabac, thé noir. Sécheresse maîtrisée.
  • Verdict: Un très beau "Dark Sherry" imparable et maîtrisé. Le meilleur Edradour que j'aie pu goûter ? Bien puissant, mais aussi bien gourmand.
  • 89/100.

Une fois de plus, ce fut une très bonne organisation, globalement une bonne soirée.

 

A souligner, l'énorme sympathie et disponibilité d'Andrew Symington, qui est régulièrement passé entre les tables pour discuter avec les convives; un homme simple et authentique (même si il est le patron d'un des embouteilleurs les plus importants du marché et d'une distillerie, il manie encore lui-même le clark tous les jours, vêtu d'une salopette de travail, et n'hésite pas à mettre les mains dans le cambouis jusqu'à pas d'heure), très loin de l'image "exclusive et bling-bling" véhiculée par le whisky (et ses divers distributeurs).

vendredi 28 octobre 2016

Longmorn 1992/2016 Signatory Vintage pour Vinothek Massen, 24 ans, 51.3%

Pour clôturer les notes de dégustation des nouveautés sélectionnées par la Vinothek Massen pour son 10ème whisky festival qui aujourd'hui (vendredi), je vous propose un Longmorn de 24 ans d'âge embouteillé par Signatory Vintage, maturé en fût de Sherry. Bon ben... pas grand chose à rajouter, hein... Alors sans plus attendre, voici mon ressenti…

Longmorn 10.04.1992 / 01.09.2016 Signatory Vintage, Specially selected by Vinothek Massen, 24 ans, (Sherry) Hogshead 48585, 51.3%, 139 bouteilles

  • Nez: Le gros Sherry en plein. Du raisin sec à foison, du caramel, de la cassonade, du tabac noir, de la noix, de la prune noire. Ça sent très bon (pour ceux qui aiment ce genre de profil, bien évidemment. Ce qui est mon cas).
  • Bouche: Ici ce Longmorn se montre moins ample, moins complexe, moins gourmand. Plus obtus, plus réservé. Du bois laqué, des épices de Noël, des fruits noirs torréfiés, un zeste d'orange. C'est comme si il était bridé, puni, après avoir montré un tel potentiel au nez.
  • Finale: La suite logique de la bouche. Du bois sec, du raisin sec, une légère amertume d'abricot sec (ça en fait du sec, tout ça). Des épices pétillantes envahissent ensuite la bouche.
  • Verdict: Le nez promettait de belles choses, mais la bouche se montre ramassée sur elle-même. Attention, ce n'est pas mauvais (loin de là, même) du tout en bouche, mais j'attendais plus de gourmandise et moins de sécheresse.
  • 86/100.

Disponible exclusivement chez Massen, pour 114€.

mardi 25 octobre 2016

Golden Grain 1964/2016 The Cooper's Choice pour la Boutique du Chemin, 51 ans, 49.5%

Ce n'est pas un secret, j'entretiens de bons rapport avec le gestionnaire du Chemin des Vignes / La Boutique du Chemin, située à Bruxelles. Ces bons rapports m'ont permis d'avoir l'immense privilège de pouvoir aider à la sélection d'un fût de Littlemill début 2016.

 

J'ai aussi parfois l'occasion de goûter des cask samples en "preview", avant que l'embouteillage ne soit effectué. C'est le cas pour ce Golden Grain, qui est aussi un embouteillage exclusif pour La Boutique du Chemin (mais pour lequel je n'ai pas effectué de sélection, il n'y avait qu'un fût disponible).

Pas de photo de bouteille pour illustrer cette note, puisque qu'elle n'est pas encore arrivée. Par contre je vous dévoile son étiquette. Et comme cette note concerne un "cask sample" (un échantillon tiré du fût), de légères différences pourraient se ressentir dans l'embouteillage final (qui, souvent, est même meilleur que l'échantillon goûté).

Ce Golden Grain-ci, tout comme le précédent noté sur le Blog, est un blend de whiskies de grain, l'assemblage ayant été créé en 1964 (à cette époque-là la traçabilité n'était pas ce qu'elle est aujourd'hui), impossible de savoir à présent ce qui compose ce blend.

Et, info juste en passant, ce 51 ans est un des whiskies les plus vieux que j'ai jamais eu l'occasion de goûter.

Golden Grain 1964 / 2016 The Cooper’s Choice, Specially Selected and Bottled for La Boutique du Chemin Brussels, 51 ans, Bourbon Cask 1303, 49.5%, 250 bouteilles

  • Nez : De la colle et du dissolvant est ce qui frappe d’entrée (et ce n’est pas péjoratif). Un bol de fruits secs se révèle bien vite, en écartant le dissolvant après un moment. Le sirop, miel, et caramel (très bourbonneux tout ça) arrivent alors. Après une aération de quelques minutes, du bois vert vient rafraîchir un chouia tout ça.
  • Bouche : Du bois caramélisé, de la vanille grillée. De l’abricot sec, du raisin noir, et pas mal d’épices exotiques légèrement piquantes. Dès la seconde gorgée, c’est le sirop de raisin sec sucré qui occupe l’avant-scène.
  • Finale : Longue. Le bois sec est présent, se mélangeant au raisin et à l’abricot secs. Une feuille de menthe virevolte au milieu. Les épices picotent légèrement la langue.
  • Verdict : Fin, doux, évolutif (surtout au nez), boisé mais pas trop, ce Golden Grain est très proche du précédent (le 50 ans) que j’ai goûté. Très proche point de vue profil, saveurs, sensations, et (logiquement) qualité globale. Il mérite donc la même cote.
  • 91/100.

Actuellement disponible en précommande (pour 212€) auprès de la Boutique du Chemin, que vous pouvez contacter à cette fin via son site web. Ce Golden Grain devrait arriver physiquement en Belgique début novembre, son prix normal sera alors de ±225€.

jeudi 20 octobre 2016

Clynelish 1998/2016 Signatory Vintage pour Vinothek Massen, 18 ans, 54.8%

Comme expliqué dans les articles précédents, le supermarché Massen organise fin octobre son 10ème whisky festival. Pour l'occasion, il a sélectionné quelques fûts qu'il a fait embouteiller.

Après un Arran, deux Glendronach; et avant un Longmorn; voici donc un Clynelish (hoooo) 1998, embouteillé par Signatory Vintage pour Massen.

Après la flopée de Clynelish 1997, voici apparemment que c'est au tour des 1998 d'arriver par vagues sur le marché.

Clynelish a toujours bonne presse à mes yeux, mais voyons ce que celui-ci propose...

Clynelish 27.05.1998 / 01.09.2016 Signatory Vintage, Specially selected by Vinothek Massen, 18 ans, Hogshead n°7782, 54.8%, 249 bouteilles

  • Nez: Typique de Clynelish: sur le fruité ( pomme en avant plan, mais aussi de la prune jaune et de la mirabelle à l'arrière) et le cireux (non envahissant). De légères notes anisées apparaissent après aération.
  • Bouche: Du sirop de fruits blancs et jaunes coule en bouche. C'est épais, quasi de la compote. C'est riche et gourmand. Ici la cire se fait plus discrète pour laisser la part belle au fruit, accompagné néanmoins de vagues salines.
  • Finale: La cire refait surface d'un coup. Le fuit s'enfuit assez rapidement, tandis que le sel perdure.
  • Verdict: Le fait que j'apprécie Clynelish n'est plus un secret. Et ici ça rentre tip top dans les marqueurs fruit/cire/sel de cette distillerie. L'alcool n'agresse pas, c'est équilibré, et bien gourmand. Le fruit est plus présent que la cire, contrairement à certains autres Clynelish déjà croisés par le passé.
  • 89/100.

Disponible chez Massen pour 65€. Un excellent rapport qualité / âge / prix.

jeudi 6 octobre 2016

2 Glendronach 2004/2016 single cask pour le Luxembourg (1 Port Puncheon et 1 Sherry Butt) (OB)

Vous le savez peut-être si vous suivez les infos sur le monde du whisky, Billy Walker (le big boss de Glendronach, Glenglassaugh, et BenRiach) a récemment revendu les 3 distilleries au groupe Brown-Forman Corporation qui contrôle (entre autres) Jack Daniel's. L'avenir et les circuits de distribution des embouteillages des 3 distilleries deviennent dès lors assez flous et incertains.

Alors autant en profiter tant qu'on peut et tant que ça dure, surtout quand de nouveaux single cask en brut de fût arrivent près de chez nous.

Ces deux Glendronach-ci font partie de la brouette de nouveautés qui arrive chez Massen pour la 10ème édition de son whisky festival qui se tiendra à partir du 28 octobre prochain.

Remarque: Les deux notes de dégustation ci-dessous ne forment pas un face à face, puisque les profils de ces deux whiskies sont différents (un en fût de Porto, et l'autre en fût de Sherry), et qu'en plus je ne les ai pas goûtés en même temps.

2 Glendronach 2004/2016 single cask pour le Luxembourg (1 Port Puncheon et 1 Sherry Butt) (OB)
Glendronach 11.05.2004 / 08.2016 Especially selected and bottled for WhiskyClub of Luxembourg & Vinothek Massen, 12 ans, Port Puncheon 3340, 55.1%, 619 bouteilles (OB)
  • Nez: De la poussière boisée, du raisin sec, de la mousse d'arbre. Légère empreinte vineuse, mais loin d'être envahissante.
  • Bouche: Ici l'apport du fût de Porto est plus perceptible. Légère acidité vineuse. Des épices douces. Du raisin noir et de l'abricot sec. Ca chauffe en bouche. L'astringence vineuse augmente en cours de dram.
  • Finale: Moyenne. Le bois vineux passe au premier plan. Astringence abricotée. De la poussière de bois épicé tout à la fin.
  • Verdict: Moi qui ne suis pas fan des whiskies en fût de vin/Porto et consorts, je trouve celui-ci très buvable et sympa. Mais j'ai quand même croisé des Glendronach bien plus sexy aussi.
  • 84/100.
2 Glendronach 2004/2016 single cask pour le Luxembourg (1 Port Puncheon et 1 Sherry Butt) (OB)
Glendronach 19.07.2004 / 08.2016 Especially selected and bottled for Vinothek Massen, 12 ans, Sherry Butt 6629, 56.9%, 666 bouteilles (OB)
  • Nez: Haaa, je retrouve les (bonnes) sensations des Glendronach que j'affectionne, bien "Sherry" comme il faut. Des épices de Noël, de la vanille torréfiée, de la prune noire, du cassis, du bois laqué, du raisin sec en pagaille, de la cassonade caramélisée. Un nez très gourmand, du Glendronach typique. Et l'alcool n'agresse pas les narines.
  • Bouche: En bouche, la première gorgée est quand même assez rude, l'alcool se ressent. Dès la seconde, ça passe comme une lettre à la poste. Caramel, fruits noirs, raisin sec, épices de Noël, bois vanillé, zeste d'orange. La totale, dans le bon sens !
  • Finale: Moyenne. Du tabac moelleux recouvre la gorge. Du bois noble au niveau du palais. Le caramel épicé reste un moment en bouche, accompagné de prune noire. Une chaleur résiduelle perdure.
  • Verdict: Ça faisait un bout de temps que je n'avais pas croisé un "Glendro" qui me plaise autant. Il me rappelle le 21 ans officiel (en plus vigoureux) ou même certains 1993 en single cask. Il fait d'ailleurs plus vieux que son âge. Quant au type de Sherry, ma main à couper que c'est de l'Oloroso et pas du PX; c'est pile poil ce genre de profil ! Bref, que du positif, quoi !
  • 90/100.

Ces deux Glendronach sont actuellement disponibles chez Massen, au Nord du Luxembourg, pour 81€ chacun.

dimanche 2 octobre 2016

Tobermory 21 ans Cadenhead's Authentic Collection, 1995/2016, 53.8%

Depuis une bonne paire d'années, de nombreux embouteillages (majoritairement indépendants) de Ledaig sont arrivés sur le marché. La réputation de ces embouteillages n'a cessé de croître; globalement la qualité de Ledaig a été saluée un peu partout. Quasi tous les embouteilleurs indépendants en ont proposé, et bien peu ont déçu.

Tant et si bien que Ledaig, qui n'est pas une distillerie à part entière mais un nom / une marque, a presque réussi à éclipser le nom de la distillerie elle-même, Tobermory.

Le fait est que le whisky tourbé a le vent en poupe auprès du public. C'est la grande mode du moment, le whisky tourbé. Tout le monde en veut. Et comme la demande ne fait que croître, presque toutes les distilleries en produisent (même certaines qui n'étaient pas spécialisées du tout dans la tourbe ont fini par en faire). Cette mode ayant provoqué une hausse affolante des whiskies de l'île d'Islay (LE fief de la tourbe), les embouteilleurs indépendants se sont tournés vers d'autres whiskies tourbés, d'autres régions et moins chers, à proposer aux amateurs que nous sommes. Et Ledaig est devenu un nom incontournable en la matière, tant et si bien que certains spécialistes le considèrent déjà comme un nouvel Ardbeg (mais en beaucoup moins cher).

Tobermory fait donc figure de petit frère boutonneux et à lunettes qui n'intéresse personne. "C'est pas tourbé, Tobermory ? Ha ben non merci alors". Et pourtant, Tobermory ne mérite pas d'être laissé pour compte. Si le whisky Tobermory et le whisky Ledaig sortent de la même distillerie, il est logique de penser que la qualité soit équivalente (même si les profils sont différents); et c'est bien ça le principal, non ? Que la qualité du produit soit bonne.

Tobermory 21 ans Cadenhead's Authentic Collection, 1995/2016, 53.8%

Je me penche donc aujourd'hui sur un Tobermory (et non pas un Ledaig :-p ), proposé par Cadenhead. Cadenhead again. Comme je suis prévisible, pffff :-/. Affichant 21 ans d'âge, il a maturé tout ce temps dans un fût de Bourbon.

Tobermory 21 ans Cadenhead's Authentic Collection, 1995/2016, 53.8%
Tobermory 21 ans Cadenhead's Authentic Collection, 1995 / 07.2016, Bourbon Hogshead, 53.8%, 246 bouteilles
  • Nez: Du citron salé, du raisin blanc, une pointe de muscade, et une fraîcheur de pomme coupée. Après un moment, de la poussière de kiwi sec.
  • Bouche: Puissante et charpentée. Une franche attaque de cendre salée, enrobée de sirop de citron acidulé. De la pomme poivrée se mêle à l'ensemble.
  • Finale: Longue. La cendre salée reste en place, et une fraîcheur persillée apparaît.
  • Verdict: Hé bien, déroutant ce Tobermory ! Pas "vraiment" tourbé, mais cette cendre salée me rappelle certains (vieux) Caol Ila quand même. De plus, il contient des marqueurs peu communs (comme le kiwi ou le persil) qui le rendent atypique, et donc intéressant à décortiquer. Un chouette whisky, ludique et amusant, mais néanmoins pas super facile d'accès.
  • 88/100.

Disponible pour 89€ à la boutique Cadenhead de Cologne.