lundi 9 février 2015

Compte rendu : Whisky Dinner The Dalmore, chez Massen le 06/02/2015

Compte rendu : Whisky Dinner The Dalmore, chez Massen le 06/02/2015

Comme annoncé sur le blog, un whisky dinner The Dalmore était organisé vendredi par et chez Massen ; la soirée étant animée par Richard ‘’The Nose’’ Paterson en personne (qui passait le week-end en Belgique ; d’abord chez Massen et ensuite au Whisky Live). Et je le dis d’entrée : j’ai passé une EXCELLENTE soirée.

Richard Paterson, himself en chair et en os

Richard Paterson, himself en chair et en os

"Pussies !"
"Pussies !"
Richard Paterson, ‘’Like a Sir’’

Evidemment, écrire un article sur la prestation de Paterson ne lui rend pas justice du tout. Il faut le voir. Il faut vivre son show. Il est impossible d’expliquer par écrit une telle expérience sensitive. Un peu comme il serait vain d’essayer de faire passer par écrit la bonne humeur ressentie lors d’un spectacle d’un humoriste renommé.

Avant de commencer le repas, Richard Paterson (armé de son micro et aidé d’une animation audio/vidéo) a expliqué à l’assemblée (composée d’une soixantaine de convives, rassemblés dans la salle de banquet du shopping centre Massen), non sans un humour toujours bien présent à tous les étages, d’abord l’histoire de la distillerie The Dalmore ; ensuite ses débuts à lui dans le monde du whisky ; et enfin comment déguster un whisky ‘’like a Sir’’. Entre les plats, il a présenté les différents whiskies dégustés ; comment ils ont été produits, les types de fûts utilisés, etc… ; toujours dans son style bien à lui, imagé et empreint de second degré.

Impossible de retranscrire ses blagues et pointes d’humour, mais pêle-mêle son show (car c’en est un, sans équivoque possible) a été marqué par :

  • Du lancer de Dalmore 15 ans sur le tapis.
  • Plusieurs tables d’alcooliques notoires.
  • Des billets de banque jetés en l’air.
  • De l’orge séchée lancée par poignées sur les convives.
  • Un chat en peluche représentant les ‘’autres’’ buveurs de whiskies ; ceux non présents ce soir-là.
  • Du lancer de Dalmore 18 ans on the rocks sur les fenêtres de la salle.
  • Du chocolat fondant coulant de la bouche, et des orgasmes à répétition.
  • Une explosion de gros confettis.

Ceux qui y étaient comprendront, et souriront rien qu’à ces souvenirs. Les autres… regrettez donc, et guettez le prochain passage de Richard Paterson en nos contrées :-p

Compte rendu : Whisky Dinner The Dalmore, chez Massen le 06/02/2015
Les whiskies dégustés :

La soirée valait surtout par la présence et par la prestation de Richard Paterson. Mais il y avait aussi, bien sûr, des whiskies à déguster. Pas de note ni de cote, j’ai profité du spectacle avant tout. Mais voici néanmoins la liste des whiskies The Dalmore de la soirée, et quelques infos à leur sujet.

  • The Dalmore Vintage 2003, 46%. Un embouteillage exclusif pour la France, la Belgique et le Luxembourg. Un assemblage de 70% en fût l’Oloroso et 30% de fût de chêne blanc américain.
  • The Dalmore 15 ans, 40%. Un embouteillage de la gamme de base de la distillerie.
  • The Dalmore 18 ans, 43%. Un autre embouteillage de la gamme de base de la distillerie. Un vatting de fûts oscillants entre 18 et 22 ans. Les 4 dernières années ont maturé en fûts de Matusalem Oloroso.
  • The Dalmore King Alexander III, 40%. Un whisky à déguster avec un morceau de chocolat noir, afin de pouvoir pleinement profiter du mariage whisky/chocolat. C’est un whisky distillé en 1992, et un assemblage de fûts de 6 finishes différents : Port, Madeira, small batch Bourbon, Marsala, Cabernet Sauvignon, et Sherry Matusalem.
  • The Dalmore 25 ans, 42%. Une édition limitée à 3000 bouteilles par an. Il n’y a en fait qu’un seul pourcent de whisky de 25 ans d’âge dans cet assemblage ; 70% étant du 28 ans et 29% du 33 ans. Les types de fûts sont chêne blanc américain, Fino Sherry, et Tawny Port.
Compte rendu : Whisky Dinner The Dalmore, chez Massen le 06/02/2015
Et le repas ?

Hé bien, ce fut bien bon, ma foi ! Bonne cuisson, bons accompagnements, bons mariages avec le whisky. Le Chef, qui travaille depuis environ 6 mois pour le traiteur Massen, est membre de l’équipe nationale luxembourgeoise au Championnat du Monde de cuisine par équipe. Pas mal, comme référence !

Les convives gâtés

Non seulement Richard Paterson n’a pas été avare pour partager sa passion du whisky lors de la soirée, mais il a aussi gâté cinq convives lors d’un quizz en fin de soirée. Cinq questions étaient posées (les réponses ayant été données précédemment lors du show), la personne donnant la (bonne) réponse le plus rapidement rapportant le prix.

  • 5ème prix : Des boutons de manchettes The Dalmore.
  • 4ème prix : Une bouteille de The Dalmore 15 ans.
  • 3ème prix : Une grande boîte pour humidifier des cigares.
  • 2ème prix : Une bouteille de The Dalmore King Alexander III.
  • 1er prix : Un échantillon d’un The Dalmore distillé le 07/06/1951, en natural cask strength (une bouteille entière valant la bagatelle de… 250.000 euros !!).

Tous les ingrédients étaient donc réunis pour que la soirée soit une réussite. Ce qui fut le cas, sans aucun doute. Merci à Massen pour cette organisation, et merci à Richard Paterson pour sa bonne humeur communicative et sa disponibilité. Un grand Monsieur. Like a Sir.

lundi 2 février 2015

Ardbeg Ten, 10 ans, 46% (OB)

Haaa, Ardbeg, une des distilleries certainement les plus à la mode. Et dire qu’il y a quelques années, personne n’en voulait… Et comme elle est particulièrement en vogue, les prix s’envolent. Souvent à tort par rapport à la qualité, d’ailleurs…

Bon, bref, Ardbeg c’est cher (j'ai déjà expliqué mon point de vue à ce sujet...). Surtout les embouteillages ‘’spéciaux’’, limités (genre Ardbog, Auriverdes, Kildalton, etc…). Par contre, l’Ardbeg Ten reste un whisky d’entrée de gamme abordable en terme de prix.

La note ci-dessous concerne l’Ardbeg Ten d’un batch datant de 2011. Une certaine différence peut se détecter de batch en batch, sans toutefois (en théorie) des divergences énormes.

(photo Ardbeg.com)
(photo Ardbeg.com)
Ardbeg Ten, 10 ans, 46%, batch 2011
  • Nez : Il est assez fin, pas agressif. Une tourbe sèche et vanillée, un peu de camphre. Du miel, quelques fruits blancs.
  • Bouche : La vanille se développe, enrobée de tourbe sèche. Quelques fruits au miel.
  • Finale : La tourbe s’assèche, accompagnée d’un boisé astringent. Une fumée de paille apparaît dans le nez. Un gros coup de moulin à poivre en bouche.
  • Verdict : Les amoureux de tourbe y trouveront leur compte, à coup sûr. L’alcool est présent, malgré la réduction. Ça, c’est un bon point. Par contre, je le trouve très monolithique sur la tourbe vanillée.
  • 81/100.

Disponible très largement un peu partout, même en grande surface, à partir d’une grosse quarantaine d’euros.

mercredi 28 janvier 2015

Verticale d’entrées de gamme Glendronach : 8 ans Octarine, 12 ans Original, et 18 ans Allardice (OB)

Verticale d’entrées de gamme Glendronach : 8 ans Octarine, 12 ans Original, et 18 ans Allardice (OB)

Après avoir parlé, il y a déjà quelques temps, du Glendronach 15 ans ‘’Revival’’ et 21 ans ‘’Parliament’’, voici le reste de la gamme officielle et récurrente de cette distillerie (dont le focus est aussi disponible sur le blog, d’ailleurs).

Ces embouteillages étant récurrents, ils se déclinent en batches. Quelques petites différences entre les batches peuvent être perceptibles si un face à face est effectué ; sinon il devient bien ardu de fouiller dans ses souvenirs pour détecter des divergences entre eux. Je n’entrerai donc pas ici dans des considérations de batches, qui ne devraient pas entrer en ligne de compte la plupart du temps.

(photo whisky.dk)
(photo whisky.dk)
Glendronach 8 ans ‘’Octarine’’, Bourbon & Sherry Casks, 46% (OB)

Cet embouteillage a été disponible depuis 2010. Au départ exclusivement embouteillé pour les supermarchés Carrefour en France, il s’est ensuite retrouvé de façon beaucoup plus large un peu partout (y compris en Belgique). Disparu à présent de la gamme, il reste encore assez facilement trouvable.

  • Nez : Des fruits secs, des notes citronnées acidulées, du caramel, et du miel. Des volutes maltées apparaissent par la suite, s’installent, et restent.
  • Bouche : Douce, avec une amertume appuyée de pelure d’agrumes. Du miel caramélisé, et quelques épices douces.
  • Finale : Moyenne. L’amertume de l’agrume perdure. Une légère chaleur se dégage.
  • Verdict : Un bon petit whisky, classique. Sa jeunesse se sent surtout au nez. La couche de sherry est bien évidemment perceptible, mais pas envahissante.
  • 83/100.
(photo whisky.dk)
(photo whisky.dk)
Glendronach 12 ans ‘’Original’’, Pedro Ximenez & Oloroso Sherry Casks, 43% (OB)
  • Nez : Du caramel chimique, du malt humide, et une acidité piquante.
  • Bouche : Impression aqueuse, la bouche est molle. Une amertume de pelure de pomme, et des agrumes acidulés. Du miel industriel.
  • Finale : Un petit kick épicé, accompagné d’amertume, puis plus rien… Arf ^^
  • Verdict : Le sherry n’est pas très présent, je trouve. Sorti de là, ce whisky n’est franchement pas génial, et ne ressemble à rien d’ ‘’authentique’’. Très décevant, et dispensable.
  • 76/100.
(photo whiskyplus.ca)
(photo whiskyplus.ca)
Glendronach 18 ans ‘’Allardice’’, Oloroso Sherry Casks, 46% (OB)
  • Nez : Le sherry est assez marqué. Des fruits secs, du tabac, du bois, de la cassonade, des épices, de la prune noire, de la coque de noisette. Un nez sherry classique, agréable, bien fait.
  • Bouche : Ronde et chaude. Amertume de bois sec. De la cassonade liquide, des fruits secs, des épices exotiques, de la noisette. L’alcool est bien équilibré, la réduction n’est pas perceptible.
  • Finale : Longue. Du bois fumé remonte dans le nez. Une chaleur épicée reste en bouche.
  • Verdict : Pas mal fait du tout, j’aime bien ! Pas aussi fin et subtil que le 21 ans, mais une très bonne alternative à un prix très abordable.
  • 87/100.

Le 12 ans et le 18 ans sont trouvables chez tous les cavistes, spécialisés ou non, pour environ respectivement 30 et 65 euros. Le 8 ans sera peut-être un peu plus difficile à trouver, pour environ une quarantaine d’euros.

mardi 27 janvier 2015

Glengoyne 21 ans, 43% (OB)

Aujourd’hui, je monte un peu en gamme, mais toujours en embouteillage officiel.

Glengoyne est une distillerie située dans les Highlands, non loin de Glasgow. Elle appartient à Ian Macleod Distillers Ltd. (surtout connu pour ses embouteillages indépendants tels que Chieftain et Dun Bheagan, par exemple) depuis 2003. La gamme officielle comprend un 10 ans, 12 ans, 15 ans, 18 ans, et enfin 21 ans. C’est ce dernier qui nous occupera dans cette note-ci. Le look de la gamme a été renouvelé en 2013, et c’est un dram de cette nouvelle version (boîte noire) que je goûte aujourd’hui. A ne pas confondre avec la version en boîte bleue, encore assez facilement trouvable à gauche et à droite.

(photo Glengoyne.com)
(photo Glengoyne.com)
Glengoyne 21 ans, 43% (OB)
  • Nez : Un bon nez axé sherry. Du caramel, des raisins secs, des épices de Noël, du moka, du thé noir. Très classique, mais très bien fait et gourmand.
  • Bouche : Une amertume fruitée appuyée, sans être repoussante. De la prune, des raisins secs, des épices douces, du cuir, et du caramel.
  • Finale : Assez courte. L’amertume de fruit perdure, et les épices douces se développent.
  • Verdict : L’ensemble n’est pas mal, bien que très classique dans la catégorie ‘’sherry’’. Dommage qu’il soit réduit à 43%, ça l’affaiblit (surtout en bouche). Je pense qu’il gagnerait à avoir un peu plus de watts.
  • 86/100.

Disponible (ou commandable, en tout cas) chez la plupart des cavistes, spécialisés ou non en whisky, à partir de 90€ en fonction du point de vente.

lundi 26 janvier 2015

Ledaig 10 ans, 46.3% (OB)

J’ai déjà présenté quelques Ledaig en embouteillages indépendants (voir la page de la liste complète des notes de dégustations), mais jamais en embouteillage officiel. Et comme je suis dans une période ‘’officielle’’ pour le moment, autant en parler.

Ledaig, comme expliqué précédemment, est la gamme tourbée de la distillerie Tobermory, située sur l’île de Mull en Écosse. Ce 10 ans d’âge existe à 46.3% depuis 2010, et est donc régulièrement renouvelé en batches. Aucune idée du batch précis de la note ci-dessous, mais cela ne devrait pas avoir une énorme incidence sur un produit d’entrée de gamme tel que celui-ci et sur un peu plus de 4 ans d’existence.

(photo Tobermory Distillery)
(photo Tobermory Distillery)
Ledaig 10 ans, 46.3% (OB)
  • Nez : Typiquement Ledaig : de la tourbe de paille sèche. Un peu de vanille aussi, et de citron ; accompagnés de levure. La paille mélangée au citron commence à picoter au nez quand on hume un moment.
  • Bouche : Assez sage et plate. Toujours la paille présente, de la vanille et du malt. Un peu de poire aussi. La bouche manque de tonus, je trouve ; elle ne ‘’décolle’’ jamais.
  • Finale : Courte. La fumée de paille remonte dans le nez, et une pincée de poivre apparaît.
  • Verdict : Une bonne introduction à la tourbe fermière pour ceux qui voudraient s’y essayer à moindre coût. Le nez est plus intéressant que le reste, je trouve personnellement.
  • 83/100.

Disponible un peu partout (cavistes spécialisés en whisky, cavistes spécialisés en vin, et même en grandes surfaces) entre 30 et 40€ en fonction des points de vente.

samedi 24 janvier 2015

Smooth Ambler 7 ans Straight Rye, 49.5% et Smooth Ambler 8 ans Straight Bourbon Single Barrel, 60.8%

Pour suivre le focus sur Smooth Ambler proposé hier, voici donc en détail le Straight Rye 7 ans et le Bourbon 8 ans Single Barrel vendus en Belgique. Pas grand-chose à ajouter par rapport au focus d’hier, alors go go go !

Smooth Ambler 7 ans Straight Rye, 49.5% et Smooth Ambler 8 ans Straight Bourbon Single Barrel, 60.8%
Smooth Ambler Old Scout Straight Rye Whiskey, 7 ans, Batch 44, embouteillé le 04.09.2014, 49.5%
  • Nez : Très axé sur le bois vert vanillé. Limite une fraîcheur mentholée. De la muscade et de la cannelle se cachent derrière le bois. Une pointe de réglisse, même, et du tabac caramélisé. L’alcool est d’abord un peu trop présent, mais se calme vite à l’aération. A propos des fruits, j’ai du mal à mettre des noms dessus. C’est ténu. Y en a-t-il, d’ailleurs ? Je détecte une très faible nectarine vanillée et du sirop de pelure de banane. Ça m’y fait penser, en tout cas.
  • Bouche : Très vanillée, très caramélisée. Du thé vert de Chine. Fraîcheur de sève de sapin. Quelques pincées de gingembre. L‘alcool est bien équilibré en bouche, pas trop puissant ni trop mou du genou.
  • Finale : Moyenne. Le bois vert assèche la bouche. De la poussière de poivre. La fraîcheur mentholée envahit ensuite la bouche. Un p’tit Stimorol ?
  • Verdict : Ce rye (ou le rye en général ?) est un tout autre monde que celui du single malt. Par certains aspects il me fait penser à du whisky de grain. C’est une découverte d’un autre type de whisky, pour moi. Je trouve cela intéressant, et ce rye-ci me semble une bonne entrée en matière pour un débutant tel que moi.
  • 86/100.
Smooth Ambler 7 ans Straight Rye, 49.5% et Smooth Ambler 8 ans Straight Bourbon Single Barrel, 60.8%
Smooth Ambler Old Scout Cask Strength Straight Bourbon Whiskey, 8 ans, Single Barrel 528, embouteillé le 24.07.2014, 60.8%
  • Nez : Un nez puissant, il faut laisser respirer un peu le dram pour que l’alcool se calme. Du thé noir, de la cassonade caramélisée, des épices poussiéreuses (cannelle et muscade). Plein de raisins secs, et du bois laqué. Et derrière tout ça un melting pot de vanille, de caramel, de cuir, et de noisette.
  • Bouche : Elle est ronde, onctueuse, riche, et puissante. Ce bourbon tapisse la bouche dans ses grandes largeurs. De la cassonade aux amandes caramélisées, des épices piquantes. Un peu de bois mentholé, aussi. Des fruits secs en pagaille (raisins, dattes, figues).
  • Finale : Moyenne. Le bois laqué fait son retour. Légère fraîcheur mentholée. Les épices picotent à la langue, et une vague de sauce soja déferle en fin de bouche.
  • Verdict : C’est bien bon, ce truc ! Je n’ai pas d’expérience probante en bourbon, j’esquisse mes premiers pas dans ce milieu. Je suis étonné par la douceur et la richesse de ce whiskey, malgré son jeune âge. Ses 60% sont perceptibles, mais pas assommants. Une goutte d’eau (oui, j’ai essayé) fait ressortir l’amande vanillée.
  • 90/100.

Ces deux whiskeys américains sont disponibles au Chemin des Vignes. Une cinquantaine d’euros pour le rye, et un peu plus de soixante pour le bourbon en Single Barrel. A noter que ce dernier est en bouteille de 75cl (format américain).

vendredi 23 janvier 2015

Focus sur la distillerie Smooth Ambler (USA)

Une grande première sur le blog : le premier focus qui n’est pas consacré à une distillerie écossaise. Comme quoi, il faut un début à tout… ;-)
Plusieurs raisons m’ont donné envie de parler de Smooth Ambler. Les principales sont que je ne connaissais pas du tout cette distillerie, que mon expérience en whiskey américain est proche de zéro, que j’ai goûté plusieurs produits proposés par Smooth Ambler, et que les ai appréciés. Rien que ces raisons m’ont poussé à approfondir le sujet et à le partager avec vous.


Focus sur la distillerie Smooth Ambler (USA)

Smooth Ambler est une jeune et petite distillerie qui s’est établie en 2009 à Maxwelton, un trou perdu au fin-fond de la Virginie-Occidentale (West Virginia), aux Etats-Unis. Son catalogue ne comprend pas seulement du whiskey, mais aussi d’autres sortes de spiritueux tels que du gin, de la vodka, et du rhum.
Je ne me suis pas penché sur ces trois spiritueux ; le blog ne se concentrant que sur le whisk(e)y. Le whiskey, justement, venons-y. Il est le spiritueux le mieux représenté au catalogue de Smooth Ambler : pas moins de 7 whiskeys différents sont proposés ; dont 5 bourbons et 2 ryes (le rye étant un whiskey de seigle). Une gamme déjà bien étoffée.
Néanmoins, toute la gamme n’est pas importée en Belgique. Trois bourbons et un rye sont disponibles dans notre pays : le bourbon 7 ans (49.5%), le bourbon 10 ans (49.5%), le bourbon 8 ans en Single Barrel (l’équivalent du Single Cask en Ecosse) titrant à 60.8%, et enfin le rye 7 ans (49.5%).
Haaaa, je suis sûr que vous venez de tiquer en lisant les âges de ces whiskeys… Non ? Vraiment ? Allez, je vous laisse réfléchir un instant….
Interlude vidéo.... pendant que vous réfléchissez ;-)
C’est bon, vous avez capté ?
En effet, il y a un truc qui cloche : comment Smooth Ambler peut vendre des whiskeys de 7, 8 et 10 ans d’âge alors que la distillerie a été fondée en 2009 ??? Bingo, bien vu ! Actuellement Smooth Ambler ne vend pas ses propres whiskeys distillés par elle-même, mais agit en tant qu’embouteilleur. Elle achète des fûts de bourbon et de rye à d’autres distilleries, les embouteille sous son nom, et les met en vente. Les distilleries réelles des embouteillages actuels de Smooth Ambler ne sont donc pas connues. Ce procédé devrait encore durer quelques années, le temps que les ‘’vrais’’ whiskeys de Smooth Ambler soient assez vieux que pour être embouteillés.
Smooth Ambler est donc une distillerie, mais aussi actuellement un embouteilleur indépendant. Histoire de faire tourner la boîte les première années, quoi.
Les embouteillages des 7 et 10 ans (bourbon et rye) sont proposés par batches. Le nombre de fûts mélangés n’est pas plus connu que les noms des distilleries ayant distillé ces whiskeys. Par contre le numéro de batch est indiqué sur la bouteille, ce qui facilite l’identification du dram que l’on aurait goûté. Du côté du bourbon 8 ans en Single Barrel, on peut supposer que le fût est issu d’une distillerie unique ; même si ici aussi elle n’est pas connue.
Smooth Ambler est distribué en Belgique par Godaert & Van Beneden, son point de vente aux particuliers étant Le Chemin des Vignes.
Demain, dans le prochain article, deux produits Smooth Ambler passeront sous ma loupe…


Mise à jour 01/04/2017: La distillerie Smooth Ambler a été rachetée par Pernod Ricard fin 2016

jeudi 22 janvier 2015

Face à face : Kilkerran ‘’Work in Progress’’ VI, Bourbon VS Sherry, 46% (OB)

Face à face : Kilkerran ‘’Work in Progress’’ VI, Bourbon VS Sherry, 46% (OB)

Un autre whisky officiel qui a bien été coté sur plusieurs blogs reconnus. Je parle principalement de la version en fût de bourbon de ce Kilkerran ‘’Work in Progress’’ VI, la version en fût de sherry ayant plutôt été laissée sous silence.

Mais pas ici, car je vous propose un face à face entre ces deux versions du même distillat. Ce distillat serait théoriquement âgé de 10 ans, à en croire les informations qui circulent à son sujet. Aucun âge, ni aucune année de distillation n’apparaît sur l’étiquette, cependant.

Kilkerran est une marque de la distillerie Glengyle, située à Campeltown. Elle est la petite sœur de Springbank (les deux distilleries ayant le même propriétaire). Même si le nom Glengyle existe depuis très longtemps, la distillerie a été fermée pendant plusieurs décennies, pour ne reprendre sa production qu’en 2004 sous le giron de Springbank. Je développerai ce sujet dans un futur focus…

Un face à face entre les deux versions de cette année, donc… Les deux drams ont été versés en même temps, dégustés le même soir. De grandes rasades d’eau pour bien me rincer le gosier m’ont permis de pouvoir voyager entre les deux versions en essayer de réduire au minimum l’influence de l’une sur l’autre lors de la dégustation. Ce n’est peut-être pas la façon parfaite de procéder, mais au moins ça m’a permis de me faire une réelle idée de comparaison à un moment précis. Dernière précision : les notes ci-dessous ont été réalisées à l’ouverture des deux bouteilles. Certaines variations pourraient apparaître après quelques semaines d’ouverture.

Face à face : Kilkerran ‘’Work in Progress’’ VI, Bourbon VS Sherry, 46% (OB)
Kilkerran ‘’Work in Progress’’, 6ème version, 2014, Bourbon Wood, 46%
  • Nez : Du poisson fumé, de l’oignon frit, de la pomme verte, de la tourbe iodée, une fraîcheur médicinale mentholée, de la poire fraîche, et un peu de vanille. Du foin sec et des fruits de mer après aération.
  • Bouche : De la vanille diluée, puis la poire monte en puissance. Explosion poivrée. Puis ça se calme, et la poire vanillée revient au premier plan.
  • Finale : Très courte. Un kick poivré qui s’éteint de suite ; la vanille fait un petit retour, puis plus rien.
  • Verdict : Je vais être franc, je suis un brin déçu. Quand je vois l’engouement pour ce whisky, je m’attendais à mieux. Le nez promet plein de choses, mais ces promesses ne sont pas tenues en bouche. Ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit : c’est un joli whisky, pas mal fait, agréable à boire ; mais selon mes critères il est loin d’atteindre le 90+ coté ailleurs. Une question de goût personnel, je présume.
  • 86/100.
  • Note : Le lendemain de ce face à face, j’ai pu regoûter ce Kilkerran en fût de bourbon, mais d’un sample issu d’une bouteille ouverte depuis quelques semaines. Le nez était moins complexe (et s'est éventé plus rapidement), mais la bouche plus puissante, plus citronnée et plus équilibrée ; et la finale plus longue ! Un facteur à prendre clairement en considération (bien que l’un dans l’autre ma cote soit restée à 86).
Face à face : Kilkerran ‘’Work in Progress’’ VI, Bourbon VS Sherry, 46% (OB)
Kilkerran ‘’Work in Progress’’, 6ème version, 2014, Sherry Wood, 46%
  • Nez : De l’iode, des fruits blancs, une certaine sagesse sucrée. Des raisins secs, une légère fumée poussiéreuse. Du miel de fleurs de printemps. Les raisins secs s’imposent de plus en plus.
  • Bouche : Des tonnes de raisins secs. Du miel caramélisé. L’iode se développe, accompagnée d’une légère fumée de foin sec. Un peu de mélasse au loin.
  • Finale : Moyenne. Des picotements épicés dans les joues, et une pincée de poivre au miel mélassé.
  • Verdict : Une empreinte du sherry présente mais pas étouffante. Bien fait, agréable, mais pas spécial (moins que la version bourbon, en tout cas).
  • 85/100.
Conclusion du face à face :

Les deux versions sont indéniablement bien faites, ce sont des produits de qualité. Aucune des deux versions ne se démarque réellement par rapport à l’autre ; je trouve juste que la version bourbon est plus atypique et intéressante que la version sherry, ce qui lui donne un léger avantage à mes yeux.

Toutes deux disponibles (entre 45€ et 60€ en fonction des points de vente) sur le marché depuis quelques semaines. La version bourbon se fait de plus en plus rare, cependant, en raison des cotes récoltées à gauche et à droite. Mais elle devrait encore être trouvable chez l’un ou l’autre caviste (elle l’était encore à la Maison Van Laer à Liège et chez Toby Vins à Vivegnis la semaine passée, par exemple), ou sur internet. La version sherry, ayant moins de succès, est encore largement disponible un peu partout.

mercredi 21 janvier 2015

Benromach 10 ans 100 Proof, 57% (OB)

Benromach est une petite distillerie du Speyside. Elle fut auparavant propriété de Diageo, qui l’a revendue à l’embouteilleur Gordon & MacPhail au début des années ’90. La production a recommencé en 1998.

Le temps que les distillats post- achat et reprise de production maturent à leur aise, les voici qui arrivent petit à petit sur le marché, accompagnés d’un relooking des bouteilles.

Le Benromach qui nous occupe aujourd’hui est un 10 ans d’âge et est un mélange de fûts de bourbon et de sherry. Il titre à 57% mais n’est pas ‘’natural’’ cask strength (le titrant originel à la sortie du fût). Il a été ramené à 57% pour correspondre au 100 Proof de l’ancienne mesure impériale. Un brut de fût artificiel, comme le Talisker 57° North par exemple.

Petite précision : la note ci-dessous a été réalisée à l’ouverture de la bouteille. Certaines variations pourraient apparaître après quelques semaines d’ouverture.

Benromach 10 ans 100 Proof, 57% (OB)
Benromach 10 ans 100 Proof, 57%
  • Nez : De la poussière, du tabac, du thé noir, du cuir, du sirop de raisins secs. Le nez est très puissant. Du citron arrive par derrière, suivi par du café moulu et des épices de Noël. Des notes mentholées (eucalyptus) traînent par ci par là. Wouf ! Plein de choses là-dedans !
  • Bouche : Des fruits confits, du chocolat au lait, du café fraîchement torréfié, du toffee. La texture est très grasse, huileuse. Des épices de Noël poivrées par-dessus tout ça.
  • Finale : Longue et chaude. Le chocolat mentholé tapisse la bouche.
  • Verdict : L’alcool est peut-être un peu trop présent (quelques gouttes d’eau lui font du bien). Le côté sherry est très présent aussi (ce n’est pas un défaut, hein ), mais ce whisky est bien complexe et riche. Pas spécialement facile d’accès, je le déconseillerais à un amateur débutant.
  • 87/100.

Disponible sur le marché depuis quelques semaines, et facilement disponible chez tous les bons cavistes pour une soixantaine d’euros. Mais dépêchez-vous si vous voulez vous en procurer une bouteille, car il a été bien coté sur plusieurs blogs (dont celui-ci… oui oui 87 est une bonne cote ;-) ) et risque de disparaître assez vite des rayons. Jusqu’au prochain batch je présume, rien n’indiquant que cet embouteillage soit limité.

mardi 20 janvier 2015

Bruichladdich 10 ans The Laddie Ten, 46% (OB)

Sorti originellement en 2011, ce Bruichladdich a fait partie de la gamme (non tourbée) de base jusqu’en 2014. Sa production est à présent arrêtée (tout comme celle du Laddie Sixteen, d’ailleurs), ayant été remplacée par une gamme de ‘’NAS’’.

(photo Dugas.fr)
(photo Dugas.fr)
Bruichladdich 10 ans The Laddie Ten, 46%
  • Nez : Un nez doux, fin, et subtil. Une légère minéralité (pierre et cendres sèches), des volutes herbacées (mousse d’arbre). Du sirop de citron et des quartiers de poire. Rien qu’au nez, je suis bluffé. J’ai l’impression de respirer un vieux Caol Ila des années ’80 !
  • Bouche : Pas de touches minérales ici, mais des fruits jaunes vanillés, des touches maltées légèrement sucrées, de la compote de citron, et une légère brise marine.
  • Finale : Très longue. Une couche salée s’installe en bouche. Une pluie de gouttes de citron, et quelques épices poivrées.
  • Verdict : Pas mal du tout du tout, cette affaire ! Un whisky ludique, présent, changeant et assez complexe pour son âge (il fait d’ailleurs un peu plus vieux, je trouve). Une très bonne surprise, et un super rapport qualité / prix. Le nez est particulièrement WAW !
  • 89/100.

Pas de panique ! Même si il n’est plus produit, ce The Laddie Ten est encore facilement disponible (entre 55 et 60€, environ) chez beaucoup de cavistes (spécialisés en whisky ou en vin ayant un minimum de whiskies). Il suffit de faire le tour des cavistes près de chez vous, et vous devriez le trouver. Ou vous tourner vers internet, Google étant votre ami dans ce cas.