samedi 30 août 2014

‘’The Nameless One’’ 1995/2014 (18 ans) The Whisky Mercenary, 46.8% (IB)

"The Nameless One" est un whisky mystérieux du fait que personne, même pas Jürgen Vromans (l’embouteilleur responsable de The Whisky Mercenary), ne sache avec certitude de quelle distillerie il provient. Il porte donc bien son nom (enfin non, justement…) : ‘’Le Sans Nom’’.

La plupart du temps, les embouteillages indépendants d’une distillerie du Speyside ne mentionnant pas le nom de la distillerie sont des Glenfarclas (Glenfarclas refusant que son nom apparaisse sur les embouteillages indépendants). Ici, rien n’est moins sûr. Le nom de distillerie ne figurait pas sur le fût (effacé par le temps ou délibérément non indiqué, ça je ne sais pas). Même le vendeur du fût ne connaissait pas son origine ! Bref, pas sûr du tout que ce soit un Glenfarclas ; d’ailleurs Jürgen considère que le profil aromatique de ce Nameless One se rapproche plus d’un Glenlivet ou d’un Glenfiddich que d’un Glenfarclas. Mais le mystère reste néanmoins entier, nous ne saurons jamais avec certitude où a été distillé ce whisky. Et sinon, que vaut-il, ce mystérieux Nameless One ?

‘’The Nameless One’’ 1995/2014 (18 ans) The Whisky Mercenary, 46.8% (IB)
‘’The Nameless One’’ 18 ans 1995/2014 The Whisky Mercenary, 46.8% ?
  • Nez : Un nez gourmand et attirant, à fond sur le massepain et la frangipane. Du crumble aux pommes et aux abricots. Le malt se développe par la suite en mode Petit Beurre.
  • Bouche : Une pointe d’amertume maltée en entrée de bouche. Derrière se cachent des fruits jaunes, oscillant entre le frais, le cuit et le confit. Une bouche suave, sucrée, qui colle au palais.
  • Finale : L’amertume de pelure d’agrume meurt et laisse la place aux épices douces et chaudes. De la pelure de poire quand on déglutit.
  • Verdict : Un whisky friandise, pas alcooleux, qui se laisse boire très facilement. En apéro ou en dessert, il fera l’affaire tellement il passe tout seul. Le nez est particulièrement appétissant.
  • 87/100. Mention spéciale pour l’étiquette de style ‘’film d’horreur de série B américaine des années 50’’, très réussie je trouve.

Encore facilement disponible pour ±80€ dans les boutiques spécialisées revendant la gamme The Whisky Mercenary : QV.ID, TasTToe, The Single Malt Whisky Shop, Jurgen’s Whiskyhuis, The Bonding Dram et Anverness. Aucun en Wallonie pour le moment, mais cela pourrait changer dans un avenir pas trop lointain (je viens d'apprendre que We Are Whisky est dorénavant revendeur The Whisky Mercenary en Wallonie. Bonne nouvelle !)

mercredi 27 août 2014

Kilchoman European Tour 2014 : du 03 au 06 septembre 2014

Kilchoman European Tour 2014 : du 03 au 06 septembre 2014

A partir de début septembre, James et Peter Wills (les fils du propriétaire de Kilchoman ; la jeune distillerie créée en 2005 sur l’île d’Islay) feront le tour de l’Europe, à bord de la Land Rover aux couleurs de Kilchoman, afin de présenter les dernières nouveautés de la distillerie.

Cette tournée européenne débutera par la Belgique et le Luxembourg, alors autant en profiter ! Je ne mentionne ici bien entendu que les dates et lieux proches de notre Wallonie ; il vous suffit d’aller voir sur le site de Kilchoman pour les dates dans les villes plus éloignées d’Allemagne, des Pays-Bas, de France, etc… si cela vous dit.

La Land Rover passera par deux boutiques en Flandre, une en Wallonie, et une au Luxembourg :

  • Mercredi 03/09/2014 : Crombé Wines (Courtrai). Trop tard, déjà complet !
  • Jeudi 04/09/2014 : TasTToe (Kampenhout), à 19h30. PAF 15€.
  • Vendredi 05/09/2014 : Toby Vins (Vivegnis, près de Liège), à 19h30. PAF 25€ en prévente, 35€ le soir même (s’il y a encore des places libres).
  • Samedi 06/09/2014 : Vinothek Massen (Nord du Luxembourg), à 14h00. PAF 10€.

Attention, les places étant limitées, réservez la vôtre ! Je vous laisse le soin de chercher sur internet les infos de contact des boutiques (Google est votre ami ;-) ).

Le prix de cette dégustation comprend non seulement environ 6 whiskies Kilchoman à déguster, mais aussi un T-shirt exclusif à cette tournée européenne.

Le lineup sera sensiblement le même chaque jour (peut-être que certaines variations pourraient apparaître en fonction de la boutique) :

  • Kilchoman Machir Bay (batch 2014), 46%.
  • Kilchoman 100% Islay, 4th edition, 50%.
  • Kilchoman Machir Bay, European Tour Special edition , 59.2% (un embouteillage exclusif, limité à 900 bouteilles, pour cette tournée européenne).
  • Kilchoman Port Matured (présenté en avant-première).
  • 2 autres Kilchoman, variables en fonction de l’endroit (Single Cask en PX finish, Loch Gorm, Original Cask Strength, Vintage 2007,…)

Une belle occasion de découvrir près de chez soi cette distillerie qui jouit déjà d’une belle réputation en terme de qualité. Compte rendu bientôt sur le blog, bien évidemment !

mardi 26 août 2014

Benriach 12 ans Sherry Wood, 46% (OB)

Après quelques jours de congés bien mérités, remplis de canard et de bon vin (vous savez de quelle région je parle si vous suivez la page Facebook du blog ;-) ), voici un retour en douceur sur le whisky avec un Benriach d’entrée de gamme : le 12 ans maturé en Sherry Wood (Oloroso et Pedro Ximenez).

Comme la plupart des mises officielles de la gamme ‘’de base’’ de toute distillerie, ce whisky-ci se décline en ‘’batches’’ d’année en année. La note de dégustation qui m’occupe aujourd’hui concerne un embouteillage de 2013 (récent, et largement disponible actuellement en boutique). Certaines différences pourraient donc se marquer avec les batches d’années précédentes.

Benriach 12 ans Sherry Wood, 46% (OB)
  • Nez : Doux, sucré, malté. Du caramel chimique se mêle au reste (la couche PX, dont je ne suis généralement pas fan ?). Un nez monolithique qui n’évolue pas, ni ne change.
  • Bouche : Une amertume de peau d’orange s’impose d’abord. Suivent des fruits rouges sucrés, du caramel, quelques fruits à coque (un léger boisé est détectable). Ici aussi la bouche est monolithique.
  • Finale : L’amertume et la sécheresse boisée persistent. Une chaleur alcooleuse se fait sentir, accompagnée de quelques épices douces.
  • Verdict : Un entrée de gamme correct qui pourra satisfaire toute personne voulant s’initier au whisky. Pour ce prix, on en a pour son argent. Linéaire (trop à mon goût, mais je deviens difficile, j’avoue) néanmoins, il ne faut pas s’attendre à une complexité fulgurante.
  • 83/100.

Largement disponible un peu partout, que ce soit dans les boutiques physiques spécialisées comme sur internet, pour une grosse trentaine d’euros.

mercredi 13 août 2014

Ben Nevis 1998 (15 ans) The First Editions, 57.6% (IB)

Ben Nevis 1998 (15 ans) The First Editions, 57.6% (IB)

Ben Nevis, la distillerie des Highlands, n’a que peu d’embouteillages officiels. Par contre il existe beaucoup d’embouteillages indépendants, de qualité très variable. Autant le dire d’emblée : celui-ci est le meilleur (jusqu’à présent) qu’il m’ait été donné de goûter.

Ben Nevis 1998 (15 ans) The First Editions, Sherry Butt, 57.6%, 256 bouteilles :
  • Nez : Waouw ! Un nez comme je les aime. Hyper gourmand et pâtissier. Du caramel, de la frangipane, des fèves de café, des épices douces, des fruits noirs (raison, prune), des fruits confits en pagaille. Plein de bonnes choses se mélangent et se télescopent. Je pourrais humer ce genre d’odeurs pendant des heures.
  • Bouche : Elle est dans la continuité gourmande du nez. Du caramel, de la cassonade liquide, des épices exotiques, du moka, du chocolat au lait, et une myriade de fruits secs (raisin en tête).
  • Finale : Moyenne. Du bois vernis apparaît. Les fruits secs meurent lentement. Une sécheresse poussiéreuse s’installe petit à petit en bouche.
  • Verdict : Pile poil le genre de profil que j’affectionne particulièrement. C’est tout simplement hyper bon, un dessert à lui seul. Le nez est particulièrement captivant.
  • 90/100.

Disponible au Chemin des Vignes à Bruxelles, pour environ 95€. Pas donné pour un 15 ans, mais ce whisky est un vrai plaisir à siroter. Si vous aimez les whisky maturés en fût de sherry, celui-ci devrait vous combler.

vendredi 8 août 2014

Compte rendu : Whiskycafé chez TasTToe (The Whisky Agency VS Cadenhead)

Compte rendu : Whiskycafé chez TasTToe (The Whisky Agency VS Cadenhead)
Compte rendu : Whiskycafé chez TasTToe (The Whisky Agency VS Cadenhead)

Ce vendredi se tenait un nouveau whiskycafé chez TasTToe. Le système est connu (quoi ? Vous n’êtes pas encore inscrit à la newsletter de TasTToe ?) : Plusieurs bouteilles à la dégustation, on paie le dram de ce qu’on goûte, ce dram est remboursé en cas d’achat de la dite bouteille, et en plus il y a une réduction sur le prix des bouteilles proposées.

Compte rendu : Whiskycafé chez TasTToe (The Whisky Agency VS Cadenhead)

Le thème de ce whiskycafé-ci était basé sur les nouveautés The Whisky Agency et Cadenhead. Cinq bouteilles différentes des deux embouteilleurs :

  • Littlemill 1989 (24 ans), 48.7%, Liquid Library (The Whisky Agency)
  • Glenturret 1977 (36 ans), 46.3%, The Whisky Agency
  • Bowmore 2002 (12 ans), 53.2%, The Whisky Agency
  • Blended Malt 1980 (33 ans), 45,8%, The Whisky Agency
  • Ardmore 2000 (14 ans), 49.8%, Liquid Library (The Whisky Agency)
  • Glenlossie 1966 (48 ans), 43.5%, Cadenhead’s Single Cask
  • Aultmore 1997 (17 ans), 54.9%, Cadenhead’s Small Batch
  • Caol Ila 10 ans, 46%, Cadenhead’s Small Batch
  • Tamnavullin 1992 (22 ans), 52.9%, Cadenhead’s Small Batch
  • Speyside 1995 (18 ans), 62.8%, Cadenhead’s Small Batch

Evidemment, impossible (aussi bien pour le gosier que pour le portefeuille) de goûter les 10 whiskies, des choix devaient être faits. J’ai décidé de laisser tomber le Glenturret (trop cher pour mon budget, autant ne pas se frustrer en le goûtant), le Bowmore (je trouve que les prix des jeunes Bowmore deviennent abusés), le Blended Malt (je suis fan des single malts et suis, sûrement à tort dans certains cas, suspicieux envers les blends), l’Ardmore (qui ne m’attirait pas plus que ça), le Glenlossie (déjà goûté au Spirits in the Sky 2013 et il ne m’avait pas séduit) et le Caol Ila (trop jeune et réduit, j’aime plutôt les vieux Caol Ila en brut de fût). Il restait donc un The Whisky Agency et trois Cadenhead à goûter. Oui je sais, Cadenhead a mes préférences ; ce n’est pas mon embouteilleur préféré pour rien.

Pour l’ordre de la dégustation, j’ai décidé de commencer par le plus faible en alcool, pour terminer par le plus fort.

Compte rendu : Whiskycafé chez TasTToe (The Whisky Agency VS Cadenhead)
Littlemill 1989 (24 ans), 48.7%, Liquid Library (The Whisky Agency), 199 bouteilles.

Celui-là, je l’avais déjà goûté (au milieu de plein d’autres whiskies, ce qui a pu dénaturer mon jugement) au Whiskyfair de Limburg et il m’avait fort plu. J’ai décidé de revenir dessus car j’hésitais à m’acheter une bouteille.

  • Nez : Fruité (poire, pomme jaune) et herbacé (herbe fraîchement coupée). Vanille. Un nez doux et engageant.
  • Bouche : Les fruits blancs dominent, aidés par des épices poivrées. Des relents herbacés passent par moments.
  • Finale : Moyenne et légèrement salée. Les fruits s’effacent petit à petit.
  • Verdict : Un bon Littlemill, agréable et équilibré. Mais moins ‘’waouw’’ que dans mon souvenir. Pas d’achat de cette bouteille prévu pour moi, donc.
  • 88/100.
Compte rendu : Whiskycafé chez TasTToe (The Whisky Agency VS Cadenhead)
Aultmore 1997 (17 ans), 54.9%, Cadenhead’s Small Batch.

Une distillerie que je connais mal, j’avais envie d’en savoir plus.

  • Nez : Très sec et particulièrement malté. Les céréales sèches couvrent les fruits blancs qui essaient timidement de se frayer un chemin. Ces fruits réussissent néanmoins à se développer au cours de l’aération.
  • Bouche : Les saveurs maltées se mélangent aux fruits blancs et aux épices. Une salinité bien présente. Des épices piquantes montent en puissance en fin de bouche.
  • Finale : Longue et qui devient, au fur et à mesure que les fruits disparaissent, de plus en plus sèche (toujours cette patte de malt sec).
  • Verdict : Un whisky cohérent, mais qui n’entre pas dans mes saveurs de prédilection.
  • 83/100.
Compte rendu : Whiskycafé chez TasTToe (The Whisky Agency VS Cadenhead)
Tamnavullin 1992 (22 ans), 52.9%, Cadenhead’s Small Batch.

Ici aussi, une distillerie méconnue. Mon premier Tamnavullin, d’ailleurs.

  • Nez : Très doux et sage, sur la liqueur de poire et le sirop de pêche blanche. Des céréales sucrées s’invitent à la fête.
  • Bouche : Elle aussi douce et sucrée. Les fruits blancs en sirop prennent toute la place.
  • Finale : Moyenne. L’alcool se rappelle à mon bon souvenir en balayant le sucre. Ca picote en bouche.
  • Verdict : D’abord doux et gentil, ce whisky se rebelle sur la fin. Pas un whisky qui me fasse vibrer, mais pas mauvais dans son ensemble.
  • 85/100.
Compte rendu : Whiskycafé chez TasTToe (The Whisky Agency VS Cadenhead)
Speyside 1995 (18 ans), 62.8%, Cadenhead’s Small Batch.

Je tenais à le goûter car j’en ai une bouteille (achetée ‘’au pif’’) encore fermée. Mon 6ème sens aura-t-il été bon ?

  • Nez : Ha, intéressant ! De la cerise Griotte de Biercée (serais-je le seul à connaître ?), de la liqueur de bois (ça existe, ça ?), des nuages fugaces de poussière. L’alcool est bien présent, il va falloir y aller sur des œufs. La cerise s’estompe un peu après aération pour laisser place à de la cire de bougie.
  • Bouche : Contre toute attente, c’est particulièrement liquoreux ; l’alcool ne brûle pas. C’est du sucre candy mélangé à de la confiture de cerise. Fruits rouges et sucre à profusion.
  • Finale : Longue et chaude. Une très légère amertume apparaît au fur et à mesure du dram. Finalement l’alcool se fait sentir.
  • Verdict : Un profil sherry qui sort des sentiers battus, loin des boisés secs. Un poil écœurant en fin de dram (un seul suffit). Mais très bon et très gourmand. Attention au taux d’alcool, ça tabasse même si on ne le sent pas !
  • 89/100.

Aucun 90+ dans ce que j’ai goûté, dommage. On ne peut pas toujours tomber sur des whiskies de-la-mort-qui-tue. Mais ces derniers temps j’ai de plus en plus de mal trouver des whiskies qui me fassent frissonner. Deviendrais-je de plus en plus difficile, ou la qualité globale des bouteilles serait-elle en déclin ? Ou un peu des deux, peut-être…

Compte rendu : Whiskycafé chez TasTToe (The Whisky Agency VS Cadenhead)Compte rendu : Whiskycafé chez TasTToe (The Whisky Agency VS Cadenhead)

jeudi 31 juillet 2014

Face à face : tous les Longmorn 1996/2013 The Ultimate

Le face à face de whiskies ayant des liens très proches (même distillerie, même année de distillation et d’embouteillage, même embouteilleur, etc…) est un exercice très intéressant car il permet de comparer au même moment ces whiskies ‘’frères’’. Quand on les goûte à des moments différents, la perception de chacun peut être biaisée et les souvenirs du whisky précédent altérés. Le face à face des deux Tomatin 1978 Cadenhead et des Talisker 18 et 25 ans ont déjà été de bons exemples de cette approche.

Les 7 Longmorn The Ultimate différents
Les 7 Longmorn The Ultimate différents

Encore plus fort cette fois-ci, je vous propose le face à face de TOUS les Longmorn 1996/2013 différents embouteillés par Van Wees sous sa gamme The Ultimate. Sept Longmorn différents. Tous en single cask. Tous en brut de fût. Tous en fût de sherry. Les différences vont donc se révéler en fonction de l’empreinte que chaque fût aura laissée sur le distillat au cours des 17 ans de maturation ; le distillat de base ayant été produit le même jour par série de fût et étant donc sensiblement identique.

Deux séries de ‘’sister casks’’ (fûts aux numéros successifs) ont été utilisées pour ces embouteillages : une série de 5 fûts (numérotés 72315, 72318, 72319, 72323 et 72324) et une série de 2 fûts (numérotés 105091 et 105092). On peut s’attendre à une différence marquée entre les deux séries, mais en principe à des subtilités beaucoup moins marquées entre les fûts d’une même série. D’où l’importance de goûter ces whiskies au même moment donné.

J’ai réalisé cet exercice à l’aide d’un complice lui aussi amateur éclairé, et nous avons décidé de goûter ces Longmorn par ordre croissant de numéro de fût, le titrage en alcool étant sensiblement proche entre les whiskies d’une même série de fûts. Voici mon verdict :

Longmorn 01.05.1996 / 03.06.2013 The Ultimate, Sherry Butt #72315, 606 bouteilles, 57.5%
  • Nez : Puissant, boisé, très fruité sur les fruits rouges confits et très cuits (cerise, cassis). Un millipoil de résine et de poussière.
  • Bouche : Une attaque franche, puis elle s’assagit sur la cassonade liquide, les épices douces, une pincée de poivre et les fruits noirs ( cassis, prune).
  • Finale : Longue, légèrement sèche et poivrée. Les fruits noirs perdurent.
  • Verdict : Puissant, charpenté, goûteux, ça colle en bouche. Miam.
  • 89/100.
Longmorn 01.05.1996 / 23.07.2013 The Ultimate, Sherry Butt #72318, 608 bouteilles, 57.8%
  • Nez : Frais, herbacé, bourbonneux. De la rhubarbe, des agrumes. Sans oublier bien sûr la couche sherry, plus sage que pour le fût 72315. Moins brute, plus subtil.
  • Bouche : Sirupeuse et sucrée (sucre candy). Du raisin, quelques gouttes de vinaigre balsamique. Légèrement surette.
  • Finale : Moyenne. Des épices douces, une légère acidité. Une sécheresse reste en bouche, et une amertume persiste.
  • Verdict : Celui-ci est tout à fait convenable mais me plaît moins que le fût 72315 de par les côtés acidulés et amers présents.
  • 86/100.
Longmorn 01.05.1996 / 23.07.2013 The Ultimate, Sherry Butt #72319, 600 bouteilles, 57.2%
  • Nez : Assez proche de celui du fût 72315, mais un peu plus résineux et épicé. Grosse odeur de banane flambée qui passe puis disparaît.
  • Bouche : Un kick qui donne des frissons. De la cassonade, du bois précieux, des fruits rouges cuits. Du chocolat au lait praliné aussi.
  • Finale : Moyenne. De la résine dans la gorge et des épices en bouche.
  • Verdict : Assez proche du fût 72315, mais celui-ci est un brin plus complexe et me donne aussi des frissons de contentement en plus.
  • 90/100.
Longmorn 01.05.1996 / 11.10.2013 The Ultimate, Sherry Butt #72323, 608 bouteilles, 57.5%
  • Nez : Proche des fûts 72315 et 72319 au niveau des odeurs, avec aussi une pointe de camphre et d’herbe sèche. Un nez doux et linéaire.
  • Bouche : Du sucré / poivré / salé. Les fruits sont quelque peu occultés par le poivre, très présent.
  • Finale : Assez courte sur une légère amertume fruitée.
  • Verdict : Un nez sympa, mais la bouche et la finale sont monolithiques et assez plates. L’un dans l’autre, la qualité est équivalente à celle du fût 72318.
  • 86/100.
Longmorn 01.05.1996 / 11.10.2013 The Ultimate, Sherry Butt #72324, 621 bouteilles, 57.4%
  • Nez : Puissant et résineux, il fait d’abord penser au nez du fût 72315. Puis il se fait rhumesque et mélassé. Des traces de chocolat à la menthe.
  • Bouche : Du cuir, de la viande, de la mélasse. Epices douces. C’est puissant, sec, charpenté.
  • Finale : Courte. Des épices exotiques, une sécheresse boisée, des herbes aromatiques.
  • Verdict : On pourrait presque le confondre avec un rhum de mélasse. Je le trouve aussi assez déstructuré, ça part dans tous les sens (sans que cet aspect soit dérangeant). Mais il est par contre écœurant, un seul dram suffit amplement.
  • 85/100.
Comme il faisait beau, nous avons effectué (en partie) le face à face à l'extérieur
Comme il faisait beau, nous avons effectué (en partie) le face à face à l'extérieur
Longmorn 25.06.1996 / 25.11.2013 The Ultimate, Sherry Butt #105091, 588 bouteilles, 60.8%
  • Nez : On change clairement de registre comparé aux fûts 72XXX ! Du cuir, du tabac, du thé sec, du pain grillé. Austère et rustique. De l’abricot sec apparaît par la suite.
  • Bouche : Montée en puissance de la bouche. Rude. L’alcool arrache. Très poivrée.
  • Finale : L’alcool est très présent et occulte le reste.
  • Verdict : Rustique, hard, difficile à dompter. J’ai du mal à l’appréhender et à finir le dram. Il nage, par contre, très bien : l’alcool se fait plus sage et l’abricot sec domine.
  • 83/100.
Longmorn 25.06.1996 / 22.11.2013 The Ultimate, Sherry Butt #105092, 582 bouteilles, 60.1%
  • Nez : Linéaire mais agréable. Du cuir, du tabac. Viandé aussi (steack frais). Herbes aromatiques. Gingembre. Dans la même famille que le nez du fût 105091.
  • Bouche : Moins agressive et plus fondue que celle du fût 105091, mais l’alcool est néanmoins bien présent. Cassonade, fruits cuits.
  • Finale : Plus alcooleuse que la bouche. Heureusement, elle n’est pas longue.
  • Verdict : Moins agressif que le fût 105091, plus rond, plus complexe. Mais tout aussi rustique, il doit se faire dompter tout autant.
  • 85/100.
Quelle couleur !
Quelle couleur !

L’un dans l’autre, tous ces Longmorn 1996 The Ultimate sont globalement de bonne facture, même si certaines différences se marquent au niveau des cotes qui oscillent du dispensable à l’excellent. Une nette différence est perceptible entre la série des fûts 72XXX et celle des fûts 105XXX. Une bonne série de bouteilles (qui, en plus, étaient à un prix plus qu’attractif à leur sortie) de la part de l’embouteilleur Van Wees. D’ailleurs les amateurs ne s’y sont pas trompés ; presque toutes ces bouteilles sont sold out depuis longtemps.

J’ai fort apprécié ce face à face qui m’a permis de bien pouvoir différencier ces Longmorn qui m’auraient semblés beaucoup plus proches l’un de l’autre qu’ils ne sont en réalité si je les avais goûtés à des moments différents.

Promis, je vous proposerai encore des face à face dans l’avenir. Dont un royal. Mais ce n’est pas pour tout de suite, patience… ;-)

lundi 28 juillet 2014

Glen Keith 20 ans The Nectar of the Daily Drams, 54.2% (IB)

Glen Keith 20 ans The Nectar of the Daily Drams, 54.2% (IB)

Je commence à apprécier de plus en plus les embouteillages indépendants de la distillerie Glen Keith. Il faut dire qu’il n’existe pratiquement aucun embouteillage officiel, d’ailleurs. En règle générale (en tout cas ceux que j’ai eu l’occasion de goûter) ces embouteillages sont de bonne qualité, bien goûteux, amples et particulièrement fruités. J’ai déjà publié des notes de quatre Glen Keith par le passé (le champ de recherche du blog vous aidera à trouver ces articles ;-) ), en voici un cinquième.

Cette fois-ci il s’agit du Glen Keith 20 ans embouteillé par l’embouteilleur belge The Nectar, sous sa gamme The Nectar of the Daily Drams, distillé en 1991 et embouteillé en 2012, en brut de fût titrant à 54.2%.

  • Nez : Un nez très fruité, comme je m’y attendais. De la compote de poire, un soupçon de pomme verte, de la vanille sucrée, une pointe de pamplemousse. Doux, sucré, suave.
  • Bouche : L’alcool n’agresse pas et est bien intégré, portant les saveurs fruitées et sucrées. Toujours la poire juteuse et bien mûre, et du pamplemousse à profusion. Quelques fruits exotiques gorgés de soleil. Une bouche capiteuse et couvrante.
  • Finale : Une pincée de poivre et des échardes de bois sec. Des zestes d’agrumes légèrement amers. L’alcool réchauffe les joues. Une finale assez longue sur cette chaleur.
  • Verdict : Un whisky très agréable, facilement buvable, très fruité sans être monolithique. Un autre Glen Keith à considérer.
  • 88/100.

Ce Glen Keith était en promo spéciale (les soldes, peut-être ?) en juillet chez Massen au prix de 65€, ce qui est franchement une bonne affaire ! Je ne sais pas si la promo va continuer jusqu’à épuisement des stocks ou s’arrêter début août, mais si vous avez l’occasion de faire un saut au Luxembourg, n’hésitez pas !

dimanche 20 juillet 2014

Focus sur la boutique Jurgen’s Whiskyhuis (Zottegem)

Focus sur la boutique Jurgen’s Whiskyhuis (Zottegem)

Jurgen’s Whiskyhuis est un acteur majeur dans le monde du whisky en Belgique. Non seulement Jurgen gère sa boutique (sur laquelle je me concentrerai dans cet article), mais il est aussi distributeur exclusif de plusieurs embouteilleurs (voir ci-dessous) et organise deux festivals de whisky par an (Le Whisky Festival des embouteilleurs indépendants à Alost qui s’est déroulé fin avril, et le Whisky Aan Zee qui se tiendra à Middelkerke en octobre prochain).

Jurgen’s Whiskyhuis est situé à Zottegem, en Flandre Orientale (entre Bruxelles et Gand). N’ayons pas peur de le dire : c’est au beau milieu des champs, dans un cadre on ne peut plus rural. Et loin de la sortie d’autoroute la plus proche. Y aller prend un certain temps quand on y va de n’importe où en Wallonie, mais franchement ça vaut le coup de par le choix en whisky présent.

Jurgen a inauguré sa nouvelle boutique en décembre 2013, juste à côté de l’ancienne qui était devenue franchement trop exiguë. La nouvelle boutique est plus spacieuse, plus aérée, et sur 3 niveaux.

Le rez-de chaussée est occupé par la boutique en elle-même, c’est-à-dire les bouteilles diverses et variées. A l’avant les bourbons et les coffrets cadeaux, le comptoir de Jurgen, et ensuite tout le mur jusqu’au fond de la boutique est couvert d’étagères remplies de bouteilles, principalement d’embouteilleurs indépendants. Le classement est assez simple : d’abord tous les embouteilleurs exclusivement importé par Jurgen en Belgique (j’y viens, j’y viens !), puis les single malts internationaux hors Ecosse, et enfin (la plus grosse partie du stock) les single malts et single grain écossais par région et ordre alphabétique des distilleries.

Les étagères pleines de bouteilles...Les étagères pleines de bouteilles...Les étagères pleines de bouteilles...

Les étagères pleines de bouteilles...

Mais quels sont les embouteilleurs exclusivement importés en Belgique par Jurgen ? Je vous en parle depuis le début l’article, je présume que vous trépignez d’impatience de le savoir ;-). Voilà voilà :

  • A.D. Rattray
  • Kintra
  • Liquid Treasures
  • Master of Malt (gamme ‘’That Boutique’’)
  • Samaroli
  • Sansibar
  • Silver Seal
  • Whisky-Doris

Pas mal, n’est-ce pas ? Ca fait pas mal de choix, pour tous les goûts et toutes les bourses.

Les embouteillages A.D. Rattray, Kintra, Samaroli, Silver Seal et That Boutique.
Les embouteillages A.D. Rattray, Kintra, Samaroli, Silver Seal et That Boutique.Les embouteillages A.D. Rattray, Kintra, Samaroli, Silver Seal et That Boutique.
Les embouteillages A.D. Rattray, Kintra, Samaroli, Silver Seal et That Boutique.Les embouteillages A.D. Rattray, Kintra, Samaroli, Silver Seal et That Boutique.

Les embouteillages A.D. Rattray, Kintra, Samaroli, Silver Seal et That Boutique.

Concernant les prix, Jurgen's Whiskyhuis est dans la moyenne des autres boutiques (hors Belgique) vendant ces embouteilleurs indépendants. J’aime rappeler que les prix des embouteillages indépendants sont généralement uniformes entre les pays, à quelques euros près. Concernant les embouteillages officiels, qui sont minoritaires chez Jurgen, là une fois de plus impossible de concurrencer les web shops hollandais.

Focus sur la boutique Jurgen’s Whiskyhuis (Zottegem)

Le premier étage de la boutique est actuellement réservé aux étagères contenant les bouteilles de rhum et à une salle de dégustation (Jurgen en organise de façon régulière).

Le deuxième étage, quant à lui, n’est pas encore terminé. Quand il le sera, il sera dédié à un espace de dégustation permanent, sous système de ‘’pay-per-dram’’ (prix au dram). Il y aura… plus de 950 bouteilles ouvertes à la dégustation ! De quoi découvrir certains whiskies épuisés depuis longtemps, ou goûter un whisky spécifique avant achat.

Jurgen’s Whiskyhuis a bien évidemment un site web et vend aussi par correspondance, pour ceux qui ne pourraient pas se déplacer. Personnellement je ne suis pas fan de son site. Je ne le trouve pas clair, les descriptions sont souvent incomplètes, les photos trop petites, le site n’est pas très agréable ni intuitif. Il n’y a pas non plus de système de paiement immédiat avec frais de port connu ; il faut attendre la facture de Jurgen (ce qui peut parfois prendre plusieurs jours) avant d’effectuer le paiement. Je préfère franchement me déplacer pour toucher ma bouteille, discuter un coup avec Jurgen, et repartir avec ma bouteille sous le bras. Question de point de vue.

Focus sur la boutique Jurgen’s Whiskyhuis (Zottegem)

Jurgen a récemment sélectionné un fût d’Ardbeg de 20 ans d’âge embouteillé spécialement pour sa boutique par A.D. Rattray. J’ai eu le plaisir et le privilège de le goûter :

Ardbeg 20y ‘’Uisge Beatha Taigh’’, 28.10.1993/02.05.2014, Sherry Hogshead 1732, 57.1%, 142 bouteilles :

La tourbe n'est pas envahissante, un délicat fruité est présent ainsi qu'une certaine douceur sucrée (l'apport du fût de sherry, probablement second ou troisième remplissage ?) en fin de bouche. La finale est interminable sur une fumée légère mélangée à de la compote de fruits jaunes. Bien complexe, l'alcool superbement intégré (impossible de deviner qu'il titre à 57%), un excellent dram. Dommage que le prix (325€), trop élevé à mon sens, soit rédhibitoire. 90/100.

(J’en profite pour remercier Jurgen de me l’avoir fait goûter ; moi qui ne suis pas fan d'Ardbeg en général, je l'ai beaucoup apprécié !)

Pour conclure, je ne peux que vous conseiller de faire un saut chez Jurgen’s Whiskyhuis pour vous en prendre plein les mirettes, et… repartir de là avec un portefeuille plus léger. Pour l'adresse précise, et les jours et heures d’ouverture, je vous renvoie à son site web dont le lien se trouve ci-dessous.

mercredi 16 juillet 2014

Visite de la distillerie The Belgian Owl

Visite de la distillerie The Belgian Owl

La Belgique compte plusieurs distilleries de whisky, dont la plus connue est située en Wallonie, dans la région de Liège. Il aurait été sacrilège de la part d’un blog dont le lecteur cible est le Wallon amateur de whisky de ne pas la visiter. Dont acte…

Visite de la distillerie The Belgian Owl

Par une belle après-midi de début d’été, j’ai eu l’occasion de visiter la distillerie belge The Belgian Owl. Cette visite de groupe (nous étions environ une vingtaine de personnes) fut animée par Etienne Bouillon, le patron et fondateur de la distillerie.

La visite a commencé par un long discours à quelques mètres de la distillerie, au bord d’un champ d’orge. Les explications d’Etienne ont été vastes et complètes sur l’histoire de la fondation de The Belgian Owl, ses difficultés à trouver des aides financières pour lancer son projet un peu fou (aides financières qui ne furent finalement pas des banques mais d’un mécène privé séduit par la folie de la chose).

Il fallait en effet être un peu (ou complètement ?) fou pour vouloir lancer une distillerie de single malt en Belgique, alors que le marché est bien accaparé par les marques écossaises et (dans une moindre mesure) japonaises. Surtout avec comme objectif de produire le meilleur whisky du monde (dixit Etienne lui-même), rien que ça !

Et pourtant, mine de rien, petit à petit, The Belgian Owl a réussi à gagner ses galons qualitatifs dans le monde du single malt et à se développer sur le marché. Pour arriver à cette qualité et cette reconnaissance du public, Etienne a misé sur un facteur bien précis pour se démarquer des autres distilleries : son terroir local !!

Visite de la distillerie The Belgian Owl

L’orge est cultivée à proximité de la distillerie, en Hesbaye Sèche (appelée ‘’Sèche’’ en raison de l’absence de source d’eau en surface et de la présence d’une nappe phréatique en sous-sol), sur une superficie de 62 hectares (chaque hectare produisant entre 6 et 7,5 tonnes d’orge maltable). La région de Hesbaye a été choisie en raison de son sol limoneux particulièrement propice à la culture de l’orge. Une aubaine que ce genre de sol, assez rare au demeurant, se trouve juste à côté de la distillerie !

Celle-ci a des accords avec six agriculteurs qui cultivent l’orge de la distillerie. Ces accords sont basés sur un commerce équitable ; les prix de vente étant définis entre la distillerie et les agriculteurs en début d’année, sans trop se soucier des cours boursiers de l’orge. Si les cours officiels étaient suivis, ce ne serait tout bonnement pas rentable pour les agriculteurs. Etienne Bouillon a donc trouvé un système satisfaisant toutes les parties pour se faire approvisionner en orge. Outres les accords sur le prix, The Belgian Owl a aussi convenu avec les agriculteurs que le type de culture adopté serait raisonné. Cela signifie (dans les grandes lignes) que la nature fait son office, et que l’homme n’intervient artificiellement que si cela est nécessaire.

L’orge utilisée est une orge de printemps, semée en mars/avril et récoltée en été. Elle est ensuite stockée pendant une période (appelée ‘’de dormance’’) de 4 mois. Puis les 470 tonnes deviennent maltables et sont envoyés à la malterie du Château de Beloeil, où elles sont séchées à l’air sec après maltage. La malterie stocke l’orge maltée, et The Owl Distillery le récupère petit à petit pour la distillation finale.

La Hesbaye Sèche est, en raison de son sous-sol peu commun, surveillée par les instances publiques sur les produits chimiques et pesticides utilisés sur les champs de culture. Les agriculteurs ne peuvent pas faire n’importe quoi, ce qui assure une certaine protection au sous-sol contre la pollution. Et par extension, l’eau des nappes phréatiques souterraines est elle-aussi préservée. Une autre aubaine pour la distillerie qui utilise cette eau dans le processus de distillation, via un puits de 38 mètres de profondeur.

Le sous-sol (dont les minéraux sont, soit dit en passant, le principal responsable des saveurs du ‘’new make’’), l’eau, la culture locale et raisonnée, le maltage et la distillation ; tous ces facteurs locaux mis ensemble forment ce terroir de proximité cher au cœur d’Etienne Bouillon : des matières premières et une production locales et de qualité pour garantir un whisky de la meilleure qualité possible.

Visite de la distillerie The Belgian Owl

Parlons justement de la distillation, qu’Etienne nous a expliquée ; après notre visite des champs ; dans la distillerie elle-même.

Je ne vais bien évidemment pas vous réexpliquer les principes de distillation du whisky, je l’avais déjà fait dans un article à ce sujet.

La distillerie se trouve dans une ancienne ferme reconvertie, dont le corps de logis est habité par le fils du propriétaire des lieux (la distillerie n’en étant pas la propriétaire) ; fils travaillant d’ailleurs à la distillerie avec Etienne. Une aile de la ferme est occupée par la zone de distillation, l’autre aile occupant la zone de stockage des fûts (un entrepôt fermé du sceau du service public s’occupant des taxes et accises) et le ‘’visitor centre’’, actuellement encore en rénovation et qui accueillera dans l’avenir les visiteurs et invités.

Les visiteurs ne peuvent pas se balader dans la zone de distillation, pour des raisons de sécurité et d’assurances. Etienne nous a donc expliqué le processus et présenté son équipement depuis l’entrée de la zone.

Parmi son équipement, le plus prestigieux est bien évidemment les deux alambics (en cuivre) de type pot still et le spirit safe datant d’il y a plus d’un siècle et originellement utilisés chez Caperdonich en Ecosse, une distillerie définitivement fermée en 2002. Etienne a pu les racheter à la société Forsythe (une société qui construit des alambics en Ecosse et qui est propriétaire de ce qui reste de Caperdonich) grâce à Jim McEwan, le patron de la distillerie Bruichladdich chez qui il a suivi un écolage en distillation et avec qui il est resté ami. Les deux alambics sont arrivés en Belgique et ont été installés à Fexhe-le-Haut-Clocher en février 2013. 2014 est donc la seconde année où ils sont utilisés, et ils ont permis d’augmenter grandement la capacité de production.

Le matériel de distillation, les cuves de distillation, un des deux alambics (anciennement de chez Caperdonich), et le spirit safe (idem)Le matériel de distillation, les cuves de distillation, un des deux alambics (anciennement de chez Caperdonich), et le spirit safe (idem)
Le matériel de distillation, les cuves de distillation, un des deux alambics (anciennement de chez Caperdonich), et le spirit safe (idem)Le matériel de distillation, les cuves de distillation, un des deux alambics (anciennement de chez Caperdonich), et le spirit safe (idem)

Le matériel de distillation, les cuves de distillation, un des deux alambics (anciennement de chez Caperdonich), et le spirit safe (idem)

Visite de la distillerie The Belgian Owl

Les fûts utilisés pour maturer le whisky sont des fûts exclusivement de premier remplissage de Bourbon de chez Heaven Hill, qui arrivent non démontés directement des Etats-Unis. The Belgian Owl ne réutilise jamais ses fûts après la mise en bouteille, et les revend à qui le veut.

Visite de la distillerie The Belgian Owl

A la fin de la visite, nous avons pu goûter du ‘’new make’’ (du jeune distillat non maturé en fût) et du whisky ayant maturé 3 ans en fût ; tous deux réduits à 46%. Le new make est très fruité sur le raisin et rappelle un peu la Grappa. Le whisky est lui aussi fruité, doux, et agréable. Mais The Belgian est-il le meilleur whisky du monde ? Bien évidemment la perception qu’on a d’un whisky est toute personnelle (je l’ai assez répété sur le blog !), et pour ma part je pense que ce whisky est encore trop jeune que pour être considéré comme étant le meilleur. Mais il a clairement un très bon potentiel qualitatif et gustatif. Je pourrai me faire une idée plus précise quand je pourrai goûter un 10 ou un 12 ans d’âge. Encore quelques années de patience…

La visite, en tout cas, était bien sympa, intéressante et éducative ; ce qui est l’essentiel et ce qu’on est en droit d’en attendre.

Si vous aussi vous avez envie de visiter The Belgian Owl, il vous est possible de contacter la distillerie par email ou par téléphone via son site web.

Je tiens à remercier Etienne Bouillon pour sa gentillesse et sa disponibilité lors de cette visite ; et je salue sa passion pour le whisky (en général) et pour son terroir (en particulier).

mercredi 18 juin 2014

Clynelish 1973 / 2006 Prestonfield 2nd bottling, 54.6%

Il y a un an jour pour jour naissait le Blog Wallon sur le Single Malt. Hé oui, comme le temps passe vite...

Je ne vais pas faire un bilan de l’année écoulée, j’en avais déjà fait un à mi-chemin début janvier. Par contre, pour fêter l’événement, ce soir je bois un dram d’exception d’une de mes distilleries préférées. Trouver une bouteille de ce whisky est bien évidemment devenu impossible aujourd’hui, car apparu sur le marché en 2006 et ayant eu un succès certain auprès des connaisseurs (qui étaient beaucoup moins nombreux à l’époque que maintenant). En 2006, le single malt n’intéressait qu’un marché de niche et les prix, bien que déjà élevés pour l’époque pour un produit destiné à un public restreint, étaient toutes proportions gardées bien moins élevés que maintenant. Ha, cette foutue loi de l’offre et de la demande…

En 2006, les amateurs pouvaient facilement trouver des perles, des pépites, des trésors à prix abordable. Comme, par exemple, ce…

Clynelish 1973 / 2006 Prestonfield 2nd bottling, 54.6%
Clynelish 23.07.1973 / 2006 (33 ans) Signatory Vintage Prestonfield 2nd bottling, 54.6%, fût n°8913, 439 bouteilles
  • Nez : Clynelish est très reconnaissable de par son côté très vernissé et cireux, mais ici dans des proportions presque industrielles. Des fruits jaunes très mûrs (pomme, poire), et quelques notes de gingembre et des volutes de fumées. Ce nez me semble avoir des airs de famille avec les Brora que j’ai pu goûter, ce qui de toute façon peut paraître logique.
  • Bouche : Une texture grasse et cireuse, limite de bougie. Les fruits du verger sont bien présents, accompagnés de pincées de poivre blanc et de gingembre. L’alcool se fait sentir et se mélange à cette cire toujours dominante.
  • Finale : Longue, toujours sur les fruits très mûrs et un peu de fumée. La cire se fait moins présente, pour laisser la place à une sécheresse herbeuse.
  • Verdict : Y a pas à dire, c’est du lourd cette affaire ! Un Clynelish (presque Brora) comme on n’en fait (malheureusement) plus, très ample et qui ne se laisse pas boire d’un trait.
  • 90/100.

Vous vous en doutez, je n’ai bien évidemment pas eu l’occasion de m’en procurer une bouteille ; mais je remercie vivement la personne (qui se reconnaîtra si elle lit cet article) qui a eu la générosité de m’en procurer un sample.