dimanche 16 avril 2017

Highland Park 1995/2017 The Cooper’s Choice, 21 ans, 49.5%

Après vous avoir parlé de deux Springbank l'un après l'autre, voici venu le temps (non pas des rires et des champs, mais) de vous proposer deux Highland Park, ici aussi l'un après l'autre.

Si c'est Talisker qui m'a fait succomber au côté obscur du single malt, c'est bien Highland Park qui m'a enfoncé définitivement la tête dedans quand j'ai posé mes narines et mes lèvres sur le HP25 officiel.

Depuis, mes rapports avec HP ont été houleux: en officiel, je n'ai plus jamais rien trouvé ayant un bon rapport qualité / prix, et je suis vachement vénère face à l'invasion de NAS officiels et autres quilles de collection sensées représenter des anciens dieux nordiques.
Du coup, je laisse les HP officiels sur le bord de la route, pour me tourner vers les indépendants. Et même chez les indépendants, il n'est pas rare que je croise de l'HP qui ne me plaise pas du tout. J'ai l'impression que la qualité peut parfois être assez aléatoire chez cette distillerie.

Cet HP-ci est donc proposé par The Cooper's Choice (Again. Je fais du ping pong entre The Cooper's Choice et Cadenhead, ces temps-ci. D'ailleurs le prochain HP dont je parlerai sera un Cadenhead. Again itou.), est âgé de 21 ans, est proposé en brut de fût, et a été fini en fût de Sherry.


Highland Park 07.1995 / 2017 The Cooper’s Choice, 21 ans, Sherry Cask Finish n° 9481, 49.5%, 335 bouteilles

    https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEh5jciVFhTF2ONVf6tjI0IjCieeeQp7zEKLYkmBDXMx0MldQIHN8K1RLvT-Syom7WdlwFo0Yi92eWzZoYg7PLKwenRARkHkYyJ32MVxTdUQmg949hRUITAQrFykozE_6e-nROSpEDM7QN0C/s1600/HighlandPark1995CC.jpg
  • Nez : De l’abricot sec, du raisin blanc confit. Une légère fumée sucrée, du tabac doux et des épices exotiques. Un nez présent et ample.
  • Bouche : Douce et sucrée, puis rapidement épicée. De l’abricot sec poivré, du sirop de mirabelle, et de la poussière de bois.
  • Finale : Moyenne. L’abricot continue son bonhomme de chemin ; il se fait sirop et coule dans la gorge. De la fumée boisée et épicée l’accompagne.
  • Verdict : Un HP bien charpenté, goûtu, et fort présent. Le finish Sherry apporte cet abricot sucré présent de bout en bout, mais n’écrase pas la fumée typique de la distillerie. Un whisky sympa, gourmand sur papier mais pas si facile d’accès que ça en pratique ; et qui peut s’avérer écœurant en fin de dram.
  • 87/100.







Disponible pour ±150 euros (pour un 21 ans... Hé oui, HP en indépendant prend le même ascenseur que Springbank, pffff) au Chemin des Vignes (Bruxelles), et peut-être sur commande chez We Are Whisky (Jauche), W Comme Whisky (La Louvière) et Watch Smell Taste & Having Fun (Liège).

vendredi 14 avril 2017

Glen Grant 31 ans Cadenhead's Single Cask, 1984/2016, 46.1%

Glen Grant n'est pas une distillerie pour laquelle je me ruerais sur ses embouteillages. Mais parfois je croise de très bonnes expressions (enfin, des expressions qui me plaisent beaucoup; c'est plus juste comme façon de dire).

Sorti en octobre 2016, ce Glen Grant-ci, proposé par Cadenhead sous sa gamme Single Cask, m'avait fait de l’œil à l'époque, mais sans pouvoir le goûter avant achat, je m'étais abstenu (c'est que ça coûte son prix, de nos jours, ces petites choses là, hein). Mais comme récemment j'ai eu l'opportunité d'en avoir un sample, je me suis dit que je pourrais vous en parler. Hein que c'est une bonne idée, ça ? 😁



Glen Grant 31 ans Cadenhead's Single Cask, 1984 / 2016, Butt, 46.1%, 414 bouteilles

  • Nez: Fin, fondu, aérien, et... distant. Au vu de la couleur, je m'attendais à une empreinte franche du Sherry, il n'en n'est rien. Ce qui me frappe surtout au niveau de ce nez, ce sont les épices (clou de girofle, muscade) et les herbes aromatiques (coriandre, fenouil, oseille) qui le composent. Ça sort des habitudes, même (ou surtout ?) pour un whisky de cet âge.
  • Bouche: Le premier contact est léger, limite aqueux même; malgré le fait que ce soit un brut de fût. Peu de sensations gustatives au premier abord. A partir de la seconde gorgée, les saveurs arrivent timidement: quelques épices douces, du bois exotique, et encore ces saveurs particulières que j'interprète comme étant des herbes aromatiques.
  • Finale: Courte. Le bois se fait plus présent, accompagné d'une fraîcheur végétale proche de la menthe sans vraiment l'être.
  • Verdict: Alors là, c'est une expérience particulière que de goûter et d'essayer de définir ce whisky, tellement il est spécial. Je n'avais jamais rien goûté de tel. Du coup, je ne sais pas si j'aime ou pas, je me tâte encore. Impossible de le coter, du coup ! Alors une première sur le Blog: pas de cote ! Fiez-vous à mon descriptif brut, pour une fois 😉. Mais une chose est sûre par rapport à mes attentes personnelles: j'aurais préféré plus de présence, car il est quand même (trop) sage et effacé.




Peut être encore disponible (renseignez-vous !) auprès des ambassades Cadenhead de Belgique, pour un prix avoisinant les 250€. Il est aussi encore disponible à Cologne pour 219€.


Merci à la boutique Cadenhead de Cologne pour le sample.

mercredi 12 avril 2017

Springbank 1998/2016 The Cooper's Choice, 18 ans, 46%

Tant qu'à parler de Springbank, autant aussi parfois parler d'embouteillages indépendants, beaucoup plus rares que les officiels en ce qui concerne cette distillerie.

Après le 11 ans Local Barley (officiel) qui m'a laissé sur ma faim, voici un embouteillage proposé par The Cooper's Choice (de plus en plus incontournable vu son bon rapport qualité / prix comparé au marché global du whisky).
Ce Springbank-ci a maturé 18 ans dans un fût de Sherry de second (voire plus, mais ce n'est pas spécifié) remplissage, et est réduit à 46%. Se positionnerait-il en concurrent du 18 ans officiel, lui aussi affichant 46% au compteur ?



Springbank 05.1998 / 2016 The Cooper's Choice, 18 ans, Refilled Sherry Cask 116, 46%, 300 bouteilles


    https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjUZXRtdhGiwLPb6f-LNomGlmnVX6nfRwC4lu_-09I_lgqASAUoWaFsljfJUn2lrOtLvaLovIflNeQ0mhojKfWTgTGdYY_vHguGeKXFK2yHM-UHMZxIvpnI7xCzvzLYgFUtX7UXkMOn_-y1/s1600/Springbank1998CC.jpg
  • Nez : Très typique de la distillerie, avec de la fumée calcaire et du minéral très présent. Mais aussi de fugaces herbes aromatiques séchées, et toute la panoplie qu’apporte un fût de Sherry : du tabac, du raisin sec, de la noix, de l’orangette, des épices douces.
  • Bouche : Douce, fruitée, et sucrée. Presque trop facile, trop accessible pour du Springbank. Peut-être à cause de la réduction ? Du tabac doux, du fruit jaune confit, du caramel, du sirop de raisin noir. Les épices douces sont toujours là, elles aussi ; tout comme la fumée minérale (mais qui est, ici, plus discrète).
  • Finale : Moyenne. Les épices pétillent au palais. Le tabac se fait résiduel, tandis que la fumée et le fruit sucré disparaissent.
  • Verdict : Un super nez, fort typique (je kiffe !). La réduction se sent un peu trop en bouche, je trouve, pour ce genre de whisky qui, selon moi, est plus charmeur avec quelques chevaux de plus sous le capot. Ceci dit, c’est un bon Springbank (surtout le nez), accessible aux néophytes de cette distillerie. Dommage pour le prix, très élevé, qui l’handicape fortement face au 18 ans officiel, lui aussi à 46%.
  • 88/100.




Parlons de ce prix, justement, car c'est là que le bas blesse. Springbank devient de plus en plus cher, aussi bien en officiel mais surtout chez les indépendants où les prix explosent les plafonds. Celui-ci se négocie 275€ en Belgique (au Chemin des Vignes à Bruxelles, notamment), ce qui est bien au dessus du 18 ans officiel (qui se négocie aux environs des 120€). Ça fait quand même cher pour un whisky de 18 ans d'âge, réduit qui plus est. Mais c'est malheureusement devenu le prix du marché pour du Springbank chez les embouteilleurs indépendants, le résultat du fait que Springbank soit une des distilleries les plus "hype" du moment.

lundi 10 avril 2017

Springbank 11 ans Local Barley, 53.1% (OB)

Ha, enfin j'arrive à poser mes lèvres sur le Springbank 11 ans Local Barley !

Si l'an passé j'avais réussi à être le premier sur la balle du 16 ans, cette année-ci ça a été beaucoup plus compliqué.

En effet, suite au succès du 16 ans de l'an passé, ça a été la ruée cette année-ci sur son successeur et petit frère, le Springbank 11 ans Local Barley. Rapidement sold out un peu partout lors des précommandes, avant même que les boutiques ne soient approvisionnées. La rançon du succès.

Mais le succès (justifié) du 16 ans justifie-t-il le succès de ce 11 ans avant même que la communauté n'ait eu l'occasion de le goûter ? Verdict aujourd'hui (même si mon avis n'a évidemment pas force de loi et n'engage que moi).

Mais avant cela, un peu de théorie...
L'orge utilisée pour ce 11 ans est de type Bere Barley et a été cultivé à la ferme Aros, près de l'aéroport de Machrihanish (à vos souhaits).
Treize tonnes de cet orge ont été utilisées, le tout pour fournir au final 26 fûts d'ex Bourbon qui ont produit 9000 bouteilles.

Dernier rappel en passant: Springbank a annoncé qu'il sortirait un Local Barley chaque année, sur une période de 5 ans. Le premier était donc le 16 ans de 2016; ce 11 ans-ci étant celui pour 2017.



Springbank 11 ans Local Barley, 02.2006 / 2017, 53.1%, 9000 bouteilles (OB)

    https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEiOUFXj7xZzAx2_KfdwGZ59lOvXZ_SMGjCgd6pWrWycGQmoGcsgbSEy-83uc4gN6Hc-5r7ZpZdT0zMZefEM8psEwndL4uoZOBC9Wx3usVB28MMgVNK6HPK0VOrEmr-YVYSSBEZmVcG9bDAi/s1600/Springbank11yLB.jpg
  • Nez: De la vanille et du malt. Une légère fumée minérale, calcaire, se développe de plus en plus. Du fruit blanc essaie de se montrer, mais a du mal.
  • Bouche: Une amertume fruitée assez marquée en début de bouche. De la pomme, de l'abricot, et pas mal de malt. Des épices piquantes tambourinent au fond de la bouche. L'amertume s'estompe, supplantée par les épices.
  • Finale: Le calcaire refait surface. Une fraîcheur se révèle en rétro-olfaction. Puis une sécheresse amère s'installe.
  • Verdict: Même si globalement c'est un bon whisky, ce Springbank 11 ans Local Barley a aussi quelques traits qui me plaisent personnellement moins: amertume, épices trop appuyées, équilibre en dents de scie, et jeunesse passablement perceptible. Pas complètement convaincu, du coup.
  • 85/100.








Local Barley VS Local Barley: le Face à Face.

Il me paraissait complètement évident de faire un face à face entre le nouveau 11 ans et le 16 ans de l'an passé, même si ils affichent des âges différents.
Sans plus tarder...

https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEirxTmLMEsOEXjABr-Ack1CpeTVAcBbWUeRGAIcUH1u-nmXs9Qll8BTCCVhf-7-XzT9u2nWI3wX9tDULRap_0WwnLYQAfaZR9zFYhIdsE-C_-_kA85vYZpsrh5evG-6utK2vYNKaOss_Ouj/s1600/Springbank11yLB-F2F.jpg

  • Nez: Fumée minérale plus fine et plus subtile chez le 16 ans. Le sirop de fruits jaunes est aussi bien présent, et pas occulté comme chez le 11 ans.
  • Bouche: Le 16 ans est doux, sucré. Du sirop de fruit domine, accompagné d'une fine fumée crayeuse et calcaire. Bref, une gourmandise rustique. De son côté, le 11 ans est fort épicé et manque, en comparaison, de complexité et de subtilité.
  • Finale: Le 11 ans est amer et sec à ce stade-ci, tandis que le 16 ans est tout en douceur vanillée, fruitée, et de subtilité minérale.
  • Verdict: Vous l'aurez compris, à mes yeux il n'y a pas photo: le 16 ans est un gros cran au dessus du 11 ans.


Ce 11 ans Local Barley est peut être encore disponible chez certains cavistes en Wallonie (mais est probablement sold out quasi partout). Je vous conseille de jeter un œil à la liste des boutiques whisky en Wallonie et de contacter celui proche de chez vous.
Son prix, à sa sortie, tournait en Belgique aux environs de 120 euros.


Merci à Watch Smell Taste & Having Fun pour le sample.

samedi 8 avril 2017

Face à Face: tous les Talisker 25 ans en brut de fût (OB)

Vous le savez si vous suivez le Blog depuis ses débuts, Talisker a une place spéciale dans mon cœur d'amateur de whisky, puisque c'est son expression de 18 ans d'âge (le batch 2011) qui m'a fait définitivement tomber du côté obscur du single malt.

J'ai d'ailleurs déjà commis plusieurs face à face et verticales, aussi bien du 18 ans que du 25 ans. Vous ne vous souvenez pas ? Allez donc jeter un œil ici, ici, et ici, alors ;-)

Mais tout comme pour lesBrora 30 ans, j'avais envie de faire un Face à Face définitif de tous les batches de Talisker 25 ans en brut de fût, c'est à dire les batches sortis entre 2004 et 2009; car malheureusement depuis 2010 le Talisker 25 ans est systématiquement réduit à 45.8%.
Longtemps mis au planning de mes activités whisky, et maintes fois repoussé, récemment ce fut la bonne: avec un "whiskyfriend" qui aime autant que moi ce genre d'exercice, nous nous sommes mis à la tâche avec 7 (gros) samples, histoire de faire le tour de la question et de pouvoir complètement comparer chaque batche l'un avec l'autre. Sept ? Alors qu'il n'y a que six batches en brut de fût ? En effet, pour l'anecdote, nous avons ajouté en fin de dégustation un sample du batch de 2013, réduit à 45.8%.


https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEiJwlZKb16RZ9Kdj9eR3Y7DDwP7s_RY4O65CtlQY6hMZfVGCw1GLohq0I4IFJYpHYb_BYV7SDjcl3xeIhE552YRvJmFRuTlLBGj64b4NtDakdwHbtlIqVwpoJ_NmUic4Tl_SpKhCCqQEM2h/s1600/F2FTalisker01.jpg



D'un commun accord, nous avons décidé de suivre la chronologie des batches pour la dégustation, au détriment des taux d'alcool.

Sans plus attendre, voici mes notes pour chaque bach...

Talisker 25 ans, batch 2004, 57.8%, 21000 bouteilles

  • Nez: Fort puissant, maritime, poivré. Du cierge, du raisin sec, de la poussière, et des épices sèches.
  • Bouche: Bam ! Frissons directs, sensations fortes. Épices poivrées, explosion salée / épicée. Sirop d'abricot sec, traces cireuses.
  • Finale: Superbe longueur. Fraîcheur mentholée qui revient dans le nez. Le poivré perdure.
  • Verdict: Superbe complexité. Superbe tout court. Festival de sensations.
  • 93/100.

 

Talisker 25 ans, batch 2005, 57.2%, 15600 bouteilles

  • Nez: Poivre, fraîcheur végétale, mentholée. Poussière. Plus frais (mais sec quand même) que le batch 2004. La fraîcheur s'estompe, laissant la poussière sèche dominer.
  • Bouche: Douce. Sirop moins vif. Le sel gonfle et devient dominant. Sirupeux.
  • Finale: Le poivre déboule. Épices piquantes. Le frais végétal revient en trombe.
  • Verdict: Moins incisif et moins puissant que le batch 2004, plus fondu, peut-être plus subtil et moins "rentre dedans". Très bon, mais il manque la claque dans la gueule.
  • 89/100.

 

Talisker 25 ans, batch 2006, 56.9%, 4860 bouteilles

  • Nez: Du poivre blanc, de la douceur maltée. Du sirop de raisin blanc. Très légère fumée de crustacés.
  • Bouche: Sirop de fruits secs, extraordinaire rondeur. Épices douces d'abord discrètes, puis qui se font plus piquantes.
  • Finale: Le poivre blanc réapparaît plus franchement. Fumées marine et végétale mélangées.
  • Verdict: un équilibre sublime. Plus équilibré que le batch 2004, mais aussi moins tranchant et moins franc. Mais que de sensations !
  • 92/100.

 

Talisker 25 ans, batch 2007, 58.1%, 6894 bouteilles

  • Nez: Très proche de celui du batch 2006. Sucré, malté. Épices douces, quasi avenantes.
  • Bouche: Vigoureuse, poivrée. Du sirop d'abricot. Douceur et rondeur.
  • Finale: Des épices poivrées dans la gorge, mais qui s'assagissent plus vite que chez le batch 2006.
  • Verdict: Assez proche du batch 2006 au nez, mais (un poil) moins séduisant et moins équilibré en bouche.
  • 91/100.

 

Talisker 25 ans, batch 2008, 54.2%, 9708 bouteilles

  • Nez: Sec, poussiéreux, mais malté aussi. La rondeur arrive par après. Nez moins en vagues, plus linéaire que ses prédécesseurs.
  • Bouche: Sel, poivre, boum et bam; ça repart dans la puissance épicée.
  • Finale: Par contre ici ça s'écrase vite, les saveurs redescendent, la sagesse est de mise. La récréation est finie.
  • Verdict: Plutôt en dents de scie, avec une finale en retrait. Mais ça reste quand même ludique et distrayant.
  • 90/100.

 

Talisker 25 ans, batch 2009, 54.8%, 5862 bouteilles

  • Nez: Légère fumée maltée, épices douces. Il faut lui laisser le temps de s'ouvrir, car ensuite il prend de l'ampleur. Poussière fruitée, épices, abricot séché. Moins direct que les précédents.
  • Bouche: Rondeur de malt sucré, poivre, fruit jaune confit. Ici aussi, il essaie de se montrer sage, pour finalement devenir un sale gamin turbulent (mais tellement adorable).
  • Finale: Kick poivré, mais s'assagit (réellement, cette fois) ensuite. Allez, au dodo le sale gamin, maintenant.
  • Verdict: Sale gamin de merde ! Mais je t'aime quand même :-)
  • 91/100.

 

Talisker 25 ans, batch 2013, 45.8%, 5772 bouteilles

  • Nez: Plus ouvert, aérien, frais, aéré. Plus fruité, moins poivré. Fumée terreuse et pas maritime. Un nez assez mainstream et qui manque de caractère Talisker.
  • Bouche: Le premier contact est aqueux (ha ça, passer après les brut(e)s de fût...), mais ensuite du vanillé, de la fumée de coquillage, une pincée de poivre, et beaucoup de sirop de fruit. Mais ça reste quand même légèrement aqueux, un peu mou du genou (ha ça, quand on passe après les brut(e)s de fût...).
  • Finale: Mais où qu'elle est la finale, hein ? Où qu'elle est , Dans ton cu-cul qu'elle est, la finale ! Bon, j'exagère un peu, mais pas loin quand même. C'est court et léger.
  • Verdict: Goûté tout seul, il s'en serait sûrement mieux sorti. Mais derrière l troupeau de chevaux sauvages, il fait pâle figure.
  • 86/100.


https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEiD0vbI9bAv4H4P6qYxw4_qP2Kst7hA58yGZfqupTtFl-SF3CsGztsmsGk3CP7mgVMHF3JpvRZi4GUabNErcKOnqKfbQrmO3rR4R2Tqcfep0lWLxedQylgj8n3mUzdmApL6rwmKLDsePfJH/s1600/F2FTalisker02.jpg


Conclusion: C'est bon ! Il sont TOUS bons. Face à face nous avons pu détecter des différences entre les batches, mais je suis certain que si vous prenez un de ces Talisker tout seul, isolé, en dram "plaisir" un soir; vous passerez un beau moment à le savourer. Même les versions réduites, à n'en pas douter.

dimanche 2 avril 2017

Glenturret 1986/2017 The Cooper's Choice, 30 ans, 48.5%

Glenturret n'est pas spécialement une distillerie qui fait se déplacer les foules. Et pourtant, il y a moyen d'en trouver de bons embouteillages. Bon OK, là j'enfonce une porte ouverte: il y a moyen de trouver de bons embouteillages de toutes les distilleries. Il faut juste plus chercher pour certaines que pour d'autres ;-)

Concernant Glenturret, c'est surtout dans les vieux whiskies que je pourrais trouver mon bonheur. Un 30 ans d'âge, embouteillé (en brut de fût) par The Cooper's Choice; sur papier c'est attirant. Voyons voir ce qu'il a dans le ventre...


 

 

https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjLiNsHQ9Sq-CH_N5i-fWbc8x7WARcFf3SPTWfEKiYsnGuONEQnNNjob52qTMx1w6RG1jAS0YRM56LWS8I3PbFIQP4BCMzBSBC5RC_R7q34DmjfeGphGlj6oTE7yYreUDRn83UqeIScPXDW/s1600/Glenturret1986CC.jpg 

Glenturret 12.1986 / 2017 The Cooper's Choice, 30 ans, Bourbon Cask 338, 48.5%, 300 bouteilles

  • Nez : Du fruit blanc confit, du vernis omniprésent (qui s’estompe rapidement avec l’aération), de la poussière de bois. Un nez aérien, léger, et fin.
  • Bouche : La finesse est de mise ici aussi, dès l’entrée de bouche. Pas d’agressivité, mais un joli fruité sur le sirop d’abricot boisé. Une pichenette d’épices douces. Le sucré roule sur la langue.
  • Finale : Le bois noble est toujours présent, sans être oppressant. Une légère sécheresse s’installe. Les épices restent présentes, accompagnées d’une amertume appuyée.
  • Verdict : Les 30 ans passés dans le fût se ressentent, ce sont le sirop de fruit et le bois qui marquent leur empreinte. Un beau dram qui demande du temps pour se faire déguster, à ne pas bâcler.
  • 88/100.








Disponible au Chemin des Vignes (Bruxelles) pour 190 euros.

vendredi 31 mars 2017

Littlemill 1992/2012 Berry Bros. & Rudd, 20 ans, 54.6%

Avec cette satanée Tournée Minérale et le déménagement du Blog, voilà que presque deux mois se sont écoulés sans que je ne vous parle de Littlemill !! Ben crotte alors !

Toutes mes confuses, j'admets, ça a été un peu le boxon entre moi et le Blog ces derniers temps...
Bon allez, je vous parle d'un Littlemill, alors... Et de justesse comme Littlemill du mois de mars, de surcroît 😄

Ce mois-ci, donc, le Littlemill est un qui a été embouteillé en 2012 (inutile d'essayer de le trouver, vous avez 5 ans de retard 😁 ) par l'embouteilleur Berry Bros. & Rudd, qui n'est autre que le plus ancien négociant en vin et spiritueux des Royaumes Unis. Il n'est en effet pas basé en Écosse, mais à Londres.

https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEi6_9Zrg9oHmAnCiQUHOXCA2zrOKzdUKkHZzNytiRLtdvi4eboVsSlUyVWmNf2J_SlZHJeC8ZOgMX7Ke6NYvIJGffIa5dUe_B6J5Uav-1r-WeoEGulbirLZnFuYfb3vuefrwiL2tRtJ4q5r/s1600/LittlemillBBR01.jpg

Et malgré cet historique long et glorieux, il n'est pas si facile de trouver du "BBR" (abréviation de Berry Bros. & Rudd) dans notre petit royaume. Je pense que The Nectar et Whisky Import Belux en importent un peu, mais sont loin de pousser cette gamme sur le devant de la scène.


Littlemill 1992 / 2012 Berry Bros. & Rudd, 20 ans, Cask No.9, 54.6%

 

   

  • Nez: Frais, floral, printanier. Des fleurs des champs, de la pèche blanche, du pamplemousse jaune (mais ni amer ni acide). Des morceaux d'abricot vanillé, et une pointe maltée. Un chouette nez !
  • Bouche: Du sirop citrique, de l'acidulé au bout de la langue. Du pamplemousse jaune, quelques fruits jaunes et blancs. Un peu de sève de tige de fleur.
  • Finale: Moyenne. Légère amertume de pelure d'agrume. Quelques épices d'abord douces, puis qui se font plus poivrées et végétales.
  • Verdict: Un Littlemill de bonne facture, où je retrouve les marqueurs habituels (fruité, floral, végétal) mais aussi des épices assez prononcées par moments.
  • 88/100.








    Complètement introuvable de nos jours (sauf au second marché ou aux enchères), il coûtait à l'époque (à sa sortie en 2012) moins de 100€.

    lundi 20 mars 2017

    Glenrothes "The Sherry Bomb" The Cooper’s Choice, 57% (NAS)

    Il est assez rare que je parle de whiskies NAS (No Age Statement, c'est-à-dire sans âge indiqué) que le Blog. Et encore moins de NAS proposés par des embouteilleurs indépendants; la mouvance des NAS étant jusqu'à présent surtout l'apanage des embouteillages officiels.
    Mais, comme je l'avais souligné dans mon bilan de 2016, les NAS commencent aussi (et de plus en plus) à apparaître chez les indépendants, qui ont de plus en plus difficile à trouver des fûts de whisky âgé à prix intéressant. Ils sont pris à la gorge, et sont obligés de proposer des whiskies de plus en plus jeunes pour ne pas disparaître.

    Ceci dit, The Cooper's Choice fait quand même partie des embouteilleurs qui sont le moins en danger. Il a déjà un bel historique derrière lui et sort un bon nombre de bouteilles par an, dont de (très) vieux whiskies.

    Ce Glenrothes-ci est donc un NAS (comme vous l'aviez deviné ;-) ), dont l'étiquette affiche clairement le style: c'est un "Sherry Bomb" issu d'un premier remplissage d'Oloroso; et en brut de fût.

    Glenrothes "The Sherry Bomb" The Cooper’s Choice, Bottled 2017, First Fill Oloroso Sherry Butt n° 6109, 57%, 420 bouteilles (NAS)


    • Nez : Du tabac, de l’orange au chocolat noir, de la cassonade caramélisée, du fruit noir sec et confit. Quelques épices douces par moments. La gourmandise caramélisée augmente au cours du temps.
    • Bouche : Les 57% se font sentir au début, il faut un moment pour s’y habituer. Une fois fait, la cassonade, le fruit noir, les épices douces s’installent.
    • Finale : La chaleur de l’alcool irradie. Du bois, des épices piquantes, et une sécheresse qui apparaît. Légère amertume boisée.
    • Verdict : Un bon gros Sherry, bien bourrin. Pas fort subtil, mais efficace dans son genre. A mettre dans la même catégorie que l’Aberlour A’bunadh, à qui il ressemble fort.
    • 86/100.
    Disponible pour une soixantaine d'euros au Chemin des Vignes à Bruxelles. Dans la même gamme de prix que l'A’bunadh aussi.

    lundi 6 mars 2017

    Arran 19 ans Cadenhead's Small Batch, 1997/2016, 52.4%

    Après un mois d'abstinence, il est grand temps de me remettre en selle. Il m'a fallu quelques jours pour remettre mes papilles au diapason du whisky. Je ne pensais pas que ce serait aussi flagrant, mais après un mois, elles avaient oublié ce qu'est l'alcool fort; même un petit whisky à 43% arrachait sa race !

    Mais tout cela n'est plus qu'un mauvais souvenir maintenant, tout est rentré dans l'ordre. Et pour redémarrer sur le Blog, rien de tel qu'un whisky proposé par Cadenhead.
    Arran 19 ans Cadenhead's Small Batch, 1997/2016, 52.4%
    Cet Arran a été embouteillé fin 2016 et fait partie de la première vague internationale (composée des embouteillages Small Batch et Single Cask, disponibles via les distributeurs nationaux et pas seulement aux boutiques exclusives Cadenhead) de 2017.
    Chose particulière, il est un assemblage de deux fûts (jusque là rien d'extraordinaire, car c'est souvent le cas pour les Small Batch), mais de types différents: 1 de Bourbon, et 1 de Sherry; ce qui devrait apporter un oeil neuf sur Arran qui propose souvent des embouteillages soit de Bourbon, soit de Sherry.

    Allez go...

    Arran 19 ans Cadenhead's Small Batch, 1997 / 2016, 1 Bourbon Hogshead + 1 Sherry Hogshead, 52.4%, 486 bouteilles


    • Nez: Frais, fruité, boisé, et sec en même temps. Beaucoup de bois vert, résineux. Du raisin blanc confit. Une légère fumée boisée. La sécheresse végétale grandit avec le temps.
    • Bouche: Du raisin acidulé, un soupçon de vanille, une poignée d'épices piquantes. De la pomme apparaît, accompagnée de bois sec amer. Des notes sucrées grandissent sur le temps.
    • Finale: L'alcool se fait plus présent. Le bois assèche la bouche, laissant de la poussière derrière lui. Les épices perdurent.
    • Verdict: Dans cet Arran-ci, c'est le bois qui domine du début à la fin. D'abord vert et frais, il se fait de plus en plus sec et poussiéreux. Le fruité typique d'Arran se voit donc relégué (un peu trop) à l'arrière plan.
    • 84/100.
    Arrivé en janvier en Belgique, il devrait encore être disponible (pour une centaine d'euros) auprès des ambassades Cadenhead du royaume.

    mercredi 1 mars 2017

    Tournée Minérale: mon bilan perso

    Ouf ! C'est enfin fini ! Mais j'ai tenu bon, je n'ai pas bu une seule goutte d'alcool de tout le mois de février !
    Et en fin de compte, quel est le résultat ?

    Un rappel sur mes motivations:

    Sur le plan personnel, je voulais m'assurer de ne pas être dépendant à l'alcool. Pas que j'en boive des litres par jour, mais je sirote quand même un dram de façon très régulière, ne fut-ce que pour approvisionner le Blog en notes de dégustation. Un arrêt abrupt et total de consommation devait donc me permettre de me situer par rapport à l'alcool... ou pas.
    Si j'ai sauté sur l'occasion de la Tournée Minérale pour me jeter à l'eau (haha, quel jeu de mots !), c'était aussi pour la bonne cause de la lutte contre le cancer via un support à la Fondation contre le cancer et une récolte de fonds à son intention. Je n'ai pas l'habitude de rejoindre des grandes causes humanitaires ou autres, mais une fois de temps en temps ça ne fait pas de mal de penser à autre chose que sa petite personne.

    Un mois sans...

    Dès le début du mois de février, ce qui m'a frappé ont été les nombreuses réactions qui ont fusé... principalement une levée de boucliers CONTRE la Tournée Minérale; surtout (hô surprise) émanant de professionnels du secteur des spiritueux (mais pas que), qui sous le couvert du "ouin ouin on ne peut plus rien faire dans ce monde, on doit tout le temps suivre des recommandations à tous les niveaux" n'ont surtout pas eu le courage de dire tout simplement que la gnôle c'est leur gagne pain et que la Tournée Minérale peut aller se faire voir. Ha, les fausses excuses ont encore de beaux jours devant elles.

    Ce qui est fort dommage, je trouve, c'est que ce bashing qui s'est cristallisé autour de l'abstinence d'alcool a complètement occulté le soutien à la Fondation contre le cancer, qui est apparemment passé à la trappe aux yeux de la plupart des gens. Alors qu'en fait, l'abstinence était juste la vitrine marketing de l'action de soutien à la Fondation, histoire d'attirer l'attention, de sensibiliser les gens et les inciter à verser des dons.

    De mon côté, au niveau de cette "fameuse" abstinence, mon pari était déjà gagné au bout d'une semaine: aucun manque, aucune envie particulière; youpie je ne suis pas alcoolo \o/ .
    Le reste du mois s'est déroulé sans accroc, sans envie particulière d'alcool (mais c'est quand même très morne, une vie sans pouvoir se faire plaisir avec un bon dram). Il faut dire qu'un beau gros rhume m'a bien aidé pendant quasi 2 semaines, hihi (comme quoi, l'alcool conserve réellement :-D ).
    Tournée Minérale: mon bilan perso

     

    28 jours plus tard...

    Je ne me suis pas transformé en zombie, mais...
    ... je n'ai pas spécialement mieux dormi, je dors toujours comme une masse.
    ... je n'ai pas épargné d'argent, puisque de toute façon je ne sors ni en boîte ni dans les bistrots pour pinter comme un gueux. J'achète mes bouteilles, que je sirote à la maison seul ou entre amis. Bon OK, je n'ai été à aucun festival whisky en février. Et ça ne m'a pas manqué. Et j'ai quand même acheté quelques bouteilles, je n'ai donc rien économisé.
    ... je n'ai pas eu plus d'énergie que d'habitude. Vivement les vacances ;-)
    ... je n'ai (plus) jamais la gueule de bois (l'Aquavit en Norvège en novembre dernier était un accident, bordel !!), donc je ne me sens pas concerné.
    ... je n'ai pas perdu un gramme. Didju. A ce niveau là, ça n'a servi à rien :-/. Surtout qu'en plus je me suis mis à Hello Fresh pour essayer de manger plus varié et équilibré. Mais d'un autre côté, je me suis aussi empiffré de gougouilles… Bon, mon prochain challenge sera donc alimentaire;-)
    ... je n'ai récolté que 75€ pour la Fondation contre le cancer. Si on retire ma participation, celle de mon épouse et de ma belle-mère (merci à elles), il ne reste que deux amateurs de whisky qui se sont sentis concernés par la lutte contre le cancer. Un immense merci à eux (qui, du coup, ont gagné un sample de whisky, que je leur remettrai la prochaine fois qu'on se croise ;-) ). Quant aux autres... à croire que le cancer est devenu une fatalité aux yeux des masses, ou que le whiskyfreak est passé complètement à côté de la bonne cause, ou s'en fout royalement (vous en tirerez vous-même la conclusion que vous voudrez).
    ... je me suis bien emmerdé. Car mine de rien, boire un coup ça fait du bien au moral (que ce soit pour fêter quelque chose, ou se remettre d'une journée de merde, ou juste trinquer entre amis).

    Conclusion

    Même si je suis fier d'avoir relevé le défi personnel de ne boire aucun alcool pendant un mois, le résultat final est quand même fort mitigé, aussi bien au niveau avantages santé qu'au niveau dons à la Fondation contre le cancer. J'ai l'impression qu'à part le buzz et le foin autour de l'abstinence, ça n'a pas servi à grand chose.
    Bref, ce soir, je vais me servir un super dram (Littlemill ? Vieux Clynelish ? Vieux Caol Ila ? Les trois ? :-D ) et en profiter à mort; et je ne ferai plus jamais de Tournée Minérale ni d'abstinence quelle qu'elle soit (sauf contraint forcé par une horde de médecins vindicatifs)... on ne vit qu'une fois, crotte quoi !

    Quant au Blog, il va reprendre ses activités normales. Ne vous attendez quand même pas à des notes de dégustation chaque jour, je n'ai absolument pas fait de stock de samples pendant le mois écoulé (et je suis même très pauvre en whiskies à vous présenter, pour le moment).

    Passons donc à autre chose... ;-)